Maternage & Parentalité positive·VDM (Vie de Mum)

Journée mondiale de la non-violence éducative

Ce samedi 30 avril est la journée de la non-violence éducative, alors même si je manque de temps c’est l’occasion pour moi d’en parler ici !

Aujourd’hui, il y a des journées pour à peu près tout, genre la journée mondiale du Nutella et la journée mondiale sans pantalon… Alors ce n’est pas du luxe qu’une journée par an soit consacrée à la recherche d’alternatives aux châtiments corporels, punitions, menaces et autres chantage pour éduquer nos enfants …ou plutôt pour les accompagner.

violence educative ordinaire

En France, des parents et des associations organisent des journées d’accueil pour discuter de la non-violence éducative,  font signer des pétitions, distribuent des tracts…

J’ai bien pensé à me rendre au parc de mon tié-quart de banlieue pour distribuer quelques tracts et ouvrir la discussion avec d’autres parents (je pense notamment à la maman du petit Mohammed, qui se fait continuellement engueuler au parc à base de « Mais JOUE Mohammed, joue !!!! »), mais j’ai quand même un peu peur des réactions que je pourrais rencontrer.  Ce n’est jamais facile de porter un message sur un sujet aussi sensible et qui peut être perçu comme un jugement pour ceux qui le reçoivent. J’en ai bien conscience puisque je l’ai vécu…

Attention, spoiler alert :

Il y a 4 ans de cela, j’étais avec Papa Ours et une maman accompagnée de son petit garçon de 2 ans et demi, qui était alors sujet à de grosses colères, notamment en cas de frustration. Il ne contrôlait pas non plus encore ses gestes et avait tendance à vouloir taper lors de ses accès de rage. Les mamans en plein terribeul two/tree comprendront je pense de quoi je parle.

J’avais 22 ans, je n’étais pas encore maman, je m’intéressais déjà aux enfants et à l’éducation mais ma vision était alors bien différente de celle d’aujourd’hui. Ca me semblait normal et nécessaire que la maman punisse son fils pour ses crises de colère, ses roulades par terre, ses cris… Comment pouvait-il comprendre qu’il ne pouvait pas tout avoir, que ce n’était pas une façon de faire acceptable, sinon ?  Ce jour là, les crises se sont multipliées et le petit garçon a été puni en étant isolé de nous, attaché dans sa poussette un peu plus loin et sa maman attendait qu’il s’excuse de son comportement pour avoir le droit de revenir avec nous. Ca a duré longtemps, il a pleuré, crié, attendu, fait croire qu’il allait s’excuser, provoqué sa maman en disant qu’il s’en fichait…  Encore une fois, je précise que je raconte cet épisode sans aucun jugement envers la maman que j’adore et que j’approuvais sa réaction. Je trouvais que c’était très difficile de tenir cette position envers le petit garçon que j’adore aussi, mais je me disais qu’il n’y avait pas le choix, qu’il ne fallait pas « céder »,  qu’il devait « comprendre ».

A ce moment-là, une dame qui avait assisté à la scène est venue vers nous et elle a tenté de nous sensibiliser à ce que je sais maintenant être l’éducation bienveillante. Elle a essayé de nous dire qu’il était trop petit pour comprendre, que les punitions et l’isolement ne l’aiderait pas à gérer ses colères, qu’il s’excuserait certainement pour faire plaisir à sa maman mais que pour autant il recommencerait, que son cerveau n’était pas mature pour faire face aux émotions et à la frustration avec calme et que c’était un grand stress et une grande humiliation pour lui ce que nous lui imposions. Je me souviens qu’elle a tenté de nous demander comment nous nous sentirions dans sa position, ce que nous ressentions quand quelqu’un nous oblige à nous excuser platement ; est-ce qu’on comprend les choses ou bien est-ce qu’on développe une intense colère envers la personne qui nous met dans cette position ?

Nous avons été gênés, nous n’avons pas répondu grand-chose car nous avons très mal pris son intervention. La maman a répondu qu’il fallait bien qu’il comprenne, que peut-être ce qu’elle disait marchait sur d’autres enfants mais pas sur le sien. Pour ma part, je me souviens avoir été assez révoltée qu’une inconnue vienne faire la leçon à la maman, à une maman qui faisait de son mieux, et est-ce qu’elle avait au moins des enfants pour nous juger comme ça ? On a conclu entre nous qu’elle était un peu illuminée et pendant quelques temps on a tourné la scène en dérision en disant à la maman « attention hein, ne fais pas ça, c’est de la maltraitance ! ». Un peu plus tard, on m’a expliqué qu’il y avait une école Montessori près du lieu où nous nous trouvions. Je ne connaissais pas du tout, j’ai demandé quelques explications, et j’en ai conclu que la folle devait effectivement être une bobo-hippie venue de l’école Montessori…

Aujourd’hui j’ai peine à croire ce que j’écris, peine à croire qu’il n’y a pas si longtemps je pensais comme ça, peine à croire que je prévoyais de procéder moi-même comme ça. Et si vous me suivez, vous devez aussi (j’espère !) avoir peine à croire ce que je vous raconte. Ca m’en coûte de vous raconter cela, je préférai que vous ayez l’image d’une fille tombée dans la bienveillance quand elle était petite. Mais je crois aussi que c’est beaucoup plus représentatif de la communauté des parents « positifs » : très peu le sont depuis toujours ! D’ailleurs, la plupart d’entre nous chemine, tâtonne, essaye, apprend…

Cet exemple ne me quitte jamais : chaque fois que je suis à deux doigts de juger une maman qui « maltraite » (au sens où je l’entends maintenant) son enfant, je me rappelle que j’ai été cette adulte « maltraitante » pour cet enfant ce jour là et que j’aurais pu l’être pour mes enfants, si par une succession de rencontres et de lectures je n’avais pas changé de voie. Que n’importe quel parent peut être maltraitant envers son enfant, par manque d’information souvent et aussi par épuisement. Que tous les parents (enfin, la grande majorité) veulent bien faire, mais ne savent pas forcément comment faire bien.

Pour cette raison, je me dis que l’information, c’est la clé, mais que ce n’est pas toujours facile de faire en sorte qu’elle atteigne positivement les autres, pour semer des graines qui fleuriront…C’est là que ma copine S.,  « jette des miettes », tellement ses graines ne germent pas 😉  Pour une raison que je n’arrive pas vraiment à analyser, cette dame n’a réussi à toucher aucun de nous 3 par ses paroles, alors qu’aujourd’hui c’est un discours que je tiens moi-même volontiers. La maman s’est dit, je crois, que peut-être elle ne « faisait pas bien » effectivement mais qu’elle ne savait pas comment faire autrement. Moi je me souviens d’avoir été très mal à l’aise pour la maman, de me dire que ça devait être dur d’être ainsi jugée par une inconnue, et qu’il fallait bien mettre des limites aux enfants. -Les fameuses limites ! La dame à évoqué l’inutilité des punitions et j’ai pensé que ça voulait dire pas de limites… L’amalgame classique. Il faut que je fasse un article la dessus.) Et papa Ours a trouvé qu’elle était « chelou celle-là ».

Alors je me dis que les supports visuels, sur lesquels on tombe au détour d’un article ou d’une rue, peuvent avoir un impact positif : on est interpellé, peut-être choqué. Mais si c’est très bien et nécessaire de dénoncer l’impact négatif des Violences Educatives Ordinaires (VEO), d’expliquer comment le développement du cerveau et la relation avec le parent en pâtissent, pour faire prendre conscience… il faut aussi et surtout donner des clés concrète pour faire autrement !

Les automatismes sont tellement ancrés qu’en situation de crise ou un peu compliquée, pour peu qu’on soit (comme tout le temps !) fatiguée, stressé, en manque de temps,  c’est très difficile de réfléchir calmement à la meilleure façon de faire. Pour que ça vienne « naturellement » et que nos vieux automatismes soient remplacés par de nouveaux, pour faire taire définitivement la petite voie (« tu vas te faire bouffer gnagnagna ») qui s’invite encore dans nos têtes (et qui généralement à l’intonation de Tatie relou, comme c’est étrange), il faut du temps ! Du temps, beaucoup de lectures et de discussions, de partage d’expérience, de mises au point en couple (bah oui, c’est pas le tout que maman sorte sa roue des émotions… et que papa lui colle une claque !)… Et de pratique !!

Chaque enfant est unique, chaque parent également, et chaque situation encore plus… Alors être le parent bienveillant qu’on voudrait être, c’est tout sauf facile.

A mon petit niveau, j’essaye de contribuer via les quelques articles « 5 pistes pour… » que j’ai déjà publié et que je prévois de publier et par ce blog d’une manière générale. Nous sommes nombreux à essayer de partager l’information comme ça et c’est vrai qu’internet et les blog ont ce beau pouvoir de viralité qu’il faut exploiter. N’empêche saisir le bon moment pour dire ce qu’on a à dire, de la bonne façon et aux bonnes personnes, ce n’est pas toujours évident. La preuve avec la « folle-hippie » qui n’a pas réussi à m’ouvrir les yeux il y a 4 ans… J’adorerai discuter avec elle maintenant J

 

Alors profitez de cette journée pour semer vos graines, ou cultiver celles qu’on vous offre J

STOP VIOLENCE EDUCATIVE

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6 réflexions au sujet de « Journée mondiale de la non-violence éducative »

  1. C’est dommage que l’on soit obligé de faire des journées pour ça, des rappels et des explications. Ca devrait être logique que frappé quelqu’un d’autre n’est pas une bonne chose. On entend souvent les jeunes parents dirent qu’ils n’ont jamais aimé quelqu’un comme ça (en parlant de leur enfant), alors comment peut on lever la main sur quelqu’un qu’on aime sans condition ?
    Je demande souvent à mes proches qui punissent corporellement leur enfants, auriez vous frappé votre conjoint, votre mère, votre patron un inconnu s’il avait fait la même erreur ?

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour ta réaction 🙂

      Il y a heureusement de plus en plus de parents qui sont convaincus de la nocivité et de l’inutilité des châtiments corporels, mais qui manquent de pistes pour faire autrement….
      Et puis surtout les violences éducatives cest aussi les menances, les humiliations verbales, les punitions, l’isolement… Et la la route est longue pour faire accepter ce changement. Bcp de parents sont convaincus que c’est leur rôle de parent d’être dur envers leurs enfants… Bien plus dur qu’avec nomporte qui. Il y a plusieurs études qui montrent que pour une même situation, les adultes réagissent bcp plus durement s’ils sont face à des enfants que face à des adultes, où la ils essayent d’être conciliants… Je crois que bcp pensent que c’est la posture du parent qu’il faut avoir !!

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      1. Je pense que c’est aussi à cause de se sentiment humain que nous avons tous, qui est de vouloir avoir des enfant irréprochable.
        Pour les parents qui on du mal à faire sans ses punitions corporelles ; qui ont surement eu et qui est encrée (malheureusement) dans notre société par  » une petite claque n’a jamais tuer personne  » ou  » il est mal élevé, il a du manqué de claque étant petit « ; je recommande le livre développer le lien parent-enfant par le jeu de Aletha solter.

        Aimé par 1 personne

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