Maternage & Parentalité positive

Mon enfant me teste… ou pas !

Parmi les phrases qu’on entend le plus souvent en tant que parents d’enfant en bas âge, il y a le fameux « il te teste » et sa variante « elle cherche les limites« , à peu près aussi répandues que les  « elle fait ses nuits? » et « laisse le pleurer sinon tu vas être esclave » chez les parents de bébés.

Tu baignes tellement dans cette affirmation, avant même de devenir parent, que ça en est devenu une vérité absolue, un truc qui ressort à toutes les sauces et que personne ne remet en cause. Les enfants testent leurs parents, les enfants cherchent les limites. Sous entendu : en tant que parents, il ne faut pas se louper ! Il s’agit d’être à la hauteur du test lancés par nos enfants (=ferme, autoritaire, inflexible, toute la panoplie du « vrai parent ») et de les donner , ces fameuses limites !

Je vais vous dire une chose : en deux ans et presque 5 mois de vie de Mademoiselle Carrousel, la pensée « elle me teste! » ne m’a pas traversée l’esprit une seule fois. J’ai fait ce constat le week-end dernier, en attendant une maman de la crèche dire « il me teste, comme tous les enfants de cet âge…. » ; vraiment ? Alors je me suis dit que c’était peut-être moi qui débloquais, qu’à force de me nourrir de Filliozat, Guegen and Co, je n’étais plus lucide sur mon enfant et qu’aux yeux de tous les autres c’était un petit être diabolique en perpétuelle recherches de limites que je ne donne pas… J’ai donc interrogé Papa Ours : « Dis, tu sais on dit tout le temps que les enfants cherchent les limites et testent leurs parents, tu dirais que c’est ce que fait Mademoiselle Carrousel ? ». Et il m’a confirmé mon point de vue : non, pas du tout, il ne se dit jamais ça non plus.

On en a discuté ensemble, on a cherché des exemples concrets :

Est-ce que Mademoiselle Carrousel fait des choses qu’on ne voudrait pas qu’elle fasse ? OUI.

Est-ce que Mademoiselle Carrousel refuse de faire des choses qu’on voudrait qu’elle fasse ? OUI.

Donc je vous rassure, je ne suis pas en train de vous dire que nous avons enfanté une petite fille livrée raisonnable et raisonnée : non, comme la plupart des enfants de deux ans presque et demi, elle n’a pas envie de s’habiller le matin, elle ne veut pas se brosser les dents le soir, elle se réveille la nuit sans complexe, elle pique une crise pour avoir un cookie avant le dîner, elle trouve que c’est une bonne idée de jeter en l’air toutes les cartes de son jeu « fruits ou légumes » que j’ai crée avec amour avec ma plastifieuse , elle hurle « déjeuner!!!!! » dans mes oreilles à 6h du matin le dimanche,  elle se balade avec sa tartine au petit-déjeuner et met de la confiture sur le tapis, elle se roule par terre avec de grosses larmes quand se termine l’épisode du dessin animé qu’on lui a accordé…

Rien d’original pour un deu-troizans, quoi.

Ce qui change, c’est le regard que nous, parents, portons sur ces comportements là : nous ne sommes jamais entré dans la lutte de pouvoir et ne voyons pas ces comportements comme étant dirigés « contre nous ». Nous voyons des explorations, des découvertes, nous voyons une petite fille absorbée dans ses activités, une petite fille débordée par sa frustration/sa déception/ses émotions, nous voyons une enfant incapable d’anticiper les conséquences de ses actes, nous voyons une enfant fatiguée qui n’est plus en mesure de supporter les contraintes, etc … La plupart du temps, nous voyons un être humain en construction, avec ses goûts et son rythme propres, malheureusement pas souvent toujours compatibles avec les exigences et les contraintes de la vie des adultes.  Car si on ne peut, malheureusement, pas faire fi de ces contraintes de la vie d’adulte, nous pouvons au moins avoir conscience qu’elles nous appartiennent, que ça ne devrait pas être le problème de nos enfants et adapter nos réactions en conséquences. Les enfants sont ce qu’ils sont, ce qu’ils sont prévus pour être : des êtres joyeux, bruyants, vivant l’instant présent à fond, peu soucieux des conséquences, de demain ou d’hier, des êtres débordant d’amour, d’émotions et de passions qui les absorbent, des êtres dont la créativité et l’imagination nous dépassent, des êtres pleins de VIE. Et ce n’est pas simple d’être ce genre de petits êtres dans un monde d’adultes, faits par et pour des adultes toujours impatients, pressés et fatigués, inadapté aux besoins naturels des enfants et dans lequel leur présence dérange la plupart du temps.

Ce que j’observe, c’est qu’en refusant d’entrer dans le rapport de force avec Mademoiselle Carrousel, les conflits et les comportements inappropriés sont beaucoup plus rares qu’avec les enfants élevés de  façon plus « traditionnelle ».  Ou peut-être est-ce aussi que je le vis beaucoup moins mal parce que je ne le vois pas comme une mise au défi perpétuelle dans laquelle je dois m’imposer ? Sûrement un peu des deux : je ne prends pas personnellement ses comportements inappropriés, mais en plus je trouve que Mademoiselle Carrousel se responsabilise chaque jour un peu plus. Elle a développé une vraie conscience du danger donc n’a que peu de comportements dangereux, elle nettoie spontanément 2 fois sur 3 après une « bêtise » (comme la confiture sur le tapis!), elle est de plus en plus consciente des conséquences sur les autres de ce qu’elle fait, elle est de bonne volonté pour coopérer et aider si elle n’est pas fatiguée…

J’ai fait un petit test ce matin ; Mademoiselle Carrousel était très dynamique dès le reveil et la voilà qui se met en tête de grimper sur la table basse du salon alors qu’on était en train de faire un jeu. Je dois vous avouer une chose ; habituellement, ça m’est plutôt égal qu’elle monte sur notre table de salon. D’une part parce qu’elle ne le fait pratiquement jamais (ça doit être la 3ème fois que je la vois monter dessus, ça dure 2 minutes, elle rigole et elle descend), que la table a des bords ronds et qu’elle maitrise donc je ne vois pas de danger, ni pour elle ni pour ma table. Bien-sûr à l’extérieur je ne la laisserai pas monter sur la table basse des gens (par respect pour eux), mais chez MOI sur MA table, en vrai je m’en fous. Là, j’ai décidé de réagir en mode « parent normal » donc j’ai adopté un ton ferme et condamnant à la super Nanny pour dire « tu descends de la table, non mais hô, tu te crois où là? » (et oui, j’assume de faire des expériences sur mon cobaye de fille!). Grand sourire éclaté de Mademoiselle Carrousel, qui continue sa grimpette. Je l’attrape par le bras pour la faire descendre, toujours avec « le bon ton, la bonne attitude » dixit super Nanny : Mademoiselle Carrousel me jette un regard courroucé, mi-vexée, mi-énerv et elle recommence, avec empressement à ne pas se laisser faire, cette fois. Je hausse encore le ton « tu descends de la table TOUT DE SUITE! » ; cris, pleurs et Mademoiselle Carrousel est toujours perchée sur la table, me regardant droit dans les yeux, les bras croisés, sourcils froncés. AH BAH VOILA ! ELLE ME TESTE !!!  🙂 

Finalement, elle est normale cette enfant : si on entre dans le rapport de force, avec son petit caractère bien trempée, elle entre dans le jeu sans problème ! Et là, quelle option ai-je, si je veux « gagner » face à mon enfant ? Et bien je dois la faire perdre, la faire plier : menace, punition, coin, fessée ? J’ai le choix de l’arme pour la soumettre et pour faire respecter ma volonté. Parce que merde hein, c’est moi le parent donc C’EST MOI QUI DÉCIDE.

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Aller dans le berceau cododo de bébé soeur à 2 ans et demi ! Non mais elle me teste ??

Voilà ce qui se passe pour moi dernière ces « tests » et ces « recherches de limites » ; au départ, des enfants qui ne comprennent pas forcément un interdit/une consigne ou qui ne sont pas capables de les respecter, mais surtout des enfants qui, bien humainement, ne veulent pas « perdre la face », se sentir humiliés, des enfants qui ne veulent pas perdre sous le seul prétexte qu’ils sont plus petits et plus faibles que les adultes. Aimerions-nous qu’on nous parle ainsi, qu’on s’adresse d’emblée à nous comme si nous avions les pires intentions, alors que ce n’est pas le cas ? J’ai le souvenir très prégnant de l’injustice et la colère que je ressentais étant enfant quand on me sommais de « ne pas répondre, insolente! » (alors que j’avais des arguments à apporter, un point de vue quoi, tout simplement !!) ou « d’obéir immédiatement parce que je suis ton père et que tu me dois le respect » (l’argument le plus naze qu’on puisse donner, si vous voulez mon avis!).  Moi, j’étais de nature soumise alors je ravalais et j’obéissais en bouillant à l’intérieur, mais je comprends bien que ça déclenche une escalade de résistance chez des enfants moins soumis.

Je ne suis pas en train de dire qu’il faut laisser « tout faire », pas du tout. Si cela VOUS pose un problème que votre enfant monte sur la table basse, il y a d’autres façons de le lui faire comprendre qu’en lui ordonnant de descendre immédiatement comme s’il faisait tout pour vous contrarier. On peut proposer de grimper sur autre chose, proposer qu’il y reste exceptionnellement 2 minutes pour essayer et descende, on peut détourner son attention, proposer un autre jeu, exprimer ses craintes (« j’ai peur que tu te blesses/que tu abîmes la table »…) ; c’est tout l’objet de la parentalité positive que de transmettre des outils pour susciter la coopération. L’important, c’est de se dégager de l’attitude « je dois immédiatement le faire obéir pour faire respecter ma volonté sinon je suis un parent laxiste / qui se fait bouffer » ; on peut faire preuve de compréhension pour lui laisser le temps d’intégrer notre demande et de la respecter à son rythme (et ce ne sera peut-être pas aujourd’hui…), pour tout simplement prendre AUSSI en compte ses besoins et pas seulement les nôtres, sans être laxiste, sans être démissionnaire. Le respect ne s’impose pas par la force ; il vient naturellement face à un parent juste et bon.

Je crois que ce qui m’énervè le plus dans l’injonction « il faut poser des limites », ce n’est pas l’idée en soi de donner des limites à ses enfants (puisque, j’en conviens, c’est nécessaire et que de toutes façon il y aura forcément des moments où nous n’aurons pas d’autres choix que de limiter leurs comportements!) mais c’est l’idée derrière qu’il existe des limites presque universelles que tout parent devrait faire respecter sous peine d’être taxé de laxiste.

Pour moi, il y a des interdits non négociables, et ce sont uniquement les interdits de sécurité pour elle et pour autrui : je ne la laisse pas se faire du mal, ni faire du mal aux autres. C’est non négociable, pour autant la façon dont je les fais respecter n’implique pas de châtiments ou de punitions, comme je vous le disais ici. Bien-sûr, entendons nous, si elle se jette vers la route ou qu’elle tabasse un enfant, en premier lieu je vais agir au plus vite (la stopper physiquement) et je vois APRÈS pour les explications, la prévention et les autres outils que nous utilisons pour éduquer sans punir !

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Demander à aller à la crèche en trotinette et marcher tout le long à côté, c’est pas possible, elle me teste ? Non ?!

Au-delà de ces interdits de sécurité, pour moi tout est négociable en termes de limites :

  • Négociable à l’échelle du foyer, car pour moi les limites que nous donnons à nos enfants sont en fait nos limites en tant que parents ; qu’est-ce qui compte pour nous ? Qu’est ce qu’on veut absolument transmettre ? Qu’est ce qu’on ne peut pas supporter, qu’on considère comme grave, qui n’est pas acceptable pour nous? Et qu’est ce qui, à priori nous semblait important et dont on est prêt à questionner le bien-fondé ? Chez nous par exemple, l’équilibre alimentaire c’est vraiment important pour moi, je ne me sens pas bien du tout si Mademoiselle Carrousel ne mange pas équilibré, si elle mange trop sucré, etc… Donc parmi nos règles, il n’y a pas de grignotages avant les repas, des légumes proposés à chaque repas ou presque, pas de bonbons, pas de boissons sucrées à part un sirop au resto, pas de frites à part de façon exceptionnelle… En revanche, ça m’est égal de passer l’aspirateur et de nettoyer le sol après chaque repas du moment que ma fille mange seule et avec plaisir (car c’est transmettre ce plaisir qui compte plus pour moi que le fait de « bien se tenir » à table). Maintenant qu’elle grandit, bien-sûr je l’encourage à manger plus proprement, à utiliser ses couverts, mais elle mange avec tellement d’enthousiasme qu’elle en fout partout et je passe outre. Si en revanche elle faisait exprès de salir, de jeter par terre, j’enlèverai simplement son assiette en lui disant qu’elle ne doit plus avoir faim puisqu’elle jette la nourriture. Voilà un exemple (parmi des centaines possibles) de comment cela fonctionne chez nous et comment cela peut fonctionner totalement autrement chez d’autres…  D
  • Négociable selon les situations, les enfants… Alors attention, je ne parle pas de faire la girouette à tout bouts de champs, je pense que ça complique quand même considérablement les choses quand les enfants ne savent pas du tout à quoi s’en tenir sur aucun sujet ! ^^ Mais je pense qu’une limite juste tiens compte à la fois des besoins des parents, et des besoins des enfants. Besoins qui changent d’un enfant à l’autre, d’un âge à l’autre… nous amenant à remettre en question nos principes régulièrement, potentiellement. De même, nous sommes humains et je trouve cela complètement con de vouloir faire croire à nos enfants qu’en toutes situations, on est toujours d’humeur égale ; parfois on peut supporter certaines choses, parfois non. Le tout est d’être honnête avec ça, et de ne pas essayer de faire porter le chapeau aux enfants (« mais vous êtes insupportable, taisez vous et filez dans vos chambres! » alors que d’habitude ça passe sans soucis) mais bien de parler de soi (« aujourd’hui je suis fatiguée et j’ai mal à la tête, j’ai besoin que vous fassiez un jeu calme, je ne peux pas supporter un jeu de bagarre pour l’instant »).

 Et quand je dis « négociable », je n’entends pas « une règle que mon enfant peut refuser et que du coup je lâche l’affaire par facilité », mais bien « la difficulté a faire respecter une règle que j’avais instauré m’amène a questionner consciemment sa pertinence et éventuellement a la remettre en question, dans l’immédiat ou a long terme, de mon plein gré ». 🙂

Un sujet sur lequel cela m’agace particulièrement qu’on parle de limite, c’est le sommeil et le cododo : « les enfants ne dorment pas avec les parents, il faut mettre des limites« . Il semblerait que le sommeil partagé soit l’une de ces limites universelles que tous les parents devraient mettre, sinon c’est le signe qu’ils ont foiré quelque part ! Non seulement, c’est méconnaitre le fonctionnement du sommeil des enfants (les réveils nocturnes des enfants jusqu’à 2-3 ans sont NORMAUX et physiologiques!) et des pratiques sur les 3/4 du globe, mais surtout c’est mettre une sacré épine dans le pied des parents (qui marchent déjà sur des hérissons en permanence) ! Il y a des parents qui, en sommeil partagé, ne dorment pas, ne sentent oppressés, n’ont plus de vie sexuelle et se sentent mis en danger dans leur individualité et leur couple ; pour eux effectivement, cela fait sens de mettre une limite sur ce sujet à leurs enfants et, par exemple, de réserver le cododo à des situations exceptionnelles. Et puis il y a d’autres parents qui sont beaucoup moins fatigués grâce au cododo, qui aiment cette proximité avec leur enfant, qui dorment mieux, qui aménagent leur vie sexuelle sans problème autrement… et alors quel est la légitimité de parler de limites à ces familles là? Une limite qui ne sert ni les enfants, ni les parents, WTF ?!

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Là, là, LA elle me teste, non ????

En conclusion, il me semble que le meilleur moyen de ne pas avoir le sentiment que notre enfant « nous teste » et « nous cherche », c’est de sortir de cette vision négative de l’enfant, de cesser de leurs prêter de mauvaises intentions la où ils sont seulement le miroir du regard que NOUS portons sur eux et d’adopter un regard bienveillant sur ses comportements inappropriés. Un regard bienveillant veut dire qu’on comprend que l’enfant ne le fait pas exprès pour nous embêter ou nous défier, qu’on comprend (ou qu’on essaye de comprendre!) qu’a son niveau il y a une raison legitime a un comportement qui nous gêne, cela ne veut pas dire qu’on accepte sans broncher ! Simplement, on y réagit sans entrer dans le rapport de force et avec des outils qui n’ont pas pour objectifs de soumettre l’enfant et de gagner le combat contre lui, mais de s’en sortir ensemble dans une situation gagnant-gagnant. Et qu’ainsi, l’enfant en ressorte grandi … et nous avec !! Allez… bon courage 😉 😉

 

 

 

 

 

 

 

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41 réflexions au sujet de « Mon enfant me teste… ou pas ! »

  1. J’aurais presque tendance à dire que c’est LE MEILLEUR article que j’ai lu chez toi, jusqu’ici, mais c’est difficile d’affirmer un tel truc car y’en a tellement de bons!
    J’ai moi aussi vécu avec mes parents, à la fois envers moi-même mais aussi envers les autres enfants autour comme mon petit frère, mon jeune cousin (sur qui ma mère, sa tante donc, se sent une autorité toute justifiée…) les fameuses phrases péremptoires du style « un enfant VEUT des limites », « tu me cherches, tu vas me trouver » et autres « c’est pas toi qui décide, c’est moi », « il va te cracher sur la tête », et évidemment l’énormissime « ne répond pas » avec la baffe qui s’en suit. (Si on avait encore un doute après mes exemples, oui oui je suis traumatisée et oui oui à 30 ans je cherche un thérapeute pour faire le point sur cette enfance ultra violente).
    À quelqu’un qui dit « elle me teste/elle te teste » j’aurais envie de répondre « elle SE teste, elle explore, elle étudie les limites du monde qui l’entoure ». C’est ce que je dis bien haut et fort quand mon fils de 11 mois grimpe partout, pour éviter que Grammie et compagnie nous assènent d’une phrase toute faite bien nulle. On ne nous a pas encore dit « il te teste » mais j’ai déjà entendu « il te manipule » en parlant du cousin de 27 mois et à chaque fois, mon coeur se serre.

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    1. Je me retrouve dans ton expérience, j’ai 31 ans, et mes parents usaient de cette éducation carotte-bâton qui pouvait me faire enrager tout en me sentant complètement impuissante. Sache qu’en effet, 3 ans de thérapie m’ont bien aidé à apurer les comptes du passé avant d’être moi-même maman (parce que malheureusement on a tendance à répéter les erreurs dont on a souffert de la part de nos parents, sur nos enfants ). Si tu es sur Paris ou alentour, je peux te filer le contact de ma psy. Elle m’a tellement aidé qu’il faudrait plus qu’un commentaire de blog pour en parler. En tout cas je t’encourage à bénéficier d’un accompagnement psychologique, c est salvateur.
      Et sinon, oui, il est très chouette ton article, Happynaiss, je l’ai partagé sur Facebook, dans l’espoir qu’il fera réfléchir des jeunes parents de ma connaissance 😉

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      1. Je vis dans le Vermont — je suis allée aussi loin que je l’ai pu! Je cherche effectivement un professionnel qui puisse m’accompagner dans une vraie thérapie, c’est moins facile qu’on ne le pense car j’ai fait le choix, quelques semaines après la naissance de mon fils, de couper les ponts avec mes parents, et tous les thérapeutes n’ont pas ce qu’il faut pour accepter ça. Ce choix, je l’ai fait par peur de reproduire les choses, justement. Peur de ne pas pouvoir éduquer mon enfant comme je le voudrais s’ils sont dans ma vie, même à distance. Mais c’est vrai qu’il me tarde de commencer un vrai travail de thérapie.

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  2. Bel article, très vrai. Tu as bien raison sur le cododo, dans nos sociétés occidentales c’est considéré comme une « faiblesse » des parents alors que dans le reste du monde c’est quelque chose de normal et habituel. J’avoue que moi-même, j’y était réticent à la naissance de notre puce, et cela est certainement dû à tout un tas de croyances que j’avais. Le fait de voyager et de voir comment cela se passait ailleurs m’a beaucoup fait évoluer sur le sujet. En Asie, il n’y a jamais de lit bébé de proposé dans les hôtels et la question ne se pose même pas, n’étonne pas le réceptionniste : notre enfant dort avec nous point barre.

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    1. Bonjour,

      Certes mais en quoi le fait que c’est pratiqué dans d’autres pays est forcément une preuve que c’est une bonne chose ? Je pense que la majeure partie du monde pratique les chatiments corporels ou ne voit aucun problème à ce qu’un enfant travaille.
      Disons que je n’ai rien pour ou contre le cododo en soit (même si je ne l’ai pas pratiqué : on ne le souhaitait pas et pourtant tout s’est très bien passé pour notre fille) mais je trouve que l’argument de la « majorité » n’en est pas un (en tout cas, il peut desservir l’argumentation plutôt que la servir)

      A bientôt

      Amitiés

      Arnaud

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      1. Ce n’est peut-être pas l’argument de la majorité, mais juste histoire de sortir d’un certain eurocentrisme qui consisterait à dire ou laisser croire que le cododo est forcément malsain (parce qu’il entraverait la vie sexuelle des parents, parce qu’il ne permettrait pas à l’enfant de saisir la limite entre la relation au sein du couple et la relation avec ses parents…): il y a plein d’autres personnes de par le monde qui pratiquent le cododo, on ne va pas dire que toutes ces sociétés sont déviantes ou malsaines… Donc, ça permet de faire entrer le cododo dans le champ des possibles, là où hordes de pédiatres et psy d’une certaine époque nous ont fait croire le contraire.
        « Je pense que la majeure partie du monde pratique les châtiments corporels ou ne voit aucun problème à ce qu’un enfant travaille »: dommage que cette phrase mélange deux problématique TRÈS différentes (bien que dommageables toutes deux pour le bien-être des enfants, on est d’accord), et en vient un peu à laisser penser l’existence d’un « monde sauvage » au-delà de nos frontières et de nos territoires civilisés. (je ne dis pas que c’est votre pensée, juste que les mots sont importants, qu’ils transmettent du sens…)

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      2. Maman Panda ma devancé, c’est effectivement la raison pour laquelle j’avance cet argument : si le cododo produisait des enfants incapables d’autonomie et déviants sexuellement, tel que annoncé par les psy chez nous, la moitié du globe serait dans un très sale état….

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      3. @Maman Panda
        Effectivement ce n’est pas ma pensée. Je ne lie aucunement « sauvage » vs civilisé dans la problématique du cododo. Je ne l’ai d’ailleurs pas évoqué et je ne vois pas dans mes propos un lien avec les problématiques « pays développés / non développés ». Pour bien connaitre l’Allemagne, on y pratique + le cododo ! Je fais juste mention du fait qu’on dit souvent pour appuyer une théorie que « les 3/4 du globe font ça donc ça doit pas être si mal » ou « la majorité fait ça donc c’est bien ». Mais à mes yeux ce n’est pas pertinent (et je dis bien « à mes yeux ! ») . C’est d’ailleurs souvent l’argument opposé par les tenants de la VEO (terme que je n’aime pas au demeurant) ou sur un tas d’autres sujets (vaccins, etc.) : we are the 99% donc nous avons raison.

        Ne sur interprétez pas mes propos surtout. C’était juste un conseil bienveillant : il est dangereux d’utiliser une argumentation qui peut être utilisée contre nous dans d’autres situations (exemple sur la VEO : nous avons je pense quasi tous été élevés comme ça et je ne pense pas que nous soyons tous déviants et malsains 🙂

        Désolé en tout cas si mon propos a pu être mal interprété.

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  3. Si seulement mon mari pouvait lire les articles que je lui envoie !!!!! Je me retrouve tout à fait dans cet article, l’idée que ma presque 2 ans me teste ne m’a jamais traversée l’esprit…et pourtant parfois elle m’en fait voir de toutes les couleurs ! Et surtout en ce moment avec des couchers et des siestes difficiles à coup de je m’accroche à la jambe de maman en pleurant et en disant « pose ta tête » pour montrer qu’elle veut que je reste ! La nounou et mon mari me disent de laisser pleurer, moi je reviens, je caline, j’explique…parfois sans grand succès je dois bien l’avouer mais j’ai bien essayé l’autre solution (préjugés ancrés culpabilisants bonjour !) Et c’est comme si j’allais contre nature, ça ne me fait aucun bien et à ma fille non plus alors j’insiste dans la bienveillance quitte à me prendre quelque remarques de papa grognon qui n’a tjs pas compris le principe de la parentalité positive !
    Merci encore pour tes articles qui me rassurent toujours dans ma démarche.

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  4. Bonjour à toi, bonjour à tous,

    Avant tout, je tiens à signaler que je suis un Papa Ours et un très fidèle lecteur de ton blog. Comme quoi, tes sujets n’intéressent pas que les Maman Poule, j’en suis sûr !

    Bravo pour la qualité de tes articles que je ne rate jamais. Leur plus grande qualité est qu’ils ne laissent pas indifférents. Je ne suis pas tout le temps d’accord avec toi. Mais j’ai le plaisir de lire quelque chose qui suscite des débats, des émotions et qui donne envie d’échanger. Ton blog a de la saveur, et dans un monde de plus en plus lisse, c’est une qualité fantastique !

    Comme les autres commentateurs, j’ai beaucoup aimé cet article. Et je pense que c’est un thème qui touche vraiment tous les parents. Combien de fois avons nous pu nous poser cette question et combien de fois, en fait, nous faut-il faire un effort pour nous dire que le problème est dans nos yeux de parents ! Car c’est aussi ça la difficulté de la parentalité positive : reconnaitre et accepter que nous sommes faillibles en tant que parents !

    Par contre, je vais me permettre une petite critique : je trouve que les arguments du type « comme on le fait sur les 3/4 du globe » ne servent pas ton argumentation. En l’occurrence, sur le cododo qui est un sujet sur lequel nous avons adopté un fonctionnement très différent du votre et qui a plutôt bien fonctionné avec notre ainée, je ne pense pas que le fait que ce soit pratiqué par les 3/4 du globe démontre que c’est une bonne pratique. Si on remplace cododo par « chatiments corporels » (ce qui doit également être le cas), on voit vite les limites de l’utilisation de l’argument de « la majorité ». Bref, pour ma part, je n’aime pas trop la comparaison avec des normes, même quand elles vont dans mon sens, car je sais que très souvent, on peut m’opposer l’argument inverse et que je préfère me concentrer sur ma voie, celle de ma famille, celle de mes enfants. Et reconnaitre par l’expérience, la mienne, ce qui marche ou ce qui ne marche pas !

    A bientôt et merci

    Bon courage pour la suite de ta grossesse

    Amitiés

    Arnaud (+ Céline, Noémie et Clément)

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  5. Hello !
    Merci pour ce bel article ! J’aime beaucoup l’idée de bienveillance et de ne pas chercher à braquer ou soumettre l’enfant lors de ses explorations..

    Mais pour ma part en ce moment avec mon bout de chou de 2.75 ans j’ai l’impression d’être arrivée un peu à une des limites de la « bienveillance à l’écoute et sans punitions » : parfois il nous tape, recommence, pousse, jette de la nourriture par terre exprès ou lance des objets, et on a beau lui expliquer qu’on ne peut pas faire ça (ça fait mal,..), lui il sait très bien que « c’est pas bien » mais pour lui c’est un jeu, il attend nos réactions et recommence, là clairement je dirais vraiment qu' »il nous teste »… On lui propose de taper sur un coussin, de verbaliser quand il est en colère au lieu de taper, mais parfois on est vraiment désemparés on ne peut pas accepter qu’il nous tape… (heureusement c’est pas tout le temps parfois il est très mignon…)… Le dernier moyen qu’on a trouvé c’est le « temps calme 2 min seul dans sa chambre », ça l’embête vraiment et l’incite à ne pas recommencer, mais bon ça fait quand même recourir à un rapport de force mais on n’a pas trouvé mieux pour l’instant… 😦

    En espérant que ça s’arrange peu à peu il a eu aussi une période un peu difficile ces temps-ci, et en cherchant à garder un regard aussi bienveillant que le tien !

    A bientôt

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    1. C’est rigolo que tu dises « on se dit qu’il nous teste » juste après avoir observé « que pour lui c’est un jeu », car il y a parfois bcp de ça, quand les enfants voient qu’avec leurs actions ils peuvent déclencher telle ou telle réaction….

      Et puis pour les comportements comme taper, faire mal, lancer, c’est vrai qu’en tant que parents on a vrmt besoin dun résultat rapide (a l’inverse d’autres comportements ou on peut se montrer plus souple), du coup si les premières actions ne fonctionnent pas on se sent obligés de monter en puissance (et d’arriver par exemple dans votre cas a l’isoler par exemple), mais on peut aussi envisager de stopper le geste physiquement, d’accueillir la probable colère/déchaînement/envie de recommencer qui va suivre, et faire confiance a l’enfant pour intégrer au fur et a mesure… Mais je ne dis pas que c facile hein ^^ et cette 3eme année est quand même relativement sport a gérer, donc chacun fait comme il peut 🙂

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  6. Ce blog est un débat à coeurs ouverts !

    Je n’ose même plus commenter de peur de me faire  » lyncher  » .

    Si on adopte pas la parentalité positive , on est des parents cons ici j’ai l’impression !

    Mais tu sais que des parents  » normaux  » qui ne tapent pas leurs enfants existent ? Sans pour autant pratiquer la parentalité positive !

    Bon courage avec l’arrivée de bébé 2 , tu nous tiendra au courant si tu arrives à être toujours aussi zen , calme , posée etc ….

    En tout cas bravo pour ta patience !

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    1. Je ne comprend pas vraiment le message, je n’ai pas l’impression de dire qu’on est cons si on ne pratique pas la parentalité positive, mais forcément mon blog est orienté sur ce thème donc c’est le coeur de mes articles….

      Et pour info, je ne suis pas tjrs zen, calme et patiente malheureusement (comme je le dis souvent dans mes articles), je crie souvent mais je m’en excuse parce que je sais que c’est pas constructif… Et je sais bien qu’avec bébé 2 les risques de dérapage Sont encore plus grands, j’en reparlerai avec honnêteté ici comme j’essaye de le faire tjrs…

      Aimé par 2 people

    2. Quelle amertume! Il nous arrive tous de perdre patience, de ne pas avoir le comportement que l’on aurait souhaité, ça n’empêche pas d’en parler, de se donner des outils et des clés pour favoriser la bienveillance.
      Ce qui est bien avec les blogs, c’est que si les articles ne nous intéressent pas, on a une super alternative: ne plus les visiter!

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    3. J’ai 2 enfants ( la première aura 3 ans dans un mois et mon deuxieme aura 1 an dans 1 mois aussi dc rapproché en plus tt deux en bas-age ! ) et je n’ai pas perdu pour autant ma bienveillance, mon calme etc ! Je trouve ça (pardon pour le mot) « stupide » de balancer le  » tu verras quand t’en auras plusieurs si t’arrives toujours » comme si c’était une fatalité de ne pas y arriver dès qu’on a plus d’un enfant ! oui c’est possible, oui c’est un peu plus compliqué car on en a plusieurs à « gérer » donc il faut trouver le « rythme » mais non ca n’empeche pas de continuer à etre des parents  » positifs, bienveillants » etc .

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      1. D’accord avec les commentaires précédents en réponse à maman landaise. L’éducation bienveillante n’est pas un label genre « agriculture biologique  » où il faudraient cocher un certain nombre de pratiques, si bonnes soient-elles. C’est d’abord un regard a priori bienveillant posé sur l’enfant. Beaucoup de parents pratiquent de fait « l »éducation bienveillante » sans en avoir conscience 😉

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  7. Super, cet article, il est vrai que les parents (et l’entourage!) ont parfois tendance à interpréter à leur manière, de travers, les comportements de nos petits… en partant du principe qu’ils sont mauvais à ce moment. C’est triste, car pourtant, comme on le lit partout dans la littérature « bienveillante », ils sont par nature des êtres bons, qui n’ont de surcroît aucun intérêt à se mettre à dos leurs parents dont ils dépendent encore complètement !!
    Bref, j’avais juste une interrogation hors sujet mais pas complètement : ta fille regarde déjà des dessins animés ? J’imagine que tu connais déjà Serge Tisseron (http://www.sergetisseron.com) , son 3-6-9-12 et, de manière plus générale, les méfaits des écrans sur les tout-petits. Bon te connaissant (genre, on est potes!) je pense que ça reste exceptionnel et encadré mais bon, ça me choque un peu quand même. De notre coté, pas de télé à la maison donc ça limite le problème, reste l’ordi, on a bien téléchargé quelques petits court-métrages animés pour le jour où… mais on repousse à chaque fois, elle a 3 ans passés et n’a encore jamais vu de dessin animé. On se dit qu’on repousse tant qu’on peut, même si les jours de pluie c’est tentant !!!! Et pourtant elle sait ce que c’est qu’une télé, parfois ses petits personnages (arbre magique de vulli, super à cet âge !!) « regardent la télé »…. (qu’est ce qu’il ne faut pas entendre !!)
    Et par curiosité, elle regarde quoi ta puce ? Je ne connais pas de format court, joli, poétique, compréhensible facilement par des petits, et sans message déviant (violence, inégalité homme-femme…)

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    1. Je suis bien d’accord avec toi concernant les écrans, au départ pour moi c’était 0 écran avant 3 ans. Dans la réalité, un jour son papa lui en a mis un petit, donc elle en a environ 1 ou 2 de 10 min par week end. Jamais quotidien, jamais la semaine, on essaye vrmt que ce soit super exceptionnel. Et elle regarde uniquement « le village de Dany » qui est un DA super bienveillant 😉

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    2. La télévision chez les petits est vraiment un sujet d’actualité. J’étais comme vous, pas de télévision avant 3 ans. Mais ma fille étant gardée chez une assistante maternelle, c’est télévision très souvent (tous les jours fait). Et j’ai bien été obligée de me faire une raison… Je ne peux pas empêcher cela.
      Cependant, je ne pense pas que ça freine son développement. Je redoutais surtout des dommages au niveau de la vision (mon conjoint et moi-même sommes porteurs de lunettes depuis l’enfance).
      Quand les enfants sont en crèche, je trouve que les valeurs des parents sont plus respectées. Chez nous pas de junk-food mais chez l’ass. mat. c’est chips, bonbons, frites et cacahuètes dès deux ans malgré mes nombreuses demandes de ne pas donner ce genre d’aliments… Mais bon cause toujours, tu m’intéresses…

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      1. Ah oui, d’où l’intérêt de choisir la bonne nounou… quand on en a la possibilité !!
        Nous avons la chance d’avoir une nounou qui prend grand soin de nos enfants (elle garde les 2 en ce moment), individuellement, sort beaucoup, avec d’autres nounous aussi, fait énormément d’activités manuelles, bref elle aime son métier et ça se voit (et cerise sur le gâteau, elle leur prépare de bons repas tout en bio !!). Jamais vu la télé allumée chez elle (juste ses 2 ados scotchés devant leur ordi ou téléphone, mais bon…) Par ailleurs, elle a eu une autre vie professionnelle avant et ce métier est un vrai choix pour elle, et à mon avis ça change tout.
        On mesure notre chance, surtout quand des amis nous racontent leurs galères de nounous qui font flipper !! Pas toujours facile de trouver la perle rare. Donc on pense à la remercier dès qu’on peut !!

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      2. Ca ne doit pas être facile à accepter dis donc… En effet, avec la crèche c’est nickel niveau télé ou alimentation 🙂 Comme tjrs, on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a, on fait au mieux….

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  8. Comme d’habitude, j’ai adoré cet article. On n’a pas encore eu droit à cette réflexion car Miss n’a pas tout à fait 6mois mais on sait qu’en appliquant la parentalité positive on va y avoir droit 😉.
    En tout cas merci pour tes articles, ils aident beaucoup les parents bienveillants que nous espérons être pour notre fille ( en plus des lectures de Gueguen et cie).
    Et dans les phrases types tu as oublié la fameuse « il/elle a peut être faim » dès que ton enfant pleure. Non, mon bébé ne pleure pas seulement quand il a faim (ce serait tellement simple).

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  9. Bonjour,

    Voilà quelques semaines, je me suis abonnée à la newsletter de ton blog. Je découvre toujours avec beaucoup de plaisir tes articles. Je me retrouve bien souvent dans les situations que tu décris. Ma fille vient d’avoir un an donc on n’est pas encore au stade de Mademoiselle Carousel mais comme ça on a un avant-goût !

    Son Papa et moi l’accompagnons dans une démarche de parentalité positive et la plus grande difficulté à laquelle nous sommes confrontés, c’est bien le regard et les remarques de l’entourage. On progresse petit à petit et je ne désespère pas qu’un jour, les mentalités se montreront plus ouvertes. Nous ne cherchons pas à convaincre que notre manière d’être est la meilleure qui soit (ce serait bien prétentieux ! ). Je voudrais simplement qu’on cesse de la remettre en question à coup de « on n’a pas fait comme ça avec nos enfants et ils ne sont pas traumatisés pour autant ». Dans mon cas, je regrette vraiment que nos parents, qui n’ont pas été dans une démarche de parentalité positive mais n’étaient pas non plus des bourreaux, ressentent comme un reproche le fait qu’on ne reproduise pas l’éducation qu’on a reçue de leur part avec nos enfants. Mais c’est un autre débat !

    Notre parentalité est surtout celle qui nous correspond. Je pense être quelqu’un d’assez emphatique, de manière générale et ce même avant la naissance de ma fille et la découverte du concept de parentalité positive. Cela me semble donc tout naturel de m’être retrouvée dans cette voie là. En ce qui me concerne, ce n’est finalement pas un choix mais une évidence qui s’est imposée à moi. Ce n’est pas tous les jours facile car on sent qu’on est attendus au tournant. Je sais que le moindre comportement « dérangeant » de la part de notre fille peut être pointé du doigt comme la preuve irréfutable que nous sommes des parents laxistes. Je trouve heureusement au travers de tes articles (et des livres que tu recommandes) de nombreux arguments à avancer pour expliquer que non, notre fille ne nous manipule pas et que non, nous ne sommes pas des parents permissifs. Toutefois, c’est pesant de devoir sans cesse se justifier alors qu’on demande rarement des comptes aux parents qui hurlent systématiquement sur leur enfant parce qu’il grimpe partout, renverse de l’eau sur la table ou mange de la terre.

    Les jours où mon moral se retrouve dans mes chaussettes, je parcours quelques anciens articles (je n’ai pas encore lu l’entièreté de ton blog ! ) et me voilà regonflée à bloc pour poursuivre mon aventure de mère pas parfaite mais bienveillante.

    Merci du fond du coeur pour tous les articles que tu partages. Ils respirent l’honnêteté (non, ce n’est pas tous les jours faciles ! ) et la bienveillance (envers les autres et aussi envers soi-même) et ça fait vraiment du bien de te lire !

    Bonne continuation et tout le meilleur à la famille Poule-Ours !

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    1. Bonjour Vio, je me retrouve complètement dans ce que tu décris, j’ai eu moi aussi l’impression durant la première année sur terre de mon chouchou de « devoir » sans cesse me/nous justifier sur notre parentalité bienveillante et nos pratiques « différentes », surtout vis à vis de notre famille proche !! c’était assez dur quand même… je m’étais tellement habituée à ces remises en doute perpétuelles que lorsque des amies m’ont dit l’année dernière « ouah c’est super comment vous parlez à votre enfant, comment vous vous occupez de lui, je n’ai jamais vu ça, j’adore ! toute cette gentillesse » j’étais presque choquée de ces retours positifs !! et très heureuse bien-sûr 🙂 en fait, de notre côté, j’ai remarqué que les remises en cause/critiques ont cessées autour des 2 ans de Chouchou. Maintenant il a déjà trois ans passés et on assume complètement notre parentalité positive, nos choix de vie, nos questionnements et nos découvertes perpétuelles, les remarques ont cessées, et je pense qu’il y a même des gens conquis dans notre entourage 🙂 Bon courage alors pour l’entourage, et continuez de profiter de votre louloutte et de votre chouette rapport avec elle !!! ❤

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      1. Bonjour Lysis,
        C’est très encourageant ce que tu écris. L’idée qu’une autre parentalité est possible fait son bonhomme de chemin dans notre famille aussi et nos proches sont pour la plupart ouvert à la discussion. Je pense même avoir réussi à désamorcer le malaise qui s’était installé par rapport au fait que j’allaite toujours ma fille et que nous continuons le cododo. Pour ceux qui ne veulent rien entendre, je finis par me dire « tant pis ! » et je préfère garder mon énergie pour profiter au maximum de nos moments avec ma fille et son père. Merci pour tes encouragements et oui, nous allons continuer comme ça. Voir notre fille épanouie et sociable me semble indiquer qu’on ne fait pas tout de travers ! Bonne continuation à toi aussi avec ton petit bonhomme !

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  10. article super intéressant qui encore une fois remet plein de chose en perspective. Maintenant, il faut que j’arrive à les faire lire à mon compagnon !

    Petite anecdote hors sujet : ce week end, nous étions dans un centre commercial, en passant devant un magasin, je vois un papa tirer un petit garçon (environ 7/8 ans) en pleurs, par le bras, le taper sur la cuisse et lui crier un truc du genre « tu m’énerve » (ou sa version moins poli).

    ça m’a vraiment heurté, j’avais envie de m’interposer.

    Je pense sincèrement que je n’aurais peu ce genre de réaction avant, peut-être que j’aurais trouvé ça un peu rude, mais sans plus. Comme quoi, on peut se remettre en question et changer de point de vue !

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  11. Merci pour cet article, tout simplement.

    Pour l’instant, notre petit bout à 16 mois, et on essaye d’avoir une relation bienveillante et d’égal à égal avec lui. Et il nous le rend bien, nous sommes très reconnaissant de notre fils au quotidien.

    Alors, le nombre de fois où j’ai cet échange avec X ou Y personnes plus ou moins proches :
    « -alors ça se passe bien ?
    -Oui, il est vraiment mignon, on se régale!
    -He bien profitez, ça va pas durer !!! » (rires narquois!) »

    Ces gens-là, mais ces gens-là !! Je ne sais jamais vraiment quoi leur répondre, souvent un « oh on verra!! » (sourire limite géné) mais alors, endosser le costume de monstres systématique pour les enfants, ça me gonfleeeee ! (et dans un coin de tête, je me dis que je suis forcement à côté de la plaque, que j’idéalise tout!)

    Bref.
    Merci encore.

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    1. Et bien à 16 mois comme à 2 ans ou même après, je pense tout simplement que chaque enfant est différent, à son propre caractère et ses ressentis… d’où les réactions différentes pour une même situation. Peut être que tu n’auras pas un enfant que l’on qualifierait de difficile et ça sera un beau pied de nez à ceux qui te prédisent que le pire est à venir!

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    2. Bonjour,

      Je me permets de suppléer, le Profite, ça va pas durer me rend folle! Tu es enceinte? Profite de dormir, parce qu’après… Elle dort bien, elle mange bien? Profite, ça va pas durer. Et le hit du moment: vous attendez le deuxième? Profitez bien d’être à 3, parce que le 2e, c’est cataclysmique!
      En fait, si on est positifs, les gens nous cassent.

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  12. Bonjour, Juste pour vous dire que je lis chacun de vos articles avec bcp d’attention, je ne prends pas le tps de vous écrire à chaque fois mais j’adore et je partage complètement votre point de vue, notamment sur les premiers « soins » de bebe à la naissance (meme si le papa n’était pas d’accord avec moi!)! J’ai bcp de chance car j’ai une fille de 7 mois (diagnostiqué BABI!!!! ^^) et lire votre expérience à travers vos articles me donne un coup d’avance (et me remonte le moral sur les clichés « est ce qu’elle fait ses nuits ? », « tu l’allaites encore à 7 mois?? « Tu devrais la laisser pleurer » tu la portes en echarpe encore, mais tu vas avoir mal au dos » etc etc etc!) Voila, alors aujourd’hui je prends un peu de temps pour vous remercier de prendre de votre temps pour transmettre votre philosophie de vie ! Merci Et merci de continuer ! Ne changez rien! Bonne journée

    Kamille Champeil

    Envoyé de mon iPhone

    >

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  13. C’est rigolo, ma mère m’a sorti cette phrase hier soir parce que ma fille a encore mis beaucoup de temps à s’endormir.
    Comme toi, je n’ai jamais eu l’impression qu’elle nous testais.
    Mais en fait, je pense que c’est surtout une phrase toute faite que l’on sort facilement quand on sait pas trop quoi dire ou faire.
    Bon en tout cas, comme toujours ton article est super 🙂

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  14. Je n’ai qu’une chose à dire: merci. Merci pour cet article, et pour tous les autres.
    Merci car grâce à vous, il y a des mots sur ce que je pense et ce que je ressens en tant que maman.

    Longue vie à happynaiss

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  15. C’est drôle, je viens de publier un article à peu près sur le même terme 😉 Même si l’angle d’approche n’est pas tout à fait le même. Je suis on ne peut plus d’accord avec toi, c’est incroyable cette image négative de l’enfant qu’on nous impose ! En lisant tes premières lignes, je me suis fait la même réflexion que toi : je n’ai sincèrement jamais eu l’impression que mon fils me cherchait personnellement. Et comme toi, j’ai l’impression qu’il se responsabilise un peu plus chaque jour. Conscience du danger, empathie, coopération : j’ai ces mêmes impressions, c’est fou ! Je suis tellement convaincue qu’il s’agit là des bienfaits de notre approche éducative.
    Et pour finir : j’adore les petites photos et les commentaires qui m’ont bien fait rire !

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  16. Merci pour cet article, qui tombe à pic pour moi ! Je discutais justement hier avec une copine du fait que mon bébé jette la nourriture par terre quand il n’en veut plus et que j’ai essayé différentes techniques, qui ne semblent pas très bien marcher (dire non gentiment, de manière plus assertive, le sortir de table, lui dire que ça me faisait de la peine…). J’ai aussi dit que je ne forçais jamais mon bébé a manger même si ça me frustrait qu’il ne mange pas, parce que je me mets à sa place et je me dis que je n’aimerais vraiment pas ça ! Et c’est là qu’elle m’a dit qu’elle le faisait, parce que sa fille la testait… Je me suis posé beaucoup de questions depuis, donc merci de me redonner confiance en mon approche !

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  17. Cet article est le premier qui me laisse un peu perplexe depuis que je te lis (environ 1 an, mais j’ai presque tout lu depuis).
    Je pense que les enfants testent et cherchent les limites. Quand mon fils tape le canapé avec un jouet et que je ne dis rien, il va essayer sur la table, toujours en me regardant je ne dis rien, puis sur la TV, la je lui dis stop en lui expliquant pourquoi (c’est fragile, il peut taper sur autre chose etc …). Et ça ça se reproduit une fois par jour depuis environ 1 mois.

    Pour moi, il cherche bien ce qu’il a le droit de faire ou non. La problématique c’est notre réponse à ça en tant que parent. Ou est le mal / l’erreur / le faux, à dire que l’enfant teste ou cherche les limites ?

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    1. Je suis en partie d’accord avec le commentaire de Paloma! Peut-être qu’alors on entend une chose différente par « tester les limites ». Très souvent, j’ai aussi le sentiment, non pas que ma fille me teste pour voir jusqu’à quand je vais supporter/quand je vais m’énerver etc., mais j’ai le sentiment que les enfants expérimentent à partir d’un certain âge leur rapport à l’autre, ce qu’il est socialement acceptable de faire ou pas. Comment réagit maman/papa quand j’exprime mon émotion de telle façon? Qu’est-ce que ça donne comme résultat? Et quand je crie pour exprimer ma colère, jusqu’à quel point je suis entendue? Quand je tape sur la table avec un jeu, est-ce que c’est ok? Mais si j’essaie sur la télé, cet objet auquel ils ont l’air de tenir, ça donne quoi?
      Et là, on n’est pas spécialement dans le rapport de force, mais dans la recherche par l’enfant du rapport qu’il a à son environnement, et du pouvoir qu’il a sur son environnement, sans que la réponse soit « l’un doit casser l’autre », mais « quand je fais ça/que j’exprime les choses comme ça/ ça donne ça ».

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