Maternage & Parentalité positive·VDM (Vie de Mum)

Rentrez !

C’est dans combien de dodo que je dois y retourner ?

J’ai eu le cœur serré quand elle a soupiré.

Moi je voulais rester chez les petits avec maîtresse Mélanie.

Elle a posé ses chaussons d’école Reine des neiges sur la caisse avec un sourire éclatant.

Pourquoi tu me fais plaisir, je pensais que tu allais dire non, maman ?

Je souriais si fort que je n’ai même pas eu mal à mes principes.

Dimanche matin, on a préparé la rentrée comme un rituel un peu sacré.

Elle a collé des étiquettes à ses chaussons et à son doudou et s’est appliquée.

Et même à sa (foutu) tétine dont on ne se débarrasse pas plus facilement que du pouce du tout.

Tu crois que les autres enfants auront encore des tétines ?

L’important c’est toi chérie.

Moi j’en ai encore besoin un peu.

Alors glisse la dans ton sac encore un peu.

Je lui ai demandé de préparer sa tenue.

T’as vu j’ai choisi un pantalon pour la rentrée !

Et sûrement qu’elle bataillera pour une robe les 364 autres jours de l’année.

Dans nos albums, elle a choisi une petite photo.

Celle là c’est bien, on est tous les quatre je l’aime trop !

Au dos, j’ai écrit un petit mot.

De l’amour, de la joie et de la liberté,

Que je lui donne à emporter.

Un peu comme un talisman pour la protéger.

Regarde papa ce que maman m’a fait !

Quand le sac était tout bien préparé,

Elles ont joué à l’école avec la Fusée.

Dans le sac, il y avait des cartes, des fruits en bois et un dé.

J’ai recommencé.

rentrée école maternelle

Dimanche soir elle était triste et fatiguée.

J’ai proposé un plateau télé.

Chic, un nouveau rituel de rentrée !

Entre filles, devant nos lentilles,

On a écouté Dany le Tigre chanter

« Les parents reviennent toujours »

Le thème du jour.

Comme c’est mon dernier jour, je peux m’endormir dans ton lit ?

Sans résistance, je me suis installée avec mes deux filles.

On s’est dit qu’on s’aimait pour toujours, pour toute la vie, plus haut que les étoiles, plus grand que les arbres, plus lourd que les camions de pompier.

Même quand tu seras morte je t’aimerais maman.

Demain il y a école, dors maintenant.

J’ai peur pour l’école maman.

Je sais chérie. Moi aussi.

Mais ça, je ne l’ai pas dit.

La Carrousel a serré ma main contre son visage et a tendu la sienne à la Fusée.

La Fusée a escaladé mon corps pour l’attraper.

Elles ont commencé à se chatouiller et à rigoler.

J’ai fait semblant d’être fâchée.

Le réveil a sonné.

J’ai pas envie d’aller à l’école !

Je mange mes amandes pour être en forme pour l’école.

J’ai pas envie d’aller à l’école.

Je mets mes barrettes licornes pour être belle pour l’école.

J’ai pas envie d’aller à l’école.

Fusée dépêche toi je vais être en retard pour l’école !

J’ai dessiné un cœur sur son poignet et elle sur le mien.

Comme ça tu sais que je pense à toi !

Et vice versa.

On a fait une photo comme tous les ans.

Comme tout le monde.

Pour philosopher sur Facebook sur le temps qui passe.

Et la petite enfance qui s’éloigne.

Parce que quand même nos cœurs saignent un peu.

Même si on est fiers et qu’on a ce qu’on voulait.

Qu’ils grandissent !

Mais pas si vite !

On a retrouvé les mêmes couloirs vieillots et on s’est arrêté à la porte d’une autre salle de classe.

Elle est restée assise sans bouger, à regarder.

Les enfants qui pleuraient.

Les parents qui râlaient.

L’ATSEM qui demandait de ne pas pleurer.

La maitresse pas tellement concernée.

Les listes dans le cahier.

Maman tellement consternée.

Elle a oublié de mettre ses chaussons Reine des neiges.

Je lui ai rappelé tous les trésors qu’elle avait dans son sac et dans son cœur.

Je lui ai rappelé que c’est toujours difficile quand c’est nouveau.

Je lui ai rappelé qu’elle savait traverser ça et que je serai là pour elle.

Quand on a passé la porte, la maitresse a dit « là c’est qui ? »

J’espère qu’elle verra vite tout ce qu’elle a qui la différencie.

Je l’ai serré dans mes bras en essayant de ne pas trop la retenir.

Elle est partie timidement rejoindre son amie.

J’ai passé une tête par la fenêtre vitrée, elle me regardait.

Elle n’a pas pleuré.

Elle n’avait pas envie d’y retourner.

Elle ne m’a pas trop raconté.

Juste quelques bribes sèches et cassantes comme des brindilles.

La maitresse, elle donne beaucoup d’ordre et elle dit « puni sur une chaise ! ».

A l’heure de la sieste, il est l’heure que les mamans grandissent.

Qu’elle dit.

Il reste quelques places à la maternelle Montessori.

J’ai encore une fois regardé les prix.

Je peux toujours la déscolariser.

Après tout, je n’y tiens pas tant que ça à mon métier ?

J’attends derrière la porte que chaque soldat soit appelé.

Et si je déménageais ?

Et si je retravaillais comme avant pour payer ?

Oui, j’ai fait de la peinture, ça a été !

Elle mange ses mirabelles et se met à chanter.

« Rangez-vous, rangez-vous petits enfants

Rangez-vous, rangez-vous bien gentiment ! ».

Papa Ours dit qu’elle me dit ce que j’attends.

Ma faute, tout le temps.

Ce matin elle ne veut pas y aller.

Tu me fais un tatouage pour montrer à la maitresse ?

Cet après-midi, elle se met à pleurer.

« C’est pour embêter les mamans »

J’ai envie de hurler.

Ce soir, elle crie sur son ami.

La maitresse a dit, les tatouages c’est interdit.

Elle se déchaine sur sa sœur.

Elle me frappe à grands coups de poings rageurs.

J’attends.

J’entends.

Elle se blotti dans mes bras et veut dormir avec moi.

La maitresse dit qu’on doit faire la petite bouche,

La grande bouche c’est interdit,

Mais la maitresse, elle fait la grande bouche quand elle crie.

Et quand c’est l’heure des parents je fais une toute petite bouche,

« Nathalie n’ouvrira pas la porte sinon », elle dit.

Et si je partais vivre en Suède, loin d’ici ?

Je regarde ma Fusée déjà paisiblement endormie contre mon sein.

Je regarde ma Carrousel, ses grands yeux fixés au plafond et ses doigts agrippés à ma main.

Je vais à l’école demain ?

Non.

Ah, c’est bien. Je t’aime maman chérie.

Et la voilà endormie.

Mais que va t on faire jeudi ?

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41 réflexions au sujet de « Rentrez ! »

  1. On a connu ça 😔 on a fini par céder à l’école Montessori, hors budget pour nous et contre l’avis du papa (je m’en prend plein la tronche tous les jours), mais quel bonheur de la voir retrouver la joie d’aller à l’école. Pour moi ça vaut tout l’or du monde

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    1. Outch ça fait mal. Même si ça a l’air de mieux de passer pour ma fille, je partage ces préoccupations … angoisses … déceptions. Heureusement ce n’est pas partout pareil. Malheureusement on peut difficilement choisir.
      Courage !

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  2. Merci pour ce très beau texte. Courage Carrousel, et courage à toi, c’est difficile de confier nos enfants aux enseignants. Ma loulou a fait sa 1e rentrée, grande émotion aussi.

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    1. oui, on peut aussi se mettre des oeillères en disant que ce sont les mamans qui ont de bonnes raisons de ne pas confier leurs enfants aveuglément à de parfaits inconnus qui ont un problème…

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  3. Oh je partage pleinement ce désarroi… le tien, celui de tes filles, celui de mon garçon… des cris, des punitions, des ordres… enfin bref… bonne rentrée à tou.t.e.s quand même!

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  4. Déménage dans mon coin, la première école dans la forêt devrait ouvrir ses portes en novembre 😉
    Plus sérieusement, beaucoup de courage à elle et à toi, c’est dur de les voir grandir autrement qu’on aurait voulu qu’ils soient… Peut-être est ce un mal pour un bien, elle finira par faire la part des choses, et toi aussi… Je l’espère!

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  5. Ton article m’a fait pleurée.
    À 9 jours près ma fille aurait dû rentrer à l’école aujourd’hui mais elle est restée bien au chaud jusqu’en janvier et du coup elle ne rentrera qu’à plus de 3ans et demi à l’école et c’est déjà un petit soulagement.
    Mais ça n’empêche que ça fait déjà plus d’un an que l’on s’interroge avec le papa sur l’endroit où l’on va la scolariser ( je nous ai d’ailleurs beaucoup retrouvé dans tes articles sur ton questionnement l’an dernier).
    Il y a quelques jours, le papa m’a même dit « mais on n’est pas obligé de la mettre à l’école à 3ans, on pourrait attendre « . Si on n’avait eu qu’elle, je pense que j’aurais approfondie la question, là j’attends le 2eme et je ne me vois pas faire classe à ma grande avec bébé à côté.
    Du coup, pour l’instant, notre idée c’est de tenter l’école publique et si on tire le mauvais numéro ou si notre fille n’est pas faite pour le système, on avisera ( et qui sait, on tentera peut être le unschooling)

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    1. Vous devriez jeter un œil à l’IEF, il y a des groupes sur FB et pas mal de sites avec énormément de ressources et d’idées. A 3ans les apprentissages peuvent être informels, sous forme de jeux. Pas besoin de « faire classe ». Je suis sûre que vous faites déjà énormément de choses avec elle et qu’il n’y aurait que quelques petits ajustement à faire. Si vous ne travaillez pas ou si vous êtes à temps partiel creusez cette piste, je pense que ça vaut le coup.

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  6. Alors plus cette école pour votre carrousel?! A quoi avez vous penser comme alternative? En tous cas, je comprends à 100% votre choix, les instites qui crient et qui n’aiment pas les tatouages, c juste nul;-) bonne continuation à vous et belle rentrée qd même 😘😘

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  7. Il y a deux ans, mon cœur de maman me disait que mon fils était mal à la crèche. J’ai d’abord écouté – à contre cœur – son papa qui me disait que c’était moi qui me faisais des films et qu’il allait s’habituer, les puéricultrices qui me disaient que c’était de ma faute s’il pleurait autant et s’il voulait autant être dans les bras (ah, ce vilain maternage ^^ !). J’ai fini par m’écouter, contre l’avis général. Une des meilleures décisions de ma vie ! Mon fils a cessé d’être malade à longueur de semaines, de pleurer à longueur de journées, a repris tout le poids qu’il n’avait pas pris en quatre mois. Je lui ai trouvé une autre solution pour me permettre de continuer à bosser : une accueillante chez elle, qui l’a apprivoisé petit à petit, qui lui a redonné confiance en lui et en l’autre et qui est maintenant pour lui comme une deuxième maman. Il est heureux. Alors oui, il se serait peut-être « habitué » comme le disait son papa, mais à quel prix? Est-ce que j’ai vraiment envie qu’il s’habitue à ce genre de choses? Est-ce que c’est ça que je veux pour lui? Depuis, mon mot d’ordre est « suis ton instinct, lui seul sait ce qui est bon pour ton enfant (en tout cas quand on s’autorise à l’écouter et à le laisser parler comme c’est le cas en maternage proximal) ». Donc suis ton instinct, c’est ton meilleur conseiller. Même si c’est envers et contre tout…

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  8. Oh ❤️ Courage … je me retrouve dans ton texte … mon fils de 3,5 ans qui fait sa 2nde année. Plutôt content de ses journées – je le vois à son sourire franc le soir, mais qui rentre tellement nerveux, tendu et sous pression de ce brouhaha incessant qu’est l’école. ((Je me l’imagine « obéir » toute la journée et maître de rien du tout)) . ((Et entouré de gamins violents)) .

    Si seulement je pouvais ne plus travailler pour être avec mes enfants…

    Courage ❣️ Et aucune décision n’est irrévocable, ta fille grandit, tu pourras faire ces choix avec elle aussi !

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  9. Je te rejoins sur beaucoup de points.. Hier je retrouve mon petit garçon moyenne section fatigué car sieste une journée sur deux… On a bcp rassuré mais j ai le cœur en vrac. Bref aujourd’hui ça va être de profiter avec mes 2 loulous… Bisous à vous

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  10. Un bon 80% de ce que tu racontes s’est déroulé ici aussi, dimanche et lundi. Elle aime ce qu’elle fait à l’école, elle y est tellement appliquée… mais les relations aux autres, adultes et enfants, la font souffrir sans être accompagnée, et la colère qu’elle me déverse en pleine figure est si forte… J’ai beau le savoir, je lui en veux, sur le moment, de me montrer ainsi mon impuissance à la protéger de cela. Ici, pas vraiment le choix, quoique… J’ai pris le parti de « changer l’école de l’intérieur », en faisant des interventions en ESPE, en me disant que notre implication dans son école fait bouger les lignes, que nos enfants, élevés avec des graines de bienveillance, de conscience, de positivité, de tout ce que vous voulez, vont aussi faire bouger les lignes. Parce qu’on est de plus en plus, enseignants compris, à accepter de regarder les émotions en face. Bon, il y a encore du boulot…

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  11. Merci pour ces mots .. je me reconnais aussi dans tes mots.. je suis maman d’un petit bonhomme de 4 ans. L’année dernière il a fait sa première rentrée à coup de hurlements sur l’instant et de grosses colères en rentrant 😦
    Il y est resté un mois, le mois suivant on avait un road trip prévu depuis longtemps, à notre retour, à la rentrée de Toussaint, il y est allé un seul jour.. Une journée où il a hurlé en le déposant et taper sur un copain durant la matinée. Je suis allée le chercher, la maîtresse m’a fait le compte rendu devant lui, disant en gros qu’il avait été très méchant .. je fixais mon petit bonhomme qui avait des petits yeux de : j’ai pas pu faire autrement et je suis vraiment nul..
    Je n’ai plus jamais mis les pieds à l’école. Je le sentais pas prêt. Je me suis dit « l’année prochaine ça ira mieux ». Cette année on a visité plein d’écoles, en disant à notre bonhomme que c’est lui qui choisirait. Il a choisi de ne pas choisir d’école . Avec mon mari, on était face à la décision de notre vie. On savait qu’il serait mieux à la maison avec nous qu’à l’école. Ça résonnait juste en nous. pour nous après l’allaitement, le portage, la motricité libre, le cododo, la bienveillance, le respect.. c’était la suite logique et ultime. Sauf que notre raison ne voulait pas le voir. Grosse remise en question de notre vision de l’avenir. Et comme les raisons de notre choix sont devenues claires, le plus dur consistait à organiser le comment .. nous sommes deux indépendants alors c’était pensable à condition d’être organiser et de renoncer à la richesse 😅 à simplement mettre des sous de côté quoi 😶
    La veille de la rentrée on a lu des histoires jusqu’à pas d’heures, on s’est câlinés tous les trois. On a pensé aux stress des veilles de rentrée, on a regardé notre petit bonhomme l’air serein et avec sa petit lumière qui pétille à nouveau dans ses yeux.. le jour de la rentrée on a était près d’un lac jouer avec les copains qui ne vont pas non plus à l’école.

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  12. Cadet a fait sa première rentrée lundi. Il dit qu’il y a plein de jeux mais ce qui a l’air de le déranger c’est qu’il y a « beaucoup beaucoup d’enfants ». Ses maîtresses sont très jeunes, très douces, très motivées. On va voir comment ça va se passer….

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  13. Je suis tellement triste pour vous de lire cet article… De lire le comportement de cette maîtresse dès la rentrée… tous ces mots jetés aussi violemment et aussi rapidement…
    Je vous souhaite bon courage et sais que vous ferez ce qui est bon pour vous.

    De mon côté, si la rentrée en PS a été très, très difficile pour ma grande l’année dernière, cette année nous avons réussi à la rassurer et lui offrir des moments exceptionnels qui changent de la routine et l’ont, je pense, aidée à prendre confiance.
    Mais cela s’est consolidé grâce à la gentillesse et la douceur de sa nouvelle maîtresse. Si nous avions eu une marâtre comme celle de la carrousel, tous nos efforts auraient été vain… Maintenant, je sais que le bruit et l’agitation la perturbent beaucoup, alors j’espère qu’à effectif complet dès cette fin de semaine, ça ira toujours !

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  14. Encore une démonstration de l’éducation nationale à deux vitesses entre des instits merveilleux (ses) et d’autres largué (es) sans filet, pendant des années de carrière.
    Quand l’EN mettra-t-elle enfin les moyens nécessaires pour éviter que des générations soient sacrifiées, au mieux choquées par ces profs laissé (e)s sans solution ?

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  15. Comme beaucoup le disent , selon la maîtresse ça peut tout changer cette vision ! Ma fille a eu une super maîtresse l’année dernière en PS et adorait aller à l’école. Cette année elle en avait moins envie mais elle a l’air d’être tombée sur une nouvelle maîtresse très sympa aussi qui accueillait les enfants en se baissant à leur niveau, en leur posant des questions…
    Bon courage à vous, vous trouverez une solution qui vous satisfera à toutes les deux ! Et où votre carrousel sera heureuse

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  16. Merci pour ces mots. J’ai versé ma petite larme. Je me suis retrouvée dans ce texte. Il y a maintenant 4 ans, nous avons vécu cette même rentrée avec notre jeune Padawan. Ce fut une année terrible : de doutes, de larmes, d’otites et autres maladies… Pour lui. Pour nous. Changer d’école ? C’est un peu la loterie… et on ne change pas d’école tous les ans parce que la maîtresse ne nous correspond pas… Finalement, nous avons eu la chance de trouver une école alternative. Le soulagement. Tout n’est pas tout rose : chaque parent vient là pour des raisons parfois très différentes et il faut trouver un chemin commun. Mais tout le monde y met du sien, et c’est déjà beaucoup ! Courage à vous.

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  17. Merci pour ce partage, et celui sur le bilan de la première année d’école il y a quelques semaines. Cela pousse à la réflexion, ici aussi. Je suis aussi souvent confrontée au dilemme « changement pour vivre mieux, pour vivre plus en accord avec nos convictions et notre nature profondes, changer pour avancer et ne pas reculer » et « rester tel quel pour ne pas perturber l’equilibre actuel et éviter qu’un changement ne perturbe des choses qui vont bien, qui nous rendent deja heureux ». « Le mieux est parfois l’ennemi du bien ». Dans la nature aussi, des changements au premier abord bénéfiques, ont eu pour effet très néfastes de perturber tout un ecosystème (les exemples pullulent, p.ex. la chasse de certains prédateurs comme le loup il y a qq siècles ou le requin il y a qq décénies, qui avait pour objectif à l’époque de rendre la vie plus sécurisée pour l’homme et son bétail, a tout perturbé et créé des problèmes bien plus grands que la gène causée par le prédateur).
    Chez nous, le dilemme de l’école, on a déjà tranché, le mieux (école freinet car ici Montessori ca n’existe presque pas) c’est l’ennemi du bien : ecole de notre village que nous avons pu choisir en Belgique, avec beaucoup d’espaces extérieurs, de verdure, apprentissage du jardinage au primaire, classe petits effectifs meme si l’école a du succes et que les inscriptions augmentent, « l’envie d’apprendre » au coeur du projet pédagogique et non les prestations scolaires. Alors des fois, même si certains aspects m’énervent genre la mentalité « méchants/gentils », « bon/mauvais » chez les élèves comme chez certaines maitresses, le coin comme punition en maternelle, je me dis que mon fils est hyper heureux d’y aller, il s’est fait des petits copains et le changer pour une école à 15min en voiture vs 10min à pied maintenant, ce ne serait pas lui faire du bien. Le dilemme actuel c’est sur « vivre en écovillage » ou rester là où on est et s’impliquer dans des projets ecolo et sociaux existants. C’est vrai que des projets comme le « hameau du buis », ca fait hyper envie ! Avec la scolarité sur les principes de bienveillance – communication non-violente – montessori – freinet – steiner… – mais pas seulement : tout le mode de vie des enfants ET des adultes est basé sur l’entre-aide, la communication, le respect de la nature et des personnes sur notre planète, le respect de soi-même, de ses propres besoins de connection avec la nature, besoins sociaux, besoins d’activité physique, etc. Tout est compris « dans le mode de vie de base » et il n’y a pas toute cette série d’obligations à se rajouter par dessus la tête (genre il FAUT prendre le temps de faire du sport après avoir travaillé sur une chaise toute la journée, derrière un ordi ou le volant d’une voiture ; il FAUT prendre du temps pour soi-même, pour son couple, pour ses enfants après avoir dépensé toute notre énergie à gagner de l’argent). On s’est intéressé à des projets relativement proches de chez nous. Mon mari est moins « chaud » que moi même si les idées l’intéressent beaucoup. Il est attaché à notre maison et l’investissement financier qu’on a fait, à l’héritage financier pour nos enfants. Et puis il y a le boulot que nous aimons d’une certaine mesure, surtout mon mari qui est prof au secondaire et qui s’implique dans de chouettes projets. Il y a le réseau social actuel, qui est ce qu’il est avec les obligations sociales mais aussi le soutien. Il y a la proximité de la famille de mon mari. Et il y a l’équilibre de notre famille, de notre couple, car nous vivons profondément heureux, en essayant de mettre la communication et les besoins de chacun au centre de notre famille. (Genre divorcer pour être libre d’aller vivre en ecovillage serait réellement l’énnemi du bien) Il y a la peur de déviances sectaires ou des valeurs à l’opposées des notres (dans des réunions d’info sur certains projets, il était question de pratiques de sorcellerie, d’échangisme, etc.).
    Bon courage à toi Happynaiss, et à Papa Ours, pour ce dilemme « ecole Montessori ou ecole de proximité avec valeurs Montessori à la maison ». A suivre… Je suis curieuse aussi de savoir ce que vous aurez décidé d’ici quelques semaines / mois.
    Courage à tous pour vos dilemmes !

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  18. Les yeux me piquent… Il nous reste un an avant la maternelle mais j’angoisse tellement à l’idée d’y laisser mon petit Lu chaque matin. Tellement de tristes souvenirs d’enfance remontent rien qu’à l’odeur des détergents dans le halle de l’école maternelle, j’en ai l’estomac nué 30 ans après. Courage pour votre nouvelle organisation, écoute ton coeur !

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  19. Nous avons fais le choix de l’école à la maison pour nos deux filles. La grande est en CE1 maintenant et la deuz a commencé pour « cette » rentrée car elle a 3 ans. Nous avons notre propre rythme et surtout, surtout, « l’adaptation » propre à nos enfants. Elles sont vraiment épanouies. Un choix qu’on ne changerait pour rien au monde, pour leur bonheur, pour leur épanouissement et pour une vie heureuse en famille.

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  20. Quelle tristesse cette maîtresse qui manque à ce point de confiance en elle qu’elle ne voit pas d’autre choix que de terroriser doucement mais surement des gamins de 4 ans…
    Ça m’agace tellement ces réactions que je serais presque capable d’aller à l’école avec des tatouages sur le visage tous les jours de l’année 😉
    Elle ferait mieux d’interdir les chaussons Disney (mais on ne me demande pas mon avis totalement réac’ sur la question 😉
    Courage Marjorie, moi j’ai confiance en vous !
    … et pas forcément pour aller déposer votre fille à l’école avec des décalcomanies sur la face 😘

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  21. Très émouvant ton texte. C’est si dur de confier nos petits quand on n’est pas en confiance ou sur la même longueur d’onde que l’école ou le mode de garde.
    Bon courage pour demain!
    Ta Caroussel a plein de ressources pour faire face et si vraiment ce n’est pas la bonne décision, tu sauras en changer à temps.

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  22. Même sac, memes chaussons reine des neiges quand ma grande était en maternelle. Mais maintenant elle est au CP et aujourd’hui elle a voulu faire un câlin à sa maîtresse comme elle en faisait l’an dernier à celle de GS. Qui lui a répondu « qu’est-ce que tu fais ? Arrête tout de suite » et l’a grondée. Elle pleurait en me le racontant. « Mais pourquoi Maman tu ne m’as pas dit qu’on ne pouvait pas faire des câlins à la maîtresse en CP ? » parce que je ne pensais pas, ma chérie, qu’une maîtresse pouvait se fâcher pour un câlin ni que les transitions étaient aussi brutales.
    Et sinon son petit frère en PS pleure tous les matins. « Les sourcils c’est pour se fâcher » me dit-il hier soir. Je lui demande si c’est la maîtresse qui dit ça ? Oui. Elle t’a grondé ? Oui. Pourquoi ? « Je voulais Papa et Maman et je pleurais ».
    Sinon, je suis prof en prépa… et parfois j’ai l’impression que c’est moi la plus douce…

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  23. Et bien, quelle dure rentrée ! Une suggestion, assez évidente : si tu es inquiète, ça peut être tout simple de prendre sans attendre un rendez-vous avec la maîtresse. Parfois il suffit seulement de se parler pour dissiper les angoisses, les malentendus…et pour faire connaissance. A essayer peut-être avant de paniquer et d’envisager des grands changements 🙂

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  24. « Papa Ours dit qu’elle me dit ce que j’attends.
    Ma faute, tout le temps. »
    Ambiance… Et si ta fille et toi étiez juste sur la même longueur d’ondes?  Deux grandes sensibles qui se ressemblent?
    En tout cas, j’ai eu un peu la même chose cette semaine. Réveils difficiles les matins. Les journées sont longues, entre la garderie matin/soir, la cantine et la sieste qui selon les dires de ma fille est beaucoup trop courte. Ce n’est que le début de l’année, j’attends avec appréhension la fin de l’hiver 🙈.
    Bon courage dans ton cheminement.
    Pour l’école à la maison, je pense que tu serais douée pour transmettre tes connaissances. Mais au détriment de ton métier de Doula j’imagine.Bref, des choix difficiles et qui dit choix, dit aussi renoncement…

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  25. Ton article m’a énormément touchée. Ma petite rentre à l école maternelle l année prochaine à 2ans et demi (elle est de novembre ). Je vais commencer à me renseigner…bon courage à vous et je guette la suite. J espère que ça ira mieux

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  26. Ohlala… il y a beaucoup de choses qui me traversent l’esprit en vous lisant. J’hésite entre dire qu’effectivement cette maîtresse n’a pas l’air franchement à sa place, quelle tristesse pour elle et ces enfants. Mais je ne veux pas en rajouter une couche alors que c’est déjà si dur pour vous. Et peut-être que cette maîtresse serait contente d’avoir une conversation avec vous. Et sinon en effet même si je trouve mon quotidien d’unschooling seule dans la campagne un peu hard parfois, en vous lisant je me dis que ça en vaut largement la peine. J’espère que vous trouverez une solution (et si je voulais prêcher pour ma paroisse j ajouterais que vous avez toute la vie pour être doula alors que l’enfance de vos filles c’est maintenant). Faire une bonne vieille liste de pour et de contre en listant les différentes peurs ne serait peut être pas perdu …

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  27. Je me permets un commentaire à contre courant
    Je comprends votre déception, je l ai ressenti en découvrant que ma fille, en petite section, n avait pas un professeur mais un contractuel. Ça veut dire quelque un qui n a pas de concours qui a été formé encore plus au lance pierre que ceux qui passent par la voie traditionnelle.
    J étais en colère, surtout j avais peur
    Peur que ma fille soit victime de violences peur qu elle n apprenne pas assez ou CE qu il faut apprendre.
    Et puis je me suis rappelle que ma fille, comme la vôtre j en suis sure et ceux et celles de tous vos lecteurs lectrices, font parti des enfants qui arrivent à l école avec un bagage de confiance mais aussi culturel et langagier largement supérieur à beaucoup d enfants
    Je me suis souvenue aussi que si je mets ma fille à l école je ne me fais pas d illusion sur ce qu elle va y apprendre c est a dire un programme le même pour tous et toutes qui malheureusement exclut.

    Mais je sais qu elle va y apprendre tout un tas d autres choses que l éducation nationale n a pas prevu: le rapport aux autres à la différence de milieu de codes de cultures
    Choses que moi, seule, ne peut lui offrir
    Par contre je suis là, comme vous, pour accueillir rassurer mettre les maux en mots et faire sentir à ma fille que l école fonctionne d une certaine manière … parmi d autres.
    sur toute une scolarité il y aura toujours des enseignants qui nous plairont moins
    Et d’autres qu on trouvera fantastiques
    Ça oui c est le fruit du hasard
    Par contre votre réaction à vous face à cela sera toujours la même et c est bien cela qui compte
    Évidemment dans la mesure où nos enfants sont heureux d aller à l école qu on les sent bien
    Je crois qu il faut essayer de se dire que c est leur chemin aussi et qu on n’en peut pas tout maîtriser

    Et que votre carrière votre passion oui ça compte
    Je sais que mon message va faire tache parmis les réactions
    Mais j avais besoin de l écrire

    Avec toute ma sympathie 😀

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  28. J’ai moi aussi été très touchée par ton texte, c’est très bien écrit et tout est dit…

    Du coup que s’est-il passé ? As-tu pris rdv avec la maîtresse ? As-tu choisi de laisser du temps ? As-tu trouvé une autre solution ?

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  29. Ici 1ere rentrée pour ma fille de 3 ans, on habite tout près de l’école, on voit ce qui s’y passe lors des récréations, des sorties.
    On a vu notre fille se faire tirer par la main par l’atsem qui lui disait qu’il fallait pas se faire pipi dessus que le pipi c’est dans les toilettes. J’ai vu ma fille avoir du mal a suivre, je l’ai vu pleurer « maman, maman », j’ai vu l’atsem lui dire au petit matin en pointant un petit garçon qui pleurer car il s’était fait mal « tu trouves ça bien toi de crier dans la classe, ma fille hochant oui de la tête et l’astem la reprendre en lui disant on ne crie pas dans la classe ce n’est pas bien » j’ai vu l’atsem tirer les enfants par le bras pour les replacer sans même s’en cacher. J’ai vu aussi 30 enfants sur 3 niveau pour 2 adultes. J’ai vu ma fille faire pipi au lit chaque nuit depuis cette rentrée. Je l’ai vu me remercier de lui avoir dit que demain il n’y aurait pas d’école.
    Restes plus qu’à écrire une lettre a l’inspection nationale pour dénoncer tout ca pour éviter de mette ma fille en difficulté .
    Je peux pas rester passive, je ne le caussionne pas et ne rien faire c’est l’accepter.

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  30. Heu… je risque aussi un commentaire à contre courant, mais il me semble aussi qu’il vaut mieux faire pipi dans les toilettes et ne pas crier dans la classe, non? Après, bien sûr, tirer par le bras ou stigmatiser un enfant c’est tout autre chose, et bien sûr que les effectifs sont très chargés..

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  31. Ici on a préféré mettre notre fils au jardin d’enfants type Montessori plutôt qu’en petite section de maternelle. 4 à 5 professionnelles pour 19 enfants (répartis en 2 groupes, une de 13 et un de 6), une pédagogie au top, un respect de l’enfant et de son rythme, une valorisation de ses compétences, etc… et ben il ne veut quand même pas y aller !!! Il a peur qu’un copain l’embête, il a peur des 2 enfants handicapés qui y sont accueillis, il n’est pas à l’aise avec 2 des professionnelles qui parlent souvent fort… et il préfère tout court être avec maman et papa !

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