Accueillir bébé

C’est quoi, une doula  ? 

Un beau matin, pendant ma grossesse, j’ai tapé « accoucher sans péridurale » sur Google. Non, mon cerveau n’avait pas été frappé par une attaque massive de béta HCG en furie, ni court-circuité suite à une overdose d’acide folique ; VRAIMENT, je me posais la question d’avoir recours ou non à la péridurale, VRAIMENT j’aurais voulu accueillir bébé Carrousel naturellement, VRAIMENT j’étais sincère en disant « je verrai sur le moment, si j’arrive à faire sans, je ne la demanderai pas », VRAIMENT je croyais qu’on pouvait accoucher sans péridurale sans préparation particulière, juste en disant « non non les gars, je suis bien, on va continuer comme ça ». (Je parle des situations où on a le choix hein, bien-sûr, parce que si vous arrivez à la maternité avec la tête du bébé à moitié dehors ou que vous accouchez chez vous, la question ne se pose plus).

Par les méandres des algorithmes de notre moteur de recherche favori, je tombe BIEN-SUR sur le forum Doctissimo, le fidèle compagnon de la maman psychoteuse, de la conception aux 18 ans de l’enfant. Alors que je parcours en diagonale les sujets, certaines mamans parlent d’une doula pour assister à leur accouchement naturel (=sans péri, entre autres) et les aider dans cette épreuve. A cette époque, ce mot de doula, qui m’est totalement inconnu, m’évoque une mama africaine en train de faire la danse du fœtus devant une case où accouche une femme à même la terre battue. Mille excuse pour le stéréotype, mais c’est la version étroite d’esprit de moi-même qui contrôlait mon cerveau à cette époque. Bref, une pratique marginale, dépassée et surtout très chelou, me dis-je à ce moment là, sans chercher à en savoir davantage. Quelques mois plus tard, j’accouche à l’hôpital et réclame ma péri à corps et à cris, comme tout le monde.

Environ un an plus tard, je me trouve chez des copines rencontrées à la Leche League (alias la brigade du MILK ou les Avengers du boobs, d’après les pères indignes  ) avec Bébé Carrousel âgée de quelques mois. En terme de maternage (et de marginalisation ! 😉 ), les filles sont plus avancées que mon moi de l’époque ; elles allaitent leurs enfants qui me paraissent grands (entre 18 mois et deux ans, ce qui aujourd’hui me semble parfaitement naturel tout simplement), dorment avec leurs enfants comme si c’était évident  (alors que moi, je me cache encore pour le faire), lavent leurs couches ou ne leur en mettent pas, mangent exclusivement bio et… accouchent sans péridurale. L’une d’entre elles annonce qu’elle va commencer une formation de doula. Tilt ! Tiens, elle ne porte pourtant pas un boubou et semble bien entrée dans le 21ème siècle ? Une formation, comme pour un vrai métier ? Serait-ce donc finalement une pratique d’actualité ?

Et c’est ainsi que, de fil en aiguille, j’ai découvert le magnifique métier de doula . Et comme je suis une fille sympa, je partage, parce que ce serait dommage qu’on soit toutes aussi bêtes que moi, à imaginer la doula comme une illuminée qui chante des incantations à côté d’une parturiente en transe.

C’est quoi, une doula ?

L’association des doulas de France la définit ainsi :une doula est une femme qui a pour vocation d’aider une autre femme et son entourage pendant la grossesse, l’accouchement et la période postnatale, grâce à son expérience et à sa formation. Elle incarne la figure féminine qui se tenait autrefois auprès de la femme qui met au monde son bébé, aux côtés de la sage-femme.

(Au passage, je vous informe que le terme de doula ne vient pas du maraboutisme, mais du grec ancien et voulait dire « esclave », « servante » ce qui, j’en conviens, n’est pas très engageant vu comme ça.)

C’est donc un accompagnement à la périnatalité, totalement complémentaire de celui du médecin ou de la sage-femme : la doula ne pratique aucun examen, ne prescrit aucun médicament, ne pratique aucun acte médical, ne peut pas assister un accouchement sans la présence d’une sage-femme ou d’un médecin. Mais pour tout le reste, tout ce que, précisément,  les femmes et les parents recherchent souvent auprès du corps médical sans le trouver, la doula est là.  

Un doula a suivi une formation de 144 heures sur les aspects théoriques, physiques et pratiques de la grossesse, l’accouchement et du postnatal, mais elle a également été formée à la relation d’aide et aux façons d’accompagner avec bienveillance les couples. 

Car au-delà des connaissances théoriques, être doula c’est avant tout un savoir-être particulier : savoir accompagner, écouter avec empathie, sans juger et sans forcément conseiller. La doula, c’est cette personne soutenante et bienveillante dont nous, futures et jeunes mamans, et aussi jeunes papas, avons tous besoin à un moment ou à un autre de l’aventure et que nous recherchons, souvent en vain, après de notre entourage (ou du pédiatre). Mais la vraie relation d’aide, ça ne s’improvise pas, et l’entourage est souvent trop impliqué ou trop centré sur lui-même pour apporter aux parents ce dont ils ont réellement besoin.

 

Concrètement, quand faire appel à une doula ?

On peut faire appel à une doula depuis la conception d’un bébé (lors d’un parcours de PMA par exemple) jusqu’à la période postnatale, qui s’étend jusqu’aux 3 ans de l’enfant.

 

          Pour un accompagnement « global »

 

Je pense que la grossesse et les mois qui suivent la naissance d’un enfant constituent la période la plus bouleversante de la vie d’un couple. Pour les femmes, les jeunes mamans, c’est un véritable tsunami d’émotions, de questions, de doutes et de remise en question. Tout change : le quotidien, les priorités, la façon de penser. Tout le monde à son avis, ses façons de faire, ses conseils. Tout le monde s’anime à l’annonce d’une grossesse, tout le monde parle un peu en même temps autour de ce futur bébé, mais qui écoute réellement la femme enceinte et son conjoint ?

 

La grossesse est jalonnée de RDV médicaux, mais, même une super sage-femme (comme la mienne !) qui prend le temps de répondre à nos inquiétudes sur le déroulé de la grossesse n’a pas le temps (et ce n’est pas forcément son rôle) de discuter avec nous de toutes les questions non médicales qu’on se pose, de nous accompagner dans les choix qu’on fait pour notre bébé à naitre, etc. Les cours de préparation à la naissance sont souvent collectifs et il s’agit souvent d’une transmission de la sage-femme vers la femme, on ne part pas du ressenti et des besoins de cette dernière. Et je ne parle pas de certains médecins/gynécologues qui dispensent des consultations de suivi expéditives où le psychologique n’a aucune place. La doula peut être une accompagnante de la femme et du couple, sur tous les aspects non médicaux, de façon individuelle et personnalisée, avant et après la naissance.

 

Il est rare, en France, qu’une seule et unique personne assure le suivi médical de la grossesse. Il est généralement réparti entre un gynécologue ou une sage-femme en libéral, puis les sages-femmes et l’obstétricien de la maternité, puis la ou les équipes du jour de l’accouchement, puis une autre sage-femme pour les suites de couches, l’équipe de la PMI, le pédiatre ou médecin qui va suivre l’enfant… La doula s’inscrit dans une vraie relation de confiance, elle constitue la continuité dans ce parcours. Bien-sûr, le papa est (généralement) là, mais lui aussi doit trouver ses marques et n’a pas forcément l’expérience, le recul et la formation nécessaire pour apporter à la maman le soutien dont elle aurait besoin. D’ailleurs, s’il le souhaite, la doula peut également l’accompagner et l’aider à trouver sa place auprès de la maman pendant la grossesse et l’accouchement et auprès du bébé après la naissance.

 

          Pour accoucher sans péridurale

 

Lorsqu’une femme accouche à hôpital (95% des cas) et qu’elle souhaite le faire sans péridurale, les sages-femmes n’ont matériellement pas le temps de l’accompagner tout au long du travail sur les aspects non-médicaux et sur la gestion de la douleur. Au mieux, l’équipe médicale propose ponctuellement des petites techniques pour faire avancer le travail (ballon, bain…) ou rappellent comment bien respirer. Au pire, l’équipe médical est absente et, ne sachant pas gérer la douleur, insiste régulièrement pour poser une péridurale à la future maman, pour qui cela devient quasiment impossible de résister, à moins d’être très bien préparée. Livrées à elles-mêmes, et avec le seul soutien du papa qui est souvent très désemparé de voir sa femme souffrir, les femmes renoncent souvent à leur projet de naissance « naturelle » ou ne trouvent pas la force ni la légitimité de se faire entendre sur les autres points de leur projet de naissance qui leur tenait pourtant à cœur.

 

La doula est là pour pallier à ce manque de temps des équipes médicales, pour les femmes qui souhaitent une naissance « respectée », la plus naturelle possible, mais qui ne veulent ou ne peuvent pas accoucher à la maison ou en maison de naissance (structures rares, qui plus est). Elle ne travaille pas contre les équipes médicales, mais en complément et peut faire le lien entre les équipes et les parents. Elle accompagne la future maman et le futur papa qui le souhaitent, pendant toute la durée du travail, avec retenue et bienveillance. Elle représente, une fois encore, la continuité et une figure de confiance rassurante, pour une naissance respectée, presque comme à la maison, avec la sécurisation apportée par l’hôpital.

 

 

          Pour un coup de pouce plus ponctuel

 

Les doulas peuvent aussi proposer un accompagnement plus ponctuel, sur des thèmes précis, sur une période plus courte, pour des besoins spécifiques…

 

C’est un chouette cadeau de naissance à offrir, comme je vous le disais ici. .

 

 

Quand je vous lis, je pense que vous seriez nombreuses à apprécier l’accompagnement d’une doula pendant votre grossesse et à la naissance de vos enfants, alors j’espère que ce petit partage autour de ce magnifique (et trop peu connu) métier vous inspirera pour une prochaine grossesse, qui sait ?

 

Avant d’accueillir son premier enfant, on pense parfois qu’il suffit de lire des articles sur internet pour choisir le matériel et que le reste viendra tout seul, naturellement. C’est en partie vrai, mais apprendre à se fier à son instinct, se faire confiance, ce n’est pas si évident et là aussi la doula à un grand rôle à jouer. A mes yeux, se faire accompagner par une doula, c’est faire un joli cadeau à son enfant : celui de parents plus serein, plus confiants, plus assurés dans leur rôle.

 

 

 

PS : J’en profite pour partager avec vous le site internet d’Anne et Geraldine de Naissanciel, qui m’ont contactée via mon blog pour me parler de leur activité ; Anne exerce en tant que Doula et Geraldine éducatrice et elles proposent un accompagnement global des parents sur Paris et sa proche banlieue.

 

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31 réflexions au sujet de « C’est quoi, une doula  ?  »

  1. Merci beaucoup pour cette « explication » doula :-). C’est vraiment comme cela que je vois ce nouveau métier, sans jamais avoir pu trouver les mots aussi justes que vous. Chouette et je transmettrai aux parents (ou futurs parents) que je rencontre.

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  2. Merci pour cette explication que je m’empresse de faire suivre… Pour cette première grossesse un tantinet plus compliquée qu’envisagée, je suis accompagnée par une Doula en or, qui va au delà de mon col de l’utérus et se préoccupe plus de moi en tant qu’être humain… Je suis en confiance pour l’appeler, lui demander conseil sur les petites décisions, et surtout je me dis que je suis entre de meilleures main pour l’accouchement et l’allaitement (en plus de la brigade du MILK bien évidement…) !

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    1. Vous pouvez regarder le site de l’institut des doula de France (qui forme les doulas), il y a un onglet annuaire pour vous permettre de trouver les doula j’ai exercent région par région… Sinon en recherche sur google, la plupart ont un site, vous pouvez taper doula ou accompagnement perinantal + votre région 🙂
      Bonne recherche et merci pour votre gentil commentaire !

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  3. Alors là j’apprend quelque chose ! Je ne savais pas ce qu’était une doula. J’ai accouché il y a deux mois de mon deuxième bébé sans péridurale et effectivement j’aurai beaucoup aimé être accompagnée par une doula, c’est ce qui m’a manqué je pense. Si jamais il y a bébé 3 un jour j’y penserai, merci d’avoir partagé votre expérience !

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  4. Petite question: comment font les gens qui ne mettent pas de couches à leurs bébés?J’y réfléchis mais franchement je ne vois pas. Le petit se fait dans le pantalon? On met un tout bébé sur un wc dès qu’il y a un bruit de ventre? J’ai dû louper un épisode et je me sens un peu ridicule de demander, haha.

    Ça ne me serait jamais venu à l’idée d’accoucher sans péridurale (bon à 20 semaines j’ai su que j’avais un praevia et que j’allais avoir une césarienne programmée, je n’avais donc même pas envisagé un accouchement par voie basse — finalement ça a été une césarienne en urgence un mois trop tôt et je remercie grandement la médecine moderne sans qui je ne serais plus en vie). Pourtant, on est aux couches lavables depuis la naissance, je mangeais majoritairement bio avant d’être enceinte donc ça n’a pas cessé et ça sera pareil pour mon fils, je ne mets pas de vernis, je ne vais pas faire le plein d’essence de ma voiture car j’allaite et les vapeurs passent dans le lait, etc. Alors je ne sais pas si ça va de pair. J’apprécie la médecine et je valide les options qu’elle nous donne. Je pense que je ne comprends pas les motivations derrière le désir d’un accouchement non-médicamenté.
    On va me dire « oui mais les femmes accouchent sans péridurale et chez elles depuis toujours ». Oui mais les femmes perdent des bébés depuis toujours, oui mais les femmes sont épuisées depuis toujours (le départ dans la vie avec son bébé est alors différent), oui mais les femmes meurent en couche depuis toujours. Chacun fait évidemment ce qu’il veut à la fin et prend la responsabilité des risques. Reste que je n’encouragerai jamais quelqu’un à accoucher à domicile.
    J’aimerais bien, en revanche, qu’on arrête ce masochisme qui fait croire aux femmes qu’elles n’ont pas vraiment accouché si elles n’en ont pas bavé. Et aussi qu’on arrête de dire qu’on a accouché « naturellement ». Une femme qui pousse avec péri accouche artificiellement? On sous-entend là qu’elle ne donne pas vraiment naissance à son bébé, on la culpabilise. Pourquoi l’aide psychologique (cf. doula) est mieux vue que l’aide médicamenteuse?

    La doula, c’est vachement répandu ici. Celles qui regardaient Gilmore Girls dans les années 2000 ont probablement connu le truc par le biais de la série. Je n’en ai jamais vu une à l’oeuvre en vrai — la série n’en fait pas un portait reluisant et donc c’est un peu comme ça que je me l’imagine, j’avoue. Une nana qui me dit quoi faire, un genre de coach de la grossesse et de l’accouchement. Je suis sûre qu’en vrai, ce n’est pas du tout ça et que plein de femmes en bénéficient pleinement.
    Quand on me l’a proposé, j’ai refusé: avec une grossesse à risque, j’avais une équipe médicale au top, à l’écoute, je pouvais rester des heures à parler avec mon obstétricienne de mes peurs hors peurs physiologiques. Je ne ressentais pas le besoin d’avoir quelqu’un d’autre. J’ai eu un séjour à la maternité très idéal malgré le déroulement de la naissance, et une césarienne en urgence avec beaucoup de complicité de la part de l’équipe médicale de nuit — mais là encore, j’ai la chance d’avoir accouché dans un hôpital au label ami des bébés (et visiblement ami des papas et des mamans, aussi!).

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    1. La doula est là pour les parents qui en ressentent le besoin et pas pour ceux qui ont tout ce dont ils ont besoin 🙂 🙂

      C’est une femme comme les autres 😉
      Elle a juste décidé de faire du partage son métier 🙂

      Une précision : je suis celle qui a fait connaître ce beau métier à Mme Happynais :p et si dans notre petit groupe je suis la Doula j’ai mis des couches (lavables ou jetables) à mes enfants, j’ai allaité plus ou moins longtemps, je n’ai dormi qu’avec une de mes 2 filles et j’ai eu 2 césariennes avec péridurale posée bien avant 😉

      Et enfin les doulas n’accompagnent pas que des projets d’accouchement physiologique 😉 et aussi et SURTOUT les parents ont tous les droits et celui de changer d’avis en fait partie!!!!

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      1. Donc en fait si j’ai bien compris, c’est un peu comme une meilleure amie de la femme enceinte et/ou sur le point d’accoucher? Mais est-ce qu’il y a une formation reconnue, comme la formation des consultantes en lactation par exemple?

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      2. Oui comme précise dans l’article il y a une formation de 144 heures pour devenir doula. Et effectivement il ne s’agit pas d’un coaching de grossesse ou d’accouchement mais bien d’un accompagnement bienveillant de la maman et des parents quels que soient leurs souhaits, leur choix, leur vision de l’accouchement etc..

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    2. Juste pour répondre à ton interrogation légitime: « Petite question: comment font les gens qui ne mettent pas de couches à leurs bébés?J’y réfléchis mais franchement je ne vois pas. Le petit se fait dans le pantalon? On met un tout bébé sur un wc dès qu’il y a un bruit de ventre? »

      Si tu veux en connaître plus sur le sujet, ça s’appelle l’hygiène naturelle infantile (HNI), ou Elimination Communication (EC) en anglais, il y a même des livres sur le sujet (par exemple, Carine Phung, « Conseils et astuces pour élever son enfant sans couches ou presque ! : L’hygiène naturelle infantile »). Comme beaucoup d’autres choses liées aux enfants ou à leur éducation, on est tellement habitués avec la manière dont on a été élevés qu’on ne peux pas imaginer qu’il y a une alternative, ou du moins quelque chose qui peut être complementaire, mais en fait ça se fait déjà dans d’autres pays d’une certaine manière. Moi aussi je n’aurais jamais pu penser qu’on pouvait éviter de changer des couches souillées, un bébé, ça ne va pas aux toilettes! Mais oui, quoi qu’on puisse en penser à priori, on peut, dès la naissance, communiquer avec bébé à propos de ses besoins d’élimination et lui offrir de faire ses besoins ailleurs que dans sa couche (le plus tôt est le mieux, sinon le bébé arrête d’être à l’écoute de ses propres besoins et prend l’habitude de se faire dessus). Avec un mélange d’écoute des signaux du bébé et d’offre au bon moment etc., ça se fait très bien, en équipe parent-bébé.

      Bon, comme dans tout, chacun prend ce qui lui convient et le sans couche n’est pas nécessairement le choix de tous ceux qui pratiquent l’HNI. Chez nous, ça a toujours été du « temps partiel » – on met des couches, mais on essaie d’être attentifs, dans la mesure du possible. On a toujours axé davantage sur les cacas, ils sont si faciles à voir venir, mais on n’était pas prêts à consacrer trop d’énergie pour attraper tous les pipis (ils en font si souvent au debut!) et se passer de couche complètement.

      Pourquoi se donner ce trouble, demanderont certains? D’abord, lorsqu’on offre à bébé, en le tenant sous les jambes, on le met dans une position plus physiologique pour éliminer (quelqu’un a déjà essayé de faire caca sur le dos? J’ai essayé après une anesthésie générale, sans succès!). Au lieu de passer de longs moments à se tortiller et être inconfortable, on lui offre, et voilà, c’est souvent vite fait. On lui évite bien des maux de ventre. La nuit aussi, j’ai remarqué que mes bébés (sauf un qui dormait bien dur et a d’ailleurs fait de l’énurésie nocturne jusqu’à 6 ans) gigottaient et avaient un sommeil agité jusqu’à ce que je me décide à leur offrir de faire pipi, après quoi ils se rendormaient profondément.

      Bref, tout ça s’ancre dans le concept d’être à l’écoute de son bébé comme pour tout autre besoin, et ça ne demande vraiment pas beaucoup plus de temps et d’énergie que de changer des couches une fois qu’elles sont pleines, à moins d’en faire une priorité / affaire à temps plein j’imagine, ou une maladie (je stressais un peu avec ma première d’avoir des ratés, mais on s’en moque après tout, j’imagine que ça doit être lié au syndrome du premier bébé, se stresser pour tout et pour rien hehe!). À noter que ça ne va pas garantir que l’enfant sera « propre » plus tôt, il peut y avoir des retours en arrière, mais ça aide, et c’est du moins agréable le temps que ça dure! Et c’est une autre complicité possible avec bébé.

      Désolée pour la longue explication, j’espère avoir clarifié le mystère un peu, ou donner le goût à certains d’aller approfondir le sujet sur Google!

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      1. Merci! J’ai commencé aussi très tôt le petit pot, pour les cacas. Je l’avais fait sans réfléchir, sur le conseil de ma grand-mère qui avait toujours fait ainsi. Mais ça a provoqué beaucoup d’étonnement, voire de désapprobation, autour de moi, y compris d’un organisme officiel. Il vaut parfois mieux fermer ses écoutilles! J’ai accouché sans péri, dans l’eau, préparée par une sage-femme. On a un peu perdu cette transmission de femme à femme; c’est dommage car le corps médical ne peut remplacer ça! D’où un accompagnement (doula, sage-femme…) qui est le bienvenu!

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      2. Aurore: en fait la Doula sert de « révélateur » aux parents, en leur apportant les informations dont ils ont besoin, en apportant les infos sur la grossesse, l’accouchement, l’allaitement et les nouveaux nés elle permet aux parents de faire leurs choix en conscience 🙂 Elle ne va pas diriger les parents, elle va vraiment leur permettre d’être acteurs du changement énorme qu’est devenir parents 🙂

        Et non la profession de Doula n’est pas reconnue mais elle fait partie des Services à la personne. Le cadre de la formation de l’Institut de formation Doulas de France est un plus mais pas obligatoire bien que vraiment recommandé! Perso j’ai choisi d’avoir ce cadre et j’en suis ravie!

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  5. Merci pour cette belle mise en valeur du métier de doula que je suis aussi.
    J’accompagne aussi avec le yoga .
    Merci pour ta générosité et la lumière sur certains aspects de l’accompagnement autour de la maternité.
    Vous, les mamans , et les papas êtes les seuls à pouvoir faire évoluer les mentalités. Par vos projets et récits de naissance, parler de vos souhaits et créer une communauté soudée et impliquée.
    Et merci aussi pour l’article sur les sommeil des bebes que j’ai lu à ma soeur que j’aide en ce moment avec son nourrisson.

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  6. Très belle description des doulas. J’avoue que je ne l’ai jamais vraiment considéré, question d’argent et que ma préférence personnelle pour l’accouchement est de faire ça le plus possible dans l’intimité avec mon mari (une consigne pour ma sage-femme est de se tenir à l’écart le plus possible! Mais bon, j’ai un conjoint super pour ça).

    Je voulais juste mentionner qu’on parle souvent de gérer la douleur, et d’avoir un coach pour ça etc., et je vais sûrement me faire taper dessus en disant ça, mais une grande partie de cette douleur est causée par nous-même, on est tellement stressée par rapport à l’accouchement, on a peur de cette douleur, et on est remplie des images d’horreur de films où les femmes crient à la mort qu’on a de la difficulté à se laisser aller, se détendre et laisser la nature faire son travail, on ne pense pas qu’il peut y avoir une alternative et qu’il faut absolument passer par là pour avoir un enfant, comme toutes les autres femmes avant nous – on bloque sans le vouloir nos muscles, on résiste, ce qui va en l’encontre du travail des muscles pour l’accouchement et contribue à rendre la douleur à un niveau insupportable. C’est contre-productif. Pour ajouter à ça, l’environnement médicalisé, avec les interruptions fréquentes, n’aide pas à nous mettre dans une situation comfortable, sereine. Je crois que bien des animaux, s’ils ne se sentent pas en confiance, s’ils sentent la présence d’un prédateur, stoppent leur propre accouchement en attendant que le danger soit passé. Ça peut expliquer pourquoi nos accouchements soient si pénibles.

    Pour mon premier et deuxième bébés, j’avais vaguement entendu parler « d’auto-hypnose », mais je ne me suis jamais vraiment informée parce que (dans mon ignorance), vraiment, être en genre de transe pendant mon accouchement, ça ne me parlait pas, je voulas être bien présente! Mais à la troisième grossesse, je suis tombée à la librairie sur « L’hypnonaissance : la Méthode Mongan », et juste en lisant la description, ça m’a intriguée, ce n’était pas ce que je pensais, alors je me le suis procuré. Au quatrième, je me suis aussi inspirée par le kit de http://douce-naissance.com (aussi quelques vidéos disponibles gratuitement).

    Dans le fond, ce que je retiens de tout ça et de ce que j’ai vécu, c’est qu’en se mettant dans un mode davantage méditatif plutôt que de tout analyser, de se tourner vers l’intérieur (à l’aide de certaines techniques de respiration ou de visualisation) plutôt que vers l’extérieur, d’être dans un environnement propice sans trop de distractions et d’avoir confiance en la nature et en son propre corps et sa capacité innée de donner la vie, l’accouchement se passe beaucoup plus facilement, sans douleur ou presque. Mes 2 derniers accouchement ont été plus faciles à gérer que mes 2 premiers; il y a sûrement une question que le « chemin » est déjà fait etc., mais malgré tout, j’ai remarqué que dès que je cessais de « laisser aller », d’être complètement relâchée et détendue, la douleur grimpait en flèche jusqu’à ce que je retrouve le calme.

    Plus facile à dire qu’à faire? C’est sûr qu’un certain entraînement est préférable, mais même sans avoir fait aucune pratique, juste d’avoir lu le livre et de m’être sentie rassurée, et de pratiquer une visualisation qui m’avait marquée (imaginer les muscles de l’utérus comme des rubans de 2 couleurs, certains tirent vers le haut, les autres perpendiculairement), j’ai eu un 3ième accouchement extrêmement zen (et pour le 4ième, j’ai fait l’effort de m’y préparer un peu à l’avance! Mais honnêtement, je n’ai pas vu tant de différence, j’imagine que je connaissais déjà le principe, et la confiance était là).

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    1. Je suis d’accord avec toi, mais bien sûr il n’est pas facile, au jour d’aujourd’hui, de faire abstraction de ce qu’on entend, lit, voit, dans les films par exemple, comme tu le dis. Essayer de bien s’entourer et avoir confiance… Personnellement, 2 principes qui m’ont aidée: 1) bien d’autres femmes l’ont fait avant moi, dont des temps reculés où la péri n’existait pas; 2) chaque contraction me rapproche de mon bébé! 🙂 Je le dis des fois que ça pourrait parler à d’autres…

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  7. Merci pour cet article, que j’aimerais compléter en parlant de l’accompagnement global par un ou une sage femme. C’est ce que j’ai eu pour ma fille, bébé 1 , et que je recommande également : J’ai été suivi toute ma grossesse par le même sage femme qui a également fait la prepa à l’accouchement sans péri et qui était là le jour de l’accouchement, en plateau technique à la maternité. Je n’ai vu personne d’autre de toute ma grossesse + accouchement et il nous a donné, au papa et moi, beaucoup d’outils pour se passer de la péri. Et malgres un declenchement a 41+5j j’ai accouché simplement avec mon homme et le sage femme.

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