Accueillir bébé

Les 15 commandements de la femme enceinte

1/ La femme enceinte est heureuse, si son bébé est en bonne santé. Tout autre motif de plainte est non recevable : « oui c’est chiant mais c’est pour la bonne cause, et ton bébé va bien c’est le principal ! ». Tolérance pour les vomissements du 1er trimestre et les remontées acides du 3ème uniquement. Le bûcher pour les femmes enceintes qui vont parfaitement bien physiquement (enfin dans la mesure ou on peut aller bien physiquement avec tous les organes qui se font compresser a l’intérieur) mais qui osent dire qu’elles n’ont pas le moral.

2/ La femme enceinte prend 10 kg, peu importe si elle pèse 50kg ou 85kg au départ, si elle mesure 1m55 ou 1m90, la femme enceinte croît au rythme prescrit dans le bouquin: 1 kg pour l’ensemble premier trimestre, 1 kg par mois au deuxième trimestre, 2 kg par mois au deuxième trimestre. C’est le gynéco qui l’a dit, si t’es pas dans les clous, tu arrêtes de bouffer espèce d’inconsciente.

3/ La femme enceinte ne porte rien de lourd, malheureuse, tu veux faire une fausse couche ?! La femme enceinte a des aînés en bas âge qui hurlent de frustration, qui se roulent pas terre en plein passage piéton, qui pleurent à chaudes larmes pour etre portés? Et bien elle dit non, c’est tout. C’est pas compliqué.

4/ La femme enceinte fait pipi dans le pot, se faire piquouzer le bras mensuellement, boit sa bouteille de glucose au 6ème mois et elle ne râle pas merci, c’est pour SON BIEN qu’on fait tout ça hein, nous on s’en fout !

5/ La femme enceinte mange équilibré MAIS elle ne commande pas de salade au restaurant (toxoplasmose) ni de poisson (contamination aux métaux lourds) et encore moins des sushis (toxo + listéria), ne consomme aucune crudité ou fruit non épluchés, lavés et passés dans le vinaigre blanc par SES soins (toxo), n’achète pas de fromage de chez le crémier (listeria), ne boit pas de jus d’agrumes (remontées acides), ni de soda light (aspartame ! alerte !), ni de soda tout court (prend plutôt un smoothie frais à l’eau minérale, femme enceinte !) et même les putains de graines germées sont contre-indiquées (listeria again). Le kebab est déconseillé, ca fait mauvais genre pour une femme enceinte et c’est un coup à se tâcher le t-shirt. Prends donc un steak-semelle et une poêlée de courgettes bio, ça cale ! Et si tu ne sais pas si tu peux manger tel aliment, dans le doute abstiens toi, principe de précaution oblige ! Le risque d’hypoglycémie est tellement rare, en comparaison du risque de listériose.

6/ La femme enceinte à mal au ventre ? 2 spasons. La femme enceinte à mal au crâne ? Doliprane. La femme enceinte à une grippe ? Doliprane. La femme enceinte a une sciatique ? Doliprane. La femme enceinte a une gastro ? Patience. Et elle souffre en silence, merci. SURTOUT, pas d’huiles essentielles hein, les huiles essentielles TUENT. Par contre, la morphine et la bupivacaïne dans la péridurale, no soucy, ça ne passe pas dans le sang du bébé.

7/ La femme enceinte pleure ? C’est ses hormones, évidemment ! Pauvre petite. Enfin, pense a ton bébé, ce n’est pas bon pour lui tout ça !! Tu ne voudrais pas lui faire du mal, si ?

8/ La femme enceinte fait la juste dose de sport nécessaire pour s’entretenir, il ne faudrait pas non plus qu’elle accouche prématurément (cette idiote). Elle va à la piscine le dimanche (avec un maillot une pièce svp, c’est indécent tout ce ventre exposé, SURTOUT s’il y a des vergetures, beurk) et fait ses petits exercices tous les matins devant la télé avec Lucile Woodward pendant son congé maternité, en préservant bien-sûr sa symphyse pubienne (même si elle ne sait pas exactement où ça se trouve). Et par pitié, elle perd ses kilos et retrouve ses abdos sous 6 mois, sinon c’est de la pure FAINEANTISE. Merci Lucile.

9/ La femme enceinte ne boit pas, ne fume pas, ne se drogue pas et ça ne lui manque pas du tout, elle n’y pense même pas, elle est portée par l’amour et la félicité qui transcendent l’appel de la nicotine et de la marijuana.

10/ La femme enceinte doit PROFITER ! De dormir, de son teint de kiwi pêche, de se faire chouchouter, de sentir la vie grandir en elle. Celles qui n’aiment pas être enceinte et voir leur corps colonisé par un fœtus qui refait la tapisserie sont priées de se taire pour ne pas déranger la félicité des autres et ne pas effrayer les nullipares. Personne n’a envie d’entendre ça. En plus, certaines ne peuvent pas avoir d’enfant, alors elle devrait avoir honte !

11/ La femme enceinte a envie de faire l’amour ? Alléluia, elle a le droit au 2ème trimestre, c’est admis que les hormones boostent la libido ! Ah bon, pas toi ? Tiens, tu dois être bizarre ou c’est ton mec qui est naze au lit. En revanche, au 1er trimestre ce n’est pas prudent pour elle, au 3ème ce n’est pas prudent pour monsieur. Ou alors seulement en cuillère entre 16h et 18h. Avec délicatesse hein, la femme enceinte est une petite chose fragile qui n’a aucune pulsion sexuelle, voyons, elle va être MERE quand même.

12/ La femme enceinte compte allaiter. Sinon c’est une grosse égoïste, point.par contre la femme enceinte arrêté immédiatement d’allaiter son aîné, sinon c’est une grosse malade. 

13/ N’attendez pas qu’elle vous pose des questions, naturellement que la femme enceinte a envie d’entendre tous vos récits d’accouchements sanglants, vos histoires de placentas qui volent dans la pièce, les scénarios catastrophes qui vous ont mené d’un projet d’accouchement sans péridurale à une césarienne sous anesthésie générale, vos bébés en détresse respiratoire arrachés à la naissance, le gynéco qui est allé chercher le placenta manuellement avec le bras enfoncé jusqu’au coude dans votre utérus, le tout systématiquement ponctué par un « mais après on oublie tout ! » et « le bébé allait bien, c’est le principal ». Ça lui donne tellement confiance dans sa capacité à enfanter ! Et puis comme ça, elle saura que c’est parfaitement NORMAL si ça se passe mal, qu’elle le vit mal et qu’elle a le sentiment que tout lui échappe. Et surtout elle aura bien intégré que tant que ni elle ni son bébé ne sont morts, elle n’a pas le droit de se plaindre.

14/ Le corps de la femme enceinte n’est plus sa propriété ; les voisines ont le droit de lui toucher le ventre sans préavis, les médecins ont le droit d’y mettre les doigts sans préambule. N’importe quel quidam a le droit de la juger irresponsable sans procès si elle fume une clope, si elle mange un fruit pas épluché, si elle monte sur un scooter ou si elle boit de l’eau du robinet. Si elle ne grossit pas assez, c’est une mère indigne qui fait passer sa ligne avant la santé de son enfant. Si elle grossit trop, c’est une mère indigne qui fait passer sa gourmandise avant la santé de son enfant.

15/ La femme enceinte est débile. C’est pour ça qu’on a le droit de lui parler comme à une demeurée (« alors ma petite dame, vous allez faire un petit pipi dans le petit pot après vous être nettoyée avec la petite lingette que vous jetterez dans la petite poubelle »), de l’infantiliser (« alors comme ça on veut accoucher sans péridurale ? Ahah, on en reparlera ! »), de savoir mieux qu’elle ce qu’elle ressent (« ah bon ? Ca fait pas mal ça pourtant ! »), de lui raconter des grosses salades (« vous avez le col de travers, CA VE SE FINIR EN CESA ! ») et de lui imposer tous un tas de trucs sans son consentement (« vous avez mal ? Ah oui c’est parce que je vous ai fait un petit décollement des membranes mais bon c’est indolore normalement »).

Notez la construction de l’article ; entre les petites remarques agaçantes et situations qui font sourire, on aborde un sujet sérieux et qui me tient très à cœur : l’infantilisation et la dépossession de son corps de la femme enceinte. Parce que j’en ai ras –le-bol : ce n’est pas parce qu’un utérus accueil la vie que soudain il tombe dans le domaine public, que sa propriétaire devient une quiche incapable de penser par elle-même, de prendre soin d’elle et de son enfant à naître, qui aurait besoin qu’on dicte, commente et juge tous ses faits et gestes ! Et ce n’est pas parce qu’on porte une vie très précieuse que la notre, de vie, ne compte plus pour elle-même.

Ce n’est qu’un petit avant-goût du sujet que j’aimerais aborder ici en détails, quand je réussirai à prendre le temps et le recul pour formuler tout ce que j’ai à dire la dessus de façon cohérente et pas trop barbante 

A très vite !

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7 mois et demi, pour Bébé Carrousel
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32 réflexions au sujet de « Les 15 commandements de la femme enceinte »

  1. Merci infininfiniment de prendre le temps d’écrire ! Ça fait tellement de bien de lire ces mots qui reflètent exactement ce que j’ai ressenti pendant ma grossesse !

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  2. Ahah !! j’ai bien ri 🙂 beaucoup de vrai là-dedans !!
    Moi je crois avoir eu plutôt de la chance pendant ma grossesse: pas de test de glycémie ni de remarque sur ma prise de poids, personne n’a essayé de me toucher le ventre, pas trop d’infantilisation, sûrement en partie car j’ai eu la chance d’être suivie par une super sage-femme 🙂

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  3. Et les femmes qui s’infantilisent toutes seules à coup de « mon gygy » … Arrrgh, assassinez-moi!
    J’ai rien vécu de tout ça, sauf le 1er point (de la part d’une amie mal intentionnée/jalouse et d’une femme de la 50ène aigrie et en plein divorce), et j’espère qu’on va vers un mode de fonctionnement où ça va disparaitre pour toutes les femmes!
    Très jolie photo également, en passant!

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  4. ahahah ! ça m’a fait penser au sketch de Florence Foresti … » ah ben oui quand tu es enceinte tu as une peau de peche et des ongles superbes » !
    Je suis au Canada et je valide le suivi par de super sages femmes qui te laissent vivre ta vie à la cool (je n’ai jamais ete pesée par exemple). Cote listeria ici tout est 1000% pasteurisé au moins tu n’as aucune tentation 😉

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  5. Tellement vrai ! les neurones migrent quand on est enceinte, on devient de vraies demeurées qui ne peuvent plus parler que maternité ! perso, j’ai bu un verre de vin de temps en temps, j’ai fait un peu de marche rapide (et on me regardait comme si j’étais en train de tuer mon bébé à petit feu) et intellectuellement, j’étais visiblement bonne à jeter à la poubelles ! De ce côté là, les mentalités ne changent pas vraiment !

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      1. Je ne pense pas qu’il soit question ici de banaliser le SAF. Il est question de dire qu’une fois que le message d’information est passé, a savoir dire que le SAF n’est pas dépendant du volume d’alcool consommé, chaque femme est capable de faire son choix en son âme et consciences selon un cheminement qui lui est propre et que ça n’appelle pas davantage de commentaires.

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      2. Moi j’ai décidé de boire une gorgée (mais vraiment une petite hein, pas une gorgée de supporter de foot avec sa Heineken dans un verre en plastique) de temps en temps dans le verre de mon mec, et j’ai droit aux deux réflexions : « ah bon ??? moi c’était pas une goutte d’alcool pendant ma grossesse » et « oh, un verre comme ça, non, même pas ??? » Donc quoi que tu fasses … 😉 Sinon l’autre jour j’ai aussi entendu « ah, tu manges de l’agneau ? t’es sûre que t’y as droit ? » Si quelqu’un a une explication … :-O (précision : agneau cuit deux heures dans le couscous, pas côtelette rosée sur le grill)

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      3. Euh, d’après le site du CRAT, qui me semble quand même une référence, ce n’est pas « un verre de temps en temps » qui peut causer un SAF (enfin, tout dépend du temps en temps mais j’imagine que c’est rare).
        On ne sait pas exactement où commence le risque de malformation car les études sont impossibles à mener (ça poserait de gros gros souci d’éthique de dire à des femmes de boire enceinte pour voir quand le taux de malformation augmente), mais les SAF c’est pas une goutte par ci par là.
        Si pour ma part j’ai choisi de ne pas boire d’alcool enceinte, je n’irais pas jeter la pierre à une femme qui aurait bu un verre pendant sa grossesse… Après tout, il y a d’autres recommandations que je n’ai pas suivies.

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      4. Bonsoir Carmnt,

        Tu me montreras où, sur le site du Crat on dit qu’un verre de temps en temps c’est safe.
        https://lecrat.fr/articleSearch.php?id_groupe=21

        Déjà qu’une grande partie du grand public (femme enceinte ou non) ne connaît pas le SAF, ceux qui le connaissent pensent au faciès caractéristique mais beaucoup ignorent que même sans ce faciès, certains troubles ne peuvent être détectés que bien plus tard (apprentissage, comportement…).

        Chacun(e) fais comme il veut. Il y en a bien qui conduisent bien au delà de la limité autorisé avec ou sans alcool et arrivent à bon port alors hein, un verre de temps en temps…

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      5. Peut-être que je comprends mal ce qu’écrit le CRAT, mais dans « dépendance-alcool », je vois le SAF associé à une consommation d’alcool intermédiaire ou élevée et je lis :
         » Consommation « modérée à légère » :
        En dessous de 2 unités d’alcool par jour, ou moins de 1 binge drinking par semaine :
        La fréquence globale des malformations n’est pas augmentée.
        Les études sur des effectifs très importants (plus de 15 000 enfants), semblent, dans l’ensemble, écarter un retentissement neuro-comportemental de ce type de consommation maternelle d’alcool chez les enfants évalués à un âge de 2 à 14 ans.  »
        Pour moi, « un verre de temps en temps », ça rentre dans cette catégorie là. Alors ce n’est pas clairement « safe », mais apparemment rien ne prouve non plus que les risques de malformation soient augmentés. Donc ni vraiment prouvé safe, ni vraiment prouvé à risque ? Non ? Cela dit, si j’ai mal compris (et c’est tout à fait possible), je veux bien l’explication !

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    1. Et bien moi j’ai problème à l’inverse : j’ai personnellement décidé de ne boire aucune goutte d’alcool depuis que j’ai appris que j’étais enceinte (et pourtant je suis bien tentée : je rêve d’un demi-pêche rafraichissant) et j’ai le droit à ce genre de commentaire : »oh mais tu peux bien prendre un fond de verre, ça ne va pas te tuer ! ». Donc dans un cas comme dans l’autre, on croirait que la grossesse est un super prétexte pour juger la femme enceinte sans gêne.

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      1. Coucou ! (c’est de nouveau la relou-professionnelle-de-santé-et-maman-d’une-fleurette-de-12-mois)

        Je pense que c’est le meilleur moment pour répondre que oui boire un 1/2 pêche ça ne vas vous tuer, mais pour bébé, grosse surprise à la naissance et/ou bien plus tard au moment des apprentissages à l’école car le SAF, ce n’est pas que visuel. Une maman adoptante en parlait d’ailleurs une fois dans l’ancienne émission des maternelles.

        Même si on ne refera pas le monde, j’aime quand mes patientes me disent qu’elle ont réfléchi à ci ou à ca en entendant une petite phrase l’air de rien.

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      2. Et la bière sans alcool alors ? On en trouve de la bonne (oeut etre en cherchant un peu en France…). En tout cas ici en Autriche, elle est aussi bonne que l’alcoolisée et on sent pas la différence en panaché 🙂

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  6. Ahaha, oui, oui, oui, et plus encore!
    Si on reprend la 4) pour moi le refus de l’enfilade de glucose au 6 ième mois (bon, avec le refus de l’amnio pour laquelle la gyné avait déjà pris rdv avant de m’informer, pour virage CMV…) ça a été le début de la liberté! Et le refus de monter sur la balance chaque mois aussi, avec des sf très cool qui me disaient juste « tu as envie de te peser ici ou tu as une balance à la maison? »
    Par contre, j’adoooore être enceinte (mais genre, vraiment!), malgré tous les soucis physiques (je marchais dès le 3ième mois comme si l’accouchement était imminent, coucou symphyse pubienne qui craque de partout), et je me sens juste trop neuneu quand j’essaie d’expliquer aux gens à quel point je kiffe.

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  7. J’a-do-re ! C’est tellement bien décrit ! 🙂
    Et bien entendu, toute cette dépossession et cette infantilisation ne sont absolument pas en contradiction TOTALE avec le fait qu’on te jette hors de la maternité au bout de 3 jours avec un nourrisson dont tu n’as pas le mode d’emploi mais que tu es sensée savoir gérer instantanément !!
    Car là, la femme qui-n’est-plus-enceinte est bien gentille de rentrer chez elle sans poser de questions (idiotes hein…tssss…) elle va très bien savoir se débrouiller toute seule, pour le coup !! Prendre les bonnes décisions, assurer, aucun problème pour elle ! Lol

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    1. Haha ! Oui enfin on te le laisse pour gérer les menus plaisirs des coliques, réveils nocturnes et autre joyeusetés (« ça va passer… ») a condition quand même de le faire inspecter mensuellement par une autorité compétente qui sait mieux que toi comment ton gosse a faim, comment il a sommeil et comment il doit se développer 😉

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    2. ça dépend des maternités. A Moulins (Allier), je suis resté 5 jours, jusqu’à ce que les pb d’allaitement soit réglés. Ils m’ont dit qu’au delà d’une semaine j’aurais été renvoyée chez moi mais ils mettaient en place une visite de sage femme à domicile quotidienne

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  8. Ça fait du bien de lire de la part d’une autre femme ce que j’ai ressenti pendant 9, non 12 mois (parce que les suites de couches et tutti quanti ça reste du même accabi. ..). Ce n’est pas forcément facile d’en parler autour de soi, parce qu’on n’a pas envie de passer pour la râleuse pour les diverses raisons que tu as citées. Et parce que c’est quand même dur de trouver des personnes qui ont encore du sens critique face à tout ce mode d’emploi de la grossesse, autant intériorisé que les diverses preceptes de La-Femme-qu-il-faut-être-pour-etre-digne-de-porter-ce-nom. En ajoutant la mise en jeu de l’être que tu aimes déjà le plus au monde, pour être sûr que tu ne remettes rien en question. Pas sadique pour un sou cette affaire! Pour ma part cette infantilisation et dépossession de mon corps est ce qui me fait le plus appréhender une seconde grossesse (oui plus que les nausées, nuits blanches et déchirures, je ne veux faire peur à personne LOL).
    Je sors de la lecture du Choeur des femmes de Martin Winckler, qui évidemment m’a poussée dans mon envie de rébellion en me faisant voir que d »autres choses étaient possible de la part du corps médical. Et pourtant…
    Je prends un exmple précis:
    Pendant ma préparation à la naissance j’ai écouté des sages-femmes qui me ventaient les mérites de méthodes différentes pour accoucher, et les risques des pratiques actuelles en maternité (position de naissance qui entraînent plus de déchirures, péridurale qui ralentit le travail…). Mais heureusement, aidée par mon conjoint, et ma prof de yoga, j’ai surtout travaillé sur le lacher-prise. Et j’ai réussi à ne pas prendre les discours des autres comme un objectif à atteindre. Car c’est aussi à monavis une dépossession de notre gestion de nous-mêmes . Pourquoi ? Parce que l’amélioration des conditions médicales de suivi de la grossesse et de l’accouchement est un travail de longue haleine, qui doit se faire en premier lieu par les professionnels. Et une femme qui se trouve face à un des événements les plus fous et inquiétants de sa vie ne devrait pas avoir à se transformer en militante qui réclame mordicus d’accoucher à genou sur la table: Quelqu’un l’a convaincue que c’était le mieux pour elle (et son bébé! ), mais celui qui est à ses côtés au moment voulu en est un autre et tiens, pas de chance, il ne sait pas aider une femme à accoucher sur le côté! Alors soit on insiste et on perd du temps à ça, au lieu de se concentrer sur toutes les merveilles d’une mise au monde; soit on abdique et on rumine en silence, gâchant la encore l’instant, voir en souffrant longtemps après. J’ai vu trop d’amies déprimer parce qu’elles avaient imaginé un moment dans ses moindres détails, encouragées par certains professionnels qui « oubliaient » de prendre en compte la réalité de la plupart des lieux de naissance.
    Ou la la je me suis un peu égarée! C’est que tout ça tourne dans ma tetête depuis un moment et pas d’chance pour vous qui lisez ici, ton poste m’a ouvert un champ d’expression 🙂 Un peu flou il faut l’admettre.

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  9. C’est étonnant pour moi de lire cet article maintenant que ma fille a huit mois car cette liste correspond très bien à mes appréhensions d’avant la grossesse… mais assez peu à ce que j’ai vécu finalement. Je pense que j’ai eu la chance de ne pas croiser trop de gens casse-pieds … et que les casse-pieds ont vite compris qu’il ne fallait pas trop me chercher 😉
    Merci en tout cas d’aborder ce sujet important.

    Aimé par 1 personne

  10. 2e article et je me régale ! Je me suis reconnue dans chaque commandements. Sur chacun. Moi, tout le monde contrôle mon poids, mon équilibre alimentaire, surveillent mes « interdits alimentaire », comptent mes vergetures, jugent mes émotions, critiquent mon organisation, jugent mes objectifs allaitements trop longs, mes choix « d’indispensables objets, meubles et jouets », l’éducation que je projette…
    Et pour finir, si je tiens tête, j’ai le droit à : « Ah mais Judith, elle sais mieux que les autres, elles a déjà été maman (ou : elle est médecin), non ?! », ou « Tu verras quand tu y seras, tu changeras d’avis ma pauvre! », ou « non, mais sérieux tu vas pas faire ça, tu vas t’embêter et puis ça va pas être pratique, et au final qu’est ce que ça change couche ecolo ou classique, même si vous, parents, vous avez la peau ultra-sensible ça ne serra pas forcément son cas ? »
    On se demande pourquoi on pleur en effet, entre tous les maux, la fatigue, les critiques de chacuns, les naissances catastrophe de chacunes, l’inconnu qui se profile, l’angoisse de la « délivrance », et pour conclure la culpabilité de ressentir tout ça !

    Mon seul regret, c’est de ne pas avoir trouvé ton site plus tôt.

    Aimé par 1 personne

  11. C’est tellement ça ! Je me suis toujours dit qu’un jour j’aurai des enfants mais j’appréhendais énormément la grossesse et les suites de l’accouchement (l’accouchement en lui même également mais en moindre mesure) tout simplement parce que l’idée d’avoir quelque chose dans le ventre, de voir mon corps se transformer de voir les kilos s’amonceler me rebutait au plus haut point…et me rebute toujours (enceinte de 7 mois) et je l’ai toujours crié haut et fort : oui je déteste être enceinte, je déteste mon gros ventre, mon bassin qui me fait souffrir et ce sentiment d’être encombrante et encombré, je n’ai jamais trouvé de point positif à ma grossesse hors mis le fait qu’après toute cette epreuve j’aurai mon bébé et je peux vous dire que je compte les semaines jusqu’au jour J ! Bref mes proches savent à quoi s’en tenir car je n’ai absolument pas honte de ce que je ressens, je ne m’en cache pas et je sais que l’on peut détester être enceinte tout en étant sûre que notre bébé sera aimé car je dissocie totalement ces deux phases :).
    Pour finir, je me suis malheureusement remise à fumer car trop angoissée par tout ce chamboulement et plus d’ongles à ronger (et grosses crises de nerfs), en revanche je n’ai pas bu une goutte d’alcool de toute ma grossesse et bien ma belle mère m’a quand même sorti qu’elle préférerait me voir boire un verre de vin plutôt que de fumer une cigarette …. c’est sûr que socialement ça doit mieux passer mais moi ça m’a choqué 😳 bref mon bébé va très bien je vous rassure :).

    Merci pour ce super article !

    Aimé par 1 personne

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