Maternage & Parentalité positive·VDM (Vie de Mum)

Ces choses que j’aurais voulu savoir… sur le couple à l’arrivée des enfants

Préambule : cet article, comme son titre l’explicite clairement, parle du couple qui devient parents. Sur ce sujet, encore plus que sur les autres, je tiens à préciser que je partage mon expérience, mon point de vue, ma réflexion. J’ai le sentiment que, bien que traversés par des sentiments et des expériences semblables, pas un couple parental ne se ressemble ; autant la dyade mère-bébé présente un certain nombre de caractères communs dans beaucoup de foyer, autant le triangle mère-père-enfant me laisse pantoise dans sa diversité. Parce que cela dépend du papa en tant qu’homme, cela dépend du papa en tant que papa et de son lien avec le bébé, cela dépend du couple en tant qu’amoureux avant, cela dépend de la mère en tant que femme, en tant que mère…  Mon expérience, c’est celle d’un couple de bêtes à cornes (Papa Ours est bélier et moi taureau…) aux caractères volcaniques et indépendants, qui a choisi en pleine conscience de faire passer les besoins de ses enfants en priorité et dans lequel la maman a choisi de rester un temps assez long à la maison. Ça pose un décor qui nous est propre. Alors, même si je pense que certains d’entre vous se reconnaitront dans mon partage (du moins, je l’espère, sinon je vais me sentir fort seule ^^), sentez-vous libre également d’être en total désaccord et que votre réalité soit toute autre 😉

***

Vous savez comme parfois, certains raisonnement ont l’apparence de la logique et sont en réalité absurdes ?

Genre : nous nous aimons, donc reproduisons nous.  De prime abord, ça semble logique : je l’aime, il m’aime, j’aime ce que nous sommes ensemble, faisons plus de nous. Des mininous par dizaine, hihihi, lolilol. #coeurcoeurlove

SAUF QUE.

Se reproduire, ce n’est pas (que) s’envoyer en l’air à répétition,  se sourire niaisement devant le test de grossesse et contempler la beauté et la perfection ultime du fruit de ses entrailles endormi dans son berceau. Je t’aime mon amour, moi aussi mon cœur, tu es un père merveilleux, et toi une mère incroyable, faisons plus de mininous, oh oui j’en rêve !

Petit plongeon dans la réalité brute de décoffrage :

Quand Papa Ours passe la porte de l’appartement à 19h, il est assailli par la Carrousel en folie (culotte sur la tête et ailes de fée dans le dos), qui le supplie de faire une petite partie de Misticat‘ et par sa femme (avec sa culotte bien en place, elle, et son torchon de fée du logis à l’épaule) en détresse qui le supplie de la délivrer de sa sangsue Fusée, qui ne supporte plus rien à cette heure, pour qu’elle puisse terminer le dîner, dîner réclamé à corps et à crises par la Carrousel depuis 18h15. A table, entre jet de choux fleurs et cri de putois de la petite systématiquement fatiguée quand c’est l’heure de se mettre à table, la grande qui voudrait bien à boire, du fromage, encore un peu de gratin et qui a mille choses passionnantes à raconter, il faut nous y reprendre à 5 reprises pour terminer un échange verbal de 3 phrases, et généralement celui-ci se conclu par un « Bon, je te raconterai plus tard » agacé. Tandis que je file dans la chambre « parentale » (lolilol) pour coucher ma Fusée (aka tétée, tétée, tétée… jusqu’à endormissement), Papa termine le dîner, débarrasse, fais la vaisselle, débarbouille la Carrousel, et entame son rituel du soir avec quelques petits jeux calmes propices à l’endormissement dont il a le secret (comme par exemple : course-poursuite dans l’appart avec des trucs sur la tête, jets de jeux en l’air en poussant des cris hystériques, hurlements de rires parce qu’il a planqué la carte de T’choupi à la ferme sous ses fesses pendant la partie de 7 familles… – -). C’est à cet instant que je sors de la chambre, ma Fusée enfin endormie, et que je termine le rangement du champs de bataille salon (jeux éparpillés pendant ledit temps calme, nourriture dans les recoins du putain de siège de table, linge plié qui gît dans un coin car personne ne comprend mes messages subliminaux quand je les pose sur la table, carnage de WC post-passage de la Carrousel qui a voulu nettoyer une goutte de pipi sur la cuvette avec une bouteille d’eau, jeux de bain moisissant au fond de la baignoire pas vidée, plaque de cuisson pas nettoyée car hors du champs visuel du mâle, etc…), le tout généralement entrecoupé d’un ou deux rappels de la Fusée-RGO/APLV/KISS/HP/CHOISITONARME. Puis c’est à mon tour d’entrer en scène pour le rituel de la Carrousel, avec la lecture des histoires, la discussion du soir, la formule magique (Abracadabra, du balais les loups, du balais les monstres, poudre de dodo, jolis rêves par milliers !!!) et la patience jusqu’à endormissement de la bête, en croisant les doigts pour que tout ceci ne soit pas interrompu par un rappel de la Fusée-reine-des-remontées. Généralement, je m’endors avant elle et me réveille en sursaut quand Papa Ours m’effleure le bras dans le noir en me chuchotant « Je crois que tu t’es endormie! ». #BravoEinstein. Il est alors dans les 21h30, la (non) soirée commence, youhou ! Ah non, rappel de la Fusée et de ses renvois par milliers, et je manque de m’endormir une deuxième fois ; il est 22h quand je ressors de la chambre. Allez une douche et au lit. Ah merde je n’ai pas parlé à mon mari aujourd’hui, je vais quand même aller lui dire deux mots. Bonne nuit ! Voilà ça fait deux mots. Parfois j’ajoute : « tu viens te coucher? » et s’il y perçoit une invitation, il vient. Quand il arrive, soit je dors déjà la bouche ouverte, soit la Fusée s’est réveillée et il me trouve semi-assise, semi-endormie, la Fusée accrochée au sein comme les étoiles de mer à la poitrine de la Petite Sirène. La Carrousel débarque généralement à un moment ou à un autre de la nuit, contraignant généralement Papa Ours a s’exiler sur le canapé par manque d’espace (le 180 cm n’est pas encore en place malheureusement). Quant aux week-end, nous alternons un qui porte la Fusée en jouant à la dinette avec la Carrousel, l’autre qui passe l’aspirateur en lançant une lessive, suivi de délicieuses balades où  l’un porte la Fusée en écharpe et les sacs de courses, l’autre porte la trottinette dans une main et la Carrousel de l’autre, genre de trucs bien reposants . On rigole hein. Mais la glande, on connait pas. Quand la Carrousel daigne faire la sieste, la Fusée pète le feu. De toutes façons, quand la Fusée dort, c’est dans le dos ou dans les bras. WALAAAAAAAAA.

Y a-t-il un médecin dans l’assemblée, j’ai deux ou trois femmes enceintes de leur deuz’ qui sont tombées dans les pommes ! Je ne parle pas des primipares qui sont parties en courant au 3ème rappel de la Fusée. Quant aux nulli(pares), elles ne trainent pas par ici, un ramassis de bonnes femmes mal organisées et dépassées ce blog 😉

Vous l’avez compris, se reproduire c’est (généralement) renoncer (pour un temps plus ou moins long), par la force des choses (parce que si quelqu’un voit à quel moment je peux confier ma Fusée pour avoir une soirée en sachant qu’elle tète toutes les 30 minutes à partir de 19h pour se calmer, qu’il m’écrive sur le champs!), à tout ce qu’on aimait faire à deux avant, comme glander au lit, faire l’amour quand on veut (faire l’amour tout court, me dit-on dans l’oreillette – Papa Ours tout le monde t’a reconnu!), partir en week-end à l’improviste, rouler en décapotable sur la route des vins, aller dans des resto chicos (c’est à dire des restos sans menu enfant, sans set de table à colorier et sans ballons à la caisse, pour ceux qui ne se rappellent plus), dîner tranquillou à l’heure qu’on veut, se pomponner pour séduire l’autre, prendre l’apéro jusqu’à l’heure indue de 20h30 sans se soucier du dîner, voyager en mode roots ou grand luxe, se faire un marathon de série, faire du sport à 2, avoir une conversation ininterrompue.. J’arrête non ? La plaie, le couteau, toussa toussa.

Cela dit, comme dit en préambule, chaque couple à son score parental selon ses choix de vie, de maternage, d’éducation, le genre de bébé qu’il tire à la loterie, sa situation personnelle…

Le score parental

Être parent : bim, 20 points de départ.

Puis…

 

Au moins un enfant de moins de deux ans : 2 point

Au moins deux enfants de moins de 3 ans : 5 points

Plus de 2 enfants : 10 points

Jumeaux : score initial compte double

Moins de 2 ans d’écart entre 2 enfants : 6 points

RGO : 3 points

KISS : 3 points

Allergies, intolérances et autres joyeusetés : 3 points

Merd-ites à répétitions : otite, bronchiolite, rhinite, bronchite, laryngite… : 3 points

Au moins un enfant allaité : 4 points

Au moins un des enfants partage la chambre parentale: 2 points

Au moins un des enfants partage le lit parental : 10 points

Au moins un enfant ne dort pas en journée ou seulement à bras : 5 points

Au moins un enfant se réveille toutes les nuits : 3 points

Tous les enfants se réveillent la nuit et se réveillent mutuellement : 10 points

Accouchement merdique : 8 points

Pas de relais à proximité : 8 points

Galère de thune : 5 points

Hyperactivité/hypersensibilité/hypertonicité d’au moins un enfant : 4 points

(Liste non exhaustive).



Vous l’aurez deviné, la fréquence des rapports sexuels et des sorties en tête à tête est inversement proportionnelle au score parental, tandis que la probabilité de se hurler dessus en se jetant  la porcelaine l’arcopale à la gueule pour une sombre histoire de sac poubelle mal déployé sur le rebord (tu sens le vécu?) va exponentielle quand on passe la barre des 50 points. Je ferai peut-être hurler certaines, mais l’éducation en conscience sous tous les aspects qu’elle peut revêtir, en particulier celui du maternage proximal, n’est pas l’amie du couple amoureux. Je ne dirai pas que c’est son ennemie pour autant (je développerai plus loin), mais nul être humain ne peut être au four et au moulin, donc toute l’énergie déployée cuisiner du bio-maison-sans-plv, à détacher des couches lavables, à allaiter à la demande jour et (surtout) nuit, à porter son bébé dans son dos, à bercer la nuit, à être présent physiquement et émotionnellement tous les jours, toutes les nuits, à nourrir les besoins d’amour, de temps de qualité, d’attachement et de sécurité intérieure à chaque fois que les enfants manifestent que leur réservoir se vide, ce temps et cette énergie là ne sont pas employés à nourrir le couple, que ce soit en temps réellement partagé, en attentions, en discussions (j’entends VRAIE discussion qui stimule, qui enflamme, qui rapproche, qui débat, qui anime, qui nourrit quoi, pas « c’est chelou la béchamel au lait de riz, non? » ou « tu lui as lavé le nez combien de fois aujourd’hui?« ), en folles parties de jambes en l’air, en tendres mots et caresses, ou même en pensées. Car il ne faut pas négliger l’impact de l’imaginaire dans la vitalité du couple ; si on a pas 3 minutes pour penser à l’autre dans la journée et désirer sa présence (« si il n’est pas là dans 5 minutes, je noie sa progéniture démoniaque dans l’eau de rinçage des couches » ne compte pas), fort à parier que non seulement on n’aura pas de temps mais pas non plus la disponibilité mentale à lui consacrer le soir venu. Je referai les mêmes choix de maternage et d’éducation sans hésiter, mais parlons vrai quoi.

J’en reviens à mon raisonnement faussement logique initial : nous nous aimons, faisons plus de nous…. et merde, où sommes-nous passés ?!

Sommes là, comme deux cons en jogging taché dans la salle de bain, enterrées sous une pile de linge sale et de draps pleins de vomi, dans le doux fumet de la dernière couche de la journée qui traine sur la table à langer,  assourdis par le sèche-linge qui tourne en sur-régime, en train de communiquer en langue des signes pour évaluer si la toux bronc(s)hiteuse asthmasiformiteuse de la grande va déboucher sur un énième vomito ou pas.

Disparu, ce qu’était notre couple avant. Puisque bien évidemment avant, nous n’avions que nous à penser, nous étions forcément différents. Nous, c’était nous deux, toi et moi, chacun seul dans sa tête. C’était facile de s’aimer, de se chérir, de se choyer, d’être romantiques et sexy et légers et pétillants comme des bulles de Champagne. C’était facile de ne rien faire de spécial et d’être contents. Et même on avait le temps de s’engueuler bien comme il faut, d’être jaloux, de se dire des trucs puissants, de faire des scènes, de partir en claquant la porte sur un coup de tête, de pas revenir le soir, de se faire mariner au téléphone, de se réconcilier dans les larmes, les promesses et sur l’oreiller. Avoir des enfants, c’est ne même plus avoir le temps de se disputer dans les règles de l’art, bordel. Maintenant ça crie 3 reproches, l’autre a à peine le temps de gueuler une réponse et de claquer une porte qu’un enfant appelle pour qu’on lui essuie les fesses. Va reprendre ton engueulade après ca. 

Les enfants, c’est puissant.

Ça te dépouille un couple, dans tous les sens du terme.

Déjà, les parents sont dépouillés physiquement : ils ont pris dix ans dans la face en 8 mois, ils n’ont jamais le temps de rien, ils ont les épaules courbés sous le poids de toutes ces nouvelles responsabilités (et le poids du sac à langer), ils sont à la fois à moitié sourds et ils entendent des voix (elle a pleuré là, non? Ah non c’est le chat), ils ont mal au dos, aux bras, au crâne.

Mais le couple est aussi dépouillé de tout superflu, tout superficiel, toute frivolité : c’est le couple mis a nu face à lui même. Allez y, aimez vous comme vous êtes, épuisés, de mauvais poil, le cheveux en l’air et le sourcil mal épilé, sous le néon cru de la cuisine à 6h du mat le dimanche, sans l’aide d’un verre de vin, d’un bon ciné ou d’un éclairage tamisé. Aimez-vous sans le luxe du temps pour soi, sans les rêveries qui nourrissent le désir, sans le calme intérieur, pas plus qu’extérieur.  Aimez vous dans la lourdeur du quotidien, aimez vous la tête dans le guidon, aimez vous la tête dans le cul. Aimez vous dans les cris, dans les larmes, dans le désordre, dans l’habitacle de la familiale ravagé par les miettes de biscuit qui collent au cul, aimez vous avec un bébé au sein et un jeu des 7 familles de T’choupi dans la main, aimez vous en sous-vêtements dépareillés, aimez vous en silence à côté du bébé endormi, aimez vous en vitesse avant la fin de la sieste, aimez vous au service d’urgences pédiatriques entre deux nuits blanches.

Aimez vous parfois dans l’incompréhension, le silence, la colère, les reproches.

Aimez vous quand vous avez déjà du mal à vous aimez vous même. Quand vous avez du mal à reconnaitre votre corps, vos mots et vos propres pensées.

Aimez vous quand vous vous montrez détestables, quand vous explosez sur l’autre tout ce que vous avez contenu, quand vous vous défoulez sur ce partenaire qui a eu la folie de vous faire cet enfant.

Aimez vous dans la rancœur des points qu’on compte et des reproches qui fusent, aimez celui qui en a fait moins que vous, celle qui vous fait culpabiliser, celui qui n’est jamais content, celle qui ne se rend pas compte de tout ce que vous faites, celle qui ne comprend rien, celui qui a le beau rôle, celle qui sait toujours tout, celui qui a l’ingratitude à hauteur de son absence.

Aimez vous quand vous ne vous êtes jamais sentis aussi seuls de toute votre vie qu’en sa présence, dans un silence assourdissant, avec ce mur gigantesque entre vous deux.

 

 

Oui, dis comme ça, ça fait flipper.

Le silence, le mur, les reproches, les incompréhensions, ce sont des moments difficiles à vivre, qui laissent dans un état douloureusement insupportable. J’ai souvent eu le cœur serré ou la rage au ventre ces dernières années/mois/semaines, de ce que Papa Ours a pu dire, faire, ne pas dire ou ne pas faire. Souvent, il aurait juste suffit qu’il prononce un encouragement ou modifie 3 mots dans sa phrase pour que tout sonne radicalement différent à mes oreilles. J’ai souvent eu le sentiment d’être atrocement seule et je n’avais même pas la force de le lui dire. Par fatigue et découragement, j’ai parfois perdu jusqu’à l’envie de communiquer avec lui au-delà du strict nécessaire. J’ai souvent eu l’impression qu’on était loin, très loin l’un de l’autre, deux étrangers parlant des langues différentes et ne faisant aucun effort pour se faire comprendre. Je dis j’ai eu, mais j’ai encore parfois, souvent, de temps en temps. Hier.

Et pourtant, fondamentalement, sous la couche de poussière, notre couple va bien. Je le sais, il le sait (on en a parlé, quand même, ceci ne sont pas les paroles d’une nana paumée qui se voile la face je vous rassure).

Je l’aime, il m’aime et on veut être ensemble.

Alors quoi ?

Alors merde.

Ça fait chier, c’est pas la félicité, c’est même parfois franchement douloureux, mais n’enterrez pas mon mariage pour autant.

Oui, en ce moment mon couple amoureux tourne au ralenti, c’est un navire qui avance lentement poussé par le vent, tous moteurs éteints, il n’y a personne pour foutre du charbon dans les foyers à vapeur. Son rythme est incertain, au gré de la météo, il dérive un peu, il tangue, il stagne. Mais il ne coule pas et le capitaine est toujours à la barre, c’est tout ce qui compte pour moi. Et la rivière sur laquelle il navigue ne va pas disparaitre d’un jour à l’autre, il n’y a pas le feu pour que notre navire parcoure son chemin, on a de longues années devant nous.
Ce qui fait du bien à mon couple, à défaut d’énergie ou de temps à lui consacrer, c’est l’acceptation de cette phase de latence, pour ce qu’elle est, à savoir une phase. Provisoire, temporaire. C’est me donner le droit de donner moins à mon couple pour donner plus ailleurs pendant quelques temps sans que ce soit MAL, DANGEREUX, PAS BIIIIIIEN, attention Maman Poule le divorce te guette. C’est de m’autoriser à faire cette constatation de disette sentimentale sans y associer la peur de l’échec de mon mariage et la certitude de mon inaptitude à être heureuse en couple.

Encore un raisonnement qui d’apparence logique : pour être bien dans sa vie, il faudrait être sur tous les fronts, à la recherche de cet équilibre absolu entre toutes les facettes de la vie. C’est ce modèle que j’avais depuis l’adolescence, de la femme qui est mère, mais aussi femme, sexy, épouse, professionnelle, sportive, amie. Celle qui gagne sur tous les tableaux, qui ne laisse pas ses enfants contrecarrer ses projets professionnels ou foutre en l’air sa silhouette, mais qui ne laisse pas le boulot bouffer ses week-end en famille, qui conjugue harmonieusement sorties entre copines, afterwork et vacances à la mer et qui confie ses enfants deux fois par mois pour un restaurant en amoureux… Cette équilibriste incarne le bonheur tel que se le représente notre société dans laquelle il faut tout, tout le temps, toujours plus et vite pour être heureux. Même si ça revient à vivre sur un fil et à risquer de basculer dans le vide au premier faux pas.

Je suis sure que certaines femmes ont besoin de ça en effet pour être bien, et je suis sure que d’autres ont besoin de l’exact opposé.  Mais la société, les amies, les voisins, les blogs, les livres, Elle, disent que il faut que… et soudain elles ont un problème.

Je revendique le droit de ne pas être sur tous les fronts. En ce moment, mon couple n’est pas ma priorité et quand j’ai 5 minutes à moi je préfère les passer seule, sous la douche, avec un bouquin ou à écrire un article, je sens que cela recharge davantage mon réservoir dangereusement vide. Voila, c’est dit. J’ai besoin déjà de pouvoir m’occuper un minimum de moi pour avoir l’élan de m’occuper de lui, pour avoir les ressources pour que nos petites divergences ne se transforment pas en fossés. Bien-sûr un moment de tendresse ou un éclat de rire volé de ci de là nous font du bien, mais ne me demandez pas de consacrer de l’énergie à animer mon couple.

Pour autant j’aime profondément mon mari et, dans ma tête, je contemple avec ravissement l’image de nos 2 pommes avec 10 ans de plus, en train de partager de nouveau des activités, des sorties, des voyages, avec ou sans nos filles devenues moins dépendantes de nous. De la même façon, j’ai choisi de mettre mon boulot sur pause pendant un temps, et pour autant je ne dis pas que je ne veux plus travailler de ma vie, que travailler ne m’apporte rien de positif ou que ma vie professionnelle est foutue.

Je revendique ce non-choix, le non-choix de mettre son couple en demi-pause pour survivre sans être jugée. Parce que évidemment, on voudrait bien, on aimerait, ce serait cool de… mais en fait c’est impossible. Pour certains, à certains moments, comme nous en ce moment, on en est là : la lutte de besoins. La lutte pour garder la tête hors de l’eau. Choisir entre manger ou dormir. Et là, les injonctions à prendre du temps pour son couple, à « rester femme et pas seulement mère » et compagnie, c’est juste un seau d’eau supplémentaire sur la gueule d’un mec qui se noie. D’une meuf en l’occurrence ; bizarrement c’est ENCORE et toujours souvent la faute de la mère cette histoire ! « Trop fusionnelle avec son bébé », elle à qu’à le faire garder, toussa toussa.

Je revendique le droit de dire un temps pour tout, dans ce monde où on n’a jamais le temps de rien.

Et surtout le droit de faire comme on peut sans mauvais présages car après le tout, le mariage n’est-il pas l’union dans le bonheur comme dans les épreuves, dans les moments de grâce et les moments de graisse collée sur la plaque vitrocéramique, dans la sérénité comme dans l’hystérie, dans la richesse comme dans le déficit de sommeil, la santé comme le délabrement mental ?

 

 

 

 

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88 réflexions au sujet de « Ces choses que j’aurais voulu savoir… sur le couple à l’arrivée des enfants »

  1. Coucou, c’est moi la nullipare qui a tout lu! 🙂 Merci pour cet article, qui certes ne me fait pas rêver mais qui a le mérite d’être honnête, authentique et vulnérable. Comme tu l’as dit, il y a un temps pour tout. Et l’amour vous portera. Bon courage à vous deux, à vous quatre.

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  2. Nullipare au rendez-vous et je reste malgré tout … Et si je suis assidûment tes articles c’est justement pour cette vérité qu’on ne trouve pas forcément ailleurs.
    J’ai juste envie de te dire courage, ça va aller, de te faire un câlin, de te dire que tu as raison : pour aimer l’autre, il faut déjà reprendre le temps de s’aimer soi ! On s’en fout des qu’en-dira-t-on, l’important c’est de faire confiance à son instinct … Et j’ai aussi envie de te conseiller la méthode Ho’oponopono qui consiste notamment à se répéter « Désolé. Pardon. Merci. Je t’aime. » comme un mantra, quand on sent que nos mots vont dépasser nos pensées. Je trouve que ça aide beaucoup à se recentrer sur l’essentiel et non plus sur la vague de colère qui nous envahie.

    Mais il est vrai qu’à part ce soutien virtuel, je ne peux ni confirmer tes propos ni les invalider. Il ne me reste plus qu’à profiter de ces moments à deux, autant que possible…

    💪

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  3. Merci.. merci de ta franchise, de ton honnêteté, de ces moments que tu vis et qui résonne comme une musique familière en moi. Merci , grâce à toi je me sens moins seule dans cet océan d’emotions dans lequel je vis depuis que je suis maman.
    Merci pour ces larmes libératrices que ton article fait couler sur les joues.

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  4. Je te suis depuis maintenant 1 an et demi ! Et c’est certainement l’article qui m’a le plus touchée depuis le début ! Tout pareil à part qu’on a juste une louloute de 18 mois pour l’instant et qui a une maladie auto-immune (diabete type 1) avec appareillage médical et tout le tintouin, ce qui nous fait un bon petit score parental aussi 😛 Merci pour ces articles de qualité, qui me font rire autant que pleurer !

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  5. Encore une nullipare qui te lit assidument 😀 C’est chouette et différent de trouver des articles de qualité qui parlent de la vraie vie… On met celui-ci de côté et on le ressortira pour que son chéri le lise quand on ne sera plus nullipares et qu’on sera perdus 🙂

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  6. Primipare d’un 22 mois taureau, débordant d’énergie, de caractère et de « non », je te lis en me disant que je ne suis vraiment pas prête pour le second !
    Score 42, ça pourrait être pire !

    C’est un article qui fait du bien à lire, encore une fois. 😘

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  7. Comme un miroir de ma vie dont le reflet me fait éclater de rire à chaque fois (et ça, ça aide à prendre du recule sur sa vie!)… scoring à 52! Oups, mon rire à réveillé petit doudou qui s’était endormi au sein puisqu’il ne s’endort qu’au sein… quel plaisir de lire chacun de tes articles. Belle continuation

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  8. Superbe…
    J’ai eu une idée débile. Le faire lire à mon conjoint, pour le rassurer (on n’est pas seuls!), pour qu’il me comprenne un peu mieux, pour qu’il se prépare à l’arrivée du deuxième, et pour un tout autre tas de raisons…
    Arrivé au tiers : « ça me gave »
    Ok.. Le mur séparateur m’a l’air bien haut…
    Soirée tristesse bonsoir !
    Mais quelle idée…

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  9. Mais TELLEMENT !!!
    Heureuse d’avoir refondé une famille avec un homme qui accepte avec sagesse que notre couple soit sur « pause »… le temps que M. Greffon apprenne à se détacher un peu de sa mère 😂

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  10. Une merveille ton article comme d’habitude. J’ai l’impression que tu lis dans mes pensées et que tu vis dans mon salon. Merci d’écrire tout ça. Merci de faire que je me sente moins seule.

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  11. Tout d’abord, merci pour tes articles. Car en devenant Maman, j’ai mis mon couple de côté, et mes amis sont partis bien loin aussi. Ça fait du bien de se sentir comme d’autres 😉

    Maman d’un petit de 2 ans et d’une petite de 1,5 mois, je me reconnais bien sur à 100% dans ton article…
    Je suis en congés parental pour 6 mois…
    De la chance d’avoir ma fille qui dort bien (lui a mis 23 mois à faire ses nuits, j’etais prête à tout encaisser avec elle!).
    Mais de 1. Je n’arrive pas à les confier, jamais, pas une aprem, pas une nuit, pas une heure.
    (J’ai un problème avec ça, mais monsieur l’accepte et m’accepte, ouff)
    De 2. Le temps libre, c’est-à-dire creche pour l’aine et dodo pour elle,(bien qu’elle veuille les bras touuutes la journée) bin, en effet, je fais les taches ménagères , je dors, je surfe sur le net… pas le temps ni l’envie ni l’energie de batifoler! (Qui utilise encore ce terme en 2018?!)
    De 3. En choisissant mon/notre mode d’education, pas de tv, ecoute active, respect de son avis, c’est encore plus fatiguant /epuisant / pompeux,… mais on tient bon.
    On se retrouvera, je l’espere. L’important, c’est de ne pas trop s’éloigner. Des fois, quand je me vois dans la glace, cheveux sales, pyjama dépareillé , cernes et poches, taches de lait sur l’épaule,… je me dis que la « moi » d’y a 2 ans hallucinerait et la moi d’y a 10 ans n’y croirait pas !!
    Mais la moi d’aujourd´hui et celle de demain aussi, est tellement fière de sa famille !
    Des bisous.

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  12. Le premier truc qui me vient c’est : F**K les mauvais présages ! Si c’est pour être négatif, passe ta route …
    Papa ours et maman poule, vous insufflés un p*** d’air frais et pleins d’autres trucs cools aux gens qui te lise ! Et ce n’est pas un peu de temps pour soi et quelques poils (!) qui vont ébranler tout ca.
    Encore une fois merci. J’adore tout ce que tu écris. C’est tellement vrai, franc, (drôle!).

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  13. Bon bon, bon,
    Dis donc ma belle, tu aurais pas mis une caméra chez moi par hasard? Nan? Sans dec’?
    Parce que depuis le changement d’heure (parlons en du changement de mes deux qui me permet de passer 1 heure de plus au chevet de mon fils qui a peur des monstres en attendant qu’il doooooorme putain!) c’est de nouveau la solitude complète dans ma tête, Chéri braqué contre moi, contre son Chouchou (relou depuis 10 jours pour cause de monstre, cauchemars etc…. rien de grave mais Chéri ne « sait pas » y faire, galère à se mettre entre parenthèses) mais pas le courage non plus de « s’engueuler », malgré tout on tient, on « se tient », on arrive parfois à se « dire » mais ce matin encore je constate à quel point « madame je sais tout et je connais mon fils par coeur » et « monsieur aime son fils mais ne veut pas oublier son nombril » ont du mal à « s’entendre » dans ce bordel familial.
    Bref je vais de ce pas lui envoyer un mail avec cet article…. ça devrait « nourrir » le débat que je n’ai pas la force d’avoir avec Chéri en ce moment…;
    Merci!
    Bisous doux!

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  14. MERCI BEAUCOUP ! ça fait tellement de bien de lire ce que tu écris, je me sens tellement moins seule et moins nulle
    MamanLionne de 2 minimerveilles, une de 2 ans et la seconde de 4 mois

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  15. Coucou d’une primipare! Bébé de 5 mois bientôt, gros cumule de points avec rgo/aplv/kiss/cododo/hypertonique/pas de relais.. bref je ne peux que constater la triste réalité de tout ça ! Je mentirai si je disais que je ne manque pas d’oxygene, que ma fille ne me pompe pas la moindre miette d’énergie, j’ai l’impression d’être un zombie depuis des mois, j’ai eu une grossesse de merde, un accouchement abominable qui a duré 50h, des suites de couches encores pires et un bébé qui hurle h24! Bref impossible de se reposer, le couple en a pris un coup, beaucoup de disputes, plus le temps de rien, on vient de fêter nos 4 ans en mangeant des pâtes parce que flemme, je ressemble a un vieux pneu crevé croisé avec un zèbre et un panda, mais bizarrement on ne s’est jamais autant aimé, jamais autant fait confiance. Je sais que ça va rentré dans l’ordre au fil du temps, que ça sera peut etre long, j’ai fait le choix de rester a la maison également, et quand tout ça ira mieux on aura sans doute envie de replonger pour une deuxième tempête ☺☺ courage a toutes

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  16. Article très vrai et touchant, ça fait aussi du bien pour un homme de lire des mots qui permettent de mieux comprendre certaines situations.
    Garder le cape est primordial, avoir conscience que ce n’est que temporaire, permette à l’autre de se décharger sans en plus le juger, profiter pleinement des petits joies biens différentes de celles d’avant, ce dire des choses gentils quand c’est possible et le plus souvent, mettre moi fortement de côté, tout ça est important.
    Au final ce qui est compliqué c’est de convaincre son employeur, ses amis, que oui on est pas là où ils nous attendent mais c’est temporaire.
    Courage à tous les parents et les mères, surtout celles qui optent pour le proximal, vous avez fait un bon choix 🙂

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  17. Super article, bravo, tellement vrai.. Je me demande.. Si nous, les femmes, on est ok pour mettre une parenthèse dans le couple, si on sait que c’est temporaire, est-ce que cette idée est partagée par eux, les hommes, est-ce qu’ils acceptent autant que nous cette mise entre parenthèse ?

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  18. Merci merci merci.j’ai tant l’impression de me voir ds ce que tu ecris.ici ca va ca vient.ca evolue chaque jour est différent des autres.merci de partager etde prendre le temps d’ecrire ici.du temps pr soi..j’en prend pr te lire ca me réchauffe de l’interieur

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  19. Oh, merci beaucoup pour cet article !
    C’est tellement vrai, on ne peut pas être sur tous les fronts. J’accouche dans un mois et ce n’est pas comme si ma fille qui a 3 ans avait un sommeil calme et apaisé !!
    Je m’attends à vivre ce que tu décris même si je croise les doigts pour que ça se passe de manière plus tranquille chez nous (l’espoir fait vivre ! )
    J’essaie toujours de faire des petits efforts pour que notre vie de couple ne soit pas mise complètement entre parenthèse. Mais il est vrai que l’équilibre n’est pas forcément toujours facile à trouver surtout quand on fait le choix du maternage proximal 🙂

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    1. je ne prends presque jamais le tps de repondre ou commenter tes posts mais j’essaye de suivre de loin ta grossesse, j’en profite pour te souhaiter une magnifique rencontre avec ton bébé et …une cargaison de courage pour la suite haha ! ❤

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      1. Merci beaucoup. L’avantage avec des récits comme le tien, c’est que je m’attends à ce que ce soit vraiment difficile les premiers temps. Donc je ne pourrais être qu’agreablement surprise (je l’espère).
        En tout cas, grâce à tous les témoignages (dont le tien) la chute sera forcément moins rude que suite à l’arrivée de ma fille ! Et pour ça: MERCI 😊

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  20. Les mots sont tellement bien choisis pour parler de cette tension entre couple, de cette tension que j’éprouve en tant qu’épouse et mère d’une petite fille d’un an et demi (déjà!)
    Je me sens moins seule à ressentir cela… c’est rassurant je pensais être devenue folle!
    Merci pour tous vos articles écris et partagés avec amour!

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  21. Eh Eh je l’attendais avec impatience celui là, notamment vu le leasing que tu avais fait sur le sujet suite à mon article.

    Effectivement comme tu l’avais evoque, on partage beaucoup de constats et on diverge un peu sur la conclusion. Est ce le fruit de la divergence homme / femme ? Je serais bien prétentieux de l’affirmer. En tout cas j’ai quand même le sentiment que la place du couple (et pas que pour des raisons physiques) reste plus importante pour les hommes que pour les femmes dans ces périodes pas faciles.
    Après, au fond, les gros défis de la vie ont forcément des impacts sur tous les pans de notre existence. Et il est humainement difficile de tenir bon sans compromis sur tous les plans. Le plus dur étant de ne pas confondre compromis et compromission !
    Pour le couple, je reste convaincu que quel que soit la situation, la clé reste le dialogue, et que s’il y a une chose à préserver à tout prix, c’est la communication… Après, comme disait l’autre , on se dit rdv dans 10 ans et on voit ce qu’on est devenus, tous, en tant qu’homme, que femmes, que couples ! Car à moins d’avoir une boule de cristal, bien malin celui qui peut avoir des certitudes quand chaque jour dans nos vies de parents apporte son lot de surprises

    A bientôt
    Amitiés
    Arnaud

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    1. Bonjour,une réaction à ce commentaire : « En tout cas j’ai quand même le sentiment que la place du couple (et pas que pour des raisons physiques) reste plus importante pour les hommes que pour les femmes dans ces périodes pas faciles ».
      Puis-je me permettre une hypothèse ? Peut-être parce que la charge, la gestion de ce bouleversement revient encore, en grande partie, à la mère ? Parce qu’elle, plus encore que le papa, consacre tout son temps et son énergie à cela : ses enfants, la maison, etc. La faute, en grande partie, à ce congé paternité ridiculement court ? A cette fameuse charge mentale qui s’amplifie après une naissance ? Le père replonge assez rapidement dans son quotidien « d’avant ». Son boulot reste le même (pas la mère, tant qu’elle ne retravaille pas), ses collègues aussi, son rythme en journée aussi (avec une pause déj, ouf ! pour une maman qui n’arrive pas à rendre une douche). Je ne dis pas que cela est facile, loin de là, les nuits merdiques, ils les vivent aussi. Mais je ne suis pas sure qu’ils se rendent compte à quel point la maman s’oublie, ne peut se permettre de penser à elle pendant des mois, parfois des années. Quand on a passé sa journée à gérer les enfants-les courses-le ménage-les repas-le bain-le rangement-et j’en passe, on aspire à juste ne rien faire, ou bien prendre un bouquin, se retrouver qques instant face à soi-même en totale liberté. Il m’est arrivé de penser, à la fin d’une journée où mon homme était demandeur : je passe toute ma journée à m’occuper des enfants, il faut encore que je m’occupe de lui le soir ? et moi ??
      Et pourtant, je l’aime, je suis bien lotie, il participe tant qu’il peut aux diverses tâches et corvées.
      Et ça va mieux, ça passe, heureusement !! Maman poule, ici, à 18 mois et 3 ans 1/2, on (re)trouve un rythme plus humain.. et un couple digne de ce nom, ouf! 🙂

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      1. Bonjour Flo

        Merci de ton retour d’expérience.
        Je ne nie pas du tout la charge que ça représente pour les mères de gérer ce quotidien à la maison quand les enfants sont tout petits. Au contraire, pour ma part , c’est quelque chose dont je suis extrêmement reconnaissant à mon épouse. Et c’est un point sur lequel j’essaie de m’impliquer au maximum pour la soulager des cette fameuse charge mentale.

        Maintenant, je reste convaincu qu’il y a une clé majeure dans les difficultés que presque tous les couples rencontrent avec des petits enfants : la quasi perte de moments de vrai dialogue. Et donc on finit, chacun, par « projeter » ses attentes ou faire des hypothèses sur ce que pense ou souhaite l’autre. Ce que vous dites ici, c’est une hypothèse que vous faites sur votre conjoint. Avez vous pris le temps ensemble d’en parler? Par exemple de votre côté pour exprimer avec vos mots justement la charge que vous portez sur vos épaules ? Et de la même façon, avez vous écouté ce que votre conjoint avait à dire de son côté, peut être sur ses difficultés à vivre au quotidien entre son boulot et l’idée de faire au mieux à la maison ? Pour ma part par exemple, le boulot est loin d’être un ballon d’oxygène, et il est difficile de sentir les regards de mes chefs quand je pars à 17h30 pour avoir une chance de passer un peu de temps avec mes enfants.

        Bref, tout ça pour dire que sans rien comparer, je pense qu’un risque du couple, c’est de se mettre à la place de l’autre et de penser à sa place. Alors que discuter vraiment, franchement, à coeur ouvert, ça peut être si important pour revitaliser son couple. Nous, on a par exemple arrêté la télé, les séries pour gagner du temps pour nous. 1h d’écran en moins, c’est 1h qu’on peut consacrer à parler ensemble de tout et de rien ou au contraire de nos frustrations ou incompréhensions.

        Bon courage à vous et à tous. Croyez en vous surtout.

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      2. Ceci est une réponse à Arnaud… à sa réponse ci-dessous..
        Rapide, parce qu’on peut ergoter sans fin sur ces sujets..!
        Oui, nous continuons à communiquer le plus possible entre nous, je suis d’accord que c’est indispensable pour ne pas cumuler des incompréhensions. Mon homme aussi me parle du regard des chefs et collègues le soir en partant « tôt », et du travail qu’il laisse sur son bureau alors qu’il aimerait en abattre un peu plus. Je vous rassure : les femmes aussi subissent cela ! en plus du reste : on reparle de la stagnation de carrière, de l’avancement promis avant congé mat’ et qui n’est plus d’actualité au retour ?.. C’est toute la société et les mentalités qu’il faudrait revoir..
        Je me suis aussi rendue compte qu’alors que je zappe parfois la pause déj pour aller faire des courses, les hommes souvent, restent manger avec les collègues ou prennent le temps de faire du sport…
        Par contre, autre point d’accord : la télé !! Nous n’en avons jamais eu ici, c’est un vrai choix. Donc déjà, pas de temps perdu dessus. Et effectivement, depuis l’arrivée des enfants, nous prenons bc de retard sur le visionnage de nos séries 😉 Nous préférons prendre le temps de nous connecter, temps d’échanges, de paroles et de câlins! Et de nous rappeler qu’on s’aime, parfois on oublie de le dire..
        Bref, on est d’accord : chacun fait ce qu’il peut et c’est de toute manière une période difficile.

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      3. Merci Flo de votre retour.

        Effectivement, mon propos n’est pas de « comparer » homme et femme. Je voulais simplement mettre en avant le fait que les hommes aussi subissaient leur lot de « pression » sociale, et qu’on en parle finalement assez peu (et ce, évidemment, sans nier les problématiques que vous évoquez – je pense qu’on peut évoquer les soucis de chacun sans que cela minimise la cause de l’autre 🙂 . Dans l’exemple des pauses déj : dans mon taf, ce sont à la fois les femmes et les hommes qui zappent souvent les pauses déj pour faire des courses ou partir + tôt le soir. Je pense quand même que notre génération d’hommes (j’ai 33 ans) essaie (pas toujours bien, parfois maladroitement) d’apporter sa contribution à la famille bien + que par le passé.

        Je suis totalement en phase avec l’idée que chacun fait ce qu’il peut dans ces moments. Et encore plus avec l’idée qu’il faut continuer à se parler, à se dire des belles choses. Combien de couples réalisent parfois que cela fait des semaines qu’ils n’ont pas eu une parole douce l’un pour l’autre ? Dans ce domaine (comme souvent d’ailleurs), ce sont + les petites graines semées au quotidien qui donnent les plus belles fleurs à terme. Quant à l’évocation de la télé, il ne fallait pas y voir un jugement de ma part !

        Cordialement

        Papa Arnaud

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  22. Petit complément : un point important à mes yeux concerne le fait qu’au fond, le couple doit se réinventer de toute façon, qu’il y ait les enfants ou pas. D’ailleurs, je pense même que quand on regarde l’histoire de son couple avant les enfants, il y avait déjà des choses qui avaient évolué entre le premier jour (ou soir) et les jours d’avant grossesse.
    La vie est un flux, et même quand on a le sentiment qu’il n’ y a rien qui bouge dans notre vie, je suis persuadé qu’une analyse fine nous prouverait le contraire.
    Tout ça pour dire quoi ? Simplement que la clé de la suite des couples de jeunes parents « under pressure » comme beaucoup d’entre nous est … entre nos mains, du moment qu’on sera capable de le faire évoluer en même temps que notre cadre familial et notre propre personnalité.
    Peut être d’ailleurs que le risque majeur, c’est de vouloir tout « figer » : soi même, l’autre etc.

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  23. Ton texte est poignant de vérité (enfin elle ressemble drôlement à la mienne)
    Merci pour ces mots qui font du bien, le jour où chacun se décidera à dire les choses telles qu’elles le sont réellement, bon nombre de parents pourront se sentir plus léger! A croire, parfois, que la parentalité te fait entrer dans le silence!

    Hâte de lire tes prochains articles!

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  24. Mais c’est tellement ça! Merci de dire cela tout haut et si bien. De montrer que ca peut être aussi normal de ne pas choisir la voie de l’équilibre (illusoire souvent en ce qui me concerne) entre toutes nos facettes et de laisser le temps au temps. Je dirai quand même qu’il est nécessaire de se réinterroger souvent pour savoir si la situation nous convient toujours ou non, histoire de ne pas laisser s’installer quelque chose qui ne nous va plus, par habitude.
    Bisous Maman Poule

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  25. Quel bel article encore, tu as tout dit et très bien résumé ce que j’ai pu souvent penser sans forcément le formuler tel quel. Quel plaisir de te lire et de te dire aussi, encore une fois, qu’avec le temps, on retrouve progressivement tout ce qui a manqué. La décennie des enfants est riche, mais épuisante, le couple sortira la tête de l’eau après !

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  26. Merci Maman Poule pour ce très bel article ! Très émouvant, il m’a aussi fait rire.
    J’ai la chance d’avoir un conjoint avec un très large champ visuel (plus que le mien me dit-on dans l’oreillette ?), et mon 2ème n’a pas de problème particulier. Malgré ces différences, beaucoup de ressemblances : les engueulades, on entend des voix, les repas du soir animés et loin d’être reposants, la pile de linge et le sèche linge qui tourne en continu (merci les 4 gastro en 4 mois). C’est clair que le couple est en pause, et que chaque chose en son temps.
    Et même si on a retrouvé la silhouette de nos 20 ans (merci l’allaitement, les fameuses gastros et les nuits merdiques), un boulot que l’on aime et qui permet de concilier vie pro et perso pour chacun de nous, il n’y a pas a dire, il reste quand même moins de temps pour son couple que sans enfant !
    On le sait, on l’a acté, et on a décidé d’essayer de se réserver des moments. On y arrive parce que nos enfants sont plus grands hein, et quand ils sont malades, c’est plus compliqué ! Le grand a acté que le vendredi soir, il dinait avant parce que c’était la soirée en amoureux de papa et maman qui se racontaient leur semaine (on s’entend, plateau repas devant la télé hein ! on n’ en est pas encore aux soirées champ’ et sous vêtements assortis !) et pour nos anniv, on se fait offrir un we en amoureux par ceux qui veulent nous faire un cadeau ! On sait que c’est dur, nos visages ont pris 10 ans en 3 ans, mais rien que le fait de savoir que l’un comme l’autre, on souhaite essayer d’avoir des moments de qualité ensemble et rien que nous deux, ça aide à garder le cap.
    Courage, courage, j’espère que Bébé Fusée aura bientôt moins de sigles rattachés à elle..

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  27. TRes bon article et si juste ! Mes enfants ont maintenant 8 et 3 mais je me doute viens pourtant très bien de ce sentiment oppressant , de cet épuisement moral et physique mais heureusement cela passe vite dès que le la petite a passé le cap des 18 mois. Courage courage !

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  28. Chouette article ! flippant j’imagine pour des non-parents, mais réconfortant pour les parents de jeunes enfants, c’est rassurant de voir qu’on n’est pas les seuls à galérer et que oui le couple en prend souvent un coup !! J’ai souvent l’impression d’être dans une autre dimension, la dimension des jeunes parents débordés en mode survie lol….

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  29. Chère Maman Poule, c’est dommage qu’on soit mariées toutes les deux et qu’on préfère toutes les deux les hommes. Sinon je te demanderais de m’épouser direct tellement je t’aime quand tu écris ce genre d’article. 😉 😉 😉
    Pour Maman Poule : hip hip hip, hourra !

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  30. Avec trois enfants de 9,6 et 2 ans, j’ai vécu tout ça. Avec le recul, je peut affirmer que les enfants qui se portent le mieux sont ceux des parents qui font très régulièrement passer leur couple en premier. Tout en s’assurant que les enfants bénéficient de bons soins en parallèle bien entendu :-). Se « sacrifier », même en tte conscience, revient souvent dans la figure du partenaire ensuite. Même de façon silencieuse,dans le ressenti… Et hop, c’est parti pour le cercle vicieux des frustrations et des reproches.

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  31. Ton texte plein de sincérité, me conforte dans mon choix je flippe grave du deuxieme enfant …

    un enfant c’est un chamboulement, mais quand le deuxieme cumule RGO ( ce que j’ai eu avec ma fille je compatis) bref courage ! j’attends l’artcile tout va mieux qui m’aidera peut etre a replonger ou pas …

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  32. MERCI MERCI MERCI MERCI et encore MERCI !!!!!!!!
    C’est exactement ce que je pense et merci de le proclamer et revendiquer haut et fort pour toutes celles et ceux qui le pensent en silence (et en doute) .

    Courage et patience à toutes et tous, c’est un moment à passer…

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  33. C’est déroutant, tu parles de ma vie ! Chaque mot, chaque phrase m’est tellement familier. Et cet article arrive à point nommé, quand justement je crois être la seule à vivre ça, quand justement je crois être la seule à ne pas être capable d’être parfaite sur tous les fronts.
    Tout ce que tu dis est d’une justesse.
    Oui c’est vrai, on s’aime, le ciment est là, plus fort encore mais nos priorités ont 3 ans 1/2 et 9 mois. Ces derniers savent pertinemment qu’ils sont notre priorité absolue donc on est clairement mal barrés !!! Mais c’est notre choix, en tant que couple.
    Bref merci à toi encore une fois pour tout l’apaisement que tu m’apportes…
    Que je rêverai d’avoir une amie comme toi (les miennes sont juste l’extreme opposé avec leurs enfants donc comment te dire qu’on échange pas des masses, moi l’extraterrestre allaitante, portante, bienveillante, cuisinante,…).
    Courage, tout porte ses fruits un jour où l’autre !

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  34. Tu as le chic pour écrire des articles qui me font droit au coeur… Et en plus de façon tellement drôle !
    Même topo chez nous avec 2 enfants en 2 ans, suivi de presque 2 ans 1/2 de nuits hachées… Couple encore en convalescence alors que nos loulous ont maintenant 3 et 5 ans, c’est pas facile mais on garde le cap !!

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  35. Merci de partager cette intimité si vraie pour moi aussi, et comme tous tes articles magnifiquement écrit. Je pense sincerement que tu devrai lancer un livre sur ta perception et tes réalités du maternage proximale!
    Ici 74 points avec un seul bébé de 6 mois donc bon même si on aimerait un 2ème rapproché la on reflechis waaalaaa 😉

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  36. C’est TELLEMENT ce que je ressens et vis, à deux ou trois micro détails près. Merci pour ce texte vrai ! Moi aussi j’ai envie qu’on nous lâche la grappe avec les injonctions à «rester femme» (ah bon, on ne l’est plus ?), à se détacher de nos enfants pour garder des «moments à deux» etc, etc… Oui, je ressens ces injonctions présentés tantôt comme des conseils, tantôt comme des menaces, comme ce fameux seau d’eau de trop balancé sur ma tête, qui me ferait presque (parfois totalement) culpabiliser, douter de ce que je suis et de ce que je fais pour mes enfants, pour nous, pour notre famille… Heureusement, je considère aussi ce temps (parfois qui me paraît un peu long, marre d’entendre «bientôt tu regretteras ces moments, ça passe si vite»… heu…) comme une phase, transitoire, une période où mes enfants ont besoin de présence, d’attention… Et je suis, ô combien, heureuse que mon mari le considère à peu près ainsi également ! Un grand merci pour ce texte, sincèrement !

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