Accompagner son enfant en conscience

Comment encourager son enfant à jouer seul

Il y a environ 2 semaines, je me suis essayée à l’exercice des « questions/réponses » sur Instagram et j’ai reçu plusieurs questions autour des activités proposées à mes filles et sur leur capacité (ou non) à jouer seules, à partir de quel âge, etc.

Après un rapide sondage, il s’avère que vous étiez nombreux à être intéressés par la question « Comment encourage mon enfant à jouer seul ? ». Tiens donc, après 2 mois de confinement, sans école, sans crèche, en télétravail, quelle ne fut pas ma surprise 😉

Je vous précise tout de suite qu’il n’y aura pas de recette miracle ici, comme jamais ! Simplement mon retour d’expérience et mon point de vue un peu détaillé, comme toujours !

Point sur la situation chez nous

Mes deux filles ont, à mes yeux, une bonne capacité à jouer seules. La Carrousel a eu un peu plus de mal à jouer seule plus petite et je me souviens qu’on s’en était « plaint » l’un à l’autre avec Papa Ours, mais de mémoire je dirai qu’à partir de 2 ans c’était pas mal. La Fusée a su très vite jouer seule (pas forcément avec sa soeur, vraiment seule) : dès qu’elle a commencé à se déplacer elle pouvait « s’occuper » seule à ses découvertes et cela à naturellement évolué vers des plages de jeux divers seule. Elles jouent évidemment beaucoup toutes les deux depuis toujours et je reste assez fascinée de voir la Carrousel prendre plaisir à des jeux pour « plus jeune » tandis que la Fusée grandit parfois plus vite aux côtés de sa sœur, comme beaucoup de cadet, et que cela se ressent dans ses jeux. Si j’estimais cette capacité en temps, je dirai (à la grosse louche) qu’elles peuvent jouer 1h seules (ensemble ou séparément), une ou plusieurs fois par jour, selon le déroulé de la journée.

Carrousel avait 2 ans et ce « jeu » qu’elle avait inventé l’avait bien occupé une demi-heure…

Attention, j’ai dit : « elles ont une bonne capacité à jouer seules ».

Je n’ai pas dit :

  • Elles savent tout le temps jouer seules
  • Elles jouent seules en toutes conditions
  • Elles jouent seules quand je le leur demande / j’en ai besoin

Nuance …

Respecter son rythme

Ce premier conseil n’est qu’une énième déclinaison de la qualité épongesque de nos enfants : quand ils sentent que nous ne sommes vraiment pas disponibles, tendus, stressés, que nous avons vraiment besoin qu’ils nous lâchent, voire qu’on leur signifie clairement… C’est FOUTU.

Je ne parle pas d’une éventuelle formulation de besoins de type « j’ai vraiment besoin de 30 minutes dans la journée pour finir ce document », suivi d’une discussion pour trouver un compromis qui satisfasse tout le monde, qui peut PEUT-ÊTRE fonctionner (si vous n’avez pas dit un truc qui braque l’enfant, s’il ne perçoit pas trop d’attentes non plus, s’il est de bonne humeur, etc..). Non je parle de la bonne situation de merde, du type document urgent à rendre en télétravail pendant le confinement avec l’ordinateur qui plante et le papa parti jusqu’au soir, où vous essayez vaguement de faire diversion (« regarde tes playmobiles ils s’ennuient ») tout en transpirant le stress et l’agacement à chaque sollicitation sans avoir la disponibilité de poser un cadre à la situation.

Par ailleurs, selon l’équation établie par moi-même, parent qui s’installe sur l’ordinateur OU parent qui se pose en loucedé sur le canapé = invitation à venir le solliciter. Est-ce que cette règle marche chez vous, ou bien… ?

Plus généralement, l’enfant exprime pleinement sa capacité à jouer seul quand c’est le bon moment pour lui, parce que les conditions seront réunies etc. Et c’est important de les saisir au vol (enjoy!) mais surtout de les respecter. En effet j’ai observé qu’en respectant ces temps de jeux spontanés et autonomes, sans les interrompre par des injonctions ou demandes, sans intervenir dans leurs jeux sans y être invité et sans proposer des activités dirigées, que ces moments se multiplient et s’allongent.

Ce soir par exemple, mes filles se sont lancées chacune dans leur monde imaginaire à 18h15, alors que j’avais prévu de les occuper avec un bain pendant que je préparais le dîner et ranger le souk d’enfer qu’elles mettent chaque jour dans la maison. Et bien j’ai changé mon plan (puisqu’ici, le bain n’est vraiment pas un impératif de l’emploi du temps, confinement ou pas confinement, vie quotidienne ou vacances), j’ai maximisé ce temps pour faire ce que j’avais à faire sans les interrompre j’ai attendu de sentir le vent tourner (=disputes qui arrivent entre elles, l’une ou l’autre qui commence à venir roder près de moi) pour passer au repas. Cela me fait un peu penser aux principes proposés par Maria Montessori d’offrir aux enfants de ses classes de longues plages de travail ininterrompues pour leur permettre de s’absorber et de développer ainsi leur capacité de concentration et d’attention.

Encourager son imaginaire

Ces propos font une transition avec ce que je voulais aborder ensuite, à savoir que dans bien des aspects de la parentalité, il est parfois urgent de ne rien faire.

Je pense que la tendance actuelle (pour les parents impliqués, je parle!) est à beaucoup solliciter les enfants dès le berceau pour les « éveiller » et les « stimuler », avec des jouets éducatifs, des activités Montessori, des sorties ludico-pédagogiques, etc. Je suis de plus en plus sceptique sur ces verbes qui traduisent une approche très « descendante », comme si l’enfant pouvait végéter sans intervention de notre part. Je suis convaincue qu’ils ont en eux une soif débordante d’apprendre, que ce BESOIN d’apprendre est fondamentalement nourri par le jeu et que ces apprentissages sont toujours plus solides lorsqu’ils interviennent au terme d’une activité spontanée, intuitive et non dirigée (que ça vient d’eux tout seul!). J’ai l’impression que notre rôle est de proposer un environnement favorable et riche et d’accompagner par notre présence, bien plus que de diriger les enfants vers des activités, encadrer leurs apprentissages etc. En faites c’est double bénéf : on leur lâche la grappe et on se la lâche au passage ! Voilà comment on va pouvoir arrêter de s’endormir à 2h du mat parce qu’on scroll des comptes IG de mères qui font du graphisme sur essuie tout…

Je pense que pour encourager les enfants à jouer seuls, il est important qu’une majorité de leur temps soit disponible pour du jeu libre dès tout petit. Jeu libre ne veut pas forcément dire seul, mais cela veut dire que l’adulte n’impose rien, ne dirige pas, il observe, suit les éventuelles consignes de l’enfant (sans les juger ou les influencer), qu’il n’y a pas de règles du jeu autres que celles qu’il invente, que tout peut être détourné et que le jeu repose en priorité sur l’imaginaire. Se faisant celui-ci se développe et se renforce…

Je pense (mais ça n’engage que moi), que lorsqu’on se retrouve dans une situation où son enfant ne sait pas du tout jouer seul passé un certain âge, cela peut être du au fait que les jeux que l’on partage avec lui depuis toujours sont tous plus ou moins dirigés : jeux de société ou de carte, « loisirs créatifs » (ou plutôt activités manuelles car c’est souvent très dirigé et peu créatif), activités pédagogiques, puzzle, jeux avec un « but » (construire la tour dans le bon ordre des cubes, etc), sorties au parc où les « règles » sont respectée (le toboggan est fait pour descendre, le cheval pour basculer et la balance pour balancer). dem pour le dessin (suivre un modèle, ne pas dépasser…), la peinture en mode numéro d’art ou angoisse du trait de pinceau qui déborde de la feuille, la pâte à modeler qui doit rester sur le set de table… Je pense que même les jeux d’imitation (dînette, poupée, docteur, pompier and co) peuvent être dirigés si on est pas prêts à suivre l’enfant pleinement dans son monde.

Et je pense vraiment que cette attitude est fréquente chez beaucoup d’adultes et s’entend très bien : nous sommes nombreux à avoir du mal à entrer dans le monde imaginaire de nos enfants, à nous sentir entravés par nos pensées et nos to-do listes qui nous donnent l’impression de perdre notre temps (c’est mon cas!), à être tout simplement coupé de notre âme d’enfant qui rend agréable ce genre de jeux. C’est peut-être aussi en cela que les fratrie développent la capacité à jouer seuls : les frères et soeurs sont des compagnons de jeux libres au top, contrairement aux parents !

J’ai la chance que Papa Ours a plus de facilité que moi à entrer dans ces jeux là et qu’il a toujours partagé cela avec les filles à haute dose. Je crois que c’est un atout que pas mal de papas ont, peut-être en lien avec la très féminine charge mentale, sans vouloir généraliser. Je crois sincèrement que c’est un des facteurs qui contribue à leur imagination débordante aujourd’hui et à leur capacité à jouer seules. De mon côté, j’ai conscience depuis longtemps que ces jeux sont de formidables opportunités de liens avec mes filles, donc j’essaye de prendre le temps de lâcher ce que je fais quand elles m’invitent à jouer à leurs jeux libres. Ce qui m’aide à bien vivre ces moments là, quand je sens que mon esprit dérive en mode TO-DO, c’est d’être à fond dans l’observation, le détail de leurs visages, leurs expressions, leur mimique, d’essayer de les graver dans ma tête.

Bien-sûr j’ai régulièrement proposé des activités dirigées à mes filles, Montessori and co, toute raison gardée. Aujourd’hui je les garde plutôt sous le coude comme des propositions quand je sens qu’elles sont en demande ou quand j’ai l’impression qu’elles ont besoin d’être drivées. J’essaye de leur parler des activités que j’ai en tête et en général c’est elles (surtout la Carrousel d’ailleurs) qui reviennent plus tard en me demandant de faire ceci ou cela. J’aime aussi beaucoup les jeux de société car c’est rassurant pour moi d’avoir des règles à suivre, un début et une fin du jeu (contrairement au jeu libre…. vous pouvez utiliser un sablier ou timer en prévenant les enfants, si ce point vous entrave) mais la Fusée a un temps d’implication très faible sur ces jeux donc nous les avons pas mal délaissés et cela m’a forcée à sortir de ma zone de confort. J’essaye aussi évidemment de suivre leurs interêts ou lubies du moment sans trop devancer et surtout sans mettre d’enjeu personnel (genre je suis affreusement déçue ou vexée que t’aie pas aimé mon activité géniale!). L’art subtil de la parentalité….

Quoi qu’il en soit, si vous souhaitez faire évoluer votre mode de jeu avec vos enfants, il est nécessaire d’y aller progressivement en fonction d’où vous partez : pas de miracle, again !

Parenthèse : dans le lot des activités qui, à mon sens, peuvent inhiber la capacité à jouer seul, il y a les écrans, puisqu’ils offrent une activité passive, qui « scotche » et passe le cerveau en mode « ondes alpha » (sorte de veille hypnotique) : l’enfant peut vite être accro à sa drogue du cerveau et le parent à sa potion magique de tranquillité. La tablette avec des jeux est moins délétère car l’enfant reste actif. Mais il ne nourrit pas son imaginaire pour autant 😉

« Maman j’ai commencé un dur travail, je vais faire du sable fin avec tout le bac à sable, tu vois je mets d’abord dans ce pot, puis dans la brouette, après je tamise et en attendant je le stocke ici. Bon ça va me prendre plusieurs jours hein c’est du boulot ! »

Offrir un environnement propice

Je ne suis pas la pro du jeu libre, mais s’il y a un point en ma faveur, je pense que c’est celui-ci.

Je suis convaincue (et je l’observe chaque jour un peu plus!), que pour que les enfants jouent seuls, il est nécessaire qu’ils puissent pleinement investir l’espace de la maison et (presque) tout ce qui s’y trouve, avec l’accord soutenant des adultes. Mes filles font chaque jour montre d’une créativité de folie (et ce faisant, elles la développe encore) quand il s’agit de détourner des objets de leur fonction initiale et d’inventer des jeux à partir de ce qu’elles ont sous la main.

Détournement de déco de table à mes 30 ans. Mamie aurait aimé dire non (ça va en mettre partout!) car c’est chez elle…. ^^

Chez moi, aucun espace n’est interdit ou restreint, elles peuvent utiliser tout ce qui se trouve dans la maison (à part mon ordinateur et mon téléphone), elles peuvent déranger (même si on range!), salir (même si on nettoie!), essayer, détourner, expérimenter… Et si elles se lancent dans quelque chose et que j’ai un a priori négatif (ça ne va pas marcher, ça ne va pas aller, ça va salir…) je le réfrène de toutes mes forces pour conserver leur élan et leur confiance en leurs projets. De même maintenant j’ai appris à garder pour moi mes conseils pour « que ça aille mieux », « faire bien » ou autre tentative de leur « apprendre » quelque chose. Je suis là, je soutien avec mon regard, mes observations, je fournis du matériel qu’elles me demandent, et je les aide si elles me le demandent (ou si elles crisent de frustration parce que ça ne marche pas!). J’essaye vraiment de ravaler cette position « réaliste » aux allures négatives qui peut si facilement venir aux lèvres face aux projets idéalistes des enfants.

Par exemple l’autre jour la Carrousel voulait faire un petit castelet avec un carton, du masking tape et du ruban. Immédiatement j’ai eu les images Instagram en tête avec des idées pour faire un truc chiadé ; je lui ai parlé de mes idées pour que ça tienne bien, qu’il y ait des rideaux à ouvrir et fermer, etc. Non, elle elle le voyait à sa façon et elle ne me demandait qu’une chose : de l’aide pour découper le carton selon ses instructions. J’ai ravalé mon perfectionnisme, j’ai suivi ses consignes, je l’ai laissé gérer le reste et il était parfait à sa façon à elle 😉 Elle en était ravie. Quand il a fallu faire une pièce de théâtre dedans et que le truc n’arrêtait pas de se casser la gueule (puisqu’elle n’avait pas prévu de système pour le faire tenir), elle a dit que la prochaine fois il faudrait peut-être faire autrement.

L’environnement favorable, selon moi, c’est donc la combinaison d’un espace que l’enfant peut investir pleinement à sa façon et le regard confiant / soutenant du parent sur ses projets.

Veiller à remplir son réservoir

Celui ci est un classique valable en toutes circonstances et il aurait pu débuter cet article.

Si l’enfant est en demande/sollicitation, à priori il n’ira pas jouer seul sur un « rho mais j’ai pas le temps va jouer tout seul, c’est pas vrai quel pot de colle ! ». Il n’ira pas non plus sur un « fais comme ton frère, il s’occupe LUI ». Ni sur « tu ne sais vraiment pas jouer tout seul !« .

Un enfant qui joue tout seul spontanément est un enfant qui a rempli son réservoir affectif, qui a partagé du temps de qualité avec son/ses parents, qui se sent aimé, qui se sent avoir sa place dans le foyer. S’il pense que celle-ci est menacée pour une quelconque raison tout à fait valide à ses yeux, il ne prendra pas le risque de vous lâcher d’une semelle.

C’est un fondamental toujours utile à rappeler.

Ici les deux moments les plus propices sont :

  • Après une bonne nuit (en cododo), réveil naturel, câlins du matin et petit-déj : pendant que je débarrasse, les filles sont au taquet pour jouer sans moi.

  • Au retour d’une sortie l’après-midi ou d’un temps de qualité ensemble : par exemple cet aprem on a fait 1h30 de balade à vélo car j’ai enfin investi dans un vélo et un sieste enfant pour la Fusée, on l’a fait en mode aventure, je laissais la Carrousel choisir les chemins, décidé où s’arrêter pour goûter, on a regardé un parapentiste qu’on a été interrogé, puis on s’est allongées pour regarder les nuages, la Carrousel e a vu une flèche dans le ciel pour la guide sur sa route (bon ça nous a mené à une grille fermée mais c’est pas l’important ^^), la Fusée me câlinait, elle adore se faire promener, elle lâchait ses bras dans le vent… Au retour elles ont joué presque 2h en me sollicitant peu, à part pour me parler ou téter un coup). Les besoins en bouffe doivent cependant IMPERATIVEMENT être satisfaits !

Quant à la nature de leurs jeux, ils sont de toutes sortes : après une grosse période maman/bébé/grande soeur et les classique docteur/crèche/vétérinaire/maitresse en imitation, en ce moment c’est surtout des personnages d’aventurière (aidées par des poupées / barbies / peluches), mais aussi pas mal de jeux impliquant les playmobiles (dans des bassines, dans leur structure à l’extérieur, dans mon lit…), des dinettes de toutes sortes (tisane au pissenlit cet aprem), de jeux de marchandes à base des affaires que je trie, de l’aventure dans le jardin, etc…

Comme toujours, cet article n’engage que moi. N’hésitez pas à partager votre expérience en commentaire 🙂

10 réflexions au sujet de « Comment encourager son enfant à jouer seul »

  1. Alors, il va falloir que j’arrête tout de suite de leur proposer des activités/loisirs manuels à tout bout de champ –‘, et quand elles jouent et que tu les laisses entre elle, quand elle joue seule, tu es là, sans intervenir, ou tu vaques à tes occupations? Merci beaucoup pour tes inspirations et pour ton partage.

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  2. J’ai constaté avec le confinement que le réservoir n’était pas assez rempli… ma grande ne jouait quasiment plus du tout toute seule alors qu’elle peut passer 2h dans sa chambre à jouer avec ses personnages et son imagination… alors on a joué avec elle en la laissant gérer l’es histoire comme quand elle est seule mais en participant et la c’est reparti ! Mais je constate tout ce que tu écris ça me conforte (oui je regarde aussi les comptes de maman qui dessinent sur du sopalin et parfois je me dis que je devrais peut être m’y mettre… bah écoutes tant mieux 😅) merci pour cet article bien complet et toujours aussi vrai.

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  3. Je suis un peu déroutée par cet article…!
    Ma fille de 5 ans ne sait pas jouer seule, elle me le dit à longueur de journée, elle déteste être seule, à mon grand désespoir…
    Depuis toujours, impossible que je sois loin d’elle. Même tout bébé , à 2 mois, elle hurlait dès que je sortais de son champ de vision…Alors je me suis peut-être un peu trop modulée à ça, même si en grandissant les choses évoluent…
    Elle est fille unique, sa soeur c’est moi au final, elle m’embarque sans cesse dans ses jeux imaginaires , inventant des personnages, des situations qui se déroulent à l’infini.
    L’imagination aucun problème ça fonctionne très bien, les temps de jeux libres sont bien présents , je n’interrompt pas, je fais très peu de commentaires, les écrans sont très peu présents à la maison (1 ou 2 fois par semaine pendant 30 minutes, même pendant le confinement). Elle a largement investit les lieux, le salon, le jardin, sa chambre et même la mienne sont des champs de batailles qui évoluent au fil de la journée au grès des nouvelles aventures.Elle a besoin que je sois là, à portée de vue et de voix, que je participe, même pour des jeux playmobils ou des schtroumpfs.
    Du coup, même si j’étends du linge dans le garage, je prépare le repas dans la cuisine, je prends une douche, j’ai toujours ma petite fille qui me suit partout et me fait participer à ses jeux en toutes circonstances. Il est certain que je ne peux pas espérer ouvrir un livre ou me poser sur l’ordinateur en sa présence, même pas 10 minutes.
    Je vous raconte même pas quand on se balade dans la rue , qu’elle m’appelle Grand Schtroumpf et que je lui réponds « attends moi Tempête !  » haha la tête des gens me fait bien rire !

    Ce qu’elle me dit c’est que son étagère de l’amour se vide très rapidement et qu’elle a besoin de la remplir sans cesse ( c’est comme ça qu’elle imagine ce qui se passe en elle, pour le repas c’est pareil, elle a des étagères pour le plat , le dessert etc…)

    J’ai bien essayé de diverses manières plus ou moins subtiles selon l’humeur du jour de la faire jouer seule mais je n’ai jamais obtenu gain de cause. Elle finit par pleurer et répéter en boucle « je m’ennuie, je m’ennuie, je m’ennuie… » C’est assez triste je trouve car c’est quelquechose que j’affectionne particulièrement, me retrouver seule , mais force est de constater que ça ne fonctionne pas encore chez elle.
    Les seuls moments où je peux avoir du répit c’est quand j’invite une copine à la maison. Là, je ne les vois pas de l’après midi à part pour le goûter, elles jouent ensemble et ma fille me dit même « c’est bon maman tu peux y aller je n’ai pas besoin de toi là » (alors que je les laissais déjà jouer tranquillement)
    bref , si vous avez des pistes pour encourager les jeux seuls n’hésitez pas !

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  4. Je rejoins le commentaire de Kinorah. Mon fils 4 ans et qq mois ne joue pas seul. Alors oui, prise dans mon enthousiasme de jeune maman, j’étais constamment avec lui les premiers mois pendant ses phases d’éveils. Mais les siestes sont devenues de plus en plus courtes jusqu’à devenir inexistantes et j’ai vite compris que sur le long terme ce n’était plus tenable pour ma santé mentale et physique (faire le ménage et la cuisine la nuit n’était décidément pas la solution). J’ai revu complètement ma façon de faire. Alors oui pendant le confinement il y a eu qq activités guidées mais je les avais complètement laissées tomber avant. Je ne joue ou lis une histoire que s’il me sollicite. Je tourne les jeux qui sont devant ses yeux. Je mets tt à sa portée. Je joue à tous ses jeux parfois en ne faisant que répéter ce qu’il dit ou fait. Je lui consacre mon attention pleine et entière pour ses jeux pendant 2 h par jour et au delà j’estime que j’ai des choses d’adulte à faire mais reste dispo si besoin d’une aide ou attention ponctuelle. Voilà la theorie. En pratique c’est un échec depuis 2 ans qui vire parfois à la crise de nerf pour moi tant il est scotché et refuse de faire quoique ce soit en moi à ses côté faisant exactement la même chose (sinon ça compte pas). À croire que son réservoir est sans fond. En ce moment il pleure malgré une aprem à dessiner à 2 sur la même feuille, des sablés cuisinés à 2 et 3 histoires pendant le goûter pq j’ai l’outrecuidance de faire des choses pour moi. Je ne saos plus quoi faire.

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  5. Merci pour ce bel article qui donne à réfléchir. Mon aînée de 5 ans 1/2 ne joue pas seule mais en te lisant je me rends compte qu elle passe quand même beaucoup de temps seule. Elle regarde des livres, écoute de la musique, s allonge dans le jardin. Je dis beaucoup qu elle ne joue pas car j associais le jeu à des jouets (playmobils, poupee…) mais en fait elle rêvasse dans son monde et c est sa façon à elle de jouer. Je vais sûrement plus la laisser faire (car j imaginais à tort sûrement qu elle s ennuyait et lui proposait plein d activités). Chacun sa façon de jouer, d imaginer en fait.

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  6. Merci pour cet article ! Je n’ai qu’un enfant, donc pas de point de comparaison , et souvent on me dit que au de la chance qu’il joue autant tout seul. C’est vrai que je joue très peu avec lui, par contre on fait beaucoup de choses ensemble (du quotidien, il est avec moi qd je peins etc). Mais je confirme dès que j’ai envie d’avoir la paix c’est loupé. Ce qui marche vraiment bien c’est le laisser faire les mêmes choses que moi, même si ça impli lui prêter mes fournitures créatives perso (alors que je préfèrerais clairement éviter), ou mettre beaucoup plus de temps a réaliserla tâche. Cela dit une fois qu’il sait faire qqc je ne me prive pas pour le solliciter (en vrai ça m’arrange officiellement ça me fait sentir utol etc)Je suis d’accord avec ton observation, il peut utiliser à peu près tout ce qu’il veut (a condition de ranger ensuite) et le détourné à sa manière. Son père a du mal à le lui laisser autant de liberté à ce niveau là et il est beaucoup plus demandeur. De même, de par son travail le papa est absent 6 mois e l’année, et est donc assailli de demandes, ce qui n’est pas mon cas puisque je suis là au quotidien.

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  7. Ah je me suis retrouvée dans beaucoup de points. J’ai peu joué avec les enfants, j’étais plutôt à lire des histoires. La grande a rapidement joué seule, et là elles jouent seules assez souvent (seules ensemble ou seules chacune de leur côté). Le souci, c’est quand une veut jouer seule, et l’autre à 2…. 🙂
    Mais chaque fois qu’on prend un bon morceau de temps ensemble (activité, lecture, cuisine….), elles vont aller jouer seules un moment après.
    Le livre de Gaston « Je m’ennuie » est pas mal (sa solution : l’imagination/contemplation).
    Comme les chambres sont à l’étage, ainsi que l’essentiel de leurs jeux, mon astuce est de trouver un truc à faire là-haut (plier le linge / ranger les chaussettes / nettoyer la SDB…). Du coup elles me suivent, m’aident 5 min éventuellement, puis partent jouer. Parfois, l’astuce « tu veux bien ranger ce livre/ce jouet dans ta chambre ? » suffit aussi. (et parfois rien ne marche ^^).
    Après, ça ne vient pas du jour au lendemain. Ca va commencer par 5-10 min, puis 15, puis 30min…
    Et lire/regarder un livre seul, c’est aussi un moment que l’enfant prend seul.
    Parfois, se mettre doucement en retrait du jeu de l’enfant (le regarder jouer sans participer).
    Quand il m’arrive de lire sur le canapé du salon, qu’elles viennent me solliciter, je refuse ou je temporise (je termine mon chapitre puis je te lis l’histoire). Mais la lecture a toujours été un besoin sacré chez moi :p
    Enfin, quand ils auront 20ans, ils devraient s’occuper sans les parents, non ? ^^

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  8. Bonjour, 1er commentaire que je laisse et pourtant je te suis depuis un certain temps et j’adore,….d’une part ma fille unique est grande (16 ans), d’autre part son éducation n’a pas été la tienne (j’aurai été incapable de cododo – hors « besoin impératif » quand elle était petite, je pense qu’il est important de dire non à un enfant pour qu’il arrive à le (et se) gérer petit à petit, de prendre du temps pour soi et que l’enfant le sache aussi, bref….ceci n’est pas le but de mon commentaire) .
    Je me rappelle petite, ce qui marchait bien avec ma fille, c’était de jouer 5-10 mn avec elle (ex. petit poney, je devais prendre celui qu’elle me montrait et dire « son texte ») pour » lancer le jeu » et ensuite je m’absentais en lui disant que j’allais revenir bientôt mais que je devais faire quelque chose à coté (plier le linge), je revenais 10-15 mn après (souvent après son appel) pour rejouer avec elle et ainsi de suite. Assez vite elle a réussi à jouer toute seule – formidable pour les parents quand on en a qu’une 😉
    Je tiens à préciser par contre que même à 16 ans, elle me sollicite -elle vient me parler de ses jeux, livres,copains, souvenirs de l’année scolaire- toujours à des moments non propice….. (style je travaille -confinement oblige) donc je ne sais pas à 20 ans mais à 16…c’est pas encore ça ^^

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  9. C’est assez fou de lire un message aussi jugeant sur un blog qui se veut bienveillant. Donc d’après vous un enfant qui ne joue pas seul c’est la faute de ses parents qui l’ont trop dirigé et n’ont pas assez rempli son réservoir affectif ? Voilà ce que vous suggérez / affirmez et que je trouve particulièrement dérangeant ! Certains enfants ne jouent pas seuls parce que leurs envies les guident vers des jeux à plusieurs. Voilà tout.

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