Maternage & Parentalité positive

« Je les ai pourtant élevé(e)s pareil ! »

Ma Fusée a 22 mois ; à cet âge-là, la Carrousel avait encaissé avec naturel l’annonce d’une naissance à venir. Je la voyais si grande, j’avais tant d’attentes et de craintes pour elle ! En comparaison, je vois ma Fusée encore si petite en dépit de son niveau de débrouillardise avancé, son langage explosif depuis ses 16 mois et son regard malicieux digne de la cour des grands.

A 22 mois, je désespérais des nuits de la Carrousel que j’avais plusieurs fois tenté de « soigner » afin qu’elle colle au manuel, me résignant finalement un peu honteusement au cododo pour sauvegarder ma santé mentale. Au même âge, la Fusée cododote avec joie depuis sa naissance, souvent cul en l’air et pieds dans mon nez, réclamant ses tétées à intervalles réguliers, ses yeux bouffis de sommeil sous ses mèches folles, en poussant de petits cris embrumés qui me tirent à peine du sommeil tant j’y suis habituée. Moi aussi, j’avais des « objectifs » dans la tête pour mon aînée, ai-je souri à une maman de la crèche, si pressée que sa petite fille devienne aussi grande qu’elle l’imagine être. Et toutes ces choses qui me semblaient difficiles et problématiques avec la Carrousel, qui me semblaient exiger une action éducative de ma part, et que je vis avec …normalité, tout simplement ?

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J’ai ramassé sans y penser tout ce que la Fusé a jeté de son siège de table quand elle découvrait la gravité, j’ai accueilli ses premières colères et bouderie avec attendrissement et fierté, j’ai mis ma main sous ses fesses chaque fois qu’elle a voulu grimper sur une table ou un autre endroit improbable (ou presque, faut pas déconner, parfois je dis que c’est dangereux quand ça m’arrange, privilège de parent right ?), j’ai détourné ses coups de pieds dans le ventre quand elle n’aimait plus être changée, puis je l’ai changée assise sur un marchepied quand elle ne se laissait absolument plus changer, je l’ai prise en écharpe dans mon dos chaque fois qu’elle avait besoin des bras sans craindre qu’elle ne devienne jamais autonome, j’ai essuyé les centaines de verre d’eau qu’elle a renversé par terre en apprenant à boire sans me demander si elle avait un problème moteur, je lui ai mis une fontaine à eau et des verres à disposition dans la cuisine pour qu’elle s’entraine satisfaire son besoin de transvaser sans sourciller (en même temps, j’ai du carrelage au sol, ça aide à se détendre), j’ai ramassé ses jouets mille fois sans penser qu’elle n’apprendrait décidément jamais à ranger, je l’ai laissé choisir ses vêtements avant ses deux ans les matins où la coopération avait besoin d’un coup de pouce, je l’ai laissé découvrir les aliments à son rythme à 100% (et la bouffe, c’est pas son truc, à ma petite Fusée!) et enfourner des énormes pommes de terre dans sa bouche sans dents sans retenir ma respiration, et en ce moment je passe 1h30 à endormir une puce surexcitée (en dépit du manque de sieste en journée) en me disant qu’elle en a juste sûrement besoin en ce moment. Et puis, je sais que le meilleur reste à venir, haha. Le début de l’opposition, c’est devenu presque amusant à mes yeux après avoir traversé les tempêtes de la grande sœur.

Et j’ai aussi merdé avec moins de tumulte intérieur ; j’ai crié passées 1h36 d’endormissement (« Maintenant ça suffit dodo !!!! Sinon je m’en vais hein!!! » suivi évidemment de « Pardon chérie, pardon, dodo mon chat« ),  j’ai dit « T’es relooooooooou La Fusée, tu me saoules là! » bien trop de fois en 22 mois, je l’ai laissé trépigner en pleurant à mes pieds (pendant au moins 2 minutes 57) parce qu’elle voulait les bras (et que moi aussi, je voulais mes bras pour finir ce que je faisais),  j’ai râlé à propos des scènes de carnage alimentaires qui se déroulent sous son siège de table sans constructivité aucune, je ne lui ai pas préparé de plateaux d’activités Montessori DIY (d’ailleurs elle ne connait pas encore ses couleurs, sacrebleu !), elle a goûté à des cochonneries que sa sœur n’aurait pas approché en rêve au même âge et elle mange parfois des cookies au petit déj’ parce qu’elle ne veut rien d’autre. Et je n’en ai pas fait une crise d’angoisse à pleurer que j’étais une mère minable (bon, une ou deux, pas plus). Attention, je ne dis pas que c’est une bonne chose de dire à son enfant qu’il nous saoule lorsqu’il réclame la tétée pour la 12ème fois en 2 heures, hein. Il est souhaitable de prendre une grande inspiration et de s’éloigner en disant « Mon amour, je me sens oppressée par tes multiples demandes et l’envahissement de mon espace personnel, je vais prendre un temps pour me calmer, je t’aime« . Haha. Enfin c’est tout à fait possible de formuler les choses ainsi, blague à part. Mais pour ça il faut sentir en soit ses besoins et ses limites à temps, et ne pas attendre l’explosion.

A ce sujet, avec la Fusée j’ai beaucoup mieux réussi à ménager mes besoins personnels dans le cadre du maternage proximal. D’une part, je ne pollue pas inutilement les moments que je lui accorde par des considérations oppressantes; vous connaissez, je pense, les « mais combien de temps ça va durer? », « est ce que c’est NORMAL qu’elle ait besoin de ça?« , « pourquoi le bébé de machin et machine qui est plus jeune fait ceci ou cela et pas elle? », « quelle solution, quel plan d’attaque pourrais-je trouver? » et autres « est-ce que je suis une mauvaise mère qui communique son stress à son enfant et aurais-je mieux fait de ne jamais me reproduire car mes enfants sont condamnés à porter à vie le fardeau de mon immense incompétence? » (#dramaqueen). C’est plus facile avec l’expérience et la confiance en soi de se détacher de ces peurs, bien-sûr. C’est aussi relativement facile d’être une mère sereine par rapport au maternage avec la Fusée, car elle est à la fois tellement attachée à la proximité et à la sécurité que je lui offre et en même temps très sereine, ouverte sur le monde, très en demande d’apprendre, de grandir, de faire seule, de découvrir et de nouer des liens. Bref, elle est une pub vivante pour le maternage proximal, en toute modestie de mère lionne bien-sûr.

J’ai aussi vite arrêté les plans sur la comète de tout ce que je pourrais faire si elle était comme le bébé de la copine/ la voisine / la cousine. Par exemple, en ce moment quand je monte la coucher, je ne pense (presque) pas à ce roman qui ne s’écrit pas tandis que je suis assise dans son lit à la regarder pirouetter autour de mon sein. (A la place, je pense à la chirurgie esthétique qui va s’imposer à la fin de cet allaitement acrobatique, mais c’est un autre sujet).

D’autre part, je me suis autorisée plus souvent à poser mes limites : je me suis accordée des soirées avec des amies (et donc des couchers avec papa sans tétée), des journées à la crèche pour reprendre mon activité professionnelle et prendre du temps perso et même des passages aux toilettes avec la porte fermée (et elle qui tambourinait derrière). J’ai repris la danse toutes les semaines, je vais me faire les ongles une fois par mois et je laisse Papa Ours les gérer presque tous les soirs quand il rentre du boulot pendant que je cuisine ou range la maison en écoutant des podcasts dans mon casque. Et je trouve que je suis une meilleure maman depuis que je le fais 😊 ,

***

Je pense que c’est une illusion de penser qu’on élève nos enfants de la même façon sous prétexte qu’on est, sur notre carte d’identité et notre livret de famille, les deux mêmes parents. On n’est jamais les mêmes parents d’un enfant à l’autre. A moins d’avoir 0 remise en question, 0 évolution et 0 cheminement personnel, ce qui n’est pas le cas des personnes qui me lisent. Même en ayant des convictions et une vision de l’éducation identiques d’un enfant à l’autre (qu’elles soient très documentées et affirmées dès notre premier enfant, ou qu’on soit pour tous nos enfants dans une vision de l’éducation peu construite mais basée sur ce qu’on a reçu), on tient compte de nos précédentes expériences d’une façon ou d’une autre et nos attentes vis-à-vis des enfants sont modifiées sans qu’on s’en rende compte. A cela s’ajoute d’autres paramètres : l’environnement et la situation personnelle dans lesquels on évolue au moment de chaque naissance, où on se trouve dans l’appréhension dans notre histoire et nos émotions, notre propre rang de naissance qui influence la perception qu’on a des expériences vécues par nos enfants et nos réactions, les traits de caractères et traits physiques de l’enfant qui entrent en résonance avec notre histoire…  J’accueille donc toujours avec beaucoup de distance les remarques de mon entourage, en particulier des générations précédentes, qui se targuent d’avoir élevé leur enfant de la même façon et de leur avoir donné la même chose. Derrière ça, je perçois à la fois une volonté de se défendre d’avoir « fait des différences » et le besoin de montrer que si les enfants sont si différents (et que potentiellement l’un semble en difficulté et l’autre non) c’est uniquement l’inné qui est en jeu !

Je pense au contraire qu’en tant que parents, on devrait valoriser le fait que NON, on n’est pas le même parent pour chacun de nos enfants. Car alors on peut mettre en lumière tout le chemin individuel qu’on a pu parcourir en grande partie grâce à eux (la Carrousel aime beaucoup répéter une phrase que je lui ai dite ; « c’est moi qui ai appris à maman à être NOTRE maman« ). Plus notre vision éducative est le fruit d’observation avec notre premier enfant, de réflexions et de remises en question, plus on se débarrasse des élastiques à nos chevilles qui nous entravent, et plus notre façon de faire s’affine et s’assure avec le temps. Et c’est un merveilleux chemin à mettre en avant et à transmettre à nos enfants ! C’est une vision beaucoup plus juste de l’expérience parentale, qui leur sera plus utile dans leur vie d’adultes et de futurs parents que de leur laisser croire que l’être humain est constant dans le temps et qu’il se DOIT en particulier de l’être face à ses enfants.

Par ailleurs, la crainte de « faire des différences » entre les enfants repose à mes yeux sur la vision erronée qu’un bon parent aime ses enfants « pareil », les élève « pareil » et leur donne « pareil ». Comme le disent très justement Faber et Mazlish dans leurs ouvrages, donner pareil c’est donner moins ! Là encore, j’affirme haut et fort ne pas donner « pareil » à mes filles, pour leur donner à chacune individuellement en fonction de qui elles sont (ou en tous cas ce que je comprends et perçoit d’elles) de leurs besoins et des circonstances dans lesquelles s’inscrit notre relation. Papa Ours m’a par exemple reproché d’allaiter encore la Fusée à presque deux ans, alors que la Carrousel a été sevrée à un an : il m’a dit que c’était injuste pour la Carrousel. Je vois les choses tout autrement : j’ai allaité la Carrousel pendant un an alors qu’initialement j’avais pensé ne pas allaiter du tout, je partais à l’époque 11 heures par jour pour mon travail où je tirai mon lait en cachette dans les toilettes, en dépit de mes efforts ma lactation a baissé avec ce rythme et la Carrousel s’est mise à apprécier la facilité du lait en poudre, ce qui a abouti à un sevrage sans heurt à ses un an. J’ai donné tout ce que j’avais à donner pour elle à ce moment là et je me suis adaptée à ce qu’on vivait toutes les deux. Aujourd’hui, je suis mieux informée, j’avais envie dès la grossesse d’un allaitement long, je travaille à mon compte avec un rythme qui me permet d’entretenir ma lactation, la Fusée est en demande de la tétée de façon évidente ; si je décidais de la sevrer pour faire « comme sa sœur » alors qu’elle exprime le besoin de continuer et que j’ai les moyens de le faire, j’estime que LA je serai injuste. Pour moi, l’équité n’est pas l’égalité, en particulier en matière de besoins émotionnels.

De la même façon je sais que je ne les aime pas « pareil », parce que l’amour que je leur porte est unique, fait de toutes leurs singularités, de comment elles résonnent en moi et de la particularité des échanges qu’on a eu depuis leur naissance. Je trouve cela tellement plus valorisant pour nos enfants de pouvoir leur dire en quoi ils sont spéciaux à nos yeux et en quoi on les aime d’une façon dont on n’aime personne d’autre, pas même leur frère ou leur sœur. Je trouve qu’on enlève beaucoup de pierres à l’édifice de qui sont nos enfants, quand on cherche à se rassurer sur le fait qu’on les a élevé tous pareil et qu’on leur a donné la même chose. Je pense que si un jour, nos enfants ont quelque chose à nous reprocher de l’ordre de « tu l’aimes plus que moi », c’est que quelque chose se joue ailleurs que dans le nombre de mois où on les a allaité, le nombre d’euros qu’on a dépensé pour eux ou le nombre de petits pois qu’on a mis dans leur assiette au dîner. Quelque chose qui ne se joue pas dans les chiffres.

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En pensant à mes filles, j’ai pensé (avec mon regard d’ainé moi-même) ; quel privilège pour les enfants « suivants », que de n’avoir qu’à glisser leurs pas dans les traces de leurs ainés, qui ont souvent dû se frayer un chemin à la hache dans la jungle des attentes parentales, avec au passage le loisir de s’en écarter sans trop heurter car entre temps ils ont appris à s’assouplir.

Puis j’ai pensé (en me glissant dans la tête de mon petit frère) ; quel privilège pour les ainés de choisir le « rôle » qu’ils veulent jouer dans la vie, le domaine dans lequel il vont briller et les traits de personnalités qui seront à vie considéré comme « les leurs », sans la contrainte de devoir se démarquer, surpasser, se différencier d’un autre enfant qui a déjà sa place acquise dans le cœur des parents.

Voilà le défi que j’ai l’impression de relever au quotidien avec mes deux filles ; que ma Carrousel se sente aussi libérée qu’une cadette de toutes attentes parentales pour devenir qui elle est vraiment, que ma Fusée se sente aussi libérée qu’une ainée de toute comparaison pour devenir qui elle est vraiment. Que chacune sente à quel point elle est spéciale, qu’elle voit dans le regard que je pose sur elle que je la connais pour ce qu’elle est et non pour le rôle qu’elle joue dans notre famille, et qu’elle sache que je remarque tout ce qu’elle a de beau, de contradictoire, d’unique, d’effrayant, d’inconnu, de magique en elle.

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19 réflexions au sujet de « « Je les ai pourtant élevé(e)s pareil ! » »

  1. Je trouve cela très juste, je l’expérimente différemment de toi en tant que mère de jumelles. Elles étaient déjà différentes dans mon ventre et leurs traits de caractère se sont révélés dès la maternité sans jamais se démentir. Grande leçon d’humilité pour qui croit façonner son enfant et très déculpabilisant aussi!
    La simultanéité fait que je suis la même mère pour elles mais en même temps, leur différence de caractère implique que je ne réagis pas de la même façon. Et comme toujours, tout est question d’équilibre. Exemple: donner plus de temps à l’une qui se montre plus en demande pendant un temps, ou encore prêter attention à ne pas froisser celle dont la susceptibilité/sensibilité est plus exacerbée. Comme tu le dis très justement équité n’est pas égalité.

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  2. Quel bel article ! Avoir un maternage adapte a l’enfant que l’on a c’est le plus des cadeaux ! Je ne comprends pas pourquoi il est si peu admis d’élever ses enfants différemment…
    Merci pour tes mots toujours si juste!

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  3. J’élève mon premier enfant comme tu élèves ta deuxième. Sans (trop de) stress, culpabilité, comparaison avec les autres… Pourquoi ? Parce que j’ai lu ton blog en long, en large et en travers au cours de ma grossesse. Oui oui, moi je suis la meuf qui attend discrètement derrière que les autres se soient frayé un chemin dans les broussailles, puis qui débarque en bikini sans se faire érafler les jambes (bref, tu saisis l’idée…).
    Alors un IMMENSE MERCI pour la mine d’or que sont tes écrits, et belle vie de famille à vous quatre !!!!!!

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    1. Pareil chez moi: première petite (et probablement unique car trop dur pour le papa) élevée avec un maximum de conscience en m’appuyant sur les expériences d’autres mères qui prennent le temps de partager tout cela 🙂 Merci, étant seule dans mon entourage avec un bébé, je me sens fort isolée et des blogs comme le tien m’épaulent un peu dans mon vécu. Bel été à vous tous, et bonne continuation dans ton roman ! (chez moi, c’est une thèse : je compatis pour le temps sur lequel on rogne pour les couchers en longueur ^^’)

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  4. J’aime beaucoup te lire sur ce genre de sujet! On sent comme tu as grandi et mûri avec chacune des filles et je me retrouve complètement là dedans. Nos enfants nous révèlent à nous mêmes.

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  5. Quel bel article ! J’attends actuellement mon Numérobis, qui aura pile 2 ans d’écart avec sa grande soeur, et c’est évident qu’on ne pourra pas faire tout pareil (et que je n’en ai d’ailleurs pas envie, car il faudra s’adapter aussi à SA personnalité 😉 )
    Je relirai ce post dans 6 mois, je crois !

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  6. Il me semble évident qu’on ne peut pas elever 100% à l’identique ses enfants. Impossible de dédoubler le temps par exemple. Là où je m’adaptais à 100%à mon grand, impossible de faire de même avec mon petit. Tout simplement parce que les contraintes sont différentes, il faut notamment aller conduire, chercher le grand à l’école, jouer avec le grand ET avec le petit, tout en préparant le repas, etc. Et puis, les caractères sont différents, les besoins aussi…. Là où le grand avait et a toujours un très grand besoin d’attention et d’etre accompagné dans le jeu, mon petit est très indépendant, peut s’occuper seul depuis très longtemps… Alors je m’adapte ! Je crois que l’adaptation c’est le maître mot quand on a des enfants ( et la patience).

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  7. C’est tellement juste. Merci pour ce texte qui amène une vraie réflexion sur l’éducation et ce que l’on transmet à ses enfants.
    Et puis, je relativise aussi grâce à ton expérience : il y a quelques jours j’ai crié sur ma petite C de presque 3 ans et je l’ai enfermée dans la chambre. Elle m’a dit qu’il ne fallait plus que je le refasse, elle a eu peur. Je me suis excusée mais j’ai énormément culpabilisé. Bref, ton article me fait du bien !

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  8. Je suis maman d un enfant unique donc « élever MES enfants » n’est pas une question qui se pose sur le plan intime, cependant en tant que professionnelle de l’enfance (et même de l’humain d’ailleurs) je me bats pour qu’effectivement soit entendu le fait que l’équité et l’égalité n’est pas la même chose…et qu’il s’agit de répondre aux besoins de l’autre dans la mesure de NOS possibilités conjointes.
    En ce qui concerne les questions éducatives et les « attentes » que nous avons pour le premier (et chez moi le seul), effectivement être le premier représente une sacré pression, c’est cet enfant là qui créé littéralement le parent. Et pour nous c’est aussi l’occasion de tester notre « compétence de parents ». Au hasard de mes rencontres (y compris professionnelles) j’ai été amené à « sentir » ce que chacun a de différents et autant j’ai pu me mettre une pression de dingue (et à mon fils aussi) pendant longtemps, autant avec le temps j’ai appris à lui faire confiance, ne serait-ce que parce que du haut de ses 4 ans (dans 3 semaines!!!!) il a déjà tellement progressé sur tellement de plans, y compris sur ce que j’imaginais parfaitement impossible, que je vois désormais le champs des possibles s’étendre…. Chacun son temps psychique, il avance, moi aussi. Tout ira bien donc.

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  9. Merci pour ce bel article. Tout est si vrai. J’expérimente au quotidien tout cela avec mes 3 enfants : mais comment peuvent ils être si différents ? … parce que je ne suis plus la même seconde après seconde… et aussi parce que leur naissance a été très différente et que je crois qu’elle est un marqueur de leur début de vie et de notre relation. Mais ceci est une autre histoire !

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  10. Eh bien moi, comme BiBo au-dessus, j’ai envie de te remercier pour tes partages, tes réflexions, ta sincérité, car ça a été d’un appui énorme dans ma construction de maman d’un numéro 1 (et seul, pour le moment). On ne va pas se mentir, je l’entends encore parfois, cette petite voix que tu décris si bien, ce doute parfois douloureux (« va-t-il un jour savoir… », « Jusqu’à quand… », etc.). Mais si j’ai réussi à l’ignorer si tôt, c’est en partie à ton blog que je le dois.
    Un grand merci donc.

    J’ajoute que, en tant que maman d’un seul mais qui se rêve bientôt maman de deux, ET en tant que fille du milieu d’une sororité de trois, j’aime beaucoup ce que tu dis de la singularité des relations…

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  11. Merci pour cet article qui amène une réflexion intéressante. Je me reconnais dans ce que tu dis en théorie, mais pas en pratique. Je suis d’accord avec le fait d’élever chaque enfant différemment les uns des autres en fonction de qui ils sont et de qui ont est.
    Ainsi pour mon premier enfant, faute d’inexperience et de conseils mal avisé, j’ai imposé un rythme et une régularité aux tétées, j’ai imposé de « faire ses nuits » dès trois mois, j’ai été (et suis toujours) très inquiète et maladroite.
    Alors qu’avec ma cadette, tout me paraît plus facile car je l’ai déjà vécu, j’ai vu ce que c’était, je suis mieux préparé. Aussi je trouve que je m’en sort mieux, et ça se ressent sur elle (elle est plus détendue et « facile »). Mais du coup je culpabilise beaucoup vis a vis de mon aîné. Je trouve cela injuste pour lui, qu’il ai une moins bonne maman que sa sœur. Comment faire pour accepter ces différences ? Comment fais tu pour te convaincre que ce n’est pas injuste pour ton premier enfant de l’avoir allaité moins longtemps que le deuxième ?
    Je sais que j’ai fait de mon mieux au moment où je l’ai fait pour mon premier enfant, mais malgré tout c’était moins bien fait que la deuxième fois. Je m’en veut que la petite sœur ait de meilleurs choses (que j’ai un meilleur comportement). Je ne sais pas si j’explique bien ce que je ressens, mais pour résumer parfois je suis triste pour mon aîné qu’il ai ce rôle difficile de premier qui nous fait tout découvrir (et du coup j’ai peur qu’il ressente mes angoisse et que ça influence sa jalousie).

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  12. Je suis tout à fait d’accord avec ton article, on ne peut pas adopter le statut parental de la même manière pour chacun de nos enfants parce que chaque enfant a une personnalité qui lui ai propre.

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