VDM (Vie de Mum)

Mais ça, c’était avant…

A la faveur d’un tri des magazines qui traînent dans le porte-revue de nos chiottes, je suis tombée sur un vieil exemplaire de Cosmopolitain que j’avais acheté pour nos vacances l’an dernier. Déjà à l’époque, je me souviens l’avoir acheté en me disant « ça me rappellera le bon temps… » et je me souviens l’avoir lu en pensant « ouais, c’est plus pour moi ces conneries ».

Bref, je le feuillette de nouveau et je tombe sur cet article :

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Déjà, la question : peut-on avoir des talons impec toute l’année ? Le genre de question qui ne te traverse même pas l’esprit quand tu en es à te demander « Ce t-shirt du panier de linge sale était-il vraiment sale et ne pourrait-il pas me faire une journée supplémentaire ? ».

Ensuite la réponse ! QUI a le temps de se délasser les pieds dans un bain tiède aromatisé d’HE tous les soirs ? De se gommer les pieds tous les matins alors que déjà c’est la lutte pour pouvoir pisser et se doucher tranquille ? Ils sont sérieux les gens qui écrivent des trucs comme ça pour des vraies femmes qui bossent, qui ont des gosses affamés dès 18h45, des baraques dont les sols attirent visiblement poussières, cheveux et restes de bouffe comme des aimants, qui se lèvent 3 fois par nuit, qui gèrent des RDV à la crèche, à l’école, à la banque, à la CAF et qui n’ont pas fait de grasse matinée depuis des années ?! Je peux te dire que quand je me couche, je m’écroule, il n’est pas question de me poser un cataplasme sur les pieds sous des chaussettes fines ! Et quand j’ai un moment calme, dans 90% des cas il est dédié à faire un truc en retard (genre envoyer le paiement de la crèche ou déclarer mes impôts), pas à regonfler mes coussinets de panards. Dans l’oreillette, on me dit que Cosmopolitain n’est PAS écrit pour les mères mais pour les jeunes filles qui se prélassent sur le sable chaud et les dallages de piscine tout l’été, c’est donc ça l’explication. Avant, je lisais Cosmopolitain et je trouvais qu’ils donnaient de bonnes idées réalistes et inspirantes. Mais ça, c’était avant.

 

Ça m’a rappelé un épisode il y a quelques semaines, quand j’ai pris le temps d’aller me faire épiler les sourcils au brow bar de chez Benefit (admirez l’exploit quand même, déjà). Je suis tombée sur une nenette, qui était pourtant plus âgée que moi mais qui m’a inspiré ce terme (condescendant je l’admet) de « nenette » tant ses priorités étaient à 3 000 kilomètres des miennes. Elle m’a questionnée sur mes routines beauté (je me lave, je mets du déo, ça compte dans la routine ?) et m’a parlé des siennes (notamment de la façon dont elle allège son make-up le lundi, qui est son jour de repos, quand elle sort juste à la boulangerie – et j’ai eu une pensée émue pour ma boulangère qui m’a vue moult fois en pyjama avec les cheveux en l’air et les cernes jusqu’aus genoux). Est venue la question de mon mascara, à laquelle j’ai répondu « un noir waterproof de chez Sephora » et où je me suis faite bombardée de questions (brosse courte ou longue ? Epaisse ? Picot ? Recourbée ou droite ?) auxquelles je ne savais pas répondre car j’étais incapable de visualiser la foutue brosse de mon mascara. Je me suis rappelée de ma jeunesse, quand je faisais régulièrement des commandes de maquillage chez Agnès B. et qu’avec ma meilleure amie on passait des après-midis entières à tester différents maquillages et à s’entrainer à poser de l’eye-liner. Je me suis rappelée que quand j’avais une soirée ou un truc spécial, je pouvais passer 2 heures dans la salle de bain à préparer ma peau et à me maquiller avec soin, au pinceau et à différentes lumières…  La nenette me dit « Vous avez de longs cils mais ils ne sont pas trop courbés » et là dans un flash j’ai visualisé mon recourbe-cils, abandonné depuis fort longtemps au fond d’un placard, d’ailleurs est-ce que je l’ai encore ?. « Oui avant j’utilisais un recourbe-cils c’est vrai ! ». « Et pourquoi vous ne le faites plus ?! » – « Oh vous savez, j’ai eu un bébé, je travaille, je suis enceinte, je n’ai plus vraiment le temps ni l’énergie… ». Et j’ai vu son regard vide, j’ai vu qu’elle ne voyait pas le lien entre l’abandon du recourbe cils et la maternité.  D’ailleurs elle me l’a dit et m’a parlé de sa belle-sœur qui met son réveil 45 minutes avant le réveil de ses 3 filles pour avoir le temps de se pomponner et je n’ai même pas eu le courage d’argumenter. Avant j’utilisais un recourbe-cils, mais ça c’était avant.

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Ça m’a rappelé quand on n’avait rien à faire de notre vie avec Papa Ours, notamment lorsque j’étais au lycée et lui en études et qu’on se voyait les week-ends. On pouvait passer le samedi entier au lit, à alterner entre papotage, câlins, marathon de série et bataille d’oreillers. Et quand vraiment on en avait marre de ne rien faire, on faisait 20 kilomètres en voiture pour aller dans la ville la plus proche s’acheter un paquet de chouchou chez Grand Frais et manger un McFleury KitKat Balls au caramel chez l’ami Donald. Et on trouvait que la vie était dure quand même (surtout de devoir mettre de l’essence dans la voiture à base de 5€ par ci par là et de ne pas être sure que la voiture allait tenir tout le trajet). Mais ça, c’était avant.

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Papa Ours et Maman Poule avec 10 ans de moins (2007)

 

Ça m’a rappelé aussi nos années séparés pour nos études, quand on se téléphonait plusieurs fois par jour et des heures chaque soir, quand on s’envoyait des texto enflammés et des déclarations romantiques (mais en rentabilisant les caractères quand même pour pas exploser les forfaits). Ça m’a rappelé aussi un bon paquet d’engueulades téléphoniques hystériques et de soirées à être morte de jalousie quand il sortait avec ses copains, à me ronger les sangs et à compter les minutes qu’il mettait à répondre à mes messages. C’est ça quand on a rien d’autre à faire, on cherche la merde 😉 Mais ça c’était avant. Et je me suis rendue compte qu’on ne s’était pas écrit de la journée et que je n’étais même pas sûre d’avoir pensé à lui une seule fois, alors je lui ai envoyé un petit texto. Mais un texto de trentenaire-parents-mariés-en couple depuis 10 ans quoi : « Ca va chéri ta journée ? Moi oui. Je trouve plus les lunettes de soleil de la petite, tu te rappelles ce qu’on avait comme sac à la brocante samedi ? Prends du pain en rentrant stp. Bisous à ce soir ! ». Avec même pas d’abrégé quoi.

 

Ça m’a rappelé nos nombreuses conversations autour de nos futurs enfants, notamment les soirs de vacances au camping, à la lumière des étoiles et portés par la poésie du ressac. Combien on en aurait (3), comment on les appellerait (pas comme on a finalement choisi de les appeler) et comment on les éduquerait (pas du tout comme on a finalement choisi de les éduquer !). J’ai eu une pensée émue pour la jeune fille que j’étais, celle qui pensait que les choses pouvaient se passer comme on l’a décidé, celle qui ne voulait pas allaiter et qui pensait qu’une fessée ne fait pas de mal, celle qui voulait faire tout comme ses parents, celle qui disait à  (futur) Papa Ours « mais il faudra que tu sois sévère aussi, je sens que tu vas être trop laxiste toi ! ».  Oulala, ça c’était vraiment avant.

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Ça c’était des vacances ! Mais ça c’était avant 😉

 

Je partage avec vous ces quelques tranches de vie, sans logique autre que celle qui a agité mes pensées après la lecture de cet article sur le repulpage de panards. Tout ça, c’était avant parce qu’après on est devenus parents et que nos enfants changent radicalement nos vies, le temps disponible pour nous-même, nos emplois du temps, nos activités, les réserves d’énergie dont on dispose… Mais tout ça, c’était avant surtout parce que nos enfants nous changent nous, intrinsèquement, profondément et d’une façon que je n’aurais jamais anticipée. Ils font éclater nos priorités, bouleversent notre façon de voir la vie, renversent nos systèmes de valeurs. Ils nous révèlent des failles et des qualités qu’on s’ignorait, ils nous donnent la force de faire des choses dont on se pensait incapables et ils nous donnent un amour qui nous pousse à nous dépasser… Et on se retrouve à 10 000 lieux de ce qu’on était avant, avec de temps à autre l’impression de s’être un peu perdus, mais la plupart du temps le sentiment de s’être trouvés 🙂

 

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Avant… ce jour là !
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17 réflexions au sujet de « Mais ça, c’était avant… »

  1. On a gardé le rituel des petits textos quotidiens quand même…. Je ne me maquille que quand je travaille mais c’est plutôt l’épilation, les gommages, le vernis ce genre de choses qui passent à la trappe!

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  2. Un texte emplit de nostalgie mais qui donne le sourire tout de même. Merci.
    Un jour, les bébés seront grands et on reprendra nos « vieilles » habitudes ;-).

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  3. T’as vraiment le don de me plonger en arrière toi… 💭Aujourd’hui c’est pour nous un anniversaire important, ça fait 17 ans qu’on s’est embrassé pour la première fois avec Thésée. Quand notre amour aura atteint sa majorité, on aura un bébé. Et si ce que tu décris du temps qui disparaît me fait peur, je suis excitée à l’idée de cette nouvelle aventure qui commence.

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  4. Mais c’est tellement vraiiiiiiii … j’ai du mal à le rappeler qu’à une époque je regardais the voice jusqu’au bout ou que je prenais des brunch dans un endroit chic tous les dimanches …
    Et papa ours à bien fait de changer de coupe hein !
    Merci de partager tout ca avec nous …

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  5. C’est drôle, on avait cette discussion hier avec une amie, qui s’étonnait de « faire des trucs de darons » et surtout, d’en éprouver du plaisir. Cette été elle part en famille avec deux autres familles d’amis, ils ont loué un gîte… Oui, ces mêmes personnes qui avant aimaient boire un verre de vin en terrasse, faire des grosses fêtes jusqu’à pas d’heure, jouer à des jeux vidéos, fumer des pet’… Et moi, un demi sourire aux lèvres, qui lui disais « mais bien sûr que t’es heureuse d’aller te coucher tôt, c’est normal, ta vie a changé ! »
    Ici prendre soin de soi c’est se laver les cheveux après avoir fait un mini-masque rapido et… c’est tout. L’épilation relève de l’anecdote. Le maquillage est en train de périmer dans un tiroir. Le gommage c’est has been. La beauté au naturel, ya que ça de vrai (j’ai de la chance d’avoir un chéri qui préfère ça !).
    Et on arrive même à faire des grasse mat’ jusqu’à 9h avec notre poussinette (comment j’ai pu dormir jusqu’à 13h auparavant ?!) alors on n’a pas à se plaindre ! 🙂

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  6. L’autre soir, je rentrais à pied car j’avais loupé le dernier métro. Venais-je d’aller danser ? Bien sûr que non, ça c’était avant. Je revenais d’une projection de Entre vos mains, film que je n’ai pas besoin de te présenter. Et du coup, j’ai passé tout le trajet à « nostalgier » : « Aaah si mon moi d’il y a quelques années savait que je serais heureuse de me lever à sept heure le samedi pour les bébés nageurs ! » ; si j’avais su que je sortirais de chez moi sans même un regard dans le miroir (Je me maquille, mais dans l’ascenseur de la nounou, après le dépôt du Lardon :D) ; etc

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  7. Oh oui tellement de choses ont changé… en fait TOUT absolument tout a changé!
    J’ai des frissons à la lecture de ton article… Je repense aux conversations sur msn (tu sais quand ton modem faisait un bruit bizarre et mettait 10 minutes à se connecter pendant que ton père criait : »tu ne reste que qq minutes ça va nous coûter une fortune sinon!!! »)
    Je repense aux siestes crapuleuses du dimanche aprem (alors que maintenant le dimanche quand loulou veut bien dormir eh ben…. nous aussi on dort quoi!!!!)
    Je repense aussi à toutes ces phrases « moi quand je serai mère je ne ferai pas ça…. » Ben maintenant je fais juste ce que je peux !!! Et c’est déjà bien assez !!!😅
    Mais quand je reviens 13 ans en arrière je me dis que finalement il n’y a rien de plus beau que la vie qu’on a maintenant avec le sourire de notre p’tit bout qui illumine tout !
    Merci pour ce beau moment de nostalgie! ❤

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  8. Alors toi, tu as le chic pour exprimer ce que je ressens, ce sur quoi je ne prends pas le temps de m’arrêter, de penser… et de me serrer le coeur ( je vais pas pleurer, je suis au bureau!). Tout à fait d’accord avec ce que tu dis (quoique j’utilise encore le recourbe-cil, plus le mascara : moins de conséquences quand je zappe, souvent, le démaquillage avant de m’écrouler dans mon lit)

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  9. Je découvre à l instant ce site et les deux premiers articles lus m interpellent déjà bcp ! On se retrouve, on apprend aussi, et la touche d’humour finit de convaincre ! Beau mélange, hâte de découvrir la suite (entre deux siestes/panades/changes, bref vous, vous comprenez 😉 )

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