VDM (Vie de Mum)

To school or not to school (Episode 4 : l’heure du choix)

Je vous ai bien tenus en haleine ces dernières semaines (épisodes 1, 2 et 3).

Je vous ai exposés les différentes facettes de notre réflexion quant à la scolarisation, ou non, et comment, de notre Carrousel.

Je me suis beaucoup pris la tête sur cette question : j’ai passé des bouts de journée à être avec mes filles sans être là, tournant et retournant le problème dans ma tête, puisqu’aucune des options se présentant à moi ne me satisfaisait pleinement et que j’étais incapable de ne pas penser aux implications de ce choix, incapable de me résoudre à une option sans penser à ce à quoi je renonçais de l’autre.

Il a fallu me résoudre à prendre cette décision comme on arrache un pansement, pour être libérée du poids écrasant mes épaules. Et je dis MES épaules, car bien qu’on ait énormément discuté avec Papa Ours et que le sujet l’ai contrarié, c’était bien moi seule qui ployait sous le poids. Comme d’hab, hein.  La charge mentale, le bouton OFF introuvable, toussa toussa.

Il a fallu que je me dise et me répète que rien n’était irréversible et que rien n’était destructeur dans la mesure où on reste observateur vigilant de son enfant, qu’on reste présent et attentif face à ce qu’il manifeste et qu’on se laisse la possibilité de réajuster les choses à tous instants.

Il a fallu que je me le dise et me le répète pour accepter de faire un choix à peine à moitié satisfaisant à mes yeux : la Carrousel ira à Petite Ecole Vétuste à la rentrée. Uniquement les matins pour cette année, sauf si elle me demande à y aller davantage. 

C’est donc une forme de co-schooling comme certains me disaient en commentaires et comme j’aime me le répéter pour me convaincre.

Un choix qui implique que je poursuive mon congé parental encore une année, car les matinées d’école ne me permettront pas vraiment de travailler comme doula, et pour me laisser la porte ouverte à un revirement de cap vers le unschooling.

 

Sur le papier, l’école Montessori est le choix qui correspond le plus à qui nous sommes ; elle me permettait, sous réserve de trouver un mode de garde partiel pour ma Fusée, de débuter mon activité professionnelle et de m’épanouir davantage qu’à la maison à temps plein. Elle permettait à ma Carrousel de se faire de nouveaux amis, d’apprendre pleins de choses en fonction de ses aspirations et à son rythme, de se confronter aux autres tout en étant accompagnée par des adultes qui partagent nos convictions. Certes, c’est un autre « moule » puisque l’école applique strictement la pédagogie Montessori, mais cela avait le mérite de rassurer mon besoin de cadre et de faire appel à des ressources extérieures à la maison. Mais cette option nous a semblé peu bienveillante vis à vis de le Fusée : plus de 2h de voiture par jour pour elle qui déteste cela, c’est rude. Pour toute la famille, maman et Carrousel comprises. Sans parler qu’à ce stade, nous sommes incapables de savoir si nous pourrons financer l’école Montessori pour la Carrousel et la Fusée, vu ma situation totalement indéterminée. On a décliné la place la mort dans l’âme, avec l’idée de redéposer notre candidature peut-être l’an prochain si d’ici là, certaines choses se sont décantées (situations professionnelle et financière, garde de la Fusée, rapport de la Fusée à la voiture…).

La découverte du unschooling m’a emballée, transportée. Elle a réveillée mes convictions un peu assommées de fatigue ces derniers mois. J’ai découvert une autre voie possible pour la vie de famille dans son ensemble qui m’a séduite. L’idée de cette aventure en famille, la liberté d’emploi du temps offerte, la possibilité de partager des voyages et mille découverte, le respect du rythme et des intérêts de nos enfants, la confiance qu’on place en eux par rapport à leurs apprentissages… éveillent furieusement mon désir. Mais aussi en même temps je sens que ce n’est pas tout à fait nous, ou du moins pas encore.

> Tout d’abord parce qu’il y a la Fusée, ma merveille petite chouppette assoiffée de mouvements, de vie et de découvertes. Elle veut tout connaître, tout découvrir et rien ne lui échappe. Quand la Carrousel veut jouer avec les lettres rugueuses, la Fusée attrape les cartes à pleine mains et les dévore. Quand ma Carrousel met les cartes en hauteur, la Carrousel va chercher un pouf, une chaise, n’importe quoi pour grimper et les atteindre. Et elle hurle jusqu’à atteindre son but.  Quand ma Carrousel dessine, colle, découpe, la Fusée est sous la table en train de déguster les gommettes, sur la table pour déboucher les crayons, hurlant à ma jambe pour participer. La Fusée mange la pâte à modeler et devient hystérique si on lui enlève de la bouche. La Fusée veut mettre ses mains, ses pieds, ses cheveux, tout son corps dans la peinture, elle mange les pièces de puzzle avec application, elle dévore le Playmaïs (miam le petit goût de maÎS – elle a même été chercher au fond du placard « à souvenirs » le premier serpent de Playmaïs réalisé par la Carrousel pour le déguster dans un coin derrière le canapé !). La Fusée rampe sous mes genoux érigés en rempart pour attraper les cartes de Memory, elle escalade mon dos pour avaler les lettres mobiles Montessori quand on joue à la maitresse, elle dégomme les constructions en bois élaborées par la Carrousel, elle roule avec sa coccinelle sur les tours de Lego, elle se jette à plat ventre sur le boulier, elle déchire les cartes de 7 familles, elle malaxe à pleines poignées les cartes du Loup Couleur. La Fusée sniffe le bac à riz quand ma Carrousel fait des transvasements, bascule tête la première dans le bac à eau, elle se lance dans les yeux de pleine poignées de sable du bac à sable, elle hurle à la mort au pied de la balançoire quand la Carrousel fait la toupie. Quand ma Carrousel veut que je lui lise une histoire, la Fusée renverse la bibliothèque pour m’apporter un par un tous ses livres, attrape le bouquin que j’essaye de tenir en hauteur, déchirant les pages dans son entrain (et là c’est THE DRAME : « Mais Fuséééééééééééééééééééééé tu l’as déchiré, tu sais que j’aime paaaaaaaas quand mes affaires sont abimééééééeeeeuuuuuuhhh« ).  Et si je la prends sur mes genoux pour la faire participer à la lecture, elle s’échappe en 8 secondes, me grimpe dessus, agrippe les cheveux de sa sœur, s’amuse à se mettre debout et à se jeter en arrière en poussant des cris. Quand on s’installe sur une table en hauteur hors de sa portée, elle pousse des cris de détresse plus stridents qu’une alarme de voiture. Quant aux sorties à l’extérieur, la Fusée accepte l’écharpe dans la mesure où rien ne titille son envie d’explorer (… peu longtemps, donc), tolère la poussette uniquement à durée réduite et à vitesse maximale et vous savez son amour infini de la voiture. La Fusée ne VEUT PAS être contrainte dans ses mouvements, ça se résume à cela. Et avec l’acquisition de la marche en plein boom, je n’ai aucune illusion sur la tronche de nos sorties pendant cette deuxième année : il va devenir encore plus difficile d’espérer la tenir en poussette ou en écharpe, et pour autant elle ne sera pas encore capable de marcher sur de longues distances ou se tenir tranquille pour visiter, explorer, ou découvrir des choses qui plairaient à la Carrousel.

Le souvenir…. mangé!




Tout ceci, c’est beaucoup de frustrations. De la frustration pour ma Fusée qui se voit sans arrêt tentée par des découvertes qui ne sont pas encor vraiment adaptées à elle. Elle aussi, elle a le droit d’avoir des moments privilégiés seule avec sa maman. De la frustration pour la Carrousel, qui est sans cesse interrompue, dérangée, sortie de son univers et à qui je demande beaucoup d’efforts pour s’adapter et prendre sur elle. De la frustration pour moi, parce que j’adorerai pouvoir mettre pleins de choses en place pour ma Carrousel et que j’arrive à peine à me dégager une demi-heure en tête à tête avec elle sur toute la journée. Et je sais que cette frustration sera d’autant plus forte que je me saurai la quasi seule pourvoyeuse de son éducation et ses découvertes. Je sais que d’autres parents le font avec des âges similaires, je ne dis pas que c’est impossible ; juste que pour nous 3 (et ma personnalité qui a encore besoin de contrôle sur la situation) c’est compliqué. J’ai eu le loisir de me rendre compte à quel point grâce à ces 6 mois passés en trio…

> Il y a ma Carrousel, qui, depuis peu, semble s’ennuyer un peu à la maison. Probablement à cause du point précédent, qui nous empêche de faire tout ce que l’on voudrait et qui m’empêche d’être aussi disponible que je le voudrais. La Carrousel a toujours fonctionné par phase pour tout, que ce soit ses jeux, son sommeil, son comportement… Et depuis environ 2 ou 3 semaines, elle est dans une phase assez intense au niveau de ses émotions, avec des explosions pour des broutilles (à nos yeux, au sien bien sûr c’est crucial) et des râleries à n’en plus finir, moins envie de coopérer et plus de difficultés à jouer et à s’occuper seule alors que les mois précédents elle s’inventait mille jeux dans sa tête. Je me dis que c’est peut être le signe qu’elle a besoin d’autre chose. Bon c’est peut être aussi la canicule, mais l’hiver et ses journées réduites à peau de chagrin ne sera pas plus propice.

Certes, ma Carrousel apprend pleins de choses aussi auprès de sa petite sœur : le partage, la patience, le soin et le maternage d’un bébé puis d’un bambin, la négociation, le jeu à deux … Elle s’émerveille chaque jour avec moi de ses progrès et découvertes : « Maman !!!!!!! Regarde elle tient toute seule!! Regarde elle a avancé avec son charriot ! Regarde elle a grimpé toute seule sur le canapé. Mais j’ai peur qu’elle tombe! Oh maman j’ai vraiment trop peur qu’elle tombe, enlève la!« . Elle en est presque à me faire peur, cette mini maman en puissance. Je ne voudrais pas qu’elle grandisse trop vite ou se sente trop responsable trop vite, alors je lui dis souvent que ce n’est pas à elle de veiller sur sa sœur. Mais avec notre quotidien en trio, un bébé intense et une Carrousel qui aime faire tout comme nous, c’est vrai qu’elle se retrouve souvent à prendre soin de sa petite sœur. Et puis on a trop souvent tendance à lui dire qu’elle est grande, parce qu’on est admiratif de ses progrès et de tout ce qu’elle fait, mais aussi parfois pour l’encourager à avoir des comportements plus matures, parce qu’elle nous semble teeeeellement plus âgée que ce qu’elle n’est… Et je me dis que ça lui fera peut-être du bien de sortir de ça et de pouvoir être une petite fille de 3 ans au milieu d’enfants de son âge, tout simplement. A nous aussi de nous souvenir qu’en dépit de ses réflexions et raisonnements poussés et son soin des autres, elle est encore toute petite.

Et puis, je me dis que c’est une décision très impactante pour elle et le reste de sa vie, de la scolariser ou non, et j’ai l’impression de la prendre trop vite et à sa place si je ne la laisse pas essayer… De présumer à sa place de ce qu’elle va ressentir et de ce qu’elle va retirer de l’école. Sur mon article sur le unschooling, j’ai reçu un commentaire d’une jeune femme de 30 ans qui a été unsco jusqu’à 11 ans, puis en IEF via le CNED et qui me faisait part de sa souffrance et sa rancœur vis à a vis du choix de ses parents. Je dois dire que cela m’a bouleversé et a fait écho a ma plus grande peur, celle de mal faire et de me tromper sur quelque chose d’aussi important. Alors la peur me fait rester dans ma zone de confort : la norme. Un peu triste, je vous l’accorde.

> Et puis, il y a moi. Moi qui n’arrive pas à me faire confiance. Moi qui ne parvient pas à quitter le cadre. Je me connais, je sais qu’il me sera extrêmement difficile, dans les faits, de lâcher prise par rapport aux apprentissages formels et d’accepter de ne faire que suivre les aspirations que ma Carrousel. Je sais que c’est un chemin difficile pour pas mal de parents et que la confiance dans nos enfants s’acquièrent avec le temps et l’expérience. J’adhère totalement à la théorie mais je sais qu’en pratique ce sera une lutte au quotidien entre moi et moi.  Et là, tout de suite, pour cette rentrée, je n’ai pas assez de force, d’énergie, de disponibilité mentale et de présence à moi-même pour relever le défi de m’affronter. J’ai encore tellement de travail sur moi à faire pour être qui je voudrais être. Les comptes insta des familles en IEF me mettent des sueurs froides et me collent des nuits blanches. Quand un enfant de l’âge de ma Carrousel fait un truc qu’elle ne fait pas encore, je me remets tout de suite en question. Même sur des trucs vraiment pas cruciaux… genre la Carrousel ne sait pas très bien faire de draisienne car on en avait pas jusqu’ici, que celle qu’elle a eu d’occasion il y a quelques mois est tombée en rade et qu’on l’a pas encore remplacée. Je me sens hyper mal quand j’y pense, genre on a raté le coche du vélo. #drame 

Ou bien quand il lui faut un peu de temps pour sauter dans l’eau à la piscine, on aurait du continuer les bébés nageurs. L’autre matin, la Carrousel a écrit « maman » au feutre sur une feuille : wahou, grosse fierté. Immédiatement suivie de putain elle est a fond dans l’envie d’écrire en ce moment mais elle tient toujours mal son stylo et elle ne veut plus en changer maintenant, j’aurai du lui faire manipuler des pinces à cornichons avant de lui mettre des crayons entre les mains, bordel elle va se faire humilier par la maitresse. Sueur froide, coeur qui bat, esprit saturé par tous ce que je vois et entrevois ailleurs et que je ne fais pas.

Voilà, je me fatigue. J’ai le sentiment que je vais lui faire plus de mal que de bien, à vouloir toujours le mieux.

D’ailleurs, je suis aussi un peu trop fatiguée physiquement et mentalement après cette année compliquée pour être aussi patiente, confiante, bienveillante que ce que j’aspire à être. Il y a des dérapages, des cris, ces putains d’envolées coleriques que je n’arrive pas a canaliser comme je le voudrais. Et je me dis que finalement, là encore, je vais peut être faire plus de mal que de bien. 

Je ne me fais pas confiance, c’est ce qui résume le mieux le pourquoi du comment ma Carrousel va se retrouver à l’école en septembre.

A peine la décision prise, je la regrette déjà. On aurait peut être du…. ai-je dis à Papa Ours au coucher hier soir. « Ça va aller… » a t il répondu avant de s’endormir. Et je suis restée là, dans le noir, à me demander comment je pourrais faire autrement à la rentrée, en janvier, l’an prochain, dans 3 ans, comment je pourrais bien faire en sorte de faire mieux pour nous 4. Et puis la Fusée a voulu téter et, ouf, l’ocytocine a mis fin a mon procès interieur et m’a envoyée au pays des rêves. 

Du coup,  j’aurais surement pas mal à vous raconter à ce sujet dans les prochains mois… To be continued, donc. 

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25 réflexions au sujet de « To school or not to school (Episode 4 : l’heure du choix) »

  1. Très bel article! Ça va aller!;)
    Je me rends compte que j’ai les mêmes questionnements que vous au niveau de l’avancement des enfants et toussa toussa, que je ne me fais pas confiance, le problème c’est que ce sera moi la maîtresse, de 27 petits bouts…😅
    Je pense sincèrement que c’est un bon choix, et vous devrez refaire la même réflexion pour la deuxième qui a une personnalité toute différente. Carpe diem.

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  2. Je viens de lire ton article, et j’aimerai te rappeler que tu as qd même accouché toute seule chez toi, alors niveau confiance en soi, confiance en ton homme et surtout confiance en tes filles, on peut difficilement faire mieux. Peut être que les véritables raisons sont ailleurs !
    Les choix que nous faisons nous permettent de réfléchir et il y aura toujours des points négatifs puisque le monde ne peut être parfait aux yeux de tous, il faut apprendre à les transformer en atouts !
    Bonne rentrée à la nenette

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      1. C’est marrant pour avoir moi aussi accouché à la maison par 2fois je suis aussi du genre à beaucoup me questionner et douter au moment de prendre une décision importante. Mais la naissance est quelque chose de différent, c’est one shot et non pas du long terme…. Après l’éducation à la maison c’est juste impossible pour moi je m’en sens totalement incapable

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  3. Hahaha, c’est moi ! La draisienne, l’arrivée du deuxième (sauf que moi c’est le premier qui détruisait tout sur son passage), le stylo mal tenu, les comptes fb (dieu merci je n’ai pas insta) des unschos… Et pour moi le plus gros frein, la difficulté d’être vraiment présente (même quand je suis là) pour eux et limite je me trouve négligente très souvent. Du coup d’abord école Steiner le meilleur compromis que j’aie pu faire à l’époque, et finalement école publique classique en septembre parce que Steiner ne convenait pas à mon fils (et si seulement je l’avais écouté au lieu d’insister pendant 2 ans à cause de mes théories…)

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  4. mêmes réflexions, même choix fait. Une collègue m’a dit « ce n’est pas parce que nous avons un problème avec l’école que nos enfants en ont ». Oui, et puis, laissons leur la chance de modifier l’école, restons vigilants sans être méfiants… Bonne préparation de rentrée !

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  5. Difficile de lâcher prise quand il s’agit de nos enfants. Ici c’est la deuxième qui entre en petite section dans quelques jours (même si elle a déjà « goûté » à l’école à raison de 2 matinées par semaine depuis janvier) et je me trouve malgré moi à faire également la liste de ce que faisait sa sœur au même âge et qu’elle ne fait pas encore (ou plus exactement qu’elle ne veut pas me montrer qu’elle sait faire car elle a malheureusement déjà bien compris que je pouvais avoir des attentes vis à vis d’elle parfois, ce qui se transforme en « je veux pas dire » dès que je lui pose une question alors que je l’entends parfaitement faire quand elle est toute seule (comme dénombrer)). Et moi aussi j’appréhende la réaction de la maîtresse comme si c’était elle qui allait « juger » notre fille, alors même que nous connaissons l’école et que nous faisons confiance à l’équipe éducative qui a été très bien pour notre aînée s’adaptant à ses demandes et proposant un saut de classe quand ils l’ont jugé nécessaire (après plusieurs heures en individuel avec elle) (mais là encore plein de questions pour numéro 2 : comment va-t-elle prendre sa place auprès d’enseignantes qui ont eu sa sœur avant elle et qui vont peut- être (elles aussi 🙄) faire des comparaisons ?
    Bref, je crois que nous n’avons pas fini de nous interroger en tant que maman. Parfois je me dis heureusement que les papas sont là pour distancer un peu toutes nos angoisses, comme lorsque nous avions du nous prononcer sur le saut de classe de notre aînée (j’étais évidemment très partagée) et que mon mari m’avait dit « euh c’est juste un saut de grande section c’est pas la décision de sa vie entière non plus » « mais si ! ». Je crois qu’il faut effectivement garder en tête que rien n’est fixé

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  6. Chère Maman Poule,
    On sent tellement de tiraillements dans ce post… On entrevoit le dilemme insoluble et le lot de doutes dévastateurs dans tes mots.
    Il n’y aura sans doute jamais de solution absolument parfaite. Mais s’écouter est la meilleure.
    Je pense bien fort à toi, pour tous ces moments de déchirements et d’insomnie, tant je me reconnais dans cette quête de perfection…

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  7. Merci pour cette série d´articles qui, une fois de plus m’ont bien aidée car j’en suis au même point que toi (mon fils rentre a l’ecole en septembre et ma fille aura 6 mois). Je me suis bien trituré le cerveau dans tous les sens aussi et j’en suis venue à la même conclusion : il ira à l’ecole le matin. On va essayer comme ça. Tout ça pour dire que je te comprends vraiment et qu’il faut qu’on se dise que ca va aller. Il faut qu’on leur fasse confiance aussi pour ça. Et je tenais à te dire aussi que tu peux être vraiment fière de toi. Tu as passé beaucoup de temps à réfléchir pour trouver la meillleure solution pour ta fille et ta famille. Et tu as finalement réussi à prendre une décision que je trouve très sage car même si elle ne te satisfait pas totalement, tu as su la prendre en prenant en considération tous les membres de ta famille ainsi’ que toi même. Tu as su t’ecouter et même si tu n’es pas encore celle que tu voudrais être, déjà tu es en bonne voie et ensuite, c’est déjà admirable de le reconnaître, le respecter, l’ecouter et le prendre en considération. Je trouve que c’est vraiment faire preuve d’intelligence et de sagesse tout ça. Bravo et merci encore 😊

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  8. Coucou,
    J’ai adoré suivre ces 4 passionnants épisodes et ne m’attendais pas à cette fin. Je n’ai pas de commentaires à dire concernant ce choix mais te dire à quel point j’admire les questions que cela implique dans votre famille et que finalement ces questionnements vous aident tous à aller de l’avant chacun à votre niveau. Encore une fois bravo pour ces articles, pour ce que tu m’as appris du unschooling et belle rentrée à Mademoiselle Carrousel. Des bises

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  9. Bonjour,

    Comme à votre habitude, votre article me touche bcp, le ton est tellement juste et sincère. Votre réflexion me rassure énormément ( je mène la même réflexion, mais le papa n’est pas aussi ouvert sur la question, je ne trouve pas les mots pour lui expliquer le potentiel choix d’une école montessori, au moins prendre rdv et se renseigner puisque moi il ne m’écoute pas) Bref, ce n’était pas l’objet de mon mail, je voulais juste vous faire partager un livre (j’en suis au début mais je suis sure qu’il va vous plaire et vous toucher) peut être q vous connaissez au vu de votre longueur d’avance sur tt les sujets (vous pouvez être fière d’ailleurs) Il s’agit des enfants actuels : http://mariefrancoiseneveu.fr/index.php/livres.html

    Je vous laisse vous faire votre opinion! Bonne journée et bon courage

    Amicalement Kamille

    Envoyé de mon iPhone

    >

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  10. Merci pour ce bel article et tes réflexions toujours intéressantes ! ça me fait un peu mal au coeur par contre de te sentir parfois si tourmentée et culpabilisée 😦 … alors que tu fais tellement bien et de ton mieux pour ta petite famille qui a beaucoup de chance d’avoir une Maman si attentive ! Ça me semble un très bon compromis l’école que le matin, ta petite va découvrir plein de choses et en même temps elle pourra se reposer et être tranquille en famille l’après-midi ! Tu pourras souffler un peu aussi…
    Ici culpabilité aussi mais de laisser mon loulou à la garderie tard le soir, essais pour trouver une babysitter pour aller le chercher plus tôt mais il faut trouver qqun de confiance, etc etc… bref beaucoup de bonheur et beaucoup de soucis en plus aussi !!
    Bon courage ça va aller

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  11. J’ai suivi avec attention ta série sur l’école. Je me suis posé mille fois les mêmes questions il y a un an et demi. J’ai même failli déménagemer pour être plus près d’une école alternative. Mais le même constat est arrivé: quand le temps sera venu on ne pourra pas payer l’école montessori ou steiner pour 2 enfants. Et puis si ca se passe mal, nous aurions déménagé pour ça?
    Je partage la même admiration pour le unschooling mais ce n’est pas pour moi. Moi aussi j’ai une tornade de 15 mois qui déchire les jeux de cartes et autres activités de sa soeur. Et puis clairement je n’aurai pas assez de patience pour endosser ce rôle là en plus de tout le reste. Et moi aussi j’aurai peur de faire plus de mal que de bien au final.
    Cette année qui s’est écoulé notre ainée a donc été en école classique le matin uniquement. Et globalement cela c’est bien passé. J’ai veillé au grain, rencontré plusieurs fois la maîtresse quand des points me chagrinaient et je me suis inscrit aux parents d’élèves pour avoir un pied dans le bateau au cas où. Bien sûr pour le 100% bienveillance on repassera mais j’ai été agréablement surprise. La maîtresse faisait des ateliers Montessori, et a toujours été à notre écoute.
    Donc cette année la question ne s’est pas posé, elle retourne à l’école publique bien que nous déménageons. Nous resterons attentifs mais nous sommes déjà un peu rassurés.
    Mais une autre question se pose et que tu esquisses à travers ces lignes : celle de la reprise du travail. Après 2 ans à la maison j’ose avouer que je n’en peux plus et que j’ai besoin de reprendre une activité professionnelle. De m’épanouir ailleurs que dans la maternité. En effet je commence à saturer et je constate à regret que je perds parfois voir souvent ma bienveillance. Mais se pose alors la question du rythme des enfants, de la multiplicité des modes de garde (école, garderie, cantine, nounou…) et l’adequation de ces modes de garde avec la continuité d’une éducation bienveillante . Un véritable casse tête, insoluble à mes yeux. Alors comment fait on pour la suite? Pour la reprise du travail ? Hâte d’avoir ton point de vue . 🙂

    En attendant bonne rentrée à mademoiselle Caroussel et bravo pour cette décision qui a due être un vrai casse tête !

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  12. Comme vous le dites, rien est figé! Rien n’est ni tout noir, ni tout blanc!

    Vous verrez comment se sent votre Carrousel au contact des autres et de sa maîtresse, et il sera toujours temps de changer d’avis ou bien de vous féliciter du choix que vous avez fait (oui oui c’est possible aussi 😉)

    Selon moi, la seule bonne réponse à cette question d’ecole est comment se sentent tous les membres de la famille. Si votre carrousel se sent bien et est épanouie vous saurez que vous avez fait le bon choix!

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    1. Et une dernière chose : j’aime à me dire que la réussite de « l’éducation » que l’on donne à nos enfants se mesure à leur niveau d’épanouissement !
      Et je suis sure que vous saurez être à l’écoute de votre petite!

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  13. Chère Maman Poule,

    Ton texte m’émeut beaucoup, et j’ai juste envie de t’inviter à boire un café en laissant tes deux filles jouer dans une chambre avec mes deux derniers (on mettra très en hauteur les puzzles auxquels ils tiennent) qui ont à peu près les mêmes âges, en laissant les plus grands s’en occuper.
    Tu pourrais papoter tranquille, 10 minutes…
    À te lire, je suis impressionnée (positivement) de voir ton exigence et ta conscience dans l’éducation de tes enfants. Je me sentirais presque coupable de ne pas en avoir autant, moi qui pensais avoir lâché une bonne part de culpabilité en même temps que je mettais au monde mon quatrième.
    Et en même temps ce que tu dis de la confiance en toi me donne les larmes aux yeux. Manquer de confiance, alors que tu donnes déjà tant !!! Bien sûr ça ne se contrôle pas, ça vient avec le temps… Mais je comprends que ce doit être dur et épuisant.
    Ce que ça m’inspire aussi, c’est que nous pouvons faire aussi confiance à nos enfants. Même dans une situation qui n’est pas optimale pour eux, ils ont des ressources pour avancer, pour apprendre, ils peuvent compter sur nous. Ce n’est pas parce que Carrousel va à l’école l’année prochaine qu’elle n’aura plus soif d’apprendre, qu’elle sera bridée… Il y aura plein d’autres moments ! Les après-midis, les week-ends, les vacances, le temps chez les grands-parents (même s’ils ne s’y prennent pas comme nous)…
    Cette petite fille a l’air déjà si mûre et pleine de ressources… L’essentiel dont elle a besoin c’est votre amour inconditionnel, et l’école ne le lui enlève pas.

    J’ai hâte de lire des nouvelles, et en attendant, je te souhaite de voir autant de positif en toi que tu en vois chez tes filles, et de leur faire confiance !

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  14. Bonsoir maman Poule,
    J’ai commencé à lire ce blog à l’époque où je n’étais même pas encore enceinte (ma fille a maintenant 2 ans 1/2).
    Et ces derniers temps j’avais pu dire à mon mari « oh chouette Happynais se lance dans le unschooling ! ». Bon j’avoue du coup je m’étais ratée dans mon pronostique.
    Nous sommes dans la même réflexion ici avec Papa qui a gardé de bon souvenirs et moi. J’ai de très bons souvenirs de la maternelle et primaire qui était orientée Steiner et dont ma maîtresse de CP/Ce1 me faisait travailler en autonomie à mon rythme. La phobie scolaire a débuté au collège et je suis un pur produit du système éducatif normalisé : je n’ai quasi rien retenu des leçons apprises et mon niveau de confiance en moi est au ras des pâquerettes (mais je me soigne). Tout cela en ayant toujours été première de la classe et sous pression pour ne pas échouer…
    J’attends donc autre chose pour ma fille qui est si libre actuellement. Elle est gardée à la maison par une jeune fille au pair (super mode de garde au passage ^^). Elle se lève donc quand elle est prête, ne subit pas nos horaires et choisit son programme quotidien.
    Je suis en cours de réorientation professionnelle et serai bientôt Freelance. Donc relativement disponible pour une éventuelle IEF. Il n’empêche qu’aucun des choix en terme d’éducation qui s’offrent à nous ne me convient réellement, nous avons : petite école vétuste mais niveau mixtes ; grosse école où la bienveillance est un gros mot ; école privée religieuse et école démocratique mais à 30 km de la maison. Et pour l’IEF je doute déjà tant de moi quand je vois les blogs des mamans qui pratiquent Montessori et que je me dis « oh mais j’ai loupé cette étape !! ».
    Bref que de doutes ici aussi ! J’ai hâte de lire comment Mademoiselle Caroussel s’adaptera à son nouvel environnement.
    Et merci pour tous ces bon moments et émotions à lire vos aventures.
    Cloé

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  15. Moi je te trouve tout simplement géniale. Et tu peux être fière de toi et du recul que tu arrives a prendre sur tes questionnements/choix/décisions. Tes filles ont une maman merveilleuse.

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  16. C’est fou je me posais exactement les mêmes questions quant à la scolarisation de mon fils qui n’a encore que 14 mois (ça me laisse au moins 2 ans de réflexion comme ça 😉).
    Bref plus j’y pensais et plus ça me stressait n’ayant pas vraiment aimé l’école : je n’aimais pas les professeurs qui souvent avaient leurs chouchous et leurs têtes de turc, je n’aimais pas leurs jugements et j’avais constamment l’impression qu’ils essayaient de nous endoctriner …oui un peu parano peut être la gamine 😆, je m’ennuyais souvent car je trouvais les cours longs et rebarbatifs, bref, j’aimais bien quand même être en contact avec les autres mais très vite je me sentais parfois en décalage c’est horrible à dire mais souvent je trouvais mes camarades de classe un peu bêtes de prendre pour argent comptant tout ce qu’on leur disait sans jamais chercher plus loin ou essayer de comprendre… En même temps avec le recul je me dis que l’école m’a quand même aidé à améliorer mon esprit critique, m’a aidé dans mes relations avec les autres parfois et surtout j’ai quand même connu des professeurs géniaux !(je précise que je n’ai jamais été particulièrement une bonne élève, j’étais plutôt feignante et les bonnes notes ne m’intéressaient guère jeune rebelle que j’étais haha)

    Bref je comprends ton angoisse, ta peur que ta fille soit bridée dans sa soif d’apprendre et dans son imagination. Qu’elle ne trouve pas son compte …
    Je comprend également ton inquiétude face aux comportements des enseignants et des élèves qui n’ont malheureusement pas tous été éduqués dans la parentalité positive et dans la bienveillance…

    J’ai eu les mêmes inquiétudes pour mon fils et finalement à force de réflexions je me suis demandée pourquoi je voulais donner cette éducation à mon fils ? Pourquoi j’utilise la bienveillance ? Tout simplement parce que oui je suis convaincue et persuadée que c’est ce qu’il y a de mieux pour son développement, tant sur le plan moteur qu’emotionnel et intellectuel.
    Mais je me suis dit aussi que grâce à cette éducation, grâce à la bienveillance, à ce lien que nous créons, à cet amour que nous nous donnons sans honte ni restriction, grâce à toutes ces choses, je sais que mon fils sera prêt à affronter ce monde qui est certes tout sauf bienveillant (même si les mentalités commencent doucement a changer) mais il aura les outils et la force nécessaire pour faire face à toutes les situations qui se présenteront à lui qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Alors oui nos enfants sont encore jeunes et leurs cerveaux sont encore maleables mais faisons leur confiance car en te lisant au quotidien je vois bien que ta fille te surprend régulièrement par sa maturité, sa capacité de raisonnement son intelligence et sa sensibilité. Ta fille a de la ressource 😉 ! et quoiqu’il arrive tu seras toujours là pour l’accompagner, l’écouter et l’aider à grandir tu restes sa maman, une maman qui n’est pas parfaite (le parent parfait n’existe pas hein sinon ça ce s’aurait 😆) mais une maman profondément humaine et aimante.

    Et surtout merci pour ton blog il m’aide bcp !

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  17. Comme je vous suis dans votre réflexion ! Dur dur ce mental qui nous envahit sans cesse…
    Comme vous ma fille fera sa rentrée dans la petite école vétuste du quartier en septembre…Quand je pense à ça j’ai du mal à croire que ça fait 1 an et demi que je cherche une solution qui me conviendrait quant à l’école…Pourtant j’ai visité toutes les écoles alternatives de ma région…Il existe même une école Montessori basée sur la bienveillance et l’accueil des émotions. Le rêve sur le papier, les enfants font du yoga, tout le monde est formé à la bienveillance (personnel, parents, enfants) grâce à des ateliers réguliers organisés par l’école… quand j’ai visité j’ai vu les enfants jouer dans la cour, les grands comme les petits, ensemble, sans agressivité…Mais en regardant de plus près, ils sont 40 par classe, les salles sont minuscules , le prix exorbitant (surtout si je dois rajouter la cantine et la garderie du soir, à ce prix-là je travaille clairement pour ne payer que l’école de ma fille), les places très chères même en s’y prenant un an à l’avance on est juste inscrit sur une liste d’attente longue comme pas possible et l’école donne la priorité aux frères et sœurs de ceux qui sont déjà inscrits. Autant dire que c’est un parcours du combattant pour essayer de se faire accepter même si tu es d’accord pour débourser un rein tous les mois !
    Je n’adhère pas à ce principe de payer une fortune pour espérer avoir une « bonne » éducation. Ça me parait totalement contradictoire avec mes valeurs et ce que j’ai envie de véhiculer à ma fille. L’argent n’a jamais été important pour moi, j’ai préféré choisir un métier de passion, j’ai toujours été à l’école publique et je n’ai pas envie que ça vienne en 1er plan de ma vie .
    Même réflexion pour l’école Steiner, les locaux sont vétustes, ils se vantent d’avoir de l’herbe dans la cour alors qu’en réalité il n’y a qu’un tout petit carré non goudronné…La pédagogie est soi-disant centrée sur l’enfant alors que même s’ils s’éloignent des cours conventionnels de l’école publique, ils font quand même un super moule répétitif chaque jour. Tous les jours à la même heure musiquent puis poterie puis cuisine puis etc… J’ai l’impression que quoi que je choisisse je me vais me faire arnaquer…Et l’endroit où s’est situé ne me plait pas, et le prix non plus…
    Le unschooling alors ? J’avoue que j’ai espéré que vous ayez fait ce choix ^^ j’aurai pu suivre vos aventures en me disant que c’est possible et ça m’aurait peut-être aidé à sauter le pas. Pour notre famille, ça n’est pas d’actualité même si une partie de moi est largement convaincue et tentée. Mais je sais aussi que j’aime mon travail et les heures passées un peu loin de ma fille, pour mieux la retrouver, ne pas faire que ça, m’épanouir intellectuellement et socialement. C’est un équilibre. Il pourrait être mieux mais c’est pour le moment ce qui me convient le mieux
    La grosse école publique, tout le monde m’a dit que c’était la meilleure école de la ville, qu’il fallait absolument que ma fille y aille. Puis je découvre que les enfants se font punir quand les parents ont oublié de payer la cantine !! Oo Heu non je n’ai pas halluciné… c’est l’usine, une dame que je connais y a été directrice pendant de nombreuses années, elle est tout sauf bienveillante, dès qu’elle peut dire du mal d’un enfant elle ne s’en prive pas. Je l’ai même entendu dire de sa petite fille « qu’elle est difficile, on a beau la punir, lui mettre des fessées, la laisser seule dans sa chambre, elle ne lâche pas le morceau, quel sale caractère ! » (La petite en question a 2ans et demi…j’ai failli pleurer)
    L’école vétuste du quartier. C’est celle-là qu’on a finalement retenue. Une école sans prétention. Un des avantages que j’y vois c’est que ma fille sera dans une classe de petit-moyen, comme elle est entre deux au niveau de l’âge je trouve que ce n’est pas mal. Et j’aime la mixité des âges donc finalement c’est un compromis pas si pire les enfants auront entre 2 ans et demi et 4 ans et demi. Ma fille aura elle 3 ans et demi, pile au milieu. En espérant qu’on la laisse participer aux activités des plus grands si elle en ressent le besoin , qu’on ne l’oblige pas à faire la sieste avec les petits alors qu’elle n’en fait plus depuis belle lurette, et qu’elle puisse quand même évoluer avec les plus petits si elle ne se sent pas à l’aise dans tout ça…Mais bon , je ne me fais pas trop d’illusions, il est impossible d’apporter un accompagnement individualisé dans une classe de 30 enfants autour de 3 ans (c’est-à-dire quand même peu autonomes, et confrontés pour la 1ere fois à de vraies règles à respecter). J’ai rencontré la directrice qui est aussi l’instit des petits-moyens. Une femme qui a l’air sympathique mais qui a déjà vite collé une étiquette à ma fille (dis donc tu es bavarde toi ! ) Bon c’est vrai que comme votre Carrousel elle m’a fichu la honte…Pas dans le même sens, pas de ralage ou de j’ai pas envie (ça aurait très bien pu) mais au contraire, impossible d’en placer une, ni moi ni la directrice, mon petit moulin à paroles monopolisant la conversation. Et quand j’ai l’outrecuidance de lui demander de laisser la directrice nous expliquer comment fonctionne l’école « oui mais moi je connais déjà tout alors ça m’intéresse pas. Pourquoi ya plein de bonbons sur la table ? Je peux en prendre un ? J’aimerais bien en manger un, j’adore les bonbons moi , et puis une fois j’ai mangé un bonbon il était gros comme ça etc…» Je lui propose de faire un dessin le temps que le rdv finisse…On a visité l’école vite fait car ma puce était tellement excitée qu’elle sautait partout. Il y a du positif et du négatif. Un petit potager donc les enfants s’occupent mais une cour toute goudronnée avec 3 jeux qui se battent en duel. Des salles de classes plutôt grandes, une belle salle de motricité/danse. Enfin je ne me fais pas trop d’illusions, elle s’y fera recadrer car elle parle trop et ne tient pas en place.
    Finalement ce qui a validé mon choix c’est ma fille. Depuis ses 2 ans elle réclame d’aller à l’école. Quand elle a visité l’école, elle y était à l’aise, comme à la maison, avec ce regard qui brille d’impatience et d’envie. Si je faisais le choix de la déscolariser maintenant, j’irai clairement contre son besoin de découverte de cet environnement. Et elle finirait peut-être par avoir du ressentiment comme cette jeune trentenaire qui t’a fait part de sa déception pour l’IEF . Je crois que dans son histoire (sans vouloir parler à sa place) elle n’a pas eu le choix, ses parents ont imposé l’IEF sans prendre en compte l’envie de l’enfant. Pour moi l’erreur est là, le choix de l’IEF devrait servir les besoins de l’enfant pas l’écarter du monde malade. Ce n’est pas ma vie, c’est bien celle de mon enfant, si elle veut connaitre l’école elle en a le droit. Si elle se sent bien dans cette petite école publique ce sera bien pour elle. Sinon , on trouvera autre chose qui lui convienne en temps voulu. Le tout c’est de la laisser libre de ses choix, même à 3 ans.
    Je suis un peu comme vous, je veux le meilleur pour mes enfants, et j’ai rêvé d’avoir une petite fille « parfaite », jolie et intelligente, câline et polie, douce et bienveillante. Le fait est que c’est ma vision de la perfection et que ma fille ne pourra jamais y répondre en étant librement elle-même. Elle a besoin de s’explorer même dans ses pires facettes et de savoir qu’elle sera toujours acceptée et aimée. Je déculpabilise autant que je peux du choix de l’école, de l’éducation, des valeurs que je veux lui donner en me disant que c’est à elle de faire son chemin, à moi seulement de l’accompagner.
    J’ai lu récemment « libres enfants de Summerhill » d’A.S Neill. Un directeur d’école dans les années 60 qui a décidé d’ouvrir une école où les enfants sont libres de faire ce qu’ils veulent. Il y a des cours mais ne sont pas obligés d’y aller par exemple. Je ne suis pas d’accord avec tout ce qui y est dit mais la conclusion est que quoi qu’on fasse c’est l’enfant qui choisit. On ne peut que le guider, pas le contraindre. Si on le laisse libre, il trouvera en lui les ressources nécessaires pour aller vers ce qui lui convient. Même si c’est très éloigné de qu’on aurait souhaité pour lui . La lecture ne l’intéresse pas à 8 ans mais à 12 il découvre qu’il en a besoin pour aller plus loin ? Si personne ne lui a bassiné que c’était mieux de l’apprendre avant, il aura la confiance pour l’apprendre de lui-même. Idem pour les mathématiques, le bac , les concours pour devenir requin de la finance etc… Le fait est que si on est vraiment intéressé par un apprentissage, on apprend beaucoup plus vite, donc si on a confiance en nous et qu’on ne se dévalorise pas à coup de j’y arriverai jamais, on est capable d’apprendre tout et n’importe quoi. Pour moi l’école n’introduit que quelques éléments nouveaux par an à partir du collège. Peut-être parce qu’il faut garder tout le monde à niveau, peut-être pour d’autres raisons je ne sais pas. Toujours est-il que je suis persuadée que quelqu’un d’extérieur à ça qui a envie d’apprendre rattraperai ses camarades très rapidement et de manière non laborieuse. Par contre les codes sociaux sont plus difficiles que les connaissances théoriques. Les gamins élevés dans la violence n’auront pas du tout la même façon de résonner qu’un gamin élévé dans la bienveillance. Ca n’active pas les mêmes schémas dans le cerveau, les mêmes stratégies à adopter pour obtenir qqchose etc… Enfin je ne suis pas là pour vous persuader, vous le savez mieux que moi, avec tout le cheminement que vous avez fait avec vos enfants.
    J’arrête là car comme d’habitude c’est beaucoup trop long. Ce sujet m’a passionné, je suis contente d’y avoir appris tout cela sur l’école et les alternatives pour pouvoir laisser le choix à ma fille.
    Au plaisir de continuer à vous lire
    Belle journée

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    1. oh toutes mes excuses c’est bien sur un bug du telephone 🤣
      Merci bcp pour votre partage d’expérience super détaillé, je suis tjrs heureuse et intéressée de vous lire. Hate davoir vos partages aussi quand votre puce aura fait sa rentree.

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      1. Je vous laisse ce joli texte en guise de réponse (je ne sais pas encore s’il va vous désespérer ou vous déculpabiliser…)

        Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même,
        ils viennent à travers vous mais non de vous. Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

        Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées, car ils ont leurs propres pensées. Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes, car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves. Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous. car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier.

        Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés. L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de Sa puissance pour que Ses flèches puissent voler vite et loin. Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie ; car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable.

        Khalil Gibran (extrait du recueil Le Prophète)

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