Maternage & Parentalité positive

Gérer les colères des tout petits avec bienveillance (1/2)

Aujourd’hui, on parle d’un sujet qui fâche (c’est le cas de le dire) et qui concerne universellement les parents à un moment ou à un autre (et ceux qui ne seraient pas concernés sont priés de faire semblant pour la santé mentale des autres) : les colères des touts petits !

Je dis les colères, parce que c’est comme ça qu’on dit, mais en vérité je devrais dire la colère des tout-petits ; on a tendance à mettre toutes « les colères » dans le même sac, comme un phénomène mystérieux et propres aux 12 mois – 3 ans, alors qu’en vérité il s’agit de l’expression (déroutante et légèrement démesurée, j’en conviens) de leurs sentiments de frustration et de colère dans une variété de situations possibles.

Il y a quelques mois, je vous avais parlé de l’importance de la reconnaissance des émotions de l’enfant et j’avais déjà évoqué un peu le sujet de la colère et l’importance de l’accueillir comme tout autre sentiment, au lieu de la réprimer / la punir / la moquer.     

En substance, je vous avais expliqué, sur la base des explications du livre « Pour une enfance heureuse » de Catherine Gueguen, que le cerveau est totalement mature à seulement 30 ans et que l’immaturité du cortex pré-frontal chez les touts petits ne leur permet pas de contrôler leurs impulsions, d’analyser et de prendre du recul sur une situation avant 5 à 7 ans. Jusqu’à cet âge, le cerveau archaïque et émotionnel de l’enfant prédomine, donc ses émotions sont extrêmement intenses (on parle même de tempête émotionnelle) et « les colères » (hurler, crier, taper, se rouler par terre, voire se faire du mal) sont leur façon d’exprimer ces émotions et ils sont les premiers à en subir la violence. Il s’agit en fait de réactions instinctives d’attaque, de fuite ou de sidération dictées par le cerveau archaïque.

Lorsque par-dessus le marché, le parent hurle à son tour, puni l’enfant pour sa colère, l’isole au coin ou l’humilie (ex : « ouhhhh le vilan pas beau quand il fait sa colère »), c’est une double violence pour l’enfant, qui ne trouve pas de soutien du côté de ses parents pour apprendre à gérer cette tempête et qui comprend qu’il peut être rejeté pour ce qu’il ressent, donc qu’il ne peut pas être tel qu’il est.

 Par ailleurs, pour ce sujet comme pour tous les autres, l’agressivité dans l’éducation entraine davantage d’agressivité dans les comportements des enfants ; tous les parents ont remarqué à quel point leurs enfants les imitent (c’est l’action des neurones miroirs qui jouent un grand rôle dans les apprentissages) et l’agressivité ne fait pas exception…  C’est tout sauf ce qu’on cherche à obtenir !

Je vous invite a regarder la vidéo children see children do qui est assez éloquente…

Je voudrais aborder deux axes de discussion (car vos retours et expériences sont toujours les bienvenus, même si c’est moi qui parle beaucoup ici !) sur la gestion de la colère des petits : d’abord, comment réagir avec bienveillance quand on fait face à cette colère puis comment essayer d’anticiper les situations à risque pour limiter les crises.

 

On commence aujourd’hui le premier axe, car il y a déjà beaucoup à dire !

 

Réagir avec bienveillance à la colère des petits

 

Etape 1 : active le mode « bienveillant »

La première étape ne concerne pas l’enfant mais le parent. C’est une sorte de temps de pause difficile à adopter mais nécessaire, pour se déconnecter des processus inconscients qui nous habitent, des réactions « automatiques » qui ne viennent d’on ne sait où (ou plutôt, on le sait, de notre propre éducation et des croyances qui sont véhiculés depuis des dizaines d’année).

Quand on est au calme, qu’on lit Guegen, qu’on lit Filliozat, qu’on lit Happynaiss (seule fois de mon existence où mon nom coitoie les leurs ^^) on se dit « Mais bien-sûr, c’est évident, il c’est débile de hurler sur un enfant en détresse et de croire que ça va le calmer ».

Et puis il est 7h50, on est à la bourre pour le boulot, on a mal dormi, l’enfant refuse qu’on lui donne son petit déj (MOI TOUT SEUL !), puis il crise pour avoir une banane, fond en larme parce qu’il ne voulait pas qu’elle soit découpée en rondelle, pleure parce qu’on a mis les chaussettes avant le pantalon et nous achève parce qu’il veut absolument mettre ses chaussures tout seul (alors qu’il n’y arrive pas) en étant assis sur la grande chaise du salon alors que BORDEL ON EST EN RETARD.

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Source  :  its a mum life

Et puis, il y a aussi ces reflexes, ces remarques qu’on a entendu toute notre vie, les « Faut leur mettre des limites » employés à toutes les sauces et qu’on ne sait pas trop bien ce que ça veut dire exactement (cette expression mérite un article à elle toute seule), les « Ne cède jamais, tu vas te faire bouffer », les« Quel capricieux !» et autre« Une colère à 15 mois ? Et ben, elle n’est pas en retard vous allez vous amuser ! ». Ca vient des gens qu’on ne connait pas, mais aussi et surtout de la famille, des amis, de nos propres parents, de notre conjoint (qui n’a pas lu Guegen !). On voudrait réagir d’une façon bienveillante, on sait dans notre tête que l’enfant ne le fait pas exprès, mais au dessus de nous plane un vol de corbeaux de mauvaise augure qui a cette fâcheuse tendance à nous faire grave douter… Et si mon enfant finissait délinquant à voler des petites vieilles pour acheter de la coke parce que je n’ai pas su lui mettre ces putains de limites ? En plus, comme c’est systématiquement  la faute de la mère… Faut pas se rater ! #grossepression

Et puis, il y a les punitions qu’on a reçues pour la plupart d’entre nous, les claques et fessées éventuellement, les mises au coin, les sermons, les « Si tu crois que c’est toi qui va faire la loi ! » qu’on a entendus. En tant qu’enfant, on est dans une position d’amour inconditionnel devant son parent et on ne peut pas se permettre de remettre en doute sa parole, car on en est infiniment dépendant de lui. La seule solution, c’est de se dire qu’il a raison de faire ce qu’il fait, de se convaincre qu’on l’a bien mérité et que ça ne nous a pas ni fait souffrir ni desservi.

C’est important de faire le bilan au calme sur l’éducation qu’on a reçu et d’accepter de jeter à la poubelle certaines pratiques qui, avec le recul, ne nous conviennent pas, sans pour autant remettre en cause l’amour qu’on porte à nos parents. J’aime toujours mes parents inconditionnellement et ils ont été (ils sont !) géniaux avec moi, mais aujourd’hui je dis clairement qu’ils auraient pu faire sans les fessées et les punitions.  Oui, je vais bien, non, « je n’en suis pas morte », je m’en sors bien dans la vie et c’est en grande partie grâce à eux, mais pas grâce à la partie d’eux où je me fais engueuler parce que je me suis salie aux jeux, pas grâce à la partie d’eux qui crie « Arrête tout de suite, tu vas tomber ! » chaque fois que j’essaye un truc un peu périlleux, pas grâce aux « Je suis ton père et tu dois m’obéir sans discuter parce que je te le dis ! » et pas grâce aux fessées parce que j’ai « répondu ». (Je me souviens nettement la colère en moi, je me disais bah oui je ne suis pas d’accord avec toi et j’ai des arguments, donc je les dit, et si ça c’est « répondre » bah c’est pas juste !!). Bref nous sommes tous influencés d’une façon ou l’autre par notre éducation et même quand on doit beaucoup à nos parents et qu’on considère qu’ils nous ont donné de bonnes bases dans la vie, comme moi, on peut reconnaître qu’ils ont aussi fait des choses avec lesquels on n’est pas d’accord et lutter contre le reflexe de reproduire ce qu’on a reçu.

C’est le premier pas vers une éducation choisie et réfléchie, c’est sortir des réactions « réflexes », c’est cesser de reproduire des schémas qui se transmettent de génération en génération sans trop y réfléchir.

En synthèse :

– Au calme, faire le bilan sur ce qu’on a reçu dans notre éducation et prendre conscience de nos réactions « automatiques ». Essayer de sortir de la logique du rapport de force et de la conception de l’enfant qui cherche à nous manipuler.

–  Chaque fois qu’on réagi de façon disproportionnée à une colère de notre enfant, qu’on se dit que ça nous a débordé, dépassé…c’est qu’il y a une piste à creuser dans notre histoire.

–   Sur le moment de la colère, prendre le temps de souffler quelques instants, de prendre du recul (« est ce que c’est SI grave ? »), de se rappeler comme un mantra qu’il ne le fait pas exprès, de visualiser notre enfant comme un petit être fragile en pleine tempête et de se demander si on veut être un abris pour lui ou une bourrasque supplémentaire. Prendre conscience qu’on a une fenêtre de tir pour montrer l’exemple, pour éduquer dans la voie qu’on a choisi et se demander ce qu’on veut transmettre.

 

Etape 2 : accueillir et contenir

Sur le coup de la colère, inutile d’espérer raisonner l’enfant, le calmer avec des mots ou le comprendre : considérez qu’à cet instant, il est aveugle et sourd. Il ne voit plus rien avec tout ce vent, cette pluie, ce ciel noir et ces éclairs, il n’entend rien avec ces coups de tonnerre qui raisonnent dans ses oreilles.

Pour l’aider à revenir au calme,contenez-le physiquement : entourez le fermement (mais tendrement !) de vos bras, essayez de maintenir ses bras pour ne pas qu’il vous donne de coups.

L’objectif : contenir et accueillir physiquement sa colère, l’aider à se rassembler (un peu comme le fait de contenir un nourrisson et ses mouvements désordonnés), l’empêcher de se faire mal et de vous faire mal et déclencher la production d’ocytocine, l’hormone du bien-être et de l’amour qui va l’aider à s’apaiser.

Faire un câlin à un enfant qui fait une colère est souvent la dernière chose qu’on a envie de faire, pourtant c’est la meilleure chose à faire pour lui comme pour vous.

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Ce n’est pas toujours facile et quand les enfants grandissent et deviennent plus forts, ils peuvent résister et être difficile à contenir. Mais généralement passé les premières secondes de résistance et de lutte, le corps se relâche et se détend.

En même temps que vous contenez,accueillez verbalement l’émotion : « tu es très en colère car tu voulais ce jouet et je ne veux pas te l’acheter », « tu es très frustré car tu voulais encore jouer avec tes copains, c’est difficile de devoir arrêter quelque chose qu’on aime », « tu avais très envie de mettre tes chaussures tout seul et tu n’y arrive pas, c’est difficile et frustrant de ne pas pouvoir faire ce qu’on veut » etc. Il faudra le redire également plus tard, quand l’enfant sera calmé.

Si votre enfant a tendance à chercher à vous taper, encore une fois ne le prenez pas « mal », il ne maitrise pas ses gestes et taper chez les touts petits est souvent une tentative de contact et le fait de le contenir va justement y répondre et l’empêcher de poursuivre dans cette violence. Vous pouvez dire quelque chose comme « je t’aime et je ne te laisserai pas me faire du mal ou te faire du mal » ou « tu es très en colère, je comprends et je t’aime, mais ici personne ne tape personne ».

Ne pensez pas qu’il faut à tous prix prendre une mesure exceptionnelle pour qu’il comprenne qu’il ne faut pas taper : arrêter son geste, l’empêcher de le reproduire, répéter des phrases comme « ici personne ne tape personne » et lui montrer l’exemple en ne faisant jamais usage de la violence vont l’aider à intégrer progressivement la chose.

En tant que parent, il faut essayer de se visualiser comme un réceptacle de la colère de son enfant, un grand vase accueillant le trop-plein d’émotions qui le déborde, pour ne pas recevoir sa colère comme dirigée contre vous et être soit même énervé par cette colère. C’est dur, je vous le confirme. N’hésitez pas à faire appel aux images mentales qui fonctionnent chez vous, peut-être à des images de votre enfant qui vous touchent particulièrement et auxquels vous faites appel dans ces moments là. Le câlin aide aussi le parent à se reconnecter à l’enfant et à rester du côté de l’accompagnement bienveillant plutôt que d’entrer dans le jeu de pouvoir ou l’énervement. Je le redis, c’est difficile et on ne peut pas toujours y arriver, on ne peut qu’essayer !

PS : en public aussi, il faudrait réussir à garder cette ligne de conduite sous le regard désapprobateur de Mamie Vieillefrance. N’oubliez jamais que les gens… vous les emmerdez !!  Qui compte le plus, eux ou le chair de votre chair ?

 

Etape 3 : comprendre

Quand l’enfant est calmé, c’est le moment de nommer à nouveau les émotions et de redire ce qui s’est passé sans jugement (sans dire par exemple « Tu m’as fait un sacré cinéma ! » ou « Ce n’était pas la peine de te mettre dans un état pareil ! ») : on décrit la situation objectivement, la réaction de l’enfant et on nomme le sentiment.

S’il y a des règles à rappeler, c’est le moment (à adapter selon l’âge) : « Quand tu es fâché, dis le avec des mots, pas avec tes poings », « Mordre n’aide pas à trouver une solution, parler oui », « Taper fait du mal et ce n’est pas permis dans cette famille », « Jeter un objet par terre peut l’abimer ou le casser, mais quand tu en a besoin tu peux jeter cette balle rebondissante». Toujours sans accusation et en essayant d’éviter les messages « tu ».

Toujours selon l’âge de l’enfant, c’est le moment soit de le solliciter pour trouver une solution pour l’avenir : « comment peut-on faire la prochaine fois pour réagir plus calmement ».  J’aime bien l’astuce du dragon de la colère : un dragon sommeille dans chacun d’entre nous et certaines situations vont le réveiller, puis l’agiter, lui faire sortir ses griffes puis cracher du feu (la crise de colère)  tandis que certains actes vont l’apaiser, l’endormir, le faire ronronner comme un chat, lui faire déployer ses ailes… C’est comme un jeu de parler à son enfant de son dragon et d’identifier ce qui lui fait cracher du feu (exemple : quand quelqu’un lui prend ses jouets) et ce qui l’apaise (exemple : boire un verre d’eau). L’enfant peut le dessiner, on peut raconter des histoires à son sujet le soir pour débriefer sur une crise… C’est une astuce sur le long terme.

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Avec les plus petits, c’est à nous deproposer des solutions qui leurs permettent de décharger la colère sainement. On peut rapidement par exemple leur proposer un coussin de la colère : on choisi un coussin spécialement dédié, qu’on peut décorer ou pas, et qu’on place dans un endroit spécial. Toute la famille (parents compris, force de l’exemple !) peut le taper, le mordre, se mettre la tête dedans et le jeter quand ils se sentent en colère. Même les tout petits peuvent assez vite apprendre à l’utiliser si on leur montre l’exemple et qu’on leur propose dès qu’on voit la colère arriver. Attention cependant pour que ce soit vraiment libérateur, il ne faut normalement pas bourrer le coussin de petits coups, mais bien mettre les deux bras au dessus de sa tête pour frapper le coussin.

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Ca peut aussi être une bouteille remplie de liquide avec des paillettes qu’on peut secouer dans tous les sens pour représenter la colère, et montrer à l’enfant comment les paillette tournoient jusqu’à retomber au bout d’un moment dans le fond de la bouteille, symbole du retour au calme. Il peut l’agiter dans tous les sens pour nous exprimer sa colère et attendre que les paillettes soient redescendues pour être bien calme. On peut aussi proposer une balle à malaxer comme les boules anti-stress.

Dès tout petit, on peut aussi leur apprendre à bien inspirer par le nez et souffler par la bouche quand la colère monte, comme pour souffler dessus et l’éteindre ; clairement ce ne sera pas efficace tout de suite avec les bébés, mais ça peut rapidement porter ses fruits. Avec bébé Carrousel je commence à lui montrer et je la fais souffler dans une paille comme elle aime bien ça en ce moment, et je met sa main sous la paille pour quelle sente le souffle qui en sort.

Proposer un verre d’eau peut aussi aider à calmer une crise si on n’en est pas encore au point de non-retour.

Si vous avez l’impression que votre enfant à beaucoup d’agressivité en lui dans ses moments de colère, n’hésitez pas à proposer des jeux de bagarre et de chahuts, comme je l’avais expliqué ici. Cela leur permet d’explorer et d’extérioriser sainement cette agressivité et ça fait du bien à tout le monde ! Même avec les tout petits, on peut faire des petits chahuts sur le lit, des roulé-boulé, des attaques de bisous, se courser pour s’attraper…Dans la même logique, on peut proposer de temps en temps des séances de cri collectifs de quelques minutes, quand tout le monde est tendu et que les crises se multiplient…

Enfin, si votre intérieur le permet, on peut aménager un petit coin de retour au calme, mais attention ça ne doit pas être utilisé comme une « mise au coin ». C’est un petit espace accueillant et confortable, ca peut être un siège particulier, on peut mettre une petite affiche qui précise la fonction du lieu et on y range les ressources utiles en cas de colère (le coussin ou la bouteille citées au dessus, pourquoi pas des feuilles pour dessiner, de quoi mettre de la musique, un biberon d’eau, enfin tout ce que vous avez identifié et qui contribue au retour au calme). Tous les membres de la famille peuvent y aller quand ils en ont besoin, mais c’est toujours à leur initiative, personne ne « colle » personne au coin calme !

Et surtout, il est très important demontrer l’exemple, de dire clairement quand vous êtes en colère, à montrer à votre enfant comment vous faites pour vous calmer… « Je suis tellement en colère parce que tu m’as tapé que je n’ai pas envie de jouer pour le moment, je vais aller m’isoler dans le coin calme pour le moment ». Et ne pas hésiter à s’excuser quand nos réactions ne sont pas celles qu’on auraient voulues avoir, à mettre des mots pour les rassurer si on a crié et qu’on leur a fait peur… C’est aussi un exemple précieux pour la suite.

 

 

Gérer les colère est un travail de longue haleine, à mon sens un des plus difficiles du métier de parent car ça nous demande de gérer d’abord notre propre colère ! Quoi qu’il fasse, il faudra du temps (le temps que ce cher cortex pré-frontal commence à maturer !!) et de la patience, mais plus on s’y prend tôt, plus on adopte les bons reflexes, moins on tombe dans le cercle vicieux de la lutte de pouvoir et plus on a de chances de trouver des solutions qui aident son enfant à revenir au calme. Si on sort de la logique contreproductive du « Il faut qu’il comprenne que c’est mal de réagir comme ça, et pour ça il faut qu’il se sente mal », on peut se mobiliser pour trouver ensemble (coopération, le maitre mot pour éviter les conflits !) des techniques inventives et rigolotes qui seront bien plus efficaces que les cris, punitions, isolement…

Je reviens très vite avec la suite de cet article, où je vous proposerai des petites pistes pour essayer de limiter les crises en agissant en amont. Cela demande notamment d’identifier les situations qui déclenchent habituellement la colère de son enfant et de mettre en place des mesures préventives… On parlera notamment de la recherche d’autonomie car elle est source de grande frustration pour les tout petits… et les parents !!!

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13 réflexions au sujet de « Gérer les colères des tout petits avec bienveillance (1/2) »

  1. Cet article me parle beaucoup, dans le sens où c’est ce que je voudrais faire avec le citron (quand il sera né!).
    C’est à l’opposé de ce qui m’a été donné par mes parents, qui me disaient notamment « tu es vilaine/tu es méchante » lorsque j’exprimais mes émotions, et aussi « oh la la, tu n’es pas belle quand tu pleures! ». Non seulement je déteste les remarques sur « la beauté » utilisées de cette façon, mais en plus, depuis toujours, je suis incapable de montrer mes émotions et de pleurer devant qui que ce soit, car je m’en sens terriblement laide (pas forcément du dehors, mais aussi du dedans, j’ai donc visiblement bien internalisé cette remarque).
    Je trouve aussi qu’à cause de cela, je suis moins réceptive aux émotions des autres, qui peuvent alors me mettre mal à l’aise. Or, je souhaite transmettre de l’empathie à mon fils!
    Je suis très satisfaite de pouvoir commencer à mettre en place des choses comme l’éducation bienveillante en étant loin de ma famille, car j’ai peur que la proximité géographique me pousse à reproduire certaines choses peu désirables. Les réprobations (entre autres de Mamie Vieillefrance) dont tu parles dans ton article n’ont pas l’air faciles à ignorer, je crois que c’est ce qui m’effraie. Comment résister aux autres?

    Aimé par 1 personne

    1. C’est ce qu’on appelle « les douces violences »… et c’est très bien que tu saches dire que tu veux faire différemment 🙂
      Les regards désapprobateurs sont difficiles à vivre car ils nous font douter… Mais pour ma part je me dis que j’ai fait des choix conscients pour ma fille, que je me suis énormément documentée, informée sur les nouvelles recherches en neurosciences… Alors que Mamie Vieillefrance, elle ne répète que ce qu’elle a entendu de sa propre mère et sa propre expérience de maman est déformée par le temps. Bref, je me dis qu’en la matière, je suis bien informée, j’ai fait mes choix et que ce qui compte avant tout c’est de donner « le meilleur » pour ma fille. Si les autres pensent que je fais mal, si ce sont des inconnus peu m’importent, si ce sont des proches je leur explique mes arguments s’ils sont réceptifs…S’ils ne le sont pas, j’attends que le résultat parle de lui-même. Et puis il y a parfois des opportunités pour semer de petites graines de bienveillance même auprès des plus réfractaire, car finalement beaucoup de parents qui restent dans le modèle « traditionnel » sont un peu frustrés, trouvent qu’ils n’obtiennent pas vraiment le résultat souhaité, mais ne savent pas qu’on peut faire autrement sans être laxiste !
      Bref, c’est un chemin semé d’embûche, mais il vaut le coup 🙂 courage !!!

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  2. Bonjour,
    Je tombe sur votre blog à pique, ce n’est pourtant pas ma première immersion en parentalité positive (j’ai lu « j’ai tout essayé » cet été) mais, en ce qui me concerne, j’ai souvent l’impression que mon petit chaton est imperméable à tous mes essais positifs. Il retiens et copie tous mes loupés mais refuse de coopérer, de me parler, de m’écouter quand j’essaye d’établir un dialogue vertueux… Bref j’avoue que je suis frustrée…. encore et que cet article m’a fait du bien.

    J’ai toute fois une question, face aux frustrations ou colères de mon fils ainé (27mois)(c’est l’heure de rentrer : frustration, il faut faire cuire les pâtes avant de les manger : frustration, On ne peut pas aller voir ta copine/voisine tout de suite, il est 19h30 on mange et on va au dodo : frustration, on laisse sa soeur jouer tranquillement et on lui pique pas ses jeux : frustration, je dois nettoyer tes chaussures après un oubli de pipi : frustration … ). Bref c’est parfois toute la journée et ce n’est pas faute de lâcher prise, de mettre des mots sur les émotions….
    J’ai promis une question, l’intro est un peu longue… J’ai essayé plusieurs fois de contenir/accueillir mon enfant en colère mais je ressens que ça ne le calme pas du tout. Il se débat longtemps, s’entête… Mon fils est né par césarienne en urgence car après 24h de travail il montrait des signes de faiblesse. Il s’est avéré, que ce petit chaton pleins d’énergie avait tellement bougé dans mon ventre qu’il s’était complètement emberlificoté dans son cordon et qu’il était maintenu ligoté en haut de mon utérus, incapable de suivre l’appel des contractions.
    Dans ce contexte, j’ai toujours noté que les situations de blocage physique l’angoissait (le maintenir gentillement pour le moucher, ou pendant l’oscultation de ses oreilles chez le Medecin (nombreuses otites…)).
    Bref avez vous déjà entendu parler de cas similaires (je ne trouve rien sur le sujet) et que me conseillez vous pour remplacer cette phase qui semble d’autre part importante?
    Merci de votre soutien réel quoi que virtuel.

    Sheryne

    ps: j’attends la deuxième partie avec impatience.

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  3. J’adore ton blogue que je viens de découvrir tout récemment. Même si je suis déjà familière avec plusieurs concepts, les explications sont claires (et me rafraîchissent la mémoire – certains réflexes ancrés chez moi ont toujours besoin d’être remisés aux oubliettes, et les réactions plus adéquates d’être renforcées au marteau dans mon cerveau, encore et encore!) et les anecdotes me plaisent et me divertissent énormément.

    Maintenant, concernant le sujet de cet article. Lorsque ma petite de 2.5 ans fait une crise et qu’elle n’arrive pas à se calmer ou moi à la distraire, je lui demande: « tu veux qu’on aille à la girafe? » (une affiche sur le mur avec des dessins d’émotions et de besoins – http://fr.nvcwiki.com/index.php/Bonhomme_girafe_CNV). Elle dit toujours oui (c’est assez magique à quel point cette proposition seule l’aide à se calmer) et on va regarder la girafe ensemble et parler de ce qui s’est passé. On regarde initialement les émotions, et on commente qu’est-ce qu’elle aurait voulu ou pas voulu / ce dont elle a besoin en pointant les dessins sur le bedon de la girafe. Elle n’accroche pas beaucoup sur les besoins par rapport à sa crise (plus sur les émotions), mais toute suite elle est distraite, elle pointe la toilette et va à la salle de bain pour me montrer qu’on en a une pareille, me montre qu’il y a 2 pinceaux, un petit et un gros, ce genre de trucs. Alors en plus d’accueillir ses émotions, on a le bonus que ça lui change les idées pas mal instantanément et ça fait passer la crise qui semblait sans espoir. Ensuite, ben faut parfois gérer la crise qui suit alors que je veux continuer ma journée et qu’elle aimerait bien continuer à regarder la girafe avec moi indéfiniment, mais ça, c’est une autre histoire ;o)

    La girafe m’aide aussi à « activer mon mode bienveillant », pour reprendre l’étape 1 de ton article, parce que j’avais tendance à tout encaisser et éventuellement exploser pour des riens, et de prendre conscience que moi j’ai des besoins de calme, d’ordre, etc. et que d’agir et faire des demandes en conséquence me permet de rester beaucoup plus zen et de moins accepter des situations qui dans le fond ne me correspondent pas vraiment. Ou même au boulot (oui oui, j’ai une telle girafe sur mon mur au bureau – ma promotion de la CNV chez mes collègues intrigués, et un outil pour moi pour rester centrée sur mes émotions et mes besoins) – « Pourquoi je me sens si en colère? » « Regardons la girafe. Ah, oui, j’ai besoin de clarté, d’information, alors d’avoir à refaire ce mémo 3 fois parce que les directives reçues étaient inadéquates, ben c’est normal que je me sente ainsi; ahhh… juste d’avoir identifié mes besoins non comblés, je me sens déjà mieux, tiens, je vais envoyer un courriel pour leur dire de mettre leurs instructions à jour ». Bref, une maman qui écoute ses propres émotions et besoins est une maman qui peut plus facilement entendre ceux de ses enfants!

    À la garderie, je laisse une copie du coeur de la girafe avec les émotions dans le casier de ma petite, et quand elle est trop triste de me laisser partir, je lui laisse me montrer où elle se trouve dans la liste. Ensuite elle aime me pointer différents bonhommes pour que je lui explique comment ils se sentent, je lui demande ce qu’elle pense qu’il s’est passé (« bobo pace’que tombé! »), et on passe un peu de temps de qualité ensemble à discuter émotions. Ça ne veut pas dire qu’elle va me laisser partir de bonne humeur une fois le 5 minutes écoulé (j’ai aussi un sablier pour clarifier les attentes…), mais j’aime à penser que d’avoir pris le temps d’accueillir ses émotions et surtout qu’elle sache que maman a bien compris comment elle se sent et ce qu’elle aurait voulu (rester avec moi, même si ce n’est pas une option), même si ça ne diminue pas le temps de pleurs, la rassure que maman n’ignore pas son ressenti.

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      1. Bonjour,
        merci à toutes deux pour l’article et la girafe.
        Auelquesuriez-vous des pistes pour un petit de 22 mois qui pleure souvent quand on le met dans le siège auto ?
        Là on ne peut pas le prendre dans les bras ni même lui parler de sa colère : est-ce la voiture, ou bien le départ de la crèche, ou encore la fatigue, les dernières dents etc. ?
        Merci par avance et bravo

        Aimé par 1 personne

  4. Ma fille de 15 mois, cri bcp depuis quelques temps! Tout devient un conflit : si on change la couche, si je lui essuie le visage, arrange son vêtement, dès que je lui dis non ou d’arrêter ou de déposer un objet, elle me regarde, crispe complètement son corps et se met à crier! Et c’est tout le temps ! J’ai du mal à gérer, mon mari est fatigué, lui aussi à du mal à gérer. Cette situation me peine vraiment et surtout je ne sais pas comment la soulager, répondre à son mal être , je suis perdu!

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    1. Dans les exemple que vous citez, on dirait qu’il s’agit beaucoup DD gestes de la vie quotidienne ou votre fille pourrait s’opposer pcq ça la concerne et quelle veut essayer de faire seule…. Regardez peut être mon article « sans punitions comment faire ? ». Quand a la frustration exprimée en cas de non, elle est bien naturelle, il va lui falloir du tps avant d’apprendre a l’exprimer autrement… Vous pouvez regarder la suite de cet article (2/2). Bon courage !

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  5. J’adore vraiment ton blog ! Chaque article est un bonheur ! As-tu pensé à créer un groupe de rencontres / partage / café informel entre mamans (et enfants!) pour partager nos expériences, nos lectures en lien avec le maternage/parentalite positive et partager aussi nos joies et nos difficultés parfois, avec des personnes qui partagent nos valeurs ?
    J’imagine qu’avec l’arrivée de ta nouvelle petite chérie le temps manque (d’ailleurs toutes mes félicitations !!! Quel magnifique moment de tendresse infinie et de douceur. J’espère que la fatigue te laisse quand même quelques moments de répit pour profiter de cette petite bulle des premiers mois)
    Du coup, si tu connais ce type de groupe d’échange sur Paris je suis preneuse !!

    Aimé par 1 personne

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