Maternage & Parentalité positive

5 pistes bienveillantes pour réagir aux « bêtises » des bébés

Hello lecteurs,

Mon titre est volontairement provocateur, je l’admets. Ceux et celles qui me connaissent bien savent que je suis la première à dire qu’on ne peut (doit!) pas parler de « bêtises » chez les bébés, dans le sens où ils n’ont ni volonté de nuire, ni conscience des conséquences de leurs gestes. Et qu’ils sont loin d’être bêtes ! Ce qu’on a tendance à appeler des bêtises sont surtout des explorations et des tentatives pour comprendre le monde qui les entoure. Aussi, quand bébé Carrousel renverse tout le contenu son verre d’eau sur elle, c’est seulement qu’elle ne maîtrise pas ses gestes, qu’elle ne sait pas qu’elle va ressortir trempée de cette expérience (et que je vais perdre 10 minutes à la changer entièrement alors que je suis déjà en retard pour le boulot!). Quand elle sort tous les livres de la bibliothèque ou tous ses vêtements de sa penderie, elle explore et s’entraîner à vider un contenant (et moi je m’entraîne à être patiente…). Si elle tire sur la plante de sa mamie, elle veut comprendre, découvrir cette chose étrange et nouvelle à laquelle elle n’a pas accès à la maison (maman n’a pas la main verte…). Mais j’ai volontairement formulé mon titre en parlant de « bêtises » car je sais que pas mal de parents réfléchissent encore souvent en ces termes et j’espère ainsi apporter quelques pistes de réflexion bienveillantes à des mamans qui soumettraient ces mots clés à notre ami Google.

Aujourd’hui, j’aimerais condenser le fruit de certaines de mes lectures, en particulier de « J’ai tout essayé ! » d’Isabelle Filliozat (le 1er livre bienveillant que j’ai lu de ma vie, par hasard, et qui a complètement changé ma vision des choses!) avec 5 pistes concrètes de réactions bienveillantes à adopter face à ces explorations qui, il faut l’avouer, ne sont pas toujours à notre goût (parole de maman qui a passé son dimanche à ramasser les livres et les vêtements susmentionnés) !

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Bébé Carrousel aime aussi Isabelle 🙂

On peut comprendre l’élan qui pousse nos petits à tout toucher, tout découvrir, tout manipuler … et parfois tout abîmer. Pour autant, on n’est pas forcés d’accepter que nos biens soient détruits et on peut trouver des alternatives bienveillantes (et plus efficace!) à la réprimande, au « non, j’ai dit non !!!! »  à répétition, voire aux claques sur les mains qui peuvent encore être conseillées dans ces situations…

En gardant toujours en tête qu’il faudra plusieurs tentatives et beaucoup de patience avant que nos bébés grandissent suffisamment pour garder tout ça en tête ! Ces conseils sont effet orientés vers les parents de « bébés », c’est-à-dire à partir du moment où ils commencent à se déplacer seuls un peu partout (entre 8 mois et un an), jusqu’à environ 2 ans, mais certaines pistes restent valable longtemps !

 

1/ Préférer « STOP » à « NON! »

En préambule, pour ma part j’ai adapté mon environnement à Bébé Carrousel de sorte à limiter le plus possible les occasions de lui dire non. Par exemple, j’ai remisé mes vases Ming au coffre fort et j’ai mis mes Louboutins en lieu sur.

Ah non, pardon, je me suis trompée de vie.

Bref, vous pouvez ranger pendant quelques temps vos objets qui cassent et qui n’ont pas d’autre utilité que de décorer, mettre en hauteur ceux dont vous vous servez mais qui sont fragiles, ainsi que tout ce qui est dangereux comme les produits ménagers ou les objets coupants, brûlants, de petit taille, toxique… Il s’agit de sécuriser l’environnement, pour protéger à la fois votre enfant et vos biens, de sorte à ce que vous puissiez laisser votre bébé explorer la maison sereinement, sans être sans arrêt derrière son dos. L’enfant est animé d’une inépuisable curiosité, qui le pousse à vouloir tout comprendre, tout découvrir. C’est un élan de vie que, pour ma part, j’ai envie d’encourager chez Bébé Carrousel ; j’aimerais tellement pouvoir ressentir aujourd’hui cette soif de comprendre le monde quand je suis derrière mon PC et que je me farci les spécifications détaillées de la suite 9 d’HR Access ou qu’on me transmet une demande de maintenance applicative à prendre en compte dans mes matrices de transcodification. (Mais je m’en fou, c’est ballot.)

Bref ! C’est le même élan qui pousse Bébé Carrousel à la fois à s’entrainer mille fois pour maitriser un geste, à manipuler les objets qu’on lui confie sans relâche jusqu’à les avoir bien assimilés…et à attraper le couteau qui traine sur la table ou à mettre les doigts dans la prise électrique ! C’est donc cet élan, l’envie de découvrir et la confiance qu’on en est capable, que l’on « casse », lorsqu’on est systématiquement dans le « non », quand les enfants ne peuvent pas tenter grand chose sans être repris ou réprimandés.

Inutile pour autant de tout aseptiser ; pour reprendre l’exemple de la plante laissée à portée de bébé, le risque de dommage est moindre : terre renversée (ou mangée…), feuille abimée… rien de grave en somme ! Mieux vaut donc saisir l’opportunité de montrer à l’enfant comme prendre soin d’une plante, en lui prenant sa main pour lui faire caresser ses feuilles,  en lui faisant sentir les odeurs, en lui montrant comment l’arroser, etc.

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I. Filliozat, j’ai tout essayé !

Quand toutefois on est obligé de stopper le comportement de l’enfant, on peut prendre l’habitude de remplacer dès que possible le « non », souvent accompagné de froncements de sourcils, d’un ton sévère et d’un regard réprobateur, par un « stop » plus ouvert et plus doux. L’idée, c’est de refuser l’action de l’enfant par un « stop », de figer son geste, plutôt que d’exprimer de la désapprobation vis à vis de sa personne.

En prime, on évite de trop lui apprendre le pouvoir du mot « non », car si la période 12-18 mois est celle du « non » des parents, la période 18-24 mois est celle du « non » des enfants….

Piste n°1 en bref: remplacer le « non » par « stop » et limiter nos interventions aux cas qui sont vraiment nécessaires (notamment quand la sécurité de bébé est en jeu).

 

2/ Formuler des consignes adaptées au développement du cerveau de bébé

Concernant les consignes verbales, il faut garder en tête que, si à partir d’un an, l’enfant comprend beaucoup de choses, il identifie principalement les mots clés et les intentions/intonations. C’est donc beaucoup plus productif de formuler des consignes et des indications que des interdits et des négations. Les formulations en « Ne…pas… » sont trop complexes et contreproductives pour l’enfant en bas âge. Pour lui, c’est un peu comme si je vous disais « ne pense pas à manger ». Forcément vous pensez à manger ! Si je dis à un bébé « ne touche pas à ce livre », il entend « livre » et il entend même « touche le livre ». C’est donc un entrainement au quotidien de formuler des demandes plutôt que des interdits, de mettre l’accent sur ce qui est permis plutôt que sur ce qui est défendu: « tu restes de ce côté » plutôt que « ne traverse pas », « le chat aime être caressé » au lieu de « ne tire pas la queue du chat », etc.

C’est un mécanisme qui pourra être décliné tout au long de l’éducation de l’enfant : en grandissant, les enfants sont interpellés par nos réactions, parfois disproportionnées ou en tous cas qui sortent de l’ordinaire, face à leurs comportements. Par exemple quand l’enfant commence à dire un « gros mot » entendu à l’école, il n’a pas forcément conscience de sa signification, en revanche il va bien voir que cela vous fait réagir, que vous faites une drôle de tête… et avoir envie de recommencer pour voir si ça vous fait toujours de l’effet ! Idem pendant la période des « pipi de chat » et autre « caca de chèvre » qui mettent les parents à bout de nerf. Expliquer simplement et sans surenchère la signification des gros mots ou ignorer les comportements agaçants est bien plus efficace que de se fâcher !

Encore plus tard, c’est souvent plus productif de renforcer les comportements positifs que de pointer du doigt les échecs ou les comportements qui nous dérangent ; ça donne envie à l’enfant de s’améliorer ! « J’ai beaucoup aimé que tu sois doux avec ton frère cet après-midi », « Merci de m’avoir aidé à plier le linge, tu m’as fait gagner du temps », « Quelle belle ligne d’écriture bien droite ! » porteront plus leurs fruits que « Arrête de pousser ton frère ! », « Regarde-moi ce bazar, range ça ! » et « Regarde comme tu écris mal, un vrai cochon ». Une vraie piste de réflexion à développer dans notre système éducatif, si prompt à souligner en rouge tout ce qu’il ne va pas…

Piste n°2 en bref: dites ce qui est permis / autorisé / encouragé !

 

3/ Inscrire les consignes dans son corps

Mieux que les consignes verbales, les consignes « physiques » !

Vous aurez beau dire stop, cela va certainement interpeller bébé sur le coup et figer son geste mais il va certainement vouloir y retourner immédiatement. Cela vous laisse juste le temps de vous rapprocher de lui pour vous permettre d’intervenir physiquement, pour arrêter son geste si besoin, reprendre un objet dangereux, le rediriger vers une autre direction, bref le temps de passer à l’action et de traduire la consigne verbale dans son corps.

Toujours du fait de l’immaturité de son cerveau, les règles ne sont pour un petit enfant que des mots sans lien concret avec les actes. Il ne met pas en rapport des consignes, qui sont des généralisations donc des concepts (comme « il ne faut pas taper », qu’il est capable de répéter une fois le langage acquis) avec sa propre action de taper son copain à la crèche.

 

Par ailleurs, son intelligence étant principalement sensori-motrice jusqu’à l’âge de 2 ans, l’enfant a réellement besoin d’ancrer dans son corps la consigne verbale, comme pour se la redire avec son corps. Cela l’amène donc à refaire ce que vous venez d’interdire, juste après que vous l’ayez interdit, et en vous regardant droit dans les yeux. Il demande en quelque sorte « C’est bien ça que je ne dois pas faire? ». Donc quand votre bébé touche la porte du placard dans lequel sont rangés vos flutes en cristal, alors que vous venez juste d’intervenir pour l’en empêcher, il faut dire « Oui ma chérie, c’est cela que je t’ai interdit de faire. La porte du placard reste fermée. » et non pas « Mais tu te fous de moi ?!! » Nos petits sont tellement intelligents et comprennent tellement de choses, qu’on a trop vite tendance à oublier que pour autant leur cerveau est loin d’être mature et qu’ils ne sont pas de petits adultes en miniature ! Reconnaitre des mots, répéter une consignes… la comprendre, l’appliquer à ce qu’il est lui-même en train de faire… s’en souvenir quelques jours ou même quelques heures plus tard… la décliner dans des situations similaire… C’est tout un programme qui prendra plusieurs années !

Piste n°3 en bref : intervenir physiquement et avec douceur pour accompagner une consigne verbale, laisser l’enfant confirmer avec son corps qu’il a bien compris la consigne.

 

4/ Distraire et détourner l’attention !

Parfois, il n’y a rien à faire, ils ont une idée en tête et ils n’en démordent pas. Dans ces cas-là, attention à la crise…

Exemple : Bébé Carrousel se prend régulièrement d’amour pour ses pipettes de sérum physiologiques : il y a peu j’ai fait toute sa préparation / habillage / biberon / trajet pour la crèche en m’adaptant à ses deux petits poings serrés sur ses pipettes. Va comprendre…. N’empêche qu’une fois devant la salle de crèche, il fallait bien que je lui enlève ça, la puéricultrice n’aurait pas trop compris… J’ai essayé de lui ouvrir délicatement les poings, mais elle les serrait aussitôt en commençant à pleurer.

Dans ces cas là, une seule solution : « Oh, regarde Bébé Carrousel, Marcel te fait coucou, tu lui fais coucou ? ». Ouverture des mains, coucou à Marcel, geste prompt de maman pour attraper les pipettes et les cacher, et hop vite on enchaîne avec la suite avant qu’elle s’aperçoive qu’elle a perdu ses nouveaux potes.

Ça marche en montrant quelque chose de fascinant à regarder (« Ohhhhhh une pomme!! »), en faisant des bruits rigolos, des petites grimaces, en entonnant une chanson et en tapant des mains, en proposant un autre objet ou une autre activité… Il faut simplement être un peu créatifs parfois !

La distraction, ça marche vraiment bien avec les bébés, quand il faut absolument leur reprendre quelque chose des mains, quand ils veulent à tous prix toucher à quelque chose de fragile, bref quand ils veulent faire quelque chose que vous ne pouvez vraiment pas permettre.

5/ Ranger & Réparer

Nous l’avons dit, Bébé éprouve avant tout ses capacités physiques et motrices et veut découvrir le monde. Aussi, c’est pour lui un challenge tout aussi sympa de remettre les livres sur l’étagère que de les lancer, de ranger les Duplo dans la boite que de les sortir, etc.

Pour cette raison, la plupart du temps j’associe Bébé Carrousel au rangement de ses jouets et de toutes les choses qu’elle éparpille partout, même si ça me fait plus perdre de temps qu’autre chose. Car oui, quand elle remet ses pantalons dans le tiroir de sa commode, ils sont en vrac et ne sont plus triés par couleur, donc je repasse derrière. Quand elle remet les livres dans la bibliothèque, ils sont de travers et elle met 3 fois plus de temps que moi, car certains sont drôlement lourds pour ses petits bras.

Mais c’est un investissement pour l’avenir ! Bien-sûr, pour l’instant elle le fait pour s’amuser, pour m’imiter. Au passage j’essaye de développer son envie de coopérer ; je la remercie de son aide, je la félicite de ses efforts. Mais l’idée c’est de la familiariser avec la règle que je souhaite qu’elle respecte : tu peux déranger autant que tu veux, du moment que tu range quand tu as fini !

Cependant, qui dit rangement avec bébé, dit :

  • Il ne va pas ranger tout, tout seul et parfaitement ! Il faut bien-sûr le faire avec lui et faire le plus gros du boulot. Voilà seulement que Bébé Carrousel arrive à remettre les livres sur l’étagère, jusqu’ici elle se contentait de me les passer.
  • On perd toute bienveillance si le rangement devient un ordre, si on se fâche contre l’enfant qui ne range pas ou si le rangement est présenté comme une punition (« Regarde le bazar que tu as mis, tu ranges tout de suite sinon je supprime les jouets ! »). Généralement, je dis quelque chose comme « Waouu, tu as sorti tous les livres un par un de la bibliothèque ! Sacré boulot… On les remet dessus maintenant ? » et je joints le geste à la parole.

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Oui, je sais, l’exemple de la bibliothèque est récurrent. Mais Bébé Carrousel passe la moitié de son temps à faire ça en ce moment, je crois que c’est en train de me monter au cerveau. Chaque fois que j’arrive au salon, il y a des foutus livres partout, ça me donne envie de shooter dedans une bonne fois pour toutes, mais ce ne serait pas très bienveillant ! Positivons, cette enfant aime lire! J’ai bon espoir qu’elle tienne cela de moi, et non de Papa Ours qui bouquine une fois dans l’année à la plage, et encore il prend ce que je lui donne… C’est ainsi qu’il s’est retrouvé l’été 2014 à lire « ma grossesse en 300 questions-réponses ». Mouahahaha. 

Piste n°5 en bref : utilisez l’énergie de l’enfant pour lui donner goût au rangement, dans la mesure de ses capacités !

 

Sur ces bonnes paroles…. Bon courage !! Pas facile de lutter contre le réflexe d’être exaspérés ou de râler quand nos loulous font des expériences qui dérangent notre intérieur et notre calme ! Mais c’est leur charme 🙂

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