Accueillir bébé·Maternage & Parentalité positive

Devenir grande soeur pour de vrai

Cela faisait des mois que Mademoiselle Carrousel parlait de sa petite sœur à naître et qu’elle l’attendait avec impatience. Sa petite sœur est là, nous sommes passés de 3 à 4, je suis passée de maman à doublement maman, elle est passée de fille unique à fille ainée. Et cette reconfiguration familiale se fait dans une tempête d’émotions pour ma grande fille, encore si petite… Séquences choisies, prévoyez le pop corn… Et les boules Quies !

***

Scène n°1

« Mademoiselle Carrousel, viens [te laver les mains s’il te plait avant de toucher Bébé Fusée]*.

-Non, PAS ME LAVER LES MAINS. (ton catégorique, ferme, définitif, sans appel, bras croisés, sourcils froncés et tout et tout…)

-Tu préfères te les laver dans la baignoire ou au robinet sur ta tour ? (outil bienveillant n°1 : donner un choix fermé)

-Pas la baignoire, pas le robinet, RI’EN, je me lave PAS les mains. (Enfant malin qui propose une 3ème option).

-Tout le monde se lave les mains en arrivant de l’extérieur, pour se protéger des microbes et rester en bonne santé. Comme ça tu n’es pas malade et on protège Bébé Fusée aussi, c’est aussi ça être une grande sœur. (outil bienveillant n°2 : donner des informations pour responsabiliser)

-PAS.ME.LAVER.LES.MAINS !!!!!!!! (L’enfant trépigne et marque une pause à chaque mot pour bien marteler le message à Maman Poule, qui est visiblement débile)

–Allez, on y va ensemble, ça prend 10 secondes et ensuite on pourra jouer à la dinette (outil bienveillant n°3 : faire diversion, motiver)

-Non, mais aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaarghhhhhhh ! (hurlements de putois enragé à s’en péter les cordes vocales)

Mademoiselle Carrousel, tu as le choix : soit tu viens te laver les mains tranquillement toute seule dans la joie et la bonne humeur, soit c’est moi qui te les laves au gant de toilettes, je te force et je sais que tu n’aimes pas ça. (Maman Poule commence à perdre patience et à faire passer des menaces pour un choix).

AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAARRRRRRRRRRRRRRRGGGGGGGGGGHHHHHHHHHHH (barrissement d’éléphant en train de mourir en se jetant par terre)

Bon, très bien.

Maman Poule, soufflant fort par le nez pour essayer de retrouver son calme, part chercher un gant de toilette et lave les mains à sa fille contre son gré, laquelle se débat comme un diable, puis se roule par terre et crève le tympan de tous les habitants de l’immeuble, animaux inclus. Pour faire bonne mesure, et au cas où sa mère n’aurait pas bien compris le message, Mademoiselle Carrousel commence à vouloir la taper.

Là je ne suis vraiment pas d’accord, personne ne tape personne ici ! (outil bienveillant n°4 : ne pas accuser, ne pas rabaisser, ne pas pulvériser l’enfant, rappeler les règles). Si tu as besoin de taper, tu peux taper sur ce mur. (outil bienveillant n°5 : offrir une alternative).

NON pas le mur, je tape MAMAN !!!!!!!!! (enfant qui a clarifié ses intentions, au cas où le doute subsistait)

-J’ai compris, tu es très fâchée parce que je t’ai forcée, tu es très en colère. (Outil bienveillant n°6 : reconnaitre les émotions). Tu veux un petit verre d’eau pour calmer ton dragon ?

NON MAIS AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAARRRRRRGGGGGGHHHH !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Mademoiselle Carrousel court dans toute la pièce en hurlant et en frappant les murs puis se jette au sol. Maman Poule essaye de s’approcher pour proposer un câlin, mais elle se fait éclater le tympan et manque de se prendre une nouvelle claque. Maman Poule arrête le geste fermement et commence à voir rouge : « je ne te laisserai pas me faire mal, personne ne tape personne ici !!« . L’échange se reproduit 10 fois, Mademoiselle Carrousel devient de plus en plus hystérique et les gestes de Maman Poule deviennent de plus en plus fermes, sa main crispée trop fort sur le bras de sa fille. Dans cette maison, personne ne tape personne mais dans cette pièce, il y a maintenant deux personnes qui ont envie de se taper…

En désespoir de cause, Maman Poule veut quitter la pièce (« je ne me laisserai pas taper, je m’en vais!« ) et trouve encore un peu de ressource pour ajouter : « quand tu te sentiras mieux, je suis là pour un câlin« . Mademoiselle Carrousel, qui aura une extinction de voix le lendemain, redouble de hurlements en poursuivant sa mère et en s’accrochant à sa jambe pour la frapper. Maman Poule se retrouve comme une conne, car elle ne veut pas enfermer Mademoiselle Carrousel dans la pièce pour pouvoir partir mais elle est enfermée dans un échange stérile, elle se sent ridicule et dépassée et elle n’a plus ni outils bienveillants, ni patience, à sa disposition.

Heureusement, Papa Ours arrive sur ces entrefaites, patience et tympans intacts : « Oulalala mais c’est une ÉNORME colère avec un très très gros chagrin ça…« , Mademoiselle Carrousel se jette dans ses bras en pleurant à fendre le cœur et Maman Poule va se pendre dans un coin.

Fin de la scène.

*Peut être remplacé par : prendre ta douche / mettre tes chaussettes / enlever tes chaussures / te brosser les dents / partir pour la crèche ou toutes autres actions pas du goût de Mademoiselle Carrousel.

 

Scène n°2

Maman Poule est seule avec ses deux filles pour la journée et cela lui semble aussi insurmontable que de grimper l’Everest à mains nues et sans manteau. Mademoiselle Carrousel est en culotte, Maman Poule a Bébé Fusée en écharpe en train de lui vomir sur l’épaule et tente depuis 45 minutes de faire s’habiller son ainée, mais en vain. Ceci dit, 15 minutes plus tôt la culotte était sur sa tête, alors il semble que la situation progresse malgré tout. Bébé Fusée pleure, Maman Poule s’installe sur le canapé pour la faire téter, Mademoiselle Carrousel y voit une invitation à venir danser la salsa et faire des saltos arrière juste à côté.

« Mademoiselle Carrousel, c’est dangereux ce que tu fais, tu risques de te blesser« .

(Maman Poule a appris à ses dépends la veille que si elle disait « attention à Bébé Fusée avec tes pieds« , Mademoiselle Carrousel pouvait entendre : « Donne donc des coups de pieds à ta sœur c’est amusant!« , aussi elle prend garde à ses formulations pour ne pas réveiller la furie qui sommeille en elle actuellement).

Mademoiselle Carrousel ne se donne pas la peine de répondre ; elle est en train de faire le poirier contre le dossier en bavant sur la banquette.

«  Quand je donne la tétée, tu peux t’asseoir à côté de moi pour faire un câlin ou pour lire un livre! ». (Outil bienveillant n°103 : dire ce qui est permis plutôt que ce qui est interdit).

Maman Poule pisse dans un violon et Bébé Fusée risque d’être décapitée a tous instant. Apercevant la boîte de fournitures pour les loisirs créatifs rangée dans la table basse, Maman Poule propose a Mademoiselle Carrousel de mette son énergie au service d’une œuvre artistique. Avec un grand sourire aux lèvres, Mademoiselle Carrousel se jette sur la boite de petites gommettes en étoiles et entreprend de les balancer en pluie dans toute la pièce. Puis elle déchire minutieusement les pages de son livre de coloriage en regardant Maman Poule avec un large sourire, avant de lancer ses feutres en l’air comme des projectiles.

Maman Poule est au fond du bac (il y a des dizaines et des dizaines de putain d’étoiles partout, qui collent aux pieds quand on marche dessus, se foutent sous les meubles et te font glisser et te rétamer à coups sûrs) mais elle fait comme si elle n’avait rien vu, bien consciente que sa fille cherche à attirer son attention (outil bienveillant n°112 : renforcer les bons comportements, ignorer les mauvais s’ils ne sont pas graves).

« T’as vu maman j’ai fait un GROS bazar !« . Elle insiste, la bourrique.

« Ah bon? Ça ne m’intéresse pas, je préfère quand je te vois faire de beaux dessins avec les gommettes. (En vrai j’ai bien envie de t’étrangler mon enfant mais ce ne serait pas très constructif). Mais ça va être beaucoup de travail à nettoyer eet maman est déjà bien fatiguée, alors je compte sur ma grande fille pour m’aider à nettoyer ce joli GROS bazar…. »

Non je te t’aide pas, toi tu ranges. Sur ce, Mademoiselle Carrousel part dans sa chambre. « Maman l’est l’ou mon marchepied ? » – « Dans les toilettes !« .

Bon, Maman Poule a maitrisé la crise et a préservé l’intégrité physique de Bébé Fusée, ramasser 3526 gommettes ce n’est pas si grave, hein…

« Regarde Maman !« .  Mademoiselle Carrousel, juchée sur son marchepied, est en train de jeter par terre une par une les piles de linge franchement pliées et repassées posées sur la table de salle à manger. Maman Poule crie, Mademoiselle Carrousel rigole, Maman Poule hurle à 3 centimètres du visage de sa fille, Mademoiselle Carrousel pleure, Bébé Fusée pleure, Maman Poule pleure.

Fin de la scène.

 

 

Scène n°3 

Maman Poule a la tête dans le cul après une nuit fort merdique et elle tuerait père et mère pour prendre un petit déjeuner SEULE, dans le calme, à la terrasse d’un hôtel, de préférence sur une ile déserte très lointaine. Ce n’est pas a l’ordre du jour, puisque besoin Mademoiselle Carrousel est à côté d’elle en train de lécher le miel de sa tartine et que Bébé Fusée, allongée sur le canapé,f se met à pleurer.

Mademoiselle Carrousel est au taquet ; en 3 secondes elle a lâché sa tartine pour venir prendre la main de sa sœur.

« Maman la petite sœur elle pleure. Je crois elle veut téter !

Oui je sais, je vais lui donner.

Mais tout de suite maman !

Une minute je finis ma tartine… (Maman est au bout du rollmop à force d’être la vache à lait de la maison et, là tout de suite, elle a autant envie de donner une tétée que d’avoir une gastro.)

Bah sinon tu poses ta tartine, tu lui donnes la tétée et après tu la reprends ta tartine !! Les bébés peuvent pas attendre pour téter !

Maman Poule sourit, pose sa tartine et donne le sein à Bébé Fusée, en enveloppant Mademoiselle Carrousel de son bras libre.

 

Scene n°4

« Maman ze veux aller dehors« .

Maman Poule et Papa Ours sursautent. Ils étaient tous les deux profondément endormis. Normal, il est 3h du matin.

Mademoiselle Carrousel, c’est la nuit, tout le monde dort, recouche toi.

MAIS ZE VEUX ALLER DEHORS !!!! (L’enfant pense que si elle répète les choses suffisamment de fois et suffisamment fort, cela va se réaliser. Parfois, ça marche. Mais à 3h du matin un jour de pluie, aucune chance que cette demande là aboutisse…)

Chuuuuuut, tu vas réveiller Bébé Fusée !

Mais aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaargh ! (Petage de tympans, encore et toujours)

–  Mais bordel qui m’a foutu une gosse pareille c’est pas possible ! Achevez-là, achevez moi, n’importe, mais faites quelque chose !!!! (souffle très très fort) Bon, Viens dans mes bras, on va se câliner, le marchand de sable va repasser et demain on ira dehors faire de la balançoire…

Mais TOUT DE SUITE la balançoire !!!!! BALANÇOIRE BALANÇOIRE BALANÇOIRE BALANÇOIRE !!!!!!!! 5 minutes et c’est fini ! TOUT DE SUITE ! MAIS 5 MINUTES ! MAIS AAAAAAARRGHH !!!! 

Dans son énervement, Mademoiselle Carrousel bondit comme un cabri sur le lit, se ramasse sur un coin de table de nuit, hurle à la mort, réveille Bébé Fusée et toute la baraque. Maman Poule et Papa Ours, qui envisagent de la vendre sur Ebay, lui hurlent dessus de façon parfaitement pas bienveillante  (on en a marre de toi, c’est pas possible, ça ne va pas la tête et tout le tintouin…). Mademoiselle Carrousel sanglote puis s’écroule dans les bras de Maman Poule, les yeux pleins de larmes, la poitrine soulevée de sanglots et la tempe toute bleue. Culpabilité +++++++ et journée de merde en perspective.

Scène n°5

Maman Poule et Mademoiselle Carrousel sont cachées sous les draps.

« Maman on est bien dans notre cachette !

Oui et ce qui est super c’est que c’est notre cachette a toutes les 2, ici on est bien tranquilles, on entend pas Bébé Fusée pleurer… ici c’est interdit aux petits bébés qui pleurent, c’est la cabane de maman avec sa grande fille.

Mademoiselle Carrousel a un énorme sourire aux lèvres (alors comme ça maman critique le bébé??) et serre Maman Poule dans ses petits bras. Maman Poule a le cœur à la fois serré et gonflé d’amour pour la petite boule de nerfs et d’émotions qu’est sa fille.

« Oui ! Que maman et moi ! Mais quand Bébé Fusée elle grandit elle pourra venir quand même mais pas tout de suite parce qu’elle est petite et moi je suis grande et je sais faire pleins de choses! Allez maman, dit tout ce que je sais faire moi !  »

 

Scène n°6

Le soleil se couche. Lumière tamisée dans la chambre, diffusion d’huiles essentielles apaisantes. Maman Poule chuchote les histoires du soir à Mademoiselle Carrousel. Tout est fait pour favoriser l’endormissement.

« Pas Dodo, pas dodo, PAS DODO !!!!!!!! PIPI ! CACA ! Mais si ça sort ! ÇA SORT DANS LE LIT ! C’est papa qui me couche ! Encore un bisous à ma petite sœur ! Mais un seul et c’est fini ! C’est maman qui me couche ! PaS DODO ! Boire un petit coup ! Encore un livre ! Mais UN SEUL ! UN SEUL ET C’EST FINI ! Pas DODO ! Déjeuner déjeuner déjeuner ! Ze suis pas fatiguée !!!!

Roues arrières sur le lit, jetés de jambes sous draps, mouvements de tête saccadés.

Je vois que tu ne veux pas dormir j’ai compris… Allonge toi, on va juste discuter toutes les deux, tu ne dors pas si tu ne veux pas.

(Maman Poule a fini par comprendre, après 37 soirs à parlementer, négocier, raisonner, s’énerver et à sortir de la chambre en tempêtant, que la meilleure option était de lâcher)

Oui, juste discuter…. PAS DODO !

On discute, de la journée, de tout ce qu’elle a fait, de l’arrivée de la petite sœur, de ses pleurs. Que c’est difficile pour tout le monde, que Mademoiselle Carrousel a dit non non non, que Maman a crié et qu’elle est désolée, moi aussi ze suis désolée… On s’aime grand comme l’univers, comme deux univers, aussi haut que les arbres devant l’immeuble, on s’aime jusqu’au plafond, jusqu’à la lune, jusqu’aux étoiles..

Quand elle lâche prise, en 5 minutes Mademoiselle Carrousel s’endort, ses deux mains posées sur le visage de Maman Poule, son nez enfoui dans son cou, redevenue simplement un grand bébé vulnérable. Et Maman Poule s’endort à côté, soulagée par ce moment de tendresse dont elle a tant besoin, en espérant très fort que les preuves d’amour qu’elle donne sont plus fortes que ses moments de faiblesses, ses erreurs, ses cris et ses paroles qui blessent… En se promettant de faire mieux le lendemain.

 

***

C’est la tempête dans sa tête et dans son cœur. Elle aime sa sœur et elle est en colère qu’elle soit là. Elle est heureuse et elle est triste. Elle aime être grande et elle voudrait être petite. Elle adore s’occuper de sa petite sœur et elle n’aime pas qu’on doive autant s’occuper d’elle. Elle a besoin que Papa Ours et moi la rassurions mais elle nous repousse. Elle m’en veut mais elle ne le dit pas.

Elle est délicate, elle dit « fais bien attention à sa petite tête, tu peux la blesser« , elle dépose de doux baisers sur la joue de sa sœur, elle déteste quand elle pleure, elle veut toujours s’allonger près d’elle au lit, elle lui caresse le visage du bout des doigts et vlam elle lui tire sur le pied, lui mord la main ou lui serre la tête à l’étouffer. « J’ai fait mal à la petite soeur » dit-elle, avec un petit sourire. Puis elle est désolée, elle a pas fait exprès, elle a eu mal et elle a pleuré la petite soeur dit-elle toute chamboulée… mais oui ze le ferais encore !

Elle met le liniment sur le coton, me découpe les inserts jetables, me passe les langes et les culottes, va chercher un bavoir quand Bébé Fusée me vomit dessus, lui dépose délicatement une couverture sur les pieds quand elle dort, court sur le chemin de la crèche si elle pleure (« Pleure pas petite sœur, on se dépêche de rentrer pour que tu vas téter !« ), elle comprend que maman ne peut pas tout faire quand Bébé Fusée est dans ses bras ou en écharpe, mais soudain il faut poser le bébé TOUT DE SUITE pour la porter, lui mettre son pantalon ou la bercer dans les bras et ça ne peut pas attendre.

Elle sait raisonner, analyser, déduire, elle a une mémoire d’éléphant, elle compte dans son vocabulaire des mots comme « déambulateur », « stéthoscope » et « auriculaire », « je t’accompagne! », « mamie m’a proposé… » et « non, je coopère pas » mais en ce moment ce sont les cris, les hurlements et les pleurs sortent en premier pour s’exprimer, puisque c’est bien comme ça que sa petite sœur obtient l’attention.

Elle est très fière de Bébé Fusée, elle en parle à tout le monde, elle rayonne quand les enfants de la crèche s’intéressent à elle (« allez fais un bisous à ma sœur!« ), elle l’enlace en lui disant « ze t’aime petite sœur!« , elle pousse fièrement et TOUTE SEULE la poussette, elle demande sans cesse à la porter dans ses bras, elle me demande « allez dis à petite soeur que sa grande sœur fait ceci / fait cela« , mais elle se ferme comme une huitre quand on lui demande si elle est contente d’être grande sœur.

Elle veut faire toute seule, c’est ELLE qui appuie sur l’ascenseur, qui met ses chaussures, qui va chercher ses vêtements propres dans sa commode, qui se lave, qui se sèche, c’est elle qui décide, c’est elle qui choisit, c’est elle qui est GRANDE et elle n’a besoin de personne. Va t’en maman, laisse moi tranquille… Maman reste à côté de moi.

Elle veut Papa. Elle veut papa pour lui essuyer les fesses, elle veut papa pour jouer, papa pour le bain, papa pour lire une histoire. PAS TOI MAMAN !!!!!!! Elle fait un sitting dans le couloir jusqu’à ce qu’il rentre du boulot. Si Papa sort, elle DOIT aller avec lui à tous prix et si elle doit rester avec moi, on dirait qu’elle a été abandonnée à la DDASS. Elle veut papa pour se coucher, qu’elle dit. Alors que cela fait deux ans et demi qu’elle ne voulait que moi… Mais, dans le noir et allongée contre papa… appelle maman, c’est maman qui me couche. Elle hurle à s’en faire vomir quand je la dépose à la crèche. Maman ne part pas, reste avec moi.


C’est la tempête dans sa tête, c’est la tempête dans notre foyer, c’est la tempête dans mon cœur.

Parce que je n’ai pas la patience que je voudrais et devrais avoir pour réagir comme il le faudrait. Parce que je sais ce qui se joue pour elle, je sais qu’on vit un tournant dans notre vie familiale qu’il faudrait négocier en douceur et pourtant je me braque. Parce que, de nouveau, je sais ce qu’il faudrait que je fasse et je fais tout le contraire. Au point, amère constatation, de redouter les moments où je suis seule avec mes deux filles, tant je me sens vulnérable et sur le qui-vive dans ces moments là.

Parce que je me sens dépassée par les réactions de ma fille, non pas parce que je ne les comprends pas, j’ai toute la théorie qu’il me faut pour savoir que son comportement difficile a ses raisons, mais parce que je me sens jugée par le regard extérieur, alors que je devrais tellement m’en foutre. Parce que réagir avec bienveillance, ça ne « marche » pas au sens où les autres l’entendent et que parfois supporter un regard condescendant ou inquiet c’est juste la goutte de trop. Parce que j’ai l’impression de passer pour une quiche aux yeux de tous et en prime d’aller nulle part avec celle qui compte le plus.

Parce que j’ai l’impression parfois d’avoir perdu ma fille, dans le sens où elle a tellement changé en peu de temps, moi aussi et notre relation avec. J’ose croire que c’est provisoire, que c’est seulement un état transitoire de notre relation (comme c’est un état transitoire de mon corps…), qui explose pour mieux se reconstruire autrement, d’une façon tout aussi belle et encore plus riche. Mais moi je n’aime pas le changement, je n’aime pas perdre mes repères, je me sens perdue sans cette relation fusionnelle avec elle. La voir s’éloigner un peu, c’est sûrement très sain et naturel et je suis heureuse qu’elle ait son père comme allié dans cette aventure, sauf que je le vis comme un rejet de moi, comme si j’avais fait quelque chose de mal et que ça en était la conséquence.  Et on a beau être un de plus dans cette maison, sans ma fille telle qu’elle était, je me sens seule.

Parce que j’ai franchi trop de lignes ces derniers mois, que ça devient à chaque fois plus facile de les franchir et c’est ce qui m’angoisse le plus. Parce que quand on s’autorise une fois à crier, après on crie plus souvent. Puis on hurle. Puis on attrape le bras pour arrêter un geste et on serre un peu trop fort. On la regarde avec un regard dur et plein de colère, qu’est ce que je cherche à faire exactement là ? Je lutte pour ne pas la secouer, ne pas lui mettre une fessée, ne pas la repousser ou l’isoler dans un coin. Je dis des phrases qui ne sont pas moi, qui sortent de nulle part ou plutôt je sais très bien d’où elles sortent sauf que je m’étais jurée de ne pas les dire. Je m’entend dire et faire des choses avec l’impression d’être une étrangère qui assiste à la scène. Sauf que c’est pas une scène, c’est moi. Mais putain pourquoi je dis ça…  Je reste calme, j’essaye différentes astuces bienveillantes, j’essaye de ressentir les choses comme elle peut les ressentir, de me mettre à sa place d’enfant, je m’accroche à l’amour que j’ai pour elle et d’un coup tout se fissure et j’éclate en toute incohérence. Une mère inconsistante. Qu’est ce qu’elle va retirer de mon éducation ? Parfois je me le demande sincèrement. Car au cours de cette 3ème année de vie où les choses se sont bien corsées en terme d’éducation, il y a eu pas mal de sorties de route et d’entorses à mes principes, au point que je me demande si on peut toujours dire que j’élève ma fille dans la bienveillance. Je souhaite de tout mon cœur le faire, j’essaye chaque jour, j’y parviens en partie, mais régulièrement je dévie, je dérape, j’échoue. Alors oui, je demande pardon, je mets des mots, j’aurais pas du, tu as du avoir peur, j’étais en colère… Mais parfois je préférais que ma fille m’en veuille et m’en tienne rigueur, pour m’obliger à faire davantage d’efforts, à être moins complaisante envers moi-même, à moins franchir ces foutues lignes. Oui, c’est vrai que je suis fatiguée, que je suis hormonalement chamboulée, on est tous humains, on se traine notre éducation comme un boulet plus ou moins lourd, on fait du mieux qu’on peut avec les cartes qu’on a… tout cela, c’est vrai. Il n’empêche que ça ne change pas les faits, ça n’efface pas la peur qu’elle ressent quand j’éclate, il n’empêche qu’elle apprend à chaque fois des leçons que je ne voulais pas lui donner.  Il n’empêche que j’en veux à ma fille de 2 ans et demi de ne pas se maitriser alors que j’en suis incapable moi-même. Et Papa Ours idem…  Parfois, l’un prend le relais de l’autre et rattrape un peu les pots cassés. Parfois, on se rejoint l’un et l’autre dans notre médiocrité. On a une si faible capacité à gérer nos émotions, tous les deux, que je me demande si on réussira vraiment un jour à faire mieux et à apprendre de nos erreurs.

Quoi qu’il en soit, on essayera bien-sûr, on continuera sur cette voie parce que c’est la seule à nos yeux qui mérite d’être empruntée, même si on a parfois du mal à distinguer le chemin avec toutes les broussailles, le brouillard et le manque de signalisation…

 

Mademoiselle Carrousel est devenue grande soeur, il s’en passe dans sa tête… et dans la mienne encore plus, comme d’habitude ! Comme souvent, ses réactions et son comportements me poussent à l’introspection et en ce moment je n’aime pas trop ce que je vois. Mais j’ai bien conscience qu’on vit une grande période de changements et que, comme pour beaucoup de choses avec les enfants, le temps fera son oeuvre. J’espère simplement que cela ne laissera pas de traces trop moches….

Et maintenant que vous savez un peu plus comment est Bébé Fusée et comment Mademoiselle Carrousel a réagi à son arrivée, il ne me reste plus qu’à vous parler de la façon dont je vis cette deuxième maternité ! Promis, ce sera un prochain article moins amer puisque, spoiler alert, je me sens tellement plus sereine avec Bébé Fusée qu’avec Bébé Carrousel à l’époque 🙂

 

 

 

 

 

 

 

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55 réflexions au sujet de « Devenir grande soeur pour de vrai »

  1. Tout ce que tu décris est très similaire à mon propre vécu quand on est passé à 4 ! Les mêmes scènes, la même perte de patience, les mêmes peurs… les mêmes messages que mon grand me faisait passer. Ça fait beaucoup de bien de s’apercevoir qu’on n’est pas seul. Pour ma famille, ça a été transitoire cette période et aujourd’hui c’est plus serein 🙂

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  2. Je suis enceinte de mon second bébé, et mon fils sera grand frère à 23 mois…
    Je dois t’avouer que cet article me remue. Fait du bien. Et remue. Je suis enceinte, et plutôt sereine. Comme pour la premiere grossesse…
    Car on se dit qu’on a pleins de cartes en main. (Outils bienveillance bonjour !) Qu’on a les bons outils. Que ça ne peut « que marcher ». Que nos parents savaient pas tout ça. Que notre bb1 est tellllllement mignon, vu la relation d’amour et de paix que l’on a avec lui….. quel bon grand frere il sera …!

    Mais on ne peut pas prévoir ces crises, cette arrivée, ce chamboulement de 3 à 4… Alors merci.
    Merci, encore une fois, pour ton blog. Merci de ne pas être dans la carricature ou juste dans les « bons moments »…
    On voit rarement ce qui se passe chez les autres. Et lire ce genre d’article fait du bien, car ça signifie que nous sommes tous humains, malgré vouloir être le ou la plus bienveillante possible, c’est DUR d’être Maman/Papa.

    On sait qu’il faut tenir bon, mais au quotidien, c’est tellement compliqué, surtout avec la fatigue.

    Je me retrouve (en avance) dans la perte de ma relation parfaite avec mon fils. Et ça me fait mal. Même si avoir un petit frere ou petite soeur est un des plus beau cadeau qu’on puisse lui faire. J’aime pas les changements non plus.

    Alors encore merci de ton article et de tes introspections.

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  3. Je trouve que vous êtes dur avec vous-même! on fait tous comme on peut et le fait même de se poser ces questions prouvent à quel point vous êtes formidables. Bien sûr qu’on veut être dans la bienveillance, bien sûr qu’on voudrait appliquer en permanence la théorie, mais ce n’est tout simplement pas possible car nous sommes des humains en présence d’autres êtres humains! vous demandez ce qu’elle va retenir? elle va retenir que personne n’est parfait et que tout le monde fait des erreurs, mais qu’on peut réparer et demander pardon, elle va apprendre que même les mamans font des erreurs et que ce n’est pas grave, qu’il ne faut pas être si exigent avec soi-même!
    « il n’y a pas de parents parfaits », personne n’est parfait et elle doit voir à quel point vous faites des efforts pour faire du mieux possible. Ce qui serait inquiétant, ce serait qu’elle croit qu’on doit toujours être irréprochable ( et je dis ça en tant que ex « petite fille parfaite » qui se rend malade dès qu’elle ne fait pas « ce qu’il faut »). elle n’aura pas besoin de se mettre la pression pour être parfaite et se mettre « au niveau » de ce qu’on attend d’elle! les enfants comprennent qu’on peut péter les plombs, ce qui importe à mon sens, c’est qu’il n’y ait pas répétition sans fin de ce comportement et explication!
    elle veut vérifier si votre amour est toujours là et ‘est bien compréhensible, car on a déjà tant de mal à s’aimer soi-même après un accouchement…..
    bon courage à vous, vous êtes formidables! ( je dis ça alors que je suis en pleine dépression post-partum avec un seul enfant!!!!! il y a bien pire que vous!)

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    1. Vos mots me touchent bcp, en tant qu’ex petite fille parfaite également… Ça m’aide à voir mes faiblesses autrement.

      Vous avez des mots très soutenant pour qqun qui est elle même en difficulté, j’espère que vous avez qqun vers qui vous tourner pour en parler ?

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      1. Courage à vous, je suis passée par là aussi. J’ai trouvée une médecin qui m’a bien aidée à sortir de l’eau, j’espère que vous avez/aurez cette chance-là aussi. Aucune de vous n’est seule, on a toute pété des cables, moi la première et on a beau s’en vouloir cruellement, nos enfants pardonnent parce qu’au fond, on leur donne tellement d’amour qu’ils peuvent continuer à nous aimer. On le mérite, bon sang!
        Des bisous et des calins à vous deux!

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  4. Oh maman poule ! J’ai des larmes qui coulent en te lisant dans le bus. Tu ne saurais Pas exprimer tes émotion? Mais c’est exactement ce que tu fais ici. Quel chamboulement… je ne le vivrai que dans quelques années, mon fils n’a qu’un an et vu notre fatigue nous préférons attendre d’être bien en nous même pour nous relancer dans l’aventure. Attendre que notre réservoir d’énergie soit au moins à moitié et non chaque jour dangereusement bas. Cette aventure de la seconde naissance n’est pas simple mais malgré tout elle semble belle. Je te trouve courageuse et tellement en conscience de ce que tu vis. Je t’envoie tous mes encouragements à toi et papa poule, mais aussi à petite fille carrousel. Elle va prendre tes marques, et vous aussi. Laissez vous le temps 😉 je pense que tu es une maman bienveillante. Humaine et bienveillante. On ne peut pas toujours être au top. Et tu sais que le cerveau de nos minus se construisent à force d’habitude (réseau neuronal toussa toussa) 3 ans de bienveillance et quelques dérapages… reste 3 ans de bienveillance. Belle journée à toi. Bon courage. Je pense fort à vous. Même si je ne vous connais pas.

    Ah, je voulais rajouter.
    C’est grâce à tes articles lus pendant ma grossesse que j’ai découvert la bienveillance. Et ça. … c’est un des plus beaux cadeaux que j’ai reçu dans ma vie. Alors MERCI

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  5. Je compatis (même si il n’y a pas de number two pour l’instant) et je vous admire pour votre analyse de la situation. Ça va vous paraître fou mais c’est l’article qui me conforte dans mon idée que votre blog est le plus bienveillant de la blogosphère, celui où je me retrouve et où je m’inspire d’une maman humaine qui a des hauts et ses bas, qui ne tait pas les difficultés en faisant croire à ses lecteurs que c’est facile d’élever ses enfants dans la bienveillance et que s’ils n’y arrivent pas tous les jours ils sont vraiment nuls. Merci infiniment!!!
    PS Soyez plus tendre avec vous même (je suis mal placée pour vous le dire!)

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  6. Merci Maman Poule, pour cet article très fort…
    « parfois supporter un regard condescendant ou inquiet c’est juste la goutte de trop » : j’ai beaucoup avancé, le jour où j’ai compris (ou plutôt intégré) que le regard des autres, c’est mon problème, pas celui de mon enfant… facile à dire, moins facile à vivre, mais quand je sens que la marée des émotions monte, j’essaie de me détendre au maximum, de me dire « oui, ça m’est bien égal, ce qu’ils peuvent penser, ce n’est pas ma priorité, ce qui compte c’est l’enfant ici et maintenant »…
    « elle se ferme comme une huitre quand on lui demande si elle est contente d’être grande sœur. » : voilà LE truc qui m’énervait le plus quand mon numéro 2 est arrivé. Mais POURQUOI les gens se sentent-ils tous OBLIGES de demander à un aîné s’il est « content » d’avoir un petit frère/une petite soeur ??? C’est une sorte de réflexe social de conversation, comme de demander à des parents (surtout primipares) si leur enfant de 2 semaines « fait ses nuits »… ça n’a pas de sens…
    J’ai vu la réaction de mon aîné, il était dérouté, il ne savait pas quoi répondre, semblait penser : « mais pourquoi on me pose cette question, ça veut dire que je dois me la poser aussi ? » ou « mais pourquoi cette personne que je connais si peu me pose une question si complexe dans le hall de l’immeuble alors que moi je veux juste aller jouer dehors ? »… Merci encore pour cet article, plein de courage au coeur pour vous, non seulement ça passe, ces moments-là mais ça nous rend tout plus forts… ❤

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    1. Tout à fait d’accord pour le « content d’être grande soeur », un réflexe social comme tu dis…

      Quant au regard des autres, la plupart du temps j’arrive à me dire que c mon problème et pas le sien et a occulter, mais quand je doute moi même de ce que je fais, ben c’est la que ça me fragilise..

      Merci en tous cas ! ❤

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  7. J’aurais presque pu écrire ces lignes (le talent en moins!)… On est passé de 2 à 3 au début de l’année, notre « grand » avait 3 ans et on a connu des mois tres éprouvants, pour des raisons similaires (première année de maternelle en plus…). Le découragement, de maman, de papa, les principes qui s’envolent lentement mais sûrement, la peur de cet engrenage, la désillusion d’être une maman tellement loin de ce qu’on voudrait, l’amour et la haine, la culpabilité… Mais bonne nouvelle : cette crise, comme toute crise, 1/ passera et 2/ sert à quelque chose… Pour nous aider à traverser tout ça, on a été voir un psychologue : pas pour les conseils/théories, juste le soutien neutre et le non-jugement… Plein de courage, vous retrouverez votre fille, grandie…

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  8. Très bel article. Pleins de sincérité et déroutant à la fois.
    Par moment, je me sens comme vous et j’en ai qu’un mais il y a des jours qui me semblent plus difficiles que d’autres.
    J’aimerais aussi faire le deuxième mais j’ai peur. Peur de perdre la relation que j’entretiens avec mon fils et en même temps je ne me vois pas sans un autre enfant.
    Je reconnais en tout cas que la maternité, la parentalité chamboule tout.
    Pleins de courage à vous en tout cas. A la lecture de vos articles, je sens à quel point vous aimez vos filles. Et n’est-ce pas ce qui compte ? L’amour que nous portons à nos enfants malgré les difficultés rencontrées ?
    J’ai hâte de lire le prochain.

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  9. Tu décris tout ce que j’ai pu ressentir il y a quelques mois, cette tempête dans notre tête et dans notre coeur, avoir l’impression de voir s’éloigner son aînée chérie, de ne plus se reconnaître soi, tout cela est si dur… C’est la fatigue et uniquement elle qui parle ! Mais 1/ Sincèrement, je trouve que tu t’en sors très bien (les pétages de plomb arrivent à tout le monde et sur le reste, tu gères, quelle patience, quelles options proposées à Mlle Carrousel, quel recul pour la comprendre ! Vraiment, tu assures !) ; 2/ Bonne nouvelle : tout cela est honnêtement transitoire, une fois la tempête de quelques mois passée, je te promets que ta relation avec ton aînée redevient celle d’avant. Même si on manque toujours de temps. Bon, après, il y a le petit 3 qui arrive (ne pas comparer la petite deuxième pas toujours simple non plus à sa grande soeur parfaite, culpabiliser de ne pas avoir autant de temps pour elle et faire assez que ce que l’on a fait pour l’aînée, avoir moins de culpabilité à la laisser ou à la faire jouer seule qu’on a fait pour sa soeur…) mais on en reparlera !

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  10. Je voudrais t’écrire plus longuement mais sur le tel dans les transports c’est pas le plus simple alors allons a l’essentiel : 💛💛💛💛💛💛💛
    Tellement dur cette période… j’aimerais te donner tellement de confiance et d’amour, toi qui nous donne tellement avec ces articles si forts !
    J’ai été la moi aussi, la violence qui vient d’on ne sait où et qui bouleverse tes principes, l’aîné qui déguste de l’arrivée du bébé, la relation qui change,la fatigue du congé mat malgré tout …..
    18 mois après, je sais que j’ai fait ce que j’ai pu, et que l’équilibre et les théories sont faits pour être remis en question, même si c’est épuisant
    Je t’embrasse fort , c’est en étant bien entourée (=pas ceux qui lèvent les yeux au ciel quand tu proposes un câlin pr calmer une colère !) que tu avanceras sereinement
    Et puis quand la bienveillance ne marche plus, tu as aussi le droit à l’argument No 99999 : « c’est comme ça c’est moi qui décide »
    Et aussi, essaye de ne pas t’oublier dans l’histoire. Tout donner c’est bien, mais il en faut un peu pour toi 😉

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  11. OMG ! Limite crise de panique ce matin en lisant ce post !
    Bébé 2 arrive dans 2 mois, Mademoiselle H aura fêté ses 2 ans… Elle qui est déjà en pleine phase « du non » avec moi. Et moi qui culpabilise depuis le début de cette grossesse, ayant peur de l’abandonner un peu et en même temps de ne pas donner autant à numéro 2…
    Je sais que chacun fait de son mieux et je suis sûre que c’est votre cas ! N’empêche, je vais encore cogiter !
    Merci pour cet article… je suis sûre de le relire dans quelques temps 😉

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  12. Que d’émotions en te lisant! Et l’envie de te prendre dans les bras pour t’aider à gérer cette tempête de sentiments qui s’opposent…
    J’appréhende également l’arrivée de notre number 2. Ma fille est déjà en crise (2,5 ans passés), le sommeil perturbé depuis plusieurs semaines, une grossesse trop compliquée médicalement parlant (RCIU, amniocenthèse, accouchement avant terme par césarienne obligatoire). Bref je redoute de ne pas tenir le coup moralement et physiquement après l’opération. Mais en te lisant, je me dis que finalement, un 2nd bébé c’est une bonne réplique de la tempête que représente l’arrivée d’un premier bébé. Et tu gères ça du mieux que tu peux, avec ton bagage, ton vécu et tes aspirations. Parfois tu échoues, mais dans chaque article on sent que tu ne lâches pas ton fil conducteur et pour ça tu as beaucoup de mérites. Crois en toi et en ta famille… Projette toi dans quelques temps, quand l’ouragan sera transformé en petite brise et que vous aurez trouvé votre rythme de croisière.

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  13. Chère Maman Poule,
    J’ai découvert l’univers de ta maisonnée un peu par hasard (mais comme souvent, il fait bien les choses!) dans mes recherches autour de l’accueil d’un enfant.
    Ce dernier partage m’émeut fort, car il est à la fois rempli de force et de vulnérabilité, finalement un peu comme Mlle Carrousel. J’ai été impressionnée par la patience que tu parviens à garder face à ses comportements de détresse plus ou moins extrêmes. Comme les précédents commentaires le mentionnent, je crois qu’on tâche tous de faire pour un mieux mais qu’il faut veiller avant tout à rester bienveillant avec soi-même, éviter de se juger et de se condamner face à ce qu’on perçoit comme un échec. La tempête que traverse Mlle Carrousel va la faire grandir, et au quotidien on voit bien qu’elle a toujours besoin de ses deux parents et qu’ils sont capables de répondre à ce besoin d’amour et de l’apprécier de tout coeur. Tout en se rendant compte que, eux aussi, on des faiblesses, des fragilités mais c’est ça qui est merveilleux aussi, cela fait la richesse de l’humain!
    J’ai lu un article hier (à lire avec l’esprit critique!) qui pourrait peut-être t’intéresser : http://blog.scommc.fr/la-bienveillance-nexiste-pas/
    Je t’envoie plein de courage pour transcender cette période charnière qui ouvre une nouvelle page de votre foyer, et aussi beaucoup de tendresse pour toi car c’est un carburant non négligeable pour affronter les épreuves de la vie.
    Douce journée !

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  14. Je me retrouve beaucoup dans cet article, et je retrouve aussi mon fils L., devenu grand frère il y a 6 mois (les galipettes sur le canapé pendant les tetées, les coups, les crises de colère…).
    Jusqu’à la naissance de mon deuxième fils, j’étais plutôt en accord avec mes principes de parentalité bienveillante et assez fière de moi. Depuis quelques mois, comme toi, il y a eu des sorties de route, même des tapes, choses que je m’étais promis de ne jamais faire. Et l’impression de ne plus être crédible quand je dis « personne ne tape personne ici ». C’est comme si ces ratés effaçaient tout ce que je fais bien à côté, j’ai l’impression d’avoir cassé quelque chose à tout jamais…

    Parallèlement à ça, à la naissance du petit frère, j’ai eu l’impression pendant plusieurs semaines de ne pas reconnaitre mon grand. Il avait changé d’un coup, grandi. Ou plutôt mon regard avait changé. C’était horrible car j’avais l’impression de l’aimer moins et de ne plus réussir à me connecter aussi bien à lui, alors qu’il était le centre de mon univers depuis 2 ans et demi… je te laisse imaginer la bonne dose de culpabilité de sentir ça.

    Bref ton article a beaucoup raisonné en moi et je te remercie mille fois de l’avoir écrit. Ca fait du bien de ne pas se sentir seule.

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  15. Bonjour, plein d’encouragements pour cette période pas évidente, je trouve que vous êtes des parents formidables et que vos 2 filles ont beaucoup de chance de vous avoir !
    Il me semble que bienveillance ou pas, l’arrivée du 2ème provoque des tensions chez l’aîné(e) et qu’avec l’épuisement c’est (très) difficile à gérer, et que le plus important c’est d’essayer de suivre ses principes de bienveillance le plus possible et de se pardonner quand on n’y arrive plus car ces petits sont très forts pour nous pousser à bout… comme dit ci-dessus on reste humains et imparfaits..
    De notre côté notre aîné aura un peu + de 3 ans quand petite soeur arrivera en fin d’année et on se prépare à un tsunami (il est très fort pour nous pousser à bout déjà parfois – on rajoute le début de l’école et un déménagement et on attend de voir le cocktail gagnant !!!), je suis sure qu’on se retrouvera dans la même situation et ton article confirme qu’on n’est pas les seuls et m’aide à prendre des forces et des idées ! courage 🙂

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  16. Comme je me reconnais dans ces situations, ces comportements, ces émotions… (mes filles ont 3 ans et demi et 8 mois) Le changement de relation avec l’aînée, l’impression rater plein de choses alors que tout allait bien avec une seule, le stress de s’occuper des 2 en même temps, le manque de patience… ici, ça va beaucoup mieux maintenant. je vous envoie plein de pensées positives en attendant de retrouver de la sérénité à 4

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  17. Très bel article ! Ce que tu vis, je l’ai vécu à l’arrivée de mon 2ème il y a 4 ans, ça a été très dur pour ma grande et moi..
    Mais tu vois, quand je te lis (« Parce que j’ai l’impression parfois d’avoir perdu ma fille, dans le sens où elle a tellement changé en peu de temps, moi aussi et notre relation avec. Mais moi je n’aime pas le changement, je n’aime pas perdre mes repères, je me sens perdue sans cette relation fusionnelle avec elle. La voir s’éloigner un peu, c’est sûrement très sain et naturel et je suis heureuse qu’elle ait son père comme allié dans cette aventure, sauf que je le vis comme un rejet de moi, comme si j’avais fait quelque chose de mal et que ça en était la conséquence. Et on a beau être un de plus dans cette maison, sans ma fille telle qu’elle était, je me sens seule. »), je pense que tout est dit : ta fille ressent exactement la même chose en sens inverse, seulement, toi, tu sais comprendre ce qu’il se passe, tu sais comprendre ces sentiments et les gérer, elle non…
    J’espère que tu lui as expliqué ce que tu dis dans ce paragraphe, car même si cela semble compliqué, peut être qu’elle se sentira moins seule!?Et c’est une belle déclaration d’amour ❤
    A l'époque, je n'avais pas encore découvert l'éducation bienveillante, je ne connaissais pas toutes ces réactions normales de l'enfant, et je le regrette amèrement car je pense que quelque chose s'est fendillé dans notre relation avec ma grande..
    Alors même si il y a des pétages de plombs par moments (c'est normal, nouvelle vie, accouchement, hormones, FAAATIIIIGUEEE ) il ne faut pas t' en vouloir,Mademoiselle Carrousel est entourée d'amour et de bienveillance et c'est tout ce qui compte je pense!
    Je vous envoie plein de courage à tous les 4 , et bravo et merci à toi de partager tous ces sentiments avec nous 🙂

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  18. Bonjour,
    Ma fille aura 3 ans en décembre et j’accouche de princesse N°2 dans 1 mois et demi.
    Votre article me chamboule….j’ai ri et j’ai pleuré….j’ai frissonné et paniqué….nous sommes tous différents mais c’est vrai que passer de 3 à 4 me semble une vraie étape qu’il va falloir gérer avec le plus de bienveillance possible !
    Ma fille attend avec impatience sa petite sœur mais après un été à déménager et une rentrée en Petite section, je la sens plus vulnérable et moins à l’écoute….et nous déjà un peu épuisés.
    Votre vécu prouve bien que parfois nous ne pouvons pas tout maîtriser même avec la meilleure volonté du monde !
    Mais ces ptits bouts nous comblent d’amour et de bonheur et ça c’est l’essentiel !
    Belle journée

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  19. C’est aussi une tempête dans ma tête quand je te lis. Je vais avoir mon 3eme avec 20mois d’écart pour les 2 derniers et ça m’angoisse fortement…. Entre les 2 premiers il y a beaucoup d’écart, on a eu aussi une tempête (contre nous jamais contre bébé) et puis ça passe. Il faut tenir et accepter de ne pas être parfaite et de craquer. C’est aussi une leçon de vie que de montrer que personne n’est infaillible et que le plus important est de reconnaître ses erreurs et ses faiblesses pour mieux avancer. Maintenant quel sera mon point de vue dans quelques mois ? Sûrement proche du tien et ce sera à ton tour de me dire que je fais au mieux à l’instant T et d’être un peu plus indulgente avec moi même…. Les mauvais moments finissent toujours par passer et seuls les bons souvenirs restent… Bises

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  20. Merci maman poule pour cet article qui retranscrit exactement ce que je vis pour le moment… tout pareil chez moi… des gommettes aux coups de pieds juste à côté lors de l’allaitement du petit en passant par tous ces sentiments mélangés entre le bonheur occasionné par le nouveau né et les sentiments de tristesse que plus rien ne sera plus jamais comme avant avec les enervements non contrôlés et directement regrettés. La tristesse aussi de voir tant d effort de la part des grands pour exprimer qu ils existent toujours…C’est mon 4ieme bébé et c’est à chaque naissance la même chose. Avec le temps tout le monde retrouve son équilibre mais la période intermédiaire est éprouvante. J’ai eu bcp d’émotions en lisant votre article et pour une fois j’ai eu le sentiment de ne pas être seule. Encore merci 😊

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  21. Je me reconnais TELLEMENT dans ton récit !
    Mon grand a déjà 5 ans 1/2 et mon « petit » va sur ses deux ans, ça va déjà mieux, mais je perds encore parfois les pédales 😦
    Je fais confiance au temps, la jalousie de mon grand a presque entièrement cédé la place au plaisir d’amuser son petit frère ou le consoler, n°2 se fait de mieux en mieux comprendre, les relations deviennent plus faciles… mais le quotidien reste souvent éprouvant moralement.

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  22. Encore un bel article, où l’on se sent moins seule de vivre des expériences similaires. Notre 2eme enfant arrivera au plus tard dans 1 mois et nous vivons déjà, à une moindre échelle, avec ce mélange d’émotions qui modifie sans cesse nos façons de faire avec notre Eléna (25 mois).
    Pourtant nous avons l’impression que tout va bien et que notre fille accepte bien les événements à venir… Elle donne volontier ses affaires de « bébé » pour le petit frère, elle a changé de chambre avec grand plaisir (j’ose espérer que c’est par la façon dont nous l’y avons amené [jeux dans la chb pdt les travaux, embellissement de sa nouvelle chb à son goût avec choix des fournitures et budget à respecter qd même, déménagement fait par ses soins…]), Eléna s’est décidé à aller sur le pot depuis juillet et cela se passe sans difficultés et sans conflits. Elle prend tout doucement une place de grande fille et future grande soeur dans notre foyer, s’occupe de ses poupées comme une mère (malgré qq chutes qui en réalité aurait littéralement fissuré les os du crâne d’un vrai bébé).
    On peut dire que dans l’ensemble nous sommes satisfait et fier de ce que nous lui apportons quotidiennement en terme d’éducation, d’amour, de facon de faire et sans parler de tout ce qui est mimé à notre insu (« putin » #papa qd il bricole, « bouge » #maman qui parle aux poules).
    Malgré tout il arrive de se sentir démunie lorsqu’on ne se comprends pas ! Centaines personnes ne nous aident pas bcp et il faut toujours 2 ans après le début de l’aventure luter pour nos idées. Et j’ai remarqué que c’est svt les personnes que l’on aime fort qui nous blessent le plus fort aussi… exemple : Eléna jette sa dînette par terre en me regardant (interprétation de MOI : vas y maman ramasse !), je lui dis en souriant tu sais que ce que tu mets par terre de ton plein grès, tu devra le ramasser mais je veux bien t’aider. Et elle se sauve. Autour de moi : « Ho ben la sale jeune, elle a gagné en plus ». Qq minutes plus tard, sans interventions, Eléna revient, ramasse et repart jouer tranquillement. Et là : satisfaction personnelle jusqu’au plafond mais blessure assurée par les mots durs qui ont été prononcé même si Eléna n’était plus la pour les entendre.
    Bon cette situation n’est pas vécue a chaque fois puisqu’il arrive aussi qu’après le couché nous soyons à 4 pattes à ranger les découvertes de la journée.
    Bref pour en revenir à ses émotions fortes nous nous y préparons et nous attendons à de plus fortes tempêtes encore lorsque baby E sera parmi nous.
    Car Eléna a un caractère qui s’affirme et effectivement le plus facile dans l’éducation est, je pense, déjà derrière nous. Pourquoi parfois telles ou telles choses fonctionnent et pas la fois suivante ?, pourquoi elle mangeait ceci et maintenant n’en veut plus (alors que maman l’a fait avec tout son coeur) ?, « non maman, pas bisous, que papa… » aie ça fait mal, je t’en veux mais en fait non, je comprends… c’est bien compliqué dans la tête de maman aussi. J’imagine que certains se posent nettement moins de questions mais moi j’adore ça !
    Bisous bisous à bientot

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  23. Oh, j’ai envie de te faire un gros câlin.
    Tu sais que tu es une super maman qui déchire et que personne n’est parfait! On connait tous des dérapages d’autant plus que tu es dans une situation particulièrement vulnérable. Ne t’en fait pas trop pour Mademoiselle Carousel, les enfants sont résilient (même si c’est pas une excuse pour faire n’importe quoi!)
    Vous avez un nouvel équilibre à trouver à 4 et il est normal que ça ne soit pas tous les jours facile.
    Mais je ne doute pas que vous allez y arriver.
    Prends soin de toi 😘

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  24. Toutes les mamans de fratrie sont passées par ces moments douloureux: on ne se reconnaît plus; on ne reconnaît plus personne… C’est ce qu’il y a de plus dur dans l’agrandissement de la famille: accepter que l’équilibre péniblement atteint soit de nouveau chamboulé. Et puis un jour on ne saurait pas dire quand ni pourquoi, la paix revient. Courage! Il faut parfois accepter aussi d’avoir des moments de faiblesse. Hurler n’est jamais satisfaisant; certes on est l’adulte et on a la connaissance et le recul contrairement à l’enfant. Mais parfois leur exprimer que c’est dur et qu’on ne peut pas tout porter, ça fait du bien. Vos filles le savent bien au fond d’elles mêmes car sinon elles garderaient sûrement beaucoup plus leurs émotions. Bravo pour vos articles en tout cas!

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  25. Punaise, vous êtes beaucoup trop exigeante avec vous-même ! A un moment de ma vie, je voulais être parfaite… Mais c’est d’un ennui… ! Pour nous, pour nos proches… Et puis, quelle(s) expérience(s) en retire-t-on après ? Ces moments de faillibilité font que vous êtes vous, et au fond, ça doit être rassurant pour votre fille de voir que vous n’êtes pas parfaite ! 😉
    N »oubliez pas de prendre un peu soin de vous, même en pensées…

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  26. Bonjour Maman Poule
    Merci beaucoup pour tout ce que tu partages, et avec tous les commentaires, je me sens moins seule et aussi moins nulle, juste humaine. Merci pour ton courage et ton honnêteté. J’ai vécu et je vis toujours des difficultés similaires avec mes deux loulous 4 ans bientôt et 18 mois. Mes recherches m’ont amené aujourd’hui à m’occuper de moi, car je suis maintenant convaincue que pour être bienveillante il faut d’abord l’être avec soi même. C’est une chance que nos enfants nous donne, celle de nous dévoiler des facettes de nous même blessées, dont on ne voulait pas entendre parler parce que ça fait mal et qui, du coup, étaient bien enfouies au fond de nous même. Quand tout ça remonte, parce que nos enfants ou conjoint par exemple viennent chercher cette partie blessée, aie ça fait mal, on n’aime pas voir la réaction de cette partie de nous-même qui semble si étrangère. Je crois aussi que la culpabilité nourrit la colère, et qu’au contraire accepter ces émotions (la colère, la peur, la tristesse, la culpabilité), les accueillir, sans se juger, permet petit à petit de s’en libérer. Trouver notre besoin non comblé derrière notre colère et apprendre à le combler par nous-même pour ne plus dépendre des autres et ne plus se mettre en colère …. On est très forte pour s’occuper des besoins de nos enfants et les nôtres, qui s’en occupe ? Bref un vrai travail de développement personnel ….

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  27. Etant en pleine crise de doute (pourquoi faire un deuxième, si nous sommes satisfaits de ce qui se passe avec notre premier?), cet article résume en lui seul toutes mes craintes. Nous sommes bien avec un seul, pourtant « pour l’avenir », pour lui, j’aimerais qu’il ait un frère ou une soeur. Mais pour moi, en tant que personne et maman? Mon loulou me comble à 100%, je ne vois pas pourquoi on en aurait un autre, pourquoi lui faire vivre ce tsunami émotionnel…Bref, plein de questionnements, et une grande difficulté à démêler l’authentique du « projeté », à cause de la société (« quoi, un enfant unique, c’est égoïste de ta part », « le pauvre il va s’ennuyer », etc. )
    En tout cas, c’est toujours très bien écrit, je suis toujours très émue et très touchée par ce que je lis, et je crois que c’est cela aussi la bienveillance : ce n’est pas d’être parfait, c’est de faire du mieux qu’on peut pour suivre ses idées, et se pardonner quand on y arrive pas, pour reprendre la ligne que l’on veut dès que possible!

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    1. Ho mon Dieu je (nous) vis (vivons) EXACTEMENT le même dilemme ! Un 2ème, actuellement, ce serait seulement pour offrir un frère ou une soeur à notre premier… Mais, c’est tout… Au fond, on n’en a pas vraiment envie, et surtout, pas l’énergie !!!! C’est difficile de démêler tout ça… !

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  28. Même si Mlle Carrousel sait déjà du haut de ses 2 ans et demi que sa maman fait tout ce qu’elle peux pour prendre soin de toute la petite famille (oui oui c’est certain !), un jour elle sera ENCORE plus grande, elle lira probablement ton blog, et sera époustouflée de cet amour que tu lui a donné, que tu lui donne. Chaque mot, chaque ligne nous arrive tout droit de ton cœur, de tes tripes. Tous ces ressentis, ces questionnements, ces remises en questions, tu les partages avec d’autres mamans aujourd’hui mais plus tard, tu pourras parler de tout ça avec elle aussi. En attendant, tu lui montre simplement la réalité de la vie. (c’est ça aussi le rôle des parents, les aider à grandir en leur montrant la réalité des choses) Nous sommes humains et même si nous exigeons le meilleur de nous même pour nos proches, ce n’est pas toujours facile. Les relations humaines sont tellement complexes. L’important étant de faire de son mieux. Et sois en sure, c’est exactement ce que tu fais.
    Grace à tes partages, tu donnes beaucoup de courage aux mamans en quête de bienveillance à la maison ! C’est un chemin extrêmement difficile, aux rechutes extrêmement faciles 😉
    Courage et prends soin de toi 🙂

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  29. Ton article me touche… Je pense fort à vous et à cette nouvelle vie à 4 qui se construit. Dans ma formation j’ai appris qu’une famille mettait 4 ans à se stabiliser à l’arrivée ou au départ d’une personne. C’est à la fois rassurant parce que du coup ça rend tout de suite votre histoire ordinaire et en même temps c’est si long 4 ans.
    Je voulais juste te dire que tu es certainement la personne la plus bienveillante que je connaisse, parce que non seulement tu en connais un rayon sur le sujet mais en plus de tout ça, tu te remets en question, tu doutes, tu interroges, tu as peur. Tout cela fait que vous ne pouvez qu’être des parents aimants, attentifs et plein de bons sens et d’intelligence. Mademoiselle Carrousel a beaucoup de chance de vous avoir et de grandir dans une famille telle que la votre.
    Courage à vous pour ces tempêtes émotionnelles et pour la fatigue engendrée par l’arrivée d’un bébé.
    Je vous embrasse
    Vanille

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  30. Beaucoup, beaucoup d’émotions à accueillir… Pour elle, pour vous. Un chamboulement, des sentiments mêlés. Ce n’est certes pas facile, mais vous apprenez tous, et en sortirez tous grandis. En attendant, je crois qu’il s’agit simplement d’accepter ce que vous vivez, en faisant de votre mieux, et pas plus.
    Coralie

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  31. C’est le moment de la tempête, et on tient le coup en se disant que ça passera et que plus tard il n’y aura que les jolis souvenirs 😉 2 ans d’écart ici, l’ainée toute sage qui avait paru bien prendre les choses s’est réveillée quand sa soeur a commencé à ramper, bouger, et empiéter sur « son » territoire de grande 😉 De gros besoin d’être rassurée, d’être grande mais encore petite, et puis de notre côté, la bienveillance qui montre ses limites. On s’interdit de frapper mais les mots sont durs parfois.
    Oui on culpabilise, oui on s’excuse, oui on ne palabre plus 3h car plus le temps, mais c’est pour la grande comme pour la petite. La colère de décharge au départ de l’école, non, elle n’est pas traitée avec bienveillance, parce que je ne vais pas mettre la grande en retard de 40 min alors qu’elle n’est pour rien dans l’histoire. Donc c’est gros bébé qui gigote (et hurle ^^) à attacher dans la voiture.
    Et puis finalement, ne pas être parfait leur mettra moins de pression quand elles deviendront mères à leur tour ^^ L’essentiel à mon sens c’est d’en reparler, d’en avoir conscience, et de continuer de faire au mieux, comme on peut, le jour où on le peut.
    On tient bon, on lâche ce qu’on peut, on s’accroche à ce qui reste, et on avance. C’est difficile de réattribuer les rôles. Courage 🙂

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  32. Bonjour,

    Je viens sur votre blog de temps en temps, je suis ravie de lire votre beau récit d’accouchement et la satisfaction que vous en éprouvez d’avoir vécu ce que vous souhaitiez.
    Votre article d’aujourd’hui m’interroge. Vous êtes manifestement une femme très analytique, qui dissèque tout à la fois le comportement de votre fille, le vôtre, celui de votre conjoint, qui applique avec une grande ténacité les principes auxquels vous tenez et qui fait de votre mieux pour être bienveillante (et vous y parvenez magnifiquement bien, chapeau bas!)…sauf envers vous-même.
    Vous ne vous laissez passer aucune attitude qui ne soit pas exactement dans la droite ligne que vous vous êtes fixée, vous visez pour vous une perfection impossible. Il me semble que chaque « faille » (selon vos critères) est suivie d’une remise en question très dure. Vous pourriez faire un grosse colère puis dire à votre fille « ouhlàlà, là, j’ai vraiment pété les plombs, ma colère est montée comme un énorme orage et je n’arrivais plus à la maîtriser, tu vois, ça arrive, ça fait peur à tout le monde, ça t’inquiète et moi, ça m’épuise, mais là, c’est passé » et en rire. Mais vous êtes très/trop dure envers vous même, à vous demander ce que gardera de votre éducation votre fille! Alors qu’elle n’a pas 3 ans….
    La première chose que l’on garde de ses parents, c’est leur amour. Dans leur éducation, ce que l’on garde, c’est un ensemble reconstruit par nos ressentis, nos perceptions anciennes et présentes croisées à ce qui nous parle spécifiquement, ce qui fait que dans une même fratrie, aucun n’en garde la même chose. Et surtout, on garde des choses auxquelles les parents ne pensent pas, qui n’étaient peut-être même pas conscients pour eux. On prend nos parents avec leur forces et leurs faiblesses, leurs bêtises et leurs coups de génie, les trucs qu’on adore chez eux et ce qui nous insupporte, leurs beaux et leurs mauvais coté, parce que cela en fait de vrais êtres humains et que c’est cela qui a de l’importance.

    Finalement, tout ce que l’on « construit » pour être un bon parent, ce n’est même pas forcément ce que nos enfants voudront retenir de nous!!! J’ai de grands enfants ados et jeunes adultes avec qui je discute bcp. Quelle surprise (secouante!) quand ils m’ont dit parfois ce qui les avaient profondément agacé, des trucs ou parfois, je m’étais trouvée plutôt bonne comme mère. Ou toutes les choses qui les font rire entre eux, ces machins auxquels je tiens dur comme fer dans l’éducation et qu’ils acceptent « parce que c’est Maman » mais que eux ne referont vraiment jamais disent-ils! Et même mon dernier de 10 ans me renvoient des choses sur ma manière d’être et celle de mon mari qui remettent bien en cause!

    Vous savez, la beauté des relations entre parents et enfants n’a pas démarré avec les principes d’éducation bienveillante. Pour preuve, la relation de ma propre mère avec ses parents, absolument fabuleuse, malgré des principes éducatifs du 19e siècle! Mais ce qu’elle a toujours dit c’est qu’ils l’avaient portée par leur amour et leur confiance en elle et qu’aujourd’hui, alors qu’elle est une vielle dame, elle est toujours soutenue par ce qu’ils lui ont donné. Et pourtant, chez mes grands parents, on donnait des coups de battoir à tapis quand la bêtise était trop grande, c’est dire!

    J’ai eu moi même une enfance très bousculée par un père souvent malade, souffrant, ce qui influençait son caractère. les colères étaient fréquentes, énormes, imprévisibles. Les disputes entre mes parents aussi par voie de conséquence. Mais ce dont j’ai tjs été absolument certaine, c’est que mon père m’aimait immensément, qu’il aimait ma mère et que leur regard sur moi était exceptionnel de confiance et d’implication. Et pourtant, l’atmosphère à la maison n’a pas toujours été sereine. Mais quelle belle relation mon frère et moi avons finalement eue et gardée avec nos deux parents et ce père décédé alors que je venais d’avoir mon 2e enfant et qu’il était encore bien jeune.

    Alors quand je lis « Parfois, on se rejoint l’un et l’autre dans notre médiocrité. On a une si faible capacité à gérer nos émotions, tous les deux, que je me demande si on réussira vraiment un jour à faire mieux et à apprendre de nos erreurs. » ou que vous craigniez que ça laisse des traces « moches » je suis vraiment désolée pour vous que vous preniez les choses ainsi. Soyez fière de vous, aimez vous, cela rejaillira sur vos filles et leur donnera à elles aussi confiance en elles: en étant bienveillantes envers vous mêmes, vous les rassurerez sur les conséquences de leur propres imperfections et elle aborderont la vie avec tranquillité. Soyez bonne avant tout avec vous pour qu’elles puissent être bonnes envers elle-même dès aujourd’hui et plus tard. Aimez vous, vous êtes formidable, mais simplement un peu empêchée aujourd’hui de vous en apercevoir!

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  33. Bonsoir

    Je rejoins le commentaire précédent de Anne : la bienveillance passe aussi dans notre propre regard sur nous même. Personne n’est parfait : nos parents ne l’ont pas été et nous ne le serons pas. C’est certain. Mais avec ton mari, vous pourrez avoir le sentiment d’avoir essayé de changer les choses, plutôt que de vous aligner sur un modèle éducatif qui ne vous convenait pas. Et savoir reconnaître qu’on pourrait faire mieux, c’est déjà énorme, surtout quand c’est suivi d’actions, ce qui est le cas dans votre famille. Surtout ne bloquez pas sur vos échecs mais capitalise sur vos succès. Et surtout, dites vous que vous n’êtes pas seuls. Il y a partout des parents qui doutent malgré leur bonne volonté. Mais ils essaient, et ces petits succès cumulés permettront certainement que toute une génération d’enfants devenus adultes iront encore plus loin et mieux que nous.

    Bon courage et garde en tête que les moments moins faciles passent toujours. Et que ce que l’on retient tous au bout, ce sont les petits et grands bonheurs partagés. Et il me semble que ça, vous savez faire tous les 4 !

    Amicalement

    Arnaud

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  34. Bonjour wonder maman poule! Je suis touchée et émue par ton article. Vos jolies histoires de Carrousel, Fusée, tempêtes ou d’ours bienveillants sont pour moi les contes de fée (ou de Monster & co, selon la version😉) que je ne vivrai pas, vu une séparation (trop) prompte avec mon ex idiot d’ours (on peut mettre ces mots dans des ordres différents 😜)
    Une petite larme coule en te lisant. De la nostalgie de ce qui ne sera pas. Un soulagement de rester dans ce cocon flottant merveilleux plein de licornes avec ma cacahouète de 14 mois.
    Tu as toute mon admiration. Celle de chaque maman (ou papa) qui te lit aussi. Celle de ta Carroussel et ton ours chéris ! Mais la plus importante c’est la tienne! Dieu (on pourrait dire Ra ou Gaia mais c’est pas encore dans les mœurs) comme toutes les mères que je connais veulent être parfaites et sont des machines à culpabiliser! N’oublie pas que tu es le modèle…pour la bienveillance envers TOI aussi! Mon humble avis te dirais qu’elle doit autant apprendre la bienveillance que l’altruisme et cela commence par en avoir envers sa maman qui s’épuise à être parfaite. Tu l’es déjà AVEC tes imperfections, tes dérapages et un amour pour eux grand comme 10*** univers! Courage et félicitations !
    Big hug
    Mercedes

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  35. Pfiou quel article ! Comme souvent ici, j’aime autant le fond que la forme de tes propos ! Tes récits, qu’ils soient drôles ou durs sont toujours aussi touchant.

    J’ai commencé par rire, la succession « d’outils bienveillant » faisant merveilleusement écho à l’article que je viens d’écrire, sur la période du non (mais le mien est moins drôle !). Et puis, mon rire est devenu plus amer en continuant de te lire…

    Je ne sais que dire et pourtant, j’ai ressenti le besoin de poser un commentaire ! Je pense que tu as tous les outils nécessaires pour être bienveillante envers toi même, autant que tu l’es envers ta fille, mais que tu n’es simplement pas dans une période de ta vie où il est simple pour toi de prendre du recul. Je ne doute pas que dans quelques jours ou semaines, ces moments flottants de doute où tu n’arrive pas à être à la hauteur des objectifs que tu te fixes seront de plus en plus rare !

    Tu es humaine et tu as des faiblesses. Rien que pour ça, merci ! Merci de le montrer, merci de dévoiler des facettes un peu plus sombre de ta vie. J’ai l’impression que plus on lit d’articles ou de livres sur la bienveillance, plus on oublie que cela ne veut pas dire que nous sommes dotés d’une patience ou d’une énergie infinie. Et que la bienveillance sans elles ne sont plus grand chose… En osant en parler sur ton blog, tu nous rappelle que la bienveillance n’est pas quelque chose qu’on acquiert à vie.

    Et pour finir, merci. Ton article me rend plus humble, sur mes « connaissances » : savoir comment agir avec bienveillance n’est pas toujours suffisant pour pouvoir le faire. Et nous devrions l’accepter, sans jugement, que cela concerne les autres parents ou soi même.

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  36. Je voulais juste t’envoyer plein de bonnes ondes, un gros câlin virtuel et te dire la belle personne que tu es, à quel point cela transparaît dans tes écrits. Tu essais d’apprendre à ta fille la bienveillance, la confiance en soi et que c’est le chemin et la persévérance qui comptent. Rappelle le toi, à toi aussi : sois bienveillante envers toi, tu fais de ton mieux ce n’est pas facile du tout, aies confiance, tu vas y arriver c’est une phase compliquée mais ça ira mieux et tu vas trouver comment gérer. Tu es une maman formidable et bébé carroussel en profite depuis sa naissance. Ce ne sont pas quelques semaines compliquées pour elle et pour toi qui vont tout remettre en cause tout ce que tu lui as déjà apporté et appris. Bisous de binousours pour te requinquer!

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  37. Happynaiss j’aime tellement lire tes articles… Celui-ci m’a énormément touché même si je ne suis pas dans la même situation (un fils de 3 ans et pas de projet de bébé 2) Tu es une maman incroyable et tes filles ont tellement de chance! Merci de nous faire partager tout ça. Courage ❤

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  38. Bonjour et merci pour ton blog découvert pendant la grossesse de Bébé frère.

    Mon grand est un tout petit peu plus jeune que ta grande et nos « deuz » ont sensiblement quelques jours d’écart… Je me retrouve énormément dans tes articles!!!
    J’ai fait lire celui-ci à mon compagnon qui m’a dit : « Mais, elle a une caméra chez-nous, ou quoi?! ».
    Par contre, différence de sensibilité et/ou de lâcher prise et/ou d’hormones, pendant la lecture: j’ai pleuré de peine et de fatigue (j’ai revécu nos crises à nous) et lui a pleuré de rire (il arrive à relativiser, contrairement à moi).

    Bref, courage, tu n’es pas seule! Et moi aussi je doute souvent de nos choix éducatifs (surtout dans ces moments). Ce serait tellement plus facile de coller le grand devant la télé, de laisser la claque partir… mais, on tient bon et les bons moments nous réconfortent dans notre façon de faire (le grand, au coucher : « J’aime mon frère »….Rhoooo!).

    Plein de bonnes ondes!

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  39. Je viens de parcourir les commentaires de cet article très poignant!?! Je dois dire que tes « lecteurs » sont à la hauteur de ton talent et de ta sensibilité! (euh bon je ne me mets pas dans le lot hein ^^)
    Bravo à tous pour vos commentaires qui m’ont ému parfois autant que l’article en lui même. Du coup je ne sais qu’ajouter, car cela serait sans doute moins bien dit, mais je tiens à t’apporter mon soutien aussi. Parce que je te lis depuis longtemps, si longtemps que j’ai l’impression d’un peu te connaitre. Parce que je te trouve un talent d’écriture fou. Et que je suis fan de toi pour ta bienveillance et tes connaissances!!!! 😉
    Je rejoindrais la majorité en disant que oui, maintenant, il faut prendre soin de toi et essayer avant tout d’être bienveillante envers toi même. C’est dur, j’en sais quelque chose. (syndrome de l’ex petite fille parfaite aussi 😉 )
    Tu es en train de construire une magnifique famille. Tu es quelqu’un de bien. Ne doute pas de toi (mantra à répéter tous les matins devant le miroir ^^)
    Et MERCI de nous faire partager tout cela. Tu n’imagines pas, mais tu t’en rends peut être un peu compte avec ces commentaires, du bien que tu procures à bon nombre de parents. Moi même, je n’ai qu’un petit garçon de presque 2 ans, sans projet de second pour le moment, et déjà je m’y retrouve et je me rassure en te lisant.
    MERCI de nous faire nous sentir moins seul(e) !!!!! ❤

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  40. Non mais toi alors ❤️ tu m’as tirée les larmes, une fois n’est pas coutume… Pas des larmes de tristesse ou de pitié, non-non, des larmes pour la beauté de la scène que tu décris quand ta grande s’endort avec ses petites mains sur toi, après votre grande discussion.
    Tu es une formidable Maman, tu es humaine bordel, c’est tout. Avec tes hauts, tes bas, tes grandes satisfactions et tes « peut mieux faire ».
    Je suis totalement fan de toi, tu fais tellement de ton mieux ! N’oublie pas d’être bienveillante envers toi-même 💕
    Merci pour tes mots, pour te livrer chaque fois avec autant de justesse et de sincérité.

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  41. Oh comme j’aime te articles ! Et je dois le dire : comme je me sens moins seule à la lecture de celui ci…
    Il resonne en moi et met aussi des mots sur ce qui me fait mal..
    . Moi aussi j’étais bienveillante sur toute la ligne, je connais la théorie par coeur et je disais que moi je ne ferai pas comme ci ni comme ça. ..
    J’étais tellement fusionnelle avec mon aînée de 2 ans et demi. La naissance de sa petite soeur il y a 4 mois a tout bouleversé. D’abord j’ai eu besoin de distances avec elle pour me consacrer pleinement à mon nouveau né. Elle me réclamait à corps et à cri, j’avais l’impression de ne plus savoir l’aimer. .. Quelle culpabilité ! Puis nous avons retrouvé nos moments de tendresse et câlins mais le congé paternité ayant pris fin je me suis retrouvée seule avec mes filles et là ma bienveillante a volé en éclats. J’ai franchi des lignes: j’ai crié pour la faire taire lors de ses crises j’ai voulu la taper et même si je ne l’ai pas fait cette pensée me dégoûte. Je l’ai même enfermée dans sa chambre pour qu’elle arrête de me poursuivre en hurlant et me tapant. Moi aussi je me suis excusée mais à quoi bon quand je vois qu’elle crie sur ses poupées et leur dit  » tu es pénible !  »
    Tu as raison nos relations avec nos aînées sont à reconstruire. J’y veille chaque jour, pour aussi réparer le mal que j’ai fait et que je continue a faire quand mes émotions débordent.
    Bon courage à toi et mille merci pour cet article qui montre que la bienveillance est parfois difficile même quand on est convaincue. Merci de te montrer humaine sans banaliser le mal fait pour autant. Bravo pour ta capacité d’introspection et merci de partager cela avec nous. Ce travail tu le fais pour toi mais le partager avec nous est un cadeau .

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  42. J’aurai presque pu ecrire cet article. Les mots que tu utilises pour décrire ce que tu ressens, c’est exactement ce que je me dis chaque jour. Devier, échouer, chaque jour, et agir ou plutôt mal agir… pour ne pas dire le mot malveillance.

    Bref c’est dur, très dur, et j’espère que cette passade ne durera pas trop longtemps pour toi. Quant à moi ça ne fait que commencer, la petite soeur de ma fille de 3 ans étant prévue pour janvier.

    Ce qui est rassurant c’est qu’on n’est pas seule. Alors merci pour ton article.

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  43. Je laisse ma réflexion se poursuivre et je me demande quand même si vous ne pêchez pas par excès de croyance en …. votre influence sur vos enfants.
    Il est certain que notre impact sur nos enfants est fort, en témoignent aussi bien ce que la relation avec leurs parents a construits que ceux qu’elle a déstabilisés.
    Et en même temps, je regarde mes propres enfants et ceux de mon entourage et ce que j’ai compris au bout de quelques années, c’est que finalement, une part très large de nos enfants nous échappent et c’est très bien ainsi. Je ne parle pas seulement des enfants au caractère particulièrement rebelle ou indépendant, non, je parle de tous les enfants.
    En vous lisant, il me semble qu’il ressort de vos écrits et de plusieurs commentaires l’idée que ce que va devenir votre enfant puis l’adulte qu’il sera et sa façon d’aborder la vie seront directement lié à vos actions et positionnements éducatifs. Comme si vous même n’étiez que le fruit de l’éducation de vos parents. Je n’y crois pas un instant. Nos enfants, comme nous mêmes, et c’est heureux, se fondent sur des contacts et des influences variées: le reste de vos familles, certains de vos amis proches, des enseignants, leurs amis à eux. Donc oui, bien sûr, autant veiller à leur apporter ce qui est ajusté à leur besoin, mais ne croyons pas que nous, parents, soyons les uniques « façonneurs » de leur vécu à venir. Remettons notre rôle et notre influence à leurs juste place.
    Lorsque j’étais enceinte de mon premier enfant, ma mère (qui est une femme positive et bienveillante) m’a dit une phrase très belle et qui m’a vraiment guidée en tant que mère : « Tu verras, du moment où ils sortent de ton ventre, ils ne font que partir ». Elle me le disait afin de m’aider à être à ma juste place: incontournable, irremplaçable mais surement pas le seul repère de leur vie, et cela, dès les débuts. Vos enfants seront ce qu’ils sont, ils sauront regarder ce que vous êtes, pourquoi vous vous comportez ainsi ou autrement, l’analyser, le relativiser et un jour, peut-être s’en démarquer et construire leurs propres règles lorsqu’ils auront eux mêmes des enfants. Ils vous surprendront, vous déstabiliseront, vous remettrons en cause… et jamais sur les points où vous vous pensiez défaillants! Alors relativisez!

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  44. Merci ! J’ai pleuré en lisant tes lignes… C’est exactement ce que j’ai vécu et ce que je vis encore parfois avec ma « grande ». Mes princesses ont vingt mois d’écart. Les débuts ont été de vrais blasphèmes à l’encontre de mes principes bienveillants ! Pas évident comme tu dis avec tous ces chamboulements. Mais je pense qu’il faut garder en tête notre fil directeur qu’est la bienveillance. J’espère qu’elles nous pardonnent et comprennent nos faux pas et grandiront en ayant conscience qu’elles sont notre vie et qu’on apprend aussi tous les jours. Mes enfants sont véritablement ce qui m’a permis de changer et grandir aussi ! Ils nous éduquent tout autant !
    Bon courage et plein de bonheur.

    Aimé par 1 personne

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