Maternage & Parentalité positive

Ouverture aux autres : n’ayons pas peur du maternage !

Les parents qui choisissent/pratiquent un maternage proximal sont souvent taxés d’être surprotecteurs et d’empêcher leurs enfants de grandir et de s’ouvrir au monde : il ne va jamais apprendre à se séparer de toi, elle aura toujours besoin de toi pour dormir, il n’ira jamais vers les autres, elle ne coupera jamais le cordon, et autres variations en « jamais » mineures.

Il est vrai que, dans notre société française en tous cas, il est encore de bon ton de séparer le plus tôt possible la mère de l’enfant, au nom de la sacro-sainte recherche d’autonomie ; toute dépendance du bébé à la mère est perçue comme pathologique passés les 3 premiers mois et, par manque de bonnes informations, de préparation et de soutien, de nombreux parents sont persuadés qu’il est nécessaire « d’apprendre » à l’enfant à faire sans eux, particulièrement si il commence à être trop demandeur, et de lui donner « de bonnes habitudes » le plus tôt possible, sans quoi « c’est foutu » pour toujours.

C’est un raisonnement aussi logique que si, dans une période vulnérable de votre vie d’adulte, vous disiez à votre compagnon que vous avez beaucoup besoin de lui et que vous vous sentez mal en son absence, et qu’en retour il/elle se barre 3 semaines à Taïti pour que vous appreniez à faire sans lui et parce que faudrait pas que vous soyez en demande toute la vie parce qu’il a répondu présent quand vous en aviez besoin. Et qu’il vous dit que c’est pour vous rendre service hein. Nan mais ho.

Tout ce qui est absurde et violent entre adultes peut s’appeler éducation quand il s’agit d’enfants, vous ne le saviez pas ?

Bref.

Je suis la première à dire qu’il faut se détacher du regard et des injonctions de l’Autre (l’entourage, la société, le reste du monde…) pour se centrer sur ce qui importe le plus pour nous (nos enfants), pourtant je sais comme les critiques au sujet du maternage peuvent être difficiles à accueillir et à mettre à distance, car elles nous heurtent de plein fouet lorsqu’on est dans une période vulnérable, incertaine et bouleversante de notre vie. J’ai observé par ailleurs que je me suis sentie beaucoup plus critiquée et beaucoup plus touchées par ces critiques pour ma Carrousel que je ne le suis pour ma Fusée. Qu’est ce qui a changé ? Ma confiance. La confiance en moi en tant que mère, la confiance en mes filles, la confiance en l’enfant en général et en sa capacité à évoluer et à apprendre seul sans qu’on lui enseigne quoi que ce soit, la confiance dans le maternage en tant que façon nourrissante mais non étouffante de prendre soin de mes enfants. Certains commentaires m’ont bouleversée, mis en rage ou en larmes parce qu’ils faisaient échos à l’époque à la part de doute en moi, à la petite voix qui disait « et si vraiment tu l’empêchais de grandir, de se détacher ? Et s’ils avaient raison ? Et si tu étais en train de te tromper ? ». C’est pourquoi j’ai à cœur de partager mon expérience de maternage proximal et mes lectures à ce sujet, car lorsque l’on est sûrs de ses choix, on ne ressent plus le besoin de convaincre l’autre et de se défendre des critiques. On peut même cesser de les recevoir comme des critiques, pour les accueillir comme des remarques et commentaires motivés par la curiosité, l’inquiétude sincère, le manque d’information, le besoin de réassurance face à ses propres choix, etc. 

Je vous ai exposé dans cet article en quoi le maternage proximal nourrit en réalité l’autonomie de l’enfant ; en substance, parce que la véritable autonomie vient avec la sécurité intérieure et qu’on pose les bases de celle ci dans les trois premières années de vie, et encore plus les 6 premiers mois, pour toute la vie d’adulte. C’est ce que nous apprend la théorie de l’attachement et la nécessité de pouvoir s’attacher de façon sécuritaire pour pouvoir se détacher sereinement. C’est la théorie de base qui a nourrit ma confiance initiale dans le maternage ; il me semblait viscéralement logique et plein de bon sens que la véritable et saine autonomie implique d’avoir pu assouvir à loisir ses besoins de dépendance et de réassurance.

Aujourd’hui, je voudrais parler plus spécifiquement de l’ouverture aux autres et au monde extérieur des bébés maternés.

Ma Carrousel est une petite fille qui, depuis tout bébé, a besoin d’un temps assez long avec les nouvelles personnes et les nouveaux lieux, y compris avec la famille, avant d’être à l’aise. Par exemple jusqu’à ses 18 mois, il lui fallait un temps pour apprivoiser ses grands-parents à chaque fois que nous les voyions, une fois par mois environ. Les changements de lieux, les nouvelles têtes, les irruptions un peu trop insistantes dans son espace personnel… tout cela la fait se mettre en retrait, à l’abri dans mes bras, ou me donnant la main, ou derrière moi… Elle jauge, elle observe, elle décrypte, elle analyse, fidèle à elle même, cette petite fille sensible et hypervigilante, toujours en train de cogiter. Puis doucement, quand elle est prête, elle s’élance et elle est partie, confiante et à l’aise. Toute tentative pour accélérer ou forcer le processus ne peut que la brusquer ; les personnes qui ont lié les relations les plus agréables avec elle sont celles qui ont compris et respectent son fonctionnement.

C’est son caractère et, après tout, c’est une attitude plutôt logique et réfléchie. C’est la métaphore du porte-avion que nous propose Isabelle Filliozat ; la figure d’attachement, souvent la maman, est comme un porte-avion avec ses enfants, qui viennent se recharger auprès d’elle pour pouvoir s’éloigner, découvrir, avancer, toujours de plus en plus loin. Mais ce n’est pas une attitude très bien perçue chez un enfant : souvent, les adultes aimeraient que l’enfant fasse des bisous à tout le monde (et chez nous, on ne force surtout pas à ça!), aille jouer avec les autres et laisse les adultes parler tranquillement entre eux. Peut-être que ces attentes s’appuient sur une vision erronée de ce qu’est un enfant, comme s’ils étaient tous d’identiques petits gnomes rieurs et fonceurs, inconscients de l’inconnu et du regard de l’autre.

Toujours est il qu’avec sa façon d’appréhender le nouveau / l’inconnu / l’Autre, ma Carrousel a donné du grain à moudre au moulin des critiques sur le maternage ; c’était évidement à cause de l’allaitement, du portage, du cododo, et de notre « relation fusionnelle » si elle était « comme ça ». Comme quoi exactement, je ne sais pas, mais « ça » n’était pas un compliment.

C’est donc avec un plaisir non dissimulé que, depuis ses 3 ans environ (âge où naturellement et sans besoin de forcer, l’enfant s’ouvre davantage à l’autre), j’accueille les remarques sur la façon dont ma Carrousel a évolué, sur le fait qu’elle se lance maintenant rapidement dans les nouvelles situations, qu’elle noue facilement des contacts, qu’elle est à l’aise avec les gens et les enfants, qu’elle raconte un tas de trucs à tous ceux qu’elle croise et qu’elle est en demande d’inviter plein de monde à la maison, qu’elle est très attachée à ses amies… Elle est vraiment en demande de nouer des liens avec d’autres enfants, de côtoyer d’autres adultes, de « faire la fête », d’aller passer la journée chez tata ou chez mamie, de partir en vadrouille seule avec papi et d’avoir des échanges avec tous ceux qui ont envie de lui parler. Alléluia, nous n’avons pas fait d’elle une va-nus-pieds sauvage et indomptable ! Ce sont les arrières grands mères qui vont pouvoir souffler.

Plus fort encore, ma petite Fusée d’amour, maternée encore deux fois plus que sa sœur ; elle est décrite comme « toujours souriante », « qui rigole à tout le monde », « agréable avec les gens » et adoooooore les nouveaux lieux et les nouvelles têtes ! Au quotidien, elle s’endort en tétant, dort contre moi et a toujours dormi ainsi depuis sa naissance, je n’ai (encore) tenté aucune méthode pour la faire dormir ailleurs et autrement. Pour autant, les quelques fois où j’ai du la laisser toute ou partie de la journée avec son papa, elle passe une belle journée, mange solide (et à mon retour on se fait une milkshake party en open bar!) et arrive très bien à s’endormir avec lui sans le sein. Elle s’endort aussi sans problème avec sa mamie qui l’a déjà gardée quelques heures par ci par là et réussit très bien à lui exprimer ce dont elle a besoin. Je ne l’ai laissé que très peu de fois depuis sa naissance, pour autant je suis partie à chaque fois sereinement, sans besoin de l’habituer à quoi que ce soit. Nous venons d’enchainer deux déménagements et avons habité 4 lieux différents depuis qu’elle est née, sans qu’elle manifeste d’angoisse ou de perturbation ; on sent que ses repères sont ailleurs. Ma Fusée est allée en soirée avec moi, elle m’a accompagnée boire un verre le soir avec des amis, elle est allée au cinéma pour accompagner la section de crèche de sa soeur lors d’une projection spéciale pour les tous-petits (j’ai bien-sûr tout fait pour qu’elle ne voit pas l’écran!), elle a dormi sur un lit d’un dortoir au mariage de ma meilleure amie, elle s’est retrouvée entourée des enfants de la crèche, dans les bras d’une auxilliaire, tandis que je faisais un atelier pâtisserie avec d’autres enfants, elle m’a accompagnée en formation doula, en conférence d’Isabelle Filliozat, chez le notaire pour acheter notre maison… Bref, ma Fusée est un détonnant et subtil mélange de fusion à sa maman, d’attrait pour la nouveauté, de sérénité vis à vis de l’extérieur et de besoin de contact prolongé. Comme quoi le besoin de moi n’est pas le rejet de l’autre.

Je ne parle ici que de mon expérience, je n’ai pas la prétention qu’on en tire des vérités universelles.

J’ai simplement envie de dire qu’il n’est nul besoin de priver l’enfant de nous pour qu’il s’ouvre aux autres. Pour ceux et celles qui en ont envie, besoin, qui veulent dans leur tête, leur cœur, leur tripes porter, allaiter, cododoter, rassurer, bercer, câliner, donner, vous pouvez répondre présent sans crainte ; c’est autant de kérosène dans leur réservoir pour explorer le monde !

PS : Don’t get me wrong… Tout ceci ne veut pas dire que MOI, je n’en ai  pas un peu ras la casquette de temps à autre. Je ne cracherai sur une petite nuit sans tétée et une petite sieste sans bébé dans mon dos hein ! Comment moi je vis le maternage, ce qui me fait kiffer et ce qui parfois me pèse, c’est une problématique différente de celle des effets réels et supposés sur les bébés et les enfants.

 

 

 

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21 réflexions au sujet de « Ouverture aux autres : n’ayons pas peur du maternage ! »

  1. Hello. Merci pour ce témoignage ! Je trouve ça très riche d’avoir une expérience détaillée de maternage proximal comme la tienne. Cela n’a pas été notre choix personnel, mais c’est aussi que l’accès à une information non partielle et surtout non partiale sur le sujet est vraiment difficile.
    Point qui me questionne : il y a ta perception de l’évolution de vos enfants. Mais qu’en est il de ton évolution à toi ? Comment vis tu le « détachement » progressif de l’enfant ? (Question évidemment sans aucun jugement ni à priori !).

    A bientôt portez vous bien
    Amitiés
    Arnaud

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    1. j’en suis ravie, émerveillée, admirative, fière.. un brin nostalgique, évidemment. Parfois plus qu’un brin. Mais je me dis que j’en ai profité autant que ce qui etait possible pour moi de donner.

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  2. Ton article fait tellement du bien. On vient de déménager chez les beaux parents car on rénove notre maison et bonjour les remarques que j’ai au sujet de ma fille de 14 mois.
    Arrête de la porter des qu’elle pleure, laisse la pleurer pour s’endormir, si elle tape fait la même chose elle va comprendre.
    Et mon conjoint est évidemment de leur avis, et il pensait deja comme ça avant que l’on emménage chez eux.
    Je passe un peu pour une extra terrestre car je répond à toutes les demandes de ma fille ou du moins j’essaye et évidemment je suis une maman laxiste qui se fait « avoir » par sa fille….
    Merci de me laisser éduquer ma fille comme je l’entend et de comprendre qu’elle soit perturbé par tous ces changements récents.

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  3. On voit bien qu’avec l’épanouissement de votre petite Carousselle, votre maternité a été bienveillante mais a aussi favoriser son autonomie progressive. Je suis d’accord qu’il faut être capable même si on écoute les avis des autres de prendre ses propres décisions concernant l’éducation de nos enfants.

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  4. Comme toujours. J’adore j’adhère je plussoie je dis OUI! J’ACHETE! Bref je t’aime d’amour maman poule. 😉 (Un amour chaste et désintéressé ne t’en fais pas)
    Et j’avoue qu’une part de moi est aussi rassurée par ton récit sur Mlle Carrousel car mon fiston a 2 ans et 8 mois et est depuis quelques semaines dans un phase un petit peu plus craintive, et bien sûr mon conjoint (qui n’était pas du tout pro maternage à la base et qui m’a maintes fois reproché d’en faire un enfant sauvage) en profite pour ramener ces arguments débiles sur le tapis. Donc moi même parfois je doute (salope### de manque de confiance.. ) Et là je me dis que ce n’est sûrement qu’une période et je suis au fond de moi persuadée qu’il sera aussi sociable que ta grande fille. 💞

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  5. Je ne connaissais pas l’image du porte-avion et c’est tellement juste. Moi aussi mon petit loup a besoin d’un temps d’observation et d’adaptation quand il arrive dans un lieu inconnu et quand il fait la connaissance de nouvelles têtes. Mais je vois bien qu’il grandit et que ce temps est de plus en plus court, qu’il part plus vite et plus franchement à l’assaut de nouveaux environnements, comme quoi materner ne veut pas dire brider.

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  6. Merci pour cet article
    Tu as été la personne qui m’a permis de me lancer dans une tentative de maternage proximal.
    Tentative car avec le travail j’ai de plus en plus de peine à être maternante et de plus en plus de tentation de laisser mon petit bout à ses grands parents, à sa nounou… juste pour lire, regarder un film, cuisiner tranquille… corriger des copies… Et je le vis si mal! Et en même temps j’ai besoin de ces temps car au boulot toute la semaine, la tête dans le guidon, et mes moments off avec mon fils qui s’endort tard, ou avec moi, je n’y arrive plus. J’ai l’impression de mal faire, en tout cas je ne suis pas a l’aise avec mon rythme. Mais je suis si fatiguée par mon travail (pourtant prof à temps partiel! Mais avec un emploi du temps gruyère tellement peu respectueux du temps partiel que Je suis au lycée tous les jours de 8h30 à 17h) et je vois que ça a des conséquences sur mon petit loup qui était habitué à une maman plus dispo.
    Je suis sûre qu’une présence maternante aide à mieux se lâcher vers l’inconnu. C’est une évidence même quand on observe les enfants.
    Aujourd’hui j’essaye d’appliquer ça a l’éducation scolaire… c’est très difficile. L’enfant doit être autonome. Coûte que coûte. Quand je corrige les copies je me rends compte de l’absurdité de certaines de nos attentes….
    Ce commentaire n’a nu queue ni tête mais j’avais besoin de mettre quelques mots sur le mal être que je ressens actuellement… je crois que c’est mon travail qui dégouline sur ma maternité et ma parentalité… qui elle même est en train de me questionner plus que sérieusement professionnellement. Peut on être maman maternante même avec un travail prenant? Peut on être un prof bienveillant dans un système qui ne l’est pas sans s’épuiser et oublier son propre maternage? Bref… Ton article soulève des questions en moi et me donne tout de même un peu de force pour continuer.
    Belle journée à vous 4 et merci pour ta prose si salvatrice et si pleine de bon sens (perdu par la société mais si BON)

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    1. Je suis instit depuis 13 ans, et mon fils a 3 ans, les mêmes questions sont venues à moi après la naissance de mon Chouchou, ces questions, cette « maltraitance de mon rythme » en tant que personne et aussi en tant que mère ainsi que les pb pro/perso de Chéri m’ont obligé à prendre un arrêt long….ce qui a été une très bonne chose pour nous 3 en fin de compte. Effectivement je me suis épuisée à force d’entendre/porter « seule » mon boulot (et surtout ma place bienveillante!!!), ma maternité et la vie quotidienne.
      Je reprends en Septembre à mi-temps…en maternelle cette fois, histoire de voir si je peux être plus à l’écoute de moi/des enfants dans ce cadre là avec ce rythme là… Mais je reconnais que les conditions quasi institutionnelles me heurtent et je commence gentiment à dessiner un « après »….

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  7. J’ai pratiqué là maternage proximal avec mon premier et celui-ci n’a jamais fait sa période de crise de la séparation autour des 9 mois. Je pratique encore plus avec ma deuxième et on verra bien, mais je suis persuadée qu’il y a un rapport!

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  8. Je materne ma fille depuis la naissance, j’ai eu moi aussi de nombreuses réflexions comme quoi je la couvait trop, que j’allais l’angoisser à toujours tout lui expliquer, que c’est à cause de ça qu’elle a peur de l’inconnu etc…A 4 mois si je la posais sans rien dire elle se mettait à pleurer immédiatement alors que si je lui expliquait ce que j’allais faire elle restait calme. Pour les grands parents et la famille en général, elle avait toujours un petit temps d’adaptation avant de se lancer et elle se braquait si on essayait de lui faire des bisous de force ou l’éloigner de moi. Je lui ai toujours dit que c’était poli de dire bonjour mais que rien ne l’obligeait à faire des bisous malgré les railleries de ma famille au sujet de mon enfant sauvage accroché au jupes de sa mère…Moi aussi j’ai douté face à tous ces gens qui savaient mieux que moi ce dont ma fille avait besoin…Aujourd’hui elle a 3 ans, c’est la plus sociable de toutes ses cousines, la plus curieuse aussi (500 pourquoi à la minute) quand je l’emmène dans un endroit nouveau elle n’a aucune appréhension elle est juste excitée par ce qu’elle va découvrir, elle aime la nouveauté (et aussi la routine), elle parle à tout le monde dans la rue, elle ne fait pas crises incompréhensibles comme je peux le voir avec d’autres enfants, elle semble juste sereine et bien dans ses baskets pour explorer tout ce que le monde a à lui offrir! Alors osef l’avis des autres, faisons simplement confiance à nos enfants et essayons de les comprendre car ils ont tous un caractère différent et par conséquent des moyens différents pour se rassurer. Mais je suis tout à fait convaincue qu’ il faut d’abord se sentir en sécurité pour avoir envie de découvrir de nouvelles choses. Je finirais simplement sur cette image que j’affectionne particulièrement : Tout homme est tiraillé entre deux besoins, le besoin de la Pirogue, c’est-à-dire du voyage, de l’arrachement à soi-même, et le besoin de l’Arbre, c’est à dire de l’enracinement, de l’identité, et les hommes errent constamment entre ces deux besoins en cédant tantôt à l’un, tantôt à l’autre ; jusqu’au jour où ils comprennent que c’est avec l’Arbre qu’on fabrique la Pirogue ! Bonne journée

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  9. D’une manière générale, la maternité déclenche toujours des réactions assez vives dans un sens ou dans l’autre mais en tant que maman j’ai toujours eu la sensation qu’on scrute ma façon de faire à la recherche de la « petite bête » et ça m’a pas mal perturbé au début de ma maternité parce qu’évidemment mon attitude et même qui je suis sont toujours de très bonnes explications pour les problèmes rencontrés (et qui d’ailleurs n’en sont pas) du type: les colères, les pleurs, les nuits hachées/incomplètes, la fatigue, les doutes du couple parental etc… et il faut du temps pour s’extraire de tous ces regards jugeants de ceux « qui saaaavent » pour toi.
    C’est plus facile aujourd’hui, mon fils a bientôt 3 ans, on ne cesse de me féliciter sur son autonomie, ses habiletés motrices, sa curiosité, son langage, sa bienveillance. La seule différence c’est qu’aujourd’hui mon fils a bien appris à faire ses colères avec papa et maman uniquement, à dire quand ça ne va pas et peu de gens savent qu’il me rejoint encore à 1 ou 2 heures du matin pour finir une nuit qui sera peut être entrecoupée une ou deux fois…ou pas! Mais là encore chacun son rythme, il ne viendra plus quand il n’en aura plus BESOIN et franchement le regard social…je m’en fous un peu.

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  10. MERCI pour ce post plein de bon sens. Cette insistance à vouloir rendre l’enfant très vite autonome est je trouve un cas très français! nous sommes englué dans de vieilles croyances qui sont l’héritage de l’histoire psychanalytique de notre pays! Je pense que nous sommes très en retard sur notre façon de vivre l’éducation de nos enfants. Dès le congé mater terminé il faut déjà reprendre le travail, rien ne nous permet de prendre le temps de s’occuper de nos enfants sereinement, il y a les critiques, la société mais aussi l’inconscient collectif français qui dit que le bébé doit être détaché de sa mère très tôt afin d’acquérir cette p… d’autonomie. Selon moi c’est grave car c’est tellement faux!

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  11. Vaste question que celle de l’autonomie puisque de mon point de vue elle est toujours relationnelle. Mon enfant qui me montre qu’il sait marcher/parler… devient-t-il plus autonome ou plus indépendant? L’autonomie réside pour moi dans la capacité à prendre ses décisions en autonomie justement (on voit des adultes incapables de prendre une décision sans avoir peur du jugement de leurs parents sous des airs très indépendants) et je trouve que c’est très difficilement appréciable en tant que parent. Quand j’entends ma fille de 7 ans suggérer qu’elle fera le même métier que moi plus tard, je sais que ce n’est pas une décision autonome mais si elle le dit encore dans 10 ans comment être sur que cela en sera une?

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  12. Et si chacun faisait comme il l’entend sans jugements, sans commentaires réprobateurs et blessants…
    J’allaite mon fils de 8 mois et ma mère juge qu’il serait vraiment temps que j’arrête car il ne fait pas ses nuits et mon allaitement en est la cause selon elle!
    À chaque fois c’est la même rengaine…et moi je ne réponds pas, je laisse les mouches voler dans la pièce et les anges passer car je n’ai plus envie de me justifier de donner ce que je peux et veux à mon bébé.
    Je constate juste que malgré sa prématurité, il n’a été malade qu’une seule fois (rhume) depuis sa naissance.
    Chaque enfant est différent et pourra acquérir son autonomie quand il sera prêt et pas quand l’entourage l’aura décidé. Laissons leur le temps car après la vie me semble bien trop rapide/stressante avec le rythme effréné du quotidien! Vive le porte avion, la pirogue, le nid ou le cocon (chacun choisit sa métaphore) 💞

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  13. Cela fait déjà un moment que je voulais poster un commentaire… Ma fille de 3 ans et demi a l’air de ressembler à ton aînée. Jusqu’à son entrée en maternelle, nous avions une relation ultra fusionnelle, presque exclusive. Je faisais tout avec elle, et elle était toujours collée à moi, toujours cachée derrière moi, et elle semblait presque avoir peur de « découvrir le monde » sans maman malgré ses 2 ans de crèches (qu’elle a très mal vécu d’ailleurs!) … je te laisse imaginer les critiques des proches… Je l’ai allaité jusqu’à ses 2 ans, je ne l’ai jamais laissé pleurer, et le cododo était à la demande. Depuis son entrée à l’école, les choses ont changé : même si nous nous aimons toujours très fort, elle a pris une grande part d’autonomie, et s’élance toute seule dans la vie avec curiosité, sociabilité et enthousiasme. Et puis, il y a 6 mois, un petit frère est venu agrandir la famille. Pour lui, même traitement bienveillant : allaitement et cododo à la demande ! Ses sieste se font quasiment toutes sur moi, dans le porte-bébé (bébé qui ne dort que par tranche de 45 minutes … il n’arrive pas à entrer tout seul dans un nouveau cycle de sommeil, je te laisse imaginer mes nuits …). Et malgré mon épuisement de jeune maman bienveillante et incomprise, je sais que c’est la bonne chose à faire pour mes enfants qui m’aiment d’un amour inconditionnel et qui attendent la même chose en retour. J’aurais beaucoup de chose à dire, tant je me retrouve dans tes articles. Je profite de ce commentaire pour pousser un « coup de gueule » contre les pédiatres et autres professionnels de santé qui imposent leur vision d’éducation sans tolérer les « éducations alternatives ». Exemple 1 : mon médecin généraliste qui me dit d’arrêter l’allaitement de ma fille à 18 mois car sinon « il sera trop tard ». Exemple 2 : le pédiatre qui « m’oblige » à commencer la diversification alimentaire au 4 mois de mon fils, d’arrêter l’allaitement la nuit à ses 6 mois, … Les exemples sont malheureusement trop nombreux ! Bon maternage 🙂

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  14. Encore une fois quel plaisir de te lire, merci beaucoup pour la confiance que tu réinjectes un peu en moi à chaque lecture. Ce n’est pas facile d’avoir confiance quand on reçoit malgré nous moultes commentaires et conseils « bienveillants ». En tout cas moi, malgré ma volonté, tout ça m’a bien abîmé…

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  15. Encore un article qui décomplexe et qui déculpabilise ! J’ai refusé le cododo et l’allaitement, mais malgré tout je me considère dans une démarche de maternage proximal, à MA manière. Et force est de constater que celle-ci réussit plutôt bien à ma fille de 10 mois… Le papa et moi avons pris le parti de ne la laisser pleurer sous aucun prétexte malgré les « ça lui apprendra » « laisse, elle finira par tomber d’épuisement » et autres horreurs… Nous lui expliquons beaucoup les choses car nous sommes partis du principe qu’elle comprend, nous refusons les intrusions qu’elle ne peut pas encore maîtriser et les manipulations de l’esprit (« fais un bisou sinon mamie/papy… va être triste »), nous la prenons dans les bras dès qu’on voit que quelque chose ne va pas, et j’en passe… Le résultat est qu’à son âge on ne voit poindre aucune angoisse de séparation (pourvu que ça dure !), et qu’elle en est même déjà trop indépendante ! :p

    Elle est dégourdie et autonome car je suis sûre qu’elle sait qu’elle obtiendra toujours le soutien nécessaire pour l’aider à mener à bien ses envies d’évolution (il suffit de voir les petits regards en coin, qui recherchent nos encouragements quand elle veut essayer de se lever, qu’elle essaie un nouveau jouet…), pour gérer son défouloir de fin de journée, pour rester calme et l’apaiser face à ses crises de nerfs à cause des poussées dentaires. Au final, ça nous donne un bébé heureux qui se marre pour tout et n’importe quoi, qui chante dans la rue, qui gazouille le matin dès le réveil, qui sourit et fait bravo aux gens… et nous en sommes super fiers

    Aimé par 1 personne

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