Maternage & Parentalité positive

Éduquer sans punir, un pas vers un monde meilleur.

Préambule : j’ai commencé à écrire la suite de mon article sur les objectifs-mirage et je n’y arrivais pas. J’avais trop de choses à dire avant, trop de bases à poser. La première étant : pourquoi je ne réponds pas à tous ces comportements inappropriés par une bonne punition ? Alors chaque chose en son temps, en sachant que tous mes articles sur la parentalité positive se complètent et s’enrichissent mutuellement puisque tout est imbriqué.

Éduquer sans punir

J’ai choisi d’élever ma fille dans la bienveillance. Cela veut dire sans violence physique (fessée, claque, tape, gifle, douche froide…) mais aussi sans violence verbale (cris, menace, chantage, moqueries, jugements, dévalorisation…) et… sans punition ni récompense.

Ça ne veut pas dire qu’il ne m’arrivera pas de crier ou de dire quelque chose que je n’aurais pas voulu dire, dans mon agacement de repousser ma fille et de la priver ainsi de l’attention qu’elle demandait, peut-être même d’avoir un geste brusque voire violent, qui va partir avant que j’ai pu me contrôler. Nous sommes des humains pour le meilleur et pour le pire, avec un vécu, des automatismes et une part de violence plus ou moins enfouie en nous : on n’est jamais à l’abri de perdre le contrôle, de faire ce qu’on a dit qu’on ne ferait pas, en particulier lorsqu’on est fatigués (et comme on est souvent fatigués…). Mais si ça arrive, ce sera un dérapage : vous ne m’entendrez jamais dire que c’est éducatif, pour « le bien » de ma fille, pour « lui apprendre », etc.

Quand j’en parle autour de moi, je me heurte souvent à des murs : surprise, incompréhension, dédain… Certains m’attaquent frontalement, comme cette maman en commentaire l’autre jour, d’autres argumentent et défendent leur façon de faire, certains disent ou pensent très fort que c’est à cause de gens comme moi qu’il y a tant « d’enfants rois » (article en préparation sur le sujet !). Même ceux qui sont réceptifs au non-usage des fessées ou des cris tiquent sur l’abolition du règne de la punition : « Mais comment les enfants vont-ils comprendre ? ». Bref, à part avec vous, sur ce blog, on ne m’a encore jamais répondu « Mais bien évidemment, ça tombe sous le sens que les punitions sont délétères et inutiles ! ».

Par punition, j’entends toutes les sanctions arbitrairement décidées par le parent en réponse à un comportement de leur enfant, qui vise à le « priver » de quelque chose (objet, attention…) pour qu’il intègre qu’il ne doit pas faire ce qu’il a fait. Ca peut être priver l’enfant d’un jeu, d’une sortie, d’une visite, le mettre au coin ou sur une chaise de punition, l’envoyer dans sa chambre, lui refuser quelque chose qu’il était prévu qu’il obtienne, lui refuser un câlin, un jeu ou un temps partagé… pour les options les plus classiques. Je sais que malheureusement, et plus fréquemment que je ne le pensais de prime abord, certains parents sont particulièrement créatifs dans les sanctions qu’ils imposent à leurs enfants, mais pour ma part à ce stade on vire dans la maltraitance pure et simple qui ne concerne pas la majorité des parents.

Non, la majorité des parents a recours à la punition avec la noble intention d’éduquer, de faire comprendre et appliquer des règles et pour faire respecter leurs propres besoins, avec la conviction qu’il est impossible de faire autrement et que c’est rendre service à l’enfant et le préparer au fonctionnement punitif de notre société. Ainsi, beaucoup de parents s’appliquent à punir « justement » : avec une sanction proportionnelle au méfait et en prévenant à l’avance de la sanction qui peut tomber. Et attention, si on menace de punir, il faut s’y tenir, c’est la règle ! Bref, la majorité des parents connait Super Nanny et ses supers conseils moisis et s’emploient à les appliquer avec soin pour ne surtout pas « se faire bouffer » et devenir comme les couples dépassés qui font appel à elle pour le plus grand soulagement des familles (« Ouf, on n’est pas si paumés nous ! »). Bon, et certains ne se posent strictement aucune question ou font comme on a fait avec eux puisqu’ils « n’en sont pas morts » (l’argument fatal et valable en toutes circonstances : c’est vrai qu’en tant que parents, notre objectif se limite à garder nos enfants en vie, c’est bien connu).

Je le comprends très bien ; j’ai moi aussi partagé cette vision des choses pendant longtemps, j’ai moi aussi pensé que face à une escalade des mauvais comportements il fallait « sévir », j’ai moi aussi vu les enfants turbulents comme des « sale gosses mal élevés par des parents permissifs », j’ai moi aussi considéré les enfants comme des petits animaux à dresser à coups de récompenses et de punitions pour qu’ils comprennent comment marche le monde.

Et puis un jour, à force de lecture, ça m’a frappé et ça m’a totalement changée : pourquoi pensons-nous que, pour que notre enfant fasse mieux, il faut d’abord le faire se sentir mal ? C’est tellement profondément ancré dans les mentalités et pourtant ça n’a aucun sens.

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On dit…

On dit : il faut punir les enfants pour qu’ils comprennent les règles, pour qu’ils comprennent la différence entre le bien et le mal, entre ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Mais ne sont-ils pas des êtres doués de raison et dotés d’un cerveau ? Ne nous prouvent-ils pas chaque jour leurs extraordinaires capacités intellectuelles en engrangeant un nombre incalculable de connaissance et de savoir-faire chaque jour d’une façon dont on en est incapable, nous les adultes ? Pourquoi alors considérer qu’il faut leur faire « du mal » (punition, coups…) pour qu’ils comprennent, au lieu d’employer des mots ou des outils variés qui leurs permettront d’intégrer tout ça progressivement ?

 

On dit : oui, mais j’explique mais il/elle continue, il/elle ne comprend pas ! « Il ne comprend pas » : c’est vrai, les enfants ont un potentiel intellectuel immense mais en construction. Oui, c’est vrai, il y a des règles qu’ils ne comprennent pas (comme l’utilité des codes sociaux, les abstractions, les généralisations…), des règles qui ne font pas sens pour eux (parce qu’ils relèvent des traditions, de la culture, de nos besoins de parents qu’on ne prend pas la peine de leur expliquer), des règles qui, mêmes connues et répétées, ne sont pas appliquées en raison de l’immaturité de nombreuses parties de leur cerveau qui ne leur permet pas encore de contrôler leurs gestes et leurs émotions aussi bien que nous dans certaines situations (d’ailleurs, les contrôlons-nous SI bien nous-même… ?), ou dont ils ne sont pas encore capable de se rappeler d’une fois sur l’autre ou de se rappeler quand ils sont absorbés dans une activité. Et puis il y a tout le reste, qui les empêche (parfois) de respecter les règles, d’ « obéir » à nos demandes, de se comporter « comme il faut » : la fatigue, leur intense besoin d’attention et d’amour pas toujours satisfaits, ces fameux objectifs mirages qu’ils poursuivent quand ils se sentent découragés, ces longues journées passées loin de leurs figures d’attachement qui vide leur réservoir affectif, la régulation de la glycémie qui peut être source de colère, les grands apprentissages qu’ils font au quotidien et qui absorbent leurs ressources, un conflit plus profond avec le parent qui interfère, un sentiment de découragement qui affecte tout… Que l’on ait une conscience précise et documentée de tous ces phénomènes ou que l’on reconnaisse plus simplement que les enfants « ont du mal à comprendre » certaines choses parce qu’ils sont « petits », comment justifier que l’on sanctionne un être pour quelque chose dont on sait qu’il est incapable ?

 

On dit : ça ne fait pas de mal une punition, ça structure ! : Ah oui, vraiment ?

Cas concret : mon patron me dit devant tous mes collègues (j’aime l’exemple du patron, parce qu’il transpose ce lien « hiérarchique » que les parents ressentent vis-à-vis de leurs enfants, vision qui à elle seule mériterait d’être discutée dans un autre article) : « Maman Poule, vous le faites exprès ou quoi ? Combien de fois je vous ai dit et répété de me mettre en copie quand vous envoyez un mail à la sous-direction ? C’est pas compliqué ! Allez en salle de réunion tout de suite pour réfléchir à ce que vous avez fait et je vous passe en « C » sur vos évaluations pour ce semestre ! ».

Qu’est ce que je sens au fond de moi ? « Merci Duboss de m’apprendre la vie, grâce à vous je sens que je progresse et que je deviens une meilleure professionnelle ». Je ne crois pas, non ! Ce serait plutôt (au choix ou cumulés) :

  • un grand sentiment d’injustice et de rancoeur : « Tout ça pour un PAUVRE mail sur les 3 000 que j’envoie par jour et sur tout le reste que je fais efficacement, purée ça ne vaut le coup de se décarcasser ! »
  • du ressentiment envers Duboss, de la rebellion « : « Connard, tu te sens fort hein ? La prochaine fois c’est moi qui gagnerai »
  • Un sentiment d’incompétence : « Il a raison, je suis idiote », « Je suis tellement nulle purée, je savais que je n’étais pas faite pour ce boulot.»
  • Du découragement : « Je ne ferai plus rien », « Je vais me barrer d’ici »
  • Un besoin de revanche : « Je vais le foutre en copie de tous mes mails et pourrir sa boite de réception ! »
  • De la peur à chaque fois que je dois envoyer des mails, une perte de mes moyens

Rien de très constructif ou positif, pas vrai ? Rien qui m’aiderait à « grandir », à intégrer et à comprendre les attentes de mon boss et à savoir, par la suite, décliner la règle dans d’autres circonstances (« Tiens, je pense que ce serait utile que je le mette aussi en copie de ce mail là »). Pourquoi en irait-il autrement de nos enfants, pourquoi eux seraient-ils motivés à faire mieux quand ils se sentent humiliés ?

Si vous n’avez pas un travail « de bureau » avec une hiérarchie bien établie, vous ne comprenez peut-être pas mon exemple. Je l’ai choisi car ce souci m’est arrivé à peu de choses près lors de mon 1er poste, quand j’étais apprentie dans un cabinet de conseil. C’était mon premier emploi en entreprise et je n’arrivais pas à comprendre l’intérêt de mettre en copie des gens qui n’étaient pas directement concerné par mes mails. Mon boss m’avait effectivement dis 2 ou 3 fois « met X en copie quand tu m’écris », « met moi en copie de tes mail à Y », mais au quotidien, emportée dans le flot de mes choses à faire, je n’avais absolument pas le réflexe de penser « Qui peut être intéressé par cet échange/cette information ? ». En plus, j’avais le sentiment de charger inutilement la boite mail de ma hiérarchie, d’autant plus que personnellement je me sentais obligée de dépiler consciencieusement tous les mails dont j’étais en copie. BREF je n’avais pas compris l’intérêt ni le fonctionnement de la mise en copie et de ce fait je n’avais pas réussi à l’intégrer dans mes réflexes. Avec la réaction de mon boss, je peux vous garantir que, toute débutante et voulant bien faire que j’étais, je suis passée par toutes les réactions négatives susmentionnées. Passé la rancœur, j’ai remis en question toute mes qualités, je me trouvais vraiment stupide de ne pas intégrer un truc apparemment élémentaire. Et si j’ai progressé, c’est parce que mes gentilles collègues m’ont expliqué ce que je n’avais pas compris : je n’aurais jamais osé, après ça, demander des explications supplémentaires à mon boss.

Souvent, nous ne nous mettons pas à la place de nos enfants, qui n’ont pas encore l’expérience, les capacités cognitives ou le recul pour vraiment comprendre ce que l’on attend d’eux. Et ils n’ont malheureusement pas souvent la chance d’avoir des personnes de confiance qui vont prendre le relais du parent qui tempête ou qui punit et ces sentiments négatifs et de découragement sont donc très intenses.

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Alors je le dis, OUI, la punition fait des dégâts : elle développe la rancœur, le sentiment d’injustice, l’envie de se rebeller, l’envie de faire en cachette quand le parent ne pourra pas regarder, l’envie de faire pire pour voir jusqu’ou ira le parent, l’escalade des provocations. Pendant les temps d’isolement, l’enfant va ressasser tous ces sentiments négatifs et développer des stratégies d’évitement pour ne plus se faire prendre et acquérir la conviction qu’il ne peut pas faire confiance à ses parents : à la prochaine erreur, il n’ira pas demander leur aide ou leur soutien. Chez les enfants naturellement plus « soumis » ou plus doux, ou plus découragés, la punition nourrit le sentiment d’incompétence, de ne pas appartenir, de n’être pas capable. D’être mauvais intrinsèquement et de ne pas être digne d’être aimés, car pour les enfants le pas est très vite franchi.

L’un des effets le plus délétère à mes yeux, c’est le développement de la peur du gendarme qui fait passer l’enfant complètement à côté du message que pense transmettre le parent : on fait ou ne fait pas telle chose POUR NE PAS ÊTRE PUNI. Point. Et on se retrouve avec des générations de gens qui roulent comme des malades sur les routes, ne ralentissent qu’en présence des radars et prennent des chemins de traverse pour conduire bourrés comme des coings, comme si l’important était les 90€ d’amende et pas la vie du gamin qu’on pourrait renverser au passage piéton ou du jeune en scooter qu’on a percuté. Une belle preuve de l’inefficacité totale d’un système punitif basé sur la répression plutôt que sur la responsabilisation.

Je me souviens d’avoir lu un article où des jeunes, dans une soirée, n’avaient pas appelé les secours pour leur copain en train de faire un arrêt cardiaque, puisqu’ils avaient organisé la fête en cachette des parents parti en vacances, avaient tous bu et fumé de la weed. Le gosse est mort parce que ces jeunes avaient développé une telle culture de la punition, qu’ils ont été paralysés, entièrement tournés vers leur erreur et incapables de se tourner vers des solutions et de prendre leur responsabilité pour sauver la vie de leur pote.

Alors qu’on ne vienne pas me dire que la punition ne fait pas de mal. Si elle n’abouti pas systématiquement à de tels drames, ils permettent de réaliser à quel point la punition est peu constructive et délétère.

 

On dit : mais il n’y que ça qui marche ! : Oui, c’est une réponse immédiate et « facile » au comportement, qui va le faire cesser sur le coup, c’est vrai. Mais après ? Aujourd’hui, notre société est très centrée sur le résultat : à cause de cette conception, l’erreur est malheureusement dévalorisée. Ce qui compte, c’est de le résultat, c’est franchir la ligne d’arrivée peu importe le chemin. Pourtant, c’est en faisant le chemin que l’on comprend et qu’on intègre, c’est en se trompant et en réessayant que l’on apprend des choses et que l’on progresse le plus. Un comportement inapproprié d’un enfant, une « bêtise », un enfant qui ne passe pas la ligne d’arrivée, c’est le signe que l’enfant a besoin d’un petit coup de pouce sur son chemin et c’est une opportunité pour le parent d’enseigner quelque chose. Mais au lieu d’accompagner l’enfant, de lui donner des outils, de l’aider à se repérer, de lui faire prendre conscience du fossé sur sa gauche ou de l’ornière sur sa droite, de lui apprendre des techniques de respiration, de l’aider à développer son endurance, on sanctionne simplement le résultat qui n’est pas à la hauteur de nos attentes.

Alors oui, à force l’enfant va se conformer à nos attentes (ou renoncer pour les plus découragés!) et franchir en premier la ligne d’arrivée, mais pas parce qu’il aura appris à lire une carte (une compétence bien utile qu’il aurait pu mobiliser sur une autre problématique), pas poussé par l’envie de donner le meilleur de lui-même, pas gonflé de fierté et de confiance en lui-même si précieuse pour la suite : en trichant, en coupant par le sous-bois, en écrasant les autres concurrents, poussé par la peur de se faire punir de nouveau ou pour obtenir une récompense.

Car la récompense, aussi bien intentionnés qu’on soit, est l’exact corollaire de la punition ! Là encore, l’enfant se conforme aux attentes uniquement pour obtenir quelque chose (« Sois sage et je t’achèterai des bonbons ! »), dans la même logique que la punition (éviter quelque chose). Encore une fois, il n’apprend rien pour la suite, il n’apprend rien des valeurs que ses parents lui transmettent , il ne réfléchit pas au sens des choses. Premièrement, c’est la plus sure façon d’obtenir des enfants qui ne font plus rien sans rien et qui réclament sans cesse. Deuxièmement, la punition et son corollaire la récompense placent l’enfant dans une position où tout ce qu’il fait se jauge à l’œil d’un référentiel externe : au lieu de l’amener à réfléchir par lui même pour se faire une idée, dans son cœur, à ce qui est bien ou mal, il s’en remet entièrement au référentiel externe des récompenses et des punitions orchestré par ses parents.

Parfois, la récompense n’est pas un objet ou un cadeau : c’est l’appréciation parentale. Le Saint-Graal ! « C’est très bien », « Tu es gentil », « Tu es génial ! », « Tu es le meilleur ! ». Là aussi, il faut que je vous en reparle en détails car c’est subtile. Mais l’appréciation parentale, quand elle colle des étiquettes positives aux enfants et se focalise sur les résultats, au lieu de parler des faits et des progrès, est une récompense qui non seulement crée une forte dépendance mais également fait peser une grosse pression sur les épaules des enfants. Combien d’entre nous sont en perpétuel besoin de marque de reconnaissance de la part d’autrui ? Est-ce que c’est bien ce que je fais ? Est-ce que je m’en sors mieux que les autres ? Encore une fois, on est prisonnier du regard extérieur pour juger de nos actes, prisonnier encore et toujours de ce référentiel externe qui a jalonné toute notre construction !

(Punaise, ça m’en fait des prochains articles pour parler de tout ça…)

 

On dit : mais enfin, on ne peut quand même pas laisser passer ça et ne rien faire ! Cette phrase-même admet que la punition est tournée vers le passé : elle sanctionne ce qui a été (mal) fait, elle traduit notre intime conviction que le « pêcheur » doit « expier » sa faute, qu’il faut se sentir mal quand on fait quelque chose de « mal ». Quand c’est ce sentiment qui domine (« je ne peux pas laisser passer ça ») interrogeons-nous : qu’est ce qui compte ? Le passé ou le présent ? Faire comprendre à mon enfant qu’il a mal fait ou qu’il soit capable de faire mieux la prochaine fois ?

A partir du moment où j’intègre que mon rôle en tant que parent est d’aider mon enfant à faire mieux, tous les outils qui ENCOURAGENT deviennent les vrais outils éducatifs qui porteront leurs fruits à long terme sans usage de la punition. Et ces outils, que j’essaye de proposer au fil des articles de mon blog, impliquent effectivement de câliner ou de jouer pour recharger les batteries de mon enfant et faire en sorte qu’il soit plus disposé à progresser, d’adopter un temps de pause pour se reconnecter, d’ignorer les mauvais comportements pour valoriser les bons, de détourner l’attention, de proposer des alternatives et des choix, d’ouvrir la discussion, de développer l’empathie et l’autonomie, d’adopter une communication non violente qui suscite la coopération, de montrer le bon exemple, de témoigner de la confiance, d’aider l’enfant à gérer ses émotions, de laisser l’enfant expérimenter les conséquences de ses choix, d’instaurer des temps dédiés pour remplir son réservoir d’amour, de comprendre le fonctionnement de son cerveau, de proposer des temps d’échanges en famille pour impliquer l’enfant dans la définition des règles, de repenser les règles et l’environnement pour qu’ils soient adaptés à son développement, d’accueillir les émotions sans jugement, de lutter contre les étiquettes qui enferment (X est timide, Y est colérique, Z fait toujours ça, A n’y arrivera jamais !), de donner des responsabilités, de faire plutôt que dire, etc. La liste est longue et grandira toujours.

L’une des plus puissantes alternatives à la punition (que je développerai dans un prochain article), c’est la recherche de solution, ensemble avec l’enfant. C’est lui demander « Qu’est ce qui s’est passé ? » et « Comment puis-je t’aider/que peut-on faire pour que ça se passe mieux à l’avenir ? ». Là, on est tournés vers l’avenir et vers le long terme et on travaille main dans la main. Là, on valorise le chemin (la recherche de solution et l’exploration des conséquences de ses choix) et on outille l’enfant pour la prochaine fois où il aura à faire un choix, en dehors de notre regard, de notre jugement, de notre approbation.

Ça vous donne l’impression de ne rien faire, tout ça ? Pas moi ! D’ailleurs, cette maman qui m’a un peu alpaguée sur la page Facebook au sujet des limites m’a répondu que « c’était bien trop long et compliqué », ce que je lui répondais. Oui c’est compliqué, parce que l’humain est compliqué et l’humain en développement encore plus ! Il me semble pourtant que nos enfants (qu’on qualifie si aisément de « ce qu’on a de plus précieux au monde ») méritent qu’on se pose des questions et qu’on prenne en compte la diversité des personnalités, des situations et des facteurs qui amènent un « mauvais » comportement plutôt que d’appliquer à tous la même recette (« Tu fais ça, t’es puni ! »). Après, si on n’a pas envie de se faire chier….

Autre point que je souhaite ajouter : nous avons beaucoup trop tendance à penser que notre rôle de parents consiste à apprendre aux enfants comment marche le monde, ce qui est bien, ce qui est mal, ce qui va provoquer ceci, ce qu’il ne faut pas faire, etc. Nous pensons que la connaissance des règles par les enfants va de nous (les sachants) vers eux (les ignorants) et que pour ça il faut absolument leur enseigner les choses de façon didactique, à coups de grands discours (sur le bien, le mal, le permis et l’interdit) et de sanctions. Mais la véritable connaissance, celle qui fait sens, qui dure toute la vie, c’est celle qui vient de l’intérieur qui vient de soi-même, celle qui naît de l’expérimentation et de la réflexion… L’idée n’est pas de ne rien faire (=laxisme) mais de développer les capacités de réflexion et d’analyse, le sens critique, le jugement de nos enfants, pour qu’ils construisent par eux-même leur sens du « bien » et du « mal ». La connaissance sera beaucoup plus sûrement acquise si c’est l’enfant qui l’acquiert par lui-même, guidé par nos soins. Et on en revient en même temps à la notion de « reférentiel externe » abordé plus haut : aidons nos enfants à être capable, par eux-même, de juger de ce qui est bien ou mal en dehors de notre regard !

Je pense à l’exemple de Jane Nelsen dans « La discipline positive » : face à sa fille adolescente qui voulait se saouler à une soirée pour la première fois, la mère, au lieu de lui faire la morale comme elle aurait eu naturellement tendance à le faire (« l’alcool est dangereux, etc… ») a posé des questions de curiosité et amené sa fille à explorer les possibles conséquences de son choix. A la fin, la jeune fille elle-même a conclu que finalement, elle n’allait pas boire à cette soirée.

En développer aux quotidiens ces capacités chez nos enfants, on ne fait pas « rien » pour leur éducation, au contraire !

 

On dit : mais à l’école ou en tant qu’adulte, il sera puni !

La défaillance même de notre système scolaire basé sur l’évaluation, la punition et la récompense ne devrait-elle pas nous faire tiquer ? J’ai fait 5 ans d’étude supérieure, je suis allée à l’école pendant plus de 20 ans et j’ai toujours été dans les premières de ma classe et pourtant j’ai le sentiment de n’avoir rien appris ou presque. Parce que j’ai toujours appris pour les notes, pour être la première de la classe, pour que mes parents soient fiers. Mais apprendre quelque chose pour moi, poussée par un élan intérieur ? Presque jamais. Et aujourd’hui j’ai tout oublié, j’ai la culture générale de Nabilla et l’ouverture d’esprit d’une huître fermée. Et 20 ans à être dans le peloton de tête ne m’ont pas offert non plus la confiance en moi qu’on penserait pourtant donner à coups de « C’est très bien ! », « Excellent »… Non, ils m’ont juste donné un immense besoin d’approbation des autres (#aimezmoi). Et que dire, à l’inverse, de ceux qui sont mis dans des cases dès le plus jeune âge (« distrait », « fainéant », « a des lacunes », « ne veut pas travailler ») et qui s’enfoncent dans la spirale de l’échec scolaire parce qu’on leur dit et leur répète qu’ils ne rentrent pas dans le moule ? Ce moule, qui est sensé former des petits esprits en construction et en ébullition pour devenir la richesse de la société de demain, ne devrait-il pas être souple, adaptable, malléable pour que chacun y puise ce qu’il y cherche ? Chaque enfant a soif d’apprendre mais chacun a sa manière de le faire : le système scolaire français ne tolère qu’une seule façon de le faire et sanctionne à coup de feutre rouge, de note en dessous de la moyenne et de lignes à copier ceux qui auraient besoin d’une autre façon d’apprendre. Elle leur dit qu’ils sont incapables et ils le deviennent.

De même, l’inefficacité de notre système judiciaire et carcéral et son incapacité à faire progresser les individus dans la bonne voie ne devait-elles pas, justement, nous alerter ? Je n’ai pas de solution pour ça, je ne m’y connais pas suffisamment pour détailler le sujet. Je dis simplement que c’est la preuve que punir, ça ne marche PAS.

Ce n’est pas parce qu’on a toujours mal fait que ça devient une bonne façon de faire.

Ce n’est pas parce que notre société marche sur la tête et va droit dans le mur qu’on doit se conformer à ses principes pour éduquer nos enfants.

 

Au contraire, si on veut espérer un changement pour notre société, il faut qu’il ait lieu à la source et il passera par l’éducation ! Par notre capacité, un jour, je l’espère, à éduquer des enfants capables de penser par eux-mêmes (plutôt qu’en référence à un système de valeurs qui leur a été imposé), d’être empathiques, responsables, autonomes, confiants, capables de gérer sainement leurs émotions et désireux de coopérer plutôt que d’être « les meilleurs » et « les premiers », et « les plus forts »… Ça commence maintenant 🙂 🙂

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42 réflexions au sujet de « Éduquer sans punir, un pas vers un monde meilleur. »

  1. Je suis enceinte de 8 mois j’attends mon premier enfant. Je vais faire un parallèle douteux mais….

    En ce moment je travaille sur l’éducation de mes deux chiens dans l’espoir qu’une fois le bébé présent ils me donnent moins de fil à retordre. Le principe fondamental de ma démarche est l’absence totale de punition : même si à la fin on obtient un résultat, le comportement sera obtenu dans la douleur et la peur et à la moindre inattention l’animal reprend ses travers.

    En échangeant avec les gens autour de moi je suis CHOQUEE par le fait que ce principe semble évident pour des animaux (ah oui ça ne sert à rien de taper ou de punir un chien, il ne comprend pas, le pauvre), mais que pour les enfants ce ne soit pas du tout évident (ah non une bonne fessée de temps en temps n’a jamais tué personne…).

    Merci donc pour cet article (et tous les autres) qui me conforte dans mes envies d’éducation (je dis envies car je pense qu’une fois qu’on est dedans on fait aussi comme on peut…). Et je continuerai à répondre à ces personnes soit disant bien pensantes qu’une claque n’a jamais tué personne mais a marqué profondément et inconsciemment beaucoup plus de monde que ce que l’on pense.

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  2. Je n’ai qu’un mot à dire : bravo
    J’ai découvert ton blog il n’y a pas longtemps, j’aime beaucoup beaucoup tout ce que tu écris, c’est clair et drôle, léger et profond à la fois.

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  3. Mille mercis pour cet article très bien écrit, qui formule ce que je ressens et me motive profondément à changer pour le meilleur! (Oui, cela me rend optimiste meme un lundi matin pluvieux coincée dans les bouchons!)
    Note aux futurs parents (cf commentaire précédent): écoutez vous, faites vous confiance et ne prêtez qu’une oreille aux conseils d’une autre époque.

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  4. Merci pour ce très bel article très sincère et complet. Je partage ton sentiment de révolte face aux injustices que nous faisons aux enfants . Les exemples sont légions . En même temps je m’interroge sur les moyens de sortir de ces conditionnements toxiques . L’information bien sûr comme tu le fais dans cet article et sur ton blog mais aussi l’accueil. J’anime des groupes de pères qui se posent des questions… Je dois dire que cette forme d’action par l’écoute et l’accompagnement en douceur des adultes me permet, parfois, d’adoucir ma propre colère. Mais la aussi les transformations prennent du temps. Très bonne continuation !

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    1. Les groupes de parents sont effectivement un excellent moyen (même bien plus efficace que la lecture) d’accompagner les parents ! Le problème, c’est qu’il faut que les parents franchissent ce pas… Bravo pour ton engagement dans cette cause!

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  5. J’adhère ! Mais Dieu que c’est difficile…et comme tu le dis, nous sommes nous-mêmes tellement marqués par notre éducation, que le cri ou la punition viennent bien + vite qu’on ne le voudrait. Idem pour la récompense (aller, mange la bonne soupe que maman a pris le temps de préparer avec amour t tu auras un chocolat).
    Malgré tout j’ai le sentiment (la plupart du temps) de ne pas trop mal m’en sortir qd je vois les autres (oui, syndrome Super Nanny). Vendredi soir qd je suis allée chercher fiston, derrière nous sur le trottoir, une maman et son fils de 6-7 ans, tt heureux de lui raconter qu’il avait passé la journée « ds le vert, ms après la récré la maîtresse m’a mis ds le orange pcq j’écoutais pas ». Visiblement il était plutôt habitué au rouge. Et la mère de le féliciter d’un tonitruant « P*** ms tu vas te calmer, ou je t’en colle une ?!!? ». Ah oui zut, moi aussi je juge…
    Vraiment, c’est pas facile. Merci pr ton article, je le relirai…

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  6. Je suis entièrement d’accord avec le contenu de votre article (comme la plupart du temps d’ailleurs !) mais en pratique pour ma part c’est vraiment compliqué parfois… J’ai beau essayé d’éviter au maximum les punitions/privations je me sens parfois obligée de passer par là avec mon fils aîné… Je pense quand même que selon les enfants c’est plus ou moins difficile (mon second est complètement différent, réagit complètement différemment et n’a pas encore été puni alors qu’ils reçoivent la même éducation et le même plein d’amour !). Après idéalement j’espère vraiment arriver un jour à éviter ces sanctions pour être dans une attitude plus positive, pour élever mes enfants vers le haut plutôt que de les clouer sur place… Pour l’instant je m’entraîne encore et encore (et fais pas mal de boulettes malheureusement !), je fais de mon mieux et je lis vos articles pour progresser encore et encore !
    En tout cas continuez à prôner ce mode d’éducation qui met l’écoute de l’enfant et de ses émotions au centre de tout !
    En attendant de lire votre prochain article, bon courage !

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    1. Je vous recopie ce que j’ai répondu plus haut 🙂
      Je sais que c’est difficile quand on ne veut plus utiliser la punition de savoir quoi faire… Dans cet article jesquisse seulement quelques pistes mais je vais m’attacher à les developper au fil des articles. Ceci etant, tous mes articles autour de la parentalité positive contribuent à donner des idée de piste, comme l’article sur la gestion des emotions, la gestion des coleres, les réactions face aux betise, mon article sur « jouer ensemble en famille », l’article sur la figure dattachement, les objectifs mirage… Il n’y a pas de recette miracle, c’est pour cela que c’est difficile. Mais je vais vrmt essayer de me centrer sur les outils la prochaine fois, même si on ne peut pas dire qu’ils « remplacent » la punition car ils n’ont pas du tout le même effet, pas la même vocation,… Bon courage !

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  7. Et que faire vis à vis de l’école ? J’entends trop souvent ma fille me dire qu’elle y a été punie (probablement à la garderie du soir plus qu’avec la maitresse)… alors que cela devrait être une mise à l’écart quand ça dégénère, cela semble être plutôt une facilité pour calmer les gamins sans leur expliquer le pourquoi du comment… elle pousse, au coin, elle crie, au coin, elle se fait griffer, l’autre va au coin… mais pourquoi ? Je crois que les gosses ne savent plus au fond pourquoi. Chez moi on répare les soucis… c’est tellement plus facile… Courage !

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    1. C’est vrai que c’est compliqué. Pour ma part je cherche une solution pour que ma fille puisse aller dans une école en accord avec mes principes. Si ce n’est pas possible, je pense que je lui expliquerai que tout le monde ne fait pas pareil, que certaines personnes pensent qu’il faut mettre au coin où punir pour se faire comprendre, que a l’école il faut respecter les règles de l’école mais que je comprends qu’elle soit fâchée/triste, etc .. Et je ferai moi même la recherche de.solution avec elle pour voir comment elle peut faire pour que ça se.passe mieux à l’avenir… Maic ce n’est pas évident et c’est très frustrant car nos enfants passent toute leur journée à lecole !

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  8. Merci beaucoup pour cet article, qui m’aide à mettre des mots sur ce que je sens. Ça va m’aider à répondre aux questions/commentaires de certaines personnes… et à la part de moi qui parfois se demande si elle ne se prend pas trop la tête à charger une alternative à l’éducation que j’ai reçu 🙂

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  9. merci pour cet article ! et si on veut que le système scolaire/le boulot changent aussi en la matière c’est en éduquant nos enfants autrement que ca marchera ce sont eux qui changeront le monde ! semons semons des petites graines pour avoir bientôt des grands et beaux champs !

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  10. Ton article est vraiment très instructif sur le plan de ce qu’il faut, dans l’idéal, éviter avec nos enfants. Mais encore une fois, et même en ayant lu FILIOZAT, GUEGUEN etc… je trouve qu’on est assez démunis sur les pistes qu’il faudrait prendre pour améliorer les choses. Enfin moi, pourtant pleine de bonne volonté, je suis un peu démunie sur la manière de faire quand je veux expliquer à mon fils que ce qu’il fait n’est pas bien, ou dangereux…

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    1. Je sais que c’est difficile quand on ne veut plus utiliser la punition de savoir quoi faire… Dans cet article jesquisse seulement quelques pistes mais je vais m’attacher à les developper au fil des articles. Ceci etant, tous mes articles autour de la parentalité positive contribuent à donner des idée de piste, comme l’article sur la gestion des emotions, la gestion des coleres, les réactions face aux betise, mon article sur « jouer ensemble en famille », l’article sur la figure dattachement, les objectifs mirage… Il n’y a pas de recette miracle, c’est pour cela que c’est difficile. Mais je vais vrmt essayer de me centrer sur les outils la prochaine fois, même si on ne peut pas dire qu’ils « remplacent » la punition car ils n’ont pas du tout le même effet, pas la même vocation,… Bon courage !

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      1. En fait je me doute que si tu ne le développes pas plus c’est que tu n’as non plus pas la recette miracle (parce que tu nous l’aurais donné n’est-ce pas ? :p).
        Rien à voir mais je ne sais pas ou poser ma question : j’aurais bien aimé connaitre ta position sur le fait de faire croire au père noël à un enfant ou non. Je m’interroge beaucoup car on approche des fêtes et je suis mal à l’aise avec l’idée de commencer à mentir à mon fils à ce sujet …

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      2. Exact je n’ai pas de recette miracle mais promis dans un prochain article je synthétise les solutions possibles !

        Pour le père noel, j’ai prévu d’en reparler très prochainement puisque je suis moi aussi très partagée sur la question. J’en ai parlé brièvement dans mon article « twinkle twinkle little star » à noël dernier mais ma fille n’avait alors que 10 mois… A bientôt pour en reparler !!!

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    2. Une chose qui m’a beaucoup aidé, personnellement, a été de suivre un atelier Faber / Mazlicht « Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent ». Deux WE consacrés à ces questionnements, aux échanges avec les autres, et avec une intervenante lumineuse (Agnes de http://www.lesateliersdupositif.fr/ ) permettent d’aller beaucoup plus loin que la simple lecture de livres. Ce qui reste difficile, par contre, c’est de garder le cap dans la durée… et c’est pourquoi les piqures de rappel comme cet article sont si importantes

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    3. Bonjour, je voudrais partager mon avis sur le père Noël. Ma petite fille n’a pas encore deux mois donc ce n’est pas encore un sujet pour nous 😉
      Je n’ai jamais cru au père Noël car mon père a été très déçu, enfant, lorsqu’il a appris que le père Noël n’existait pas. Il a pensé que les adultes lui avaient menti. Il n’a donc pas voulu reproduire cela avec moi.
      J’ai donc toujours su que le père Noël n’existait pas mais ça ne m’empêchait pas de découvrir les cadeaux sous le sapin ou au pied de mon lit au réveil, d’aller voir le père Noël (et lui dire que je savais que ce n’est pas un vrai à un âge où j’étais sensée y croire héhé), les vitrines de Noël, …
      Je savais qu’il n’existait pas mais j’avais envie d’y croire 😉 Apparemment je n’ai pas dit qu’il n’existait pas à mes amis. Pour moi c’était comme un personnage de dessins animés, j’y étais attachée et me créait un imaginaire autour du père Noël. Je jouais à y croire.
      Ce fut la même chose pour la petite souris. Je mettais ma dent sous l’oreiller et retrouvais un petit cadeau le matin mais je savais que c’était mes parents et pas la petite souris !
      Je l’ai très bien vécu et compte faire la même chose avec ma fille. Je voulais juste partager cela.

      Je découvre le site et suis déjà fan des articles !! Merci !!!

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      1. Bonjour Mel, merci de ce partage.
        je trouve ce sujet intéressant – mon fils va avoir 2 ans et nous sommes en plein dans ce sujet. je n’y avais pas encore pensé… alors merci à vous de me faire réfléchir!!
        j’ai décidé avec mon mari de lui dire la vérité mais de lui faire comprendre que c’est amusant de faire croire qu’il existe!

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  11. Bonjour,
    Merci pour cet article édifiant et qui me donne envie de changer la manière dont j’agis avec mes enfants. Je vais tenter d’appliquer certaines de tes pistes pour leur éducation. Il le faut car j’attends le 3e de la fratrie et je me vois mal continuer à les punir (surtout mon aînée) comme ça. Si l’enfant s’égosille à essayer de se faire comprendre, le parent finit par se fatiguer à la longue aussi. Ce n’est agréable ni pour l’un ni pour l’autre. Et je ne supporte pas me voir punir mes enfants car au quotidien, malgré quelques couacs (quel enfant s’en a pas?), j’ai de véritables perles. Je le dis haut et fort et autant que je le peux! Même si elles ne comprennent pas toujours ce que je veux dire par là. Parfois, je les prends à part et je leur explique combien je suis heureuse d’être leur maman et d’avoir des enfants aussi compréhensives, gentilles et serviables.
    En tout cas, je crois que je viens de trouver une mine de solutions pour nous rendre la vie beaucoup plus simple (même si moins évidente)… Je vais changer un peu sur le point des punitions et aborderai les choses sur un autre plan. Il faut que je nous prépare à une vie beaucoup plus sereine et calme pour l’arrivée de bébé.

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  12. Merci pour cet article (et tous les autres) qui, bien qu’il prêche une convaincue, en l’occurrence, me permet de me souvenir pourquoi j’essaie, tous les jours, de trouver d’autres solutions que les punitions pour donner à ma fille les outils pour grandir. Ce n’est pas toujours facile, et j’ai récemment encore été débordée par la fatigue et les émotions, mais ce genre de discours conforte.
    Je serais, moi aussi, très intéressée par un article plus centré sur les outils à mettre en oeuvre.
    Merci encore !

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  13. encore merci pour ce bel article, j’en ai les larmes aux yeux car il me renvoie beaucoup de choses. tu as le don d’écrire ce que je pense profondément… de le mettre en mots. oui, je « me » remercie de remettre en questions l’éducation que j’ai reçue, de chercher autre chose… mais c’est difficile, pas rose tous les jours! je suis remplie de doutes, de questionnement…
    alors, grâce à ton blog, tes articles et commentaires des lectrices (je suppose qu’il y a une majorité de femmes???!!), ça me permet de me cadrer, d’avancer, d’avoir confiance, de réfléchir davantage…
    continue!!!!!!

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  14. Moi qui aimait bien Super Nanny :-p (notamment le concept de la punition constructive, sans énervement), ton discours me fait voir les choses sous un autre angle…. Je suis future maman donc je pense que je verrai aussi avec l’expérience mais je pense que dans le fond tu as raison! Ce qui est important c’est de « développer les capacités de réflexion et d’analyse, le sens critique, le jugement de nos enfants, pour qu’ils construisent par eux-même leur sens du « bien » et du « mal » ». Je suis aussi d’accord sur ce que tu dis sur le système scolaire! Après je ne suis pas psy, est-ce que la punition – à condition qu’elle soit constructive, sans violence ni physique ni morale ( si tant est que ce soit possible!), utilisée à bon escient et avec mesure – est réellement contradictoire avec cette idée? Je n’ai pas encore d’opinion, mais ton article a le mérite de me pousser à m’interroger…. Merci pour ça! 🙂

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    1. En fait, maintenant je suis vraiment convaincue que « punition » est antinomique avec « constructive ». Elle fera cesser le comportement, pour un temps plus ou moins long, mais elle fait forcément entrer dans le cercle du « je fais/ je ne fais pas uniquement par rapport à la perspective d’une sanction »…

      Donc une punition « mesurée » et « expliquée » ne va pas faire de gros dégâts psychologiques, elle ne va pas traumatiser l’enfant à vie… Mais ce n’est pas elle qui lui apprendre les qualités dont il aura besoin pour avancer dans la vie. Alors que pourtant, c’est cela que visent les parents, non ??

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  15. Bonjour,
    Très bel article, je suis d’accord sur le fond et m’efforce d’appliquer cette logique bienveillante dans l’éducation de mes enfants. Je dis «m’efforce» parce que c’est tout simplement épuisant.
    J’ai cependant une question, que faites vous de la nature compétitive de l’humain? Sur ce point je diverge totalement et postule qu’une compétition non poussée à l’extrême permet de se surpasser. Devenir le meilleur par des efforts constants n’implique pas de devenir méprisant envers les autres. Combien de «maitres» ne deviennent d’ailleurs pas d’excellents mentors?
    Quelle serait l’alternative aux notes pour garder l’esprit compétitif tout en mettant en avant aussi bien l’individu que la collaboration et le plaisir que ca implique?

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    1. Pour ma part, je ne suis pas convaincue de la nature compétitive de l’humain…Je pense qu’elle est simplement encouragée tellement tôt dans la vie et à tous les niveaux, qu’on en vient à penser qu’elle est naturelle mais je n’en suis vraiment pas convaincue. Pour moi, l’envie de devenir « meilleur » doit être en référence uniquement à soi : l’envie de se dépasser, d’accomplir quelque chose, de se sentr fier de soi, de maitriser un sujet/un art/un sport/une connaissance parce que ça nous apporte quelque chose. Donc à mes yeux, il n’y a pas d’alternative à trouver aux notes pour garder l’esprit compétitif ; à l’école, les encouragements devraient être centrés sur les progrès de chacun et sur le fait qu’en coopérant tous ensemble, on peut accomplir de merveilleuses choses, tout simplement…. Je vous invite sur le sujet à lire « les lois naturelles de l’enfant » de Céline Alvarez, qui montre bien le magnifique résultat obtenu dans sa classe en termes d’apprentissage (tous les enfants savaient pratiquement lire en moyenne ou grande section de maternelle), le tout basé sur l’entraide et la coopération entre les enfants…

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  16. Je ne pensais pas laisser de commentaire parce que j’adhère au principe, on l’applique au maximum avec Elephapotame, avec les limites qu’on peut rencontrer (genre il adore jouer avec les fils électriques, lui expliquer qu’il encoure un risque mortel parait futile… Mais on le fait. Cela dit, il prend maintenant un malin plaisir à aller sous mon bureau. Au début pour jouer avec les fils, maintenant on dirait qu’il le fait juste par jeu). Cela étant, je lis des documents pour ma formation à l’éducation thérapeutique du patient, et je trouve très « drôle » qu’on admette une démarche éducative centrée sur le patient et ses demandes à lui, quitte à le laisser se mettre en danger (alors que sa vie peut être en jeu), mais pas pour l’éducation d’un enfant, où franchement le risque vital est limité, la plupart du temps. La lecture parallèle de ton article et de celui sur l’ETP (https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=2&sqi=2&ved=0ahUKEwj_iouJkrzQAhXEvRoKHf1fAuYQFggmMAE&url=http%3A%2F%2Fwww.hcsp.fr%2FExplore.cgi%2FTelecharger%3FNomFichier%3Dad660959.pdf&usg=AFQjCNFmJh8lPSqsqvUx1Ncpuuzy-4ENZg&sig2=Ayw_2OqWqcdveC4QIfejpQ&bvm=bv.139250283,d.d2s si tu as la foi (et si ca marche)) est assez intéressante. Et en substance, on prone pour les malades ce que l’éducation bienveillante veut faire passer pour l’enfant… Avec un regard très différent sur chaque méthode : l’une est l’avenir de la médecine, l’autre une lubie de hippies chics…

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  17. Oula ! J’ai 3 enfants (16, 7 et 3) et chacun est et a été très différent. Le premier n’a jamais eu besoin d’être puni, le deuxième, on ne peut pas envisager de ne pas le punir (c’est dingue !) la troisième, pas de problème, sauf quand elle est avec le deuxième… Quant à l’école (et même avant, dès la crèche, pour ceux qui bossent), vaste problème que la sociabilisation, n’est-ce pas ? Même face aux apprentissages les trois sont très différents. Mais tout est question d’être disponible, je pense, ce qui est d’ailleurs un luxe. Après on peut simplement accepter que chaque être est en perpétuelle transformation toute sa vie et doive faire son expérience : punir ou ne pas punir, c’est la même gageure de vouloir tout contrôler. Disons que ce n’est pas toujours facile de (se) faire confiance. Sur ce, bon courage !

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  18. Je suis fan de ton blog. Cet article, j’aurais pu l’écrire. Tant de passages m’ont fait écho que je ne vais pas les citer. Mais je me reconnais en particulier dans le dernier. Aujourd’hui je commence à prendre conscience que ma « brillance » à l’école ne m’a rien apporté, et à mettre le doigt sur mon grand manque de confiance en moi, malgré tout cela. Continue ce que tu fais, c’est top. J’attends de lire tous les articles promis (lol). Bises affectueuses

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  19. Excellentes pistes de reflexion … je rêve de pouvoir appliquer la parentalité positive à mon petit de 6 mois dans quelques mois, et surtout de voir que ça marche !!
    Mais (oui il y a un Mais), je trouve que tous les ouvrages/émissions … manquent d’explications pratiques, une fois le cap passé du « comment fonctionne le cerveau d’un enfant » et les astuces comme la formulation positive, le stop, la diversion, le mettre des mots sur les émotions … bon c’est déjà pas mal comme outils !
    Je donnes un exemple : une copine enceinte de 8 mois a un petit garçon de 3 ans, en pleine phase de « taper et mordre ». et il tape parfois(pas méchamment) le ventre, alors qu’ils lui ont expliqué 1000 fois … forcement ça finit en gronderie … que faire dans cette situation ?
    voilà parfois je trouve pour les situations simples, ça a l’air facile et efficace, mais pour les plus complexes ben … demmerdez vous les parents !
    Bonne journée, Bisous ( ouais je te met Bisous, carrément !)

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    1. C’est vrai que les outils de la parentalité positive ne « remplacent pas » la punition puisqu’ils n’ont pas le même effet de court terme et que les parents peuvent vraiment avoir l’impression de ne « rien faire ».
      Pour prendre l’exemple concret que tu nous donnes :
      – proposer une alternative pour tapper sur quelque chose : un coussin, un tambourin, un jeu de marteau….
      – « j’ai l’impression que ta besoin de te defouler mais les coups de pied dans le centre ne sont pas acceptables… On va courrir dans le parc / grimper aux arbres / on fait un jeu de bagarre, une bataille d’oreiller ?
      C’est tjrs une bonne piste de proposer des.petits jeux de bagarre qui permettent de libérer l’agressivité dans un cadre bien structuré. Peut être plutôt avec le papa du coup si la maman est enceinte, où si c’est avec la maman ça peut être un jeu ou on se met paume contre paume et l’enfant doit pousser de toute ses forces. Dans tous les cas on rappelle la règle : on ne se fait pas de mal, pas de coups à tel ou tel endroit, si l’un des participant ne samuse plus on stoppe le jeu immédiatement. C’est fondamental.
      – explorer aussi le ressenti de l’aîné face à l’arrivée du bébé : lui permet on de dire qu’il est malheureix, inquiet, fache… ? Sait il a quoi sattendre, comprend il pourquoi sa maman est plus fatiguee, plus fragile, ne peut pas le porter ?
      C’est un énorme bouleversement pour un enfant d’avoir un frère ou une soeur et ça peut se traduire par de la violence…. Il faudrait peut être lui permettre de dire ses vrais sentiments, de parler du sujet sans tabou…
      – répéter, repeter, repeter… Se protéger en disant « je ne te laisserai pas me faire de mal ».
      – augmenter les doses de câlins !
      – dire « dis le avec des mots…. Connais tu les mots pour dire ce que tu ressens / ce qui se passe / ce qui ne va pas ? ».

      Je travaille en ce moment à l’article sur les solutions, promis c’est pour bientot, mais je le répète il n’y a pas de miracle haha !!

      Bisous (et ouais moi aussi ! )

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      1. Mais ouais j’adore tes solutions !!ca date s’il y a quelques semaines, entre temps elle a accouché … je savais qu’ils lui avaient offert un poupon pour se décharger.
        Je lui avais prêté un livre de catherine de gueguen, mais je crois qu’elle n’est pas trop en accord, donc bon je n’ai pas insisté …
        Nous on a affiché des phrases positives sur le frigo et on s’entraîne sur les chats 😀

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  20. Bonjour Maman Poule,
    J’ai tellement pensé à toi en voyant cette vidéo TED que j’ai voulu t’envoyer le lien (sais pas si ça va passer dans le commentaire…), peut-être l’as-tu déjà vue :

    J’y ai trouvé tellement de choses dont tu nous as parlé, une synthèse de plusieurs années de réflexion sur ton blog, un beau témoignage, une personne inspirante…

    Et j’en profite pour te dire merci de semer toutes ces graines à travers tes articles, et nous aider à construire nos propres chemins vers la bienveillance 🙂

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