Accompagner son enfant en conscience

Pourquoi les enfants ont-il peur « pour rien »?

Aujourd’hui c’est Halloweeeeeeeeen.

Je n’ai jamais Ă©tĂ© particuliĂšrement fan de cette fĂȘte, qui m’indiffĂšre un peu en rĂ©alitĂ©. Ça ne me fait ni peur, ni rire, ni rien. En plus, l’orange ne ma va pas super bien au teint, donc bon. En revanche, j’ai fait un veloutĂ© potiron-carotte- chĂątaigne cette semaine qui Ă©tait dĂ©licieux. Vous auriez du voir BĂ©bĂ© Carrousel boire Ă  mĂȘme le bol car ça n’allait pas assez vite Ă  la cuillĂšre
 Dans ces cas-lĂ , on dit merci le tablier-bavette Ikea d’ailleurs.

BREF.

Aujourd’hui, je saisis le prĂ©texte de la fĂȘte des morts pour vous parler de la peur chez les petits, un sujet que je n’ai pas encore abordĂ© sur le blog. Pour Ă©tayer l’article du jour, « Au coeur des Ă©motions de l’enfant » d’Isabelle Filliozat, et « Pour une enfance heureuse » de Catherine Gueguen, deux livres en haut de ma liste d’ouvrages pour une bibliothĂšque bienveillante. Et ma propre expĂ©rience, puisque c’est ce qu’on vient chercher sur les blogs, non ? (Dans l’oreillette, on me signale que la principale informĂ©e recherchĂ©e sur les blogs est de savoir si tout le monde galĂšre pareil).

 

Pourquoi les enfants ont-ils autant de peurs ?

A l’origine, la peur est une Ă©motion saine : elle permet au corps de se mettre en Ă©tat d’alerte pour faire face Ă  un danger. C’est l’amygdale (l’amygdale cĂ©rĂ©brale hein, pas celle de la gorge !) qui est le « centre de la peur » ; elle dĂ©code les Ă©motions et en particulier les stimuli menaçants.

Face Ă  un potentiel danger, nous avons en fait 2 rĂ©actions, que j’ai essayĂ© de schĂ©matiser simplement:

  • Une premiĂšre rĂ©action, immĂ©diate mais imparfaite. Dans ce cas, le stimulus (exemple : grognement de chien) reçu par le thalamus sensoriel est directement transmis Ă  l’amygdale qui envoie des dĂ©charges d’adrĂ©naline et de noradrĂ©naline dans notre sang et dĂ©clenche une rĂ©ponse physique immĂ©diate (cƓur qui s’accĂ©lĂšre, dilatation des bronches, augmentation de la pression artĂ©rielle
). Ainsi, l’énergie est mobilisĂ©e plus rapidement pour pouvoir fuir ou attaquer. C’est ce circuit court qui explique qu’on sursaute, qu’on laisse Ă©chapper un cri, qu’on est « paniquĂ© » avant mĂȘme de comprendre ce qu’il se passe vraiment.

 

  • La deuxiĂšme rĂ©action est plus lente mais plus adaptĂ©e, car « rĂ©flĂ©chie » : le stimulus, une fois reçu par le thalamus sensoriel, est envoyĂ© vers le cortex sensoriel qui va dĂ©coder le message et l’interprĂ©ter. Si le danger est avĂ©rĂ©, il envoie un signal Ă  l’amygdale qui confirme la rĂ©ponse physique immĂ©diate : on peut alors fuir, attaquer, se dĂ©fendre
 Si le danger n’est pas avĂ©rĂ© (exemple : le chien est attachĂ©, le maĂźtre est tout prĂšs, le chien est derriĂšre un grillage..), nous allons nous calmer. C’est le cortex prĂ©frontal, qui reçoit les informations de l’amygdale, est la structure de notre cerveau qui nous permet, soit de choisir la rĂ©action de dĂ©fense la plus adaptĂ©e, soit de « calmer » notre organisme aprĂšs l’état d’alerte.

En parallĂšle, intervient une autre structure : l’hippocampe. L’hippocampe est une structure du cerveau impliquĂ©e dans la mĂ©moire (je dĂ©taillerai dans un prochain article) ; en communiquant avec l’amygdale, c’est elle qui est responsable de peurs « apprises » (exemple : si, avant chaque dĂ©charge Ă©lectrique infligĂ©e Ă  une souris, on Ă©met le mĂȘme son, la souris finira par mobiliser son circuit de la peur rien qu’en entendant ce son) ou en rĂ©action Ă  des Ă©vĂ©nements passĂ©s (exemple : si une jeune femme se fait agresser un soir dans la rue, son circuit de la peur se dĂ©clenchera en repassant dans la mĂȘme rue, mĂȘme en l’absence d’agresseur potentiel). C’est ce qui explique que le corps peut se mettre en Ă©tat d’alerte par rapport Ă  des souvenirs, des mauvaises expĂ©riences, des Ă©vĂ©nements passĂ©s… mĂȘme en l’absence de signaux dangereux.

 

Les enfants viennent au monde avec une amygdale dĂ©jĂ  mature ; leur « centre d’alerte » est donc bien dĂ©veloppĂ© et le circuit « court » de la peur fonctionne trĂšs bien chez eux. Le cortex sensoriel, le cortex prĂ©-frontal et l’hippocampe sont en revanche immature ; le cortex-prĂ©frontal est la partie du cerveau qui terminera sa mature le plus tardivement, au dĂ©but de l’ñge adulte ! Ils n’ont donc, physiologiquement, pas les moyens de se calmer et de se « raisonner » seuls ! D’oĂč la prĂ©gnance des peurs au cours de l’enfance et leur grande difficultĂ© Ă  se calmer malgrĂ© nos explications rationnelles


 

 

Comment réagir face aux peurs des enfants ?

 

La prioritĂ© c’est d’accueillir et de respecter le sentiment, comme tout sentiment. Un sentiment n’est ni bien, ni mal, il est la vie et l’expression de l’individualitĂ©. Il n’appelle aucun jugement, aucune critique, aucune « correction » de type « Il n’y a pas de raison d’avoir peur » ou « mais non, n’aie pas peur ! ». L’enfant a le droit de ressentir tout ce qu’il ressent, c’est aussi simple que ça. Encore plus quand, au vu des explications prĂ©cĂ©dentes, on comprend qu’il s’agit avant tout d’une rĂ©ponse biologique envoyĂ©e par son cerveau encore immature.

Bien-sĂ»r, on exclut totalement tout ce qui va tourner l’enfant en dĂ©rision, le dĂ©valoriser, lui laisser penser qu’il est le seul Ă  Ă©prouver ce sentiment de peur « Ne fais pas ta fillette ! », « Oh la chochotte !!! », « Gros bĂ©bĂ© ! » et autres jugements du mĂȘme acabit.

MÊME POUR LES GARÇONS, oui.

Et lĂ  je m’adresse en particulier Ă  certains papas, dont Papa Ours ! Vous n’allez pas faire de vos garçons des lĂąches ou des « fillettes » (je dĂ©teste dire ça, mais bon) parce que vous leur permettez d’avoir peur ! Être courageux, ce n’est pas ne jamais Ă©prouver de peur, c’est avoir les ressources pour les affronter.

Et ces ressources, non seulement, nous l’avons vu, les enfants ne les ont pas en venant au monde et d’autre part elles fleuriront chez les enfants dont les peurs ont Ă©tĂ© accompagnĂ©es avec bienveillance, et non contraintes ou rĂ©primĂ©es. En se moquant, en forçant, en imposant..on rajoute du stress dans un organisme dĂ©jĂ  en Ă©tat d’alerte ! Et le stress libĂšre du cortisol dans le sang, une hormone qui va ralentir la maturation du cerveau
 Donc, en matiĂšre de peurs comme pour tous les autres aspects de l’éducation, tout ce qui provoque du stress chez l’enfant (claque, fessĂ©e, punitions, cri, isolement, moquerie, humiliation, etc.
), que l’on pense Ă  but Ă©ducatif, va aller dans le sens contraire de ce qu’on recherche et retarder la maturation des zones du cerveau nĂ©cessaires au contrĂŽle de soi et des Ă©motions


  • Pour accueillir la peur :

1/ On commence par la nommer de façon objective « Oh, on dirait que ce chien te fait peur ! », « Tu as peur de l’aspirateur », « Tu es effrayĂ©e par le Monsieur dĂ©guisĂ© ». Par « objective », je veux dire qu’il ne s’agit pas d’adopter un ton moqueur ou une tournure de phrase dĂ©valorisante (« Quoi, tu as peur de cette minuscule petite bĂȘte ?! » ou « Ca y est, maintenant tu as peur du noir en prime ! »).

Les Ă©tudes montrent que le simple fait de nommer la peur et ce qui l’a provoquĂ©e, montrant ainsi Ă  l’enfant qu’on a entendu son Ă©tat de panique intĂ©rieur, fait baisser son stress.

2/ Rassurer : selon son Ăąge, un contact physique, des paroles rassurantes, s’éloigner de la source de la peur
 Si on ne peut pas s’éloigner, bercer l’enfant avec un flot de paroles douces va permettre de faire redescendre le stress.

3/ Partager : « Oui, c’est vrai que ça fait un drĂŽle de bruit l’aspirateur ! », « Je comprends, il est gros ce chien par rapport Ă  toi ! ». « Moi aussi j’ai sursautĂ© en attendant les travaux, on ne s’y attend pas et BOUM ! ».

4/ Explorer avec l’enfant ce qui fait peur EXACTEMENT. Si on prend la peur de l’aspirateur, est-ce la peur du bruit ? Est-ce la forme du tuyau ? Est-ce la peur d’ĂȘtre soi-mĂȘme aspirĂ©e ? Est-ce parce que l’enfant ne sait pas ce que deviennent les miettes ?

N’hĂ©sitez pas Ă  poser ces questions exploratrices prĂ©cises, plutĂŽt que de demander « pourquoi tu as peur ? » qui est souvent mal vĂ©cue et donne lieu Ă  des rĂ©ponses peut probantes. Les enfants qui n’ont pas le langage peuvent vous manifester leur rĂ©ponse par leur rĂ©action Ă  l’énumĂ©ration des possibilitĂ©s.

5/ Apporter des informations, donner des ressources : c’est seulement à ce stade qu’on peut apporter des informations rationnelles pour aider l’enfant à comprendre ce qui se passe. Chaque fois que c’est possible, Isabelle Filliozat recommande de rendre l’enfant acteur du processus, car cela lui permet de reprendre le contrîle sur la situation. Selon son ñge, on peut lui proposer d’aller chercher sur internet ou dans des livres des informations (sur les chiens, les insectes, etc 
), d’aller demander à telle ou telle personne des informations. Avec les plus petits, à nous d’apporter ces informations.

Pour aider les enfants Ă  reprendre le contrĂŽle, ils doivent avoir des informations mais aussi des « armes » et pour cela l’imaginaire est trĂšs utile : « que ferais-tu au dragon/Ă  la maitresse/au chien si tu avais tous les pouvoirs ? » . Je le dĂ©couperai en morceaux, je lui mettrais un nez rouge, je l’enverrai voler au ciel
 Laissez votre enfant ĂȘtre « tout puissant » face Ă  sa peur. Ceci est bien sur beaucoup plus applicable avec les enfants qui s’expriment bien.

6/ Se mettre en contact avec ses ressources intĂ©rieures : la volontĂ© d’affronter une ancienne peur (exemple : descendre Ă  la cave, aller dans la mer, etc) doit venir de l’enfant, il doit vouloir le faire pour lui-mĂȘme et non pour faire plaisir au parent ou parce qu’il ressent une pression.

Et chez nous ?

Chez nous bĂ©bĂ© Carrousel n’a pas, pour l’instant, de grosses « peurs » paralysantes.

  • Le mixer: un truc qui ne plait pas du tout Ă  BĂ©bĂ© Carrousel, c’est le mixeur ! La premiĂšre fois que j’ai moulinĂ© de la soupe alors qu’elle Ă©tait en train de dĂźner sans sa chaise, elle s’est mise Ă  pleurer et ne se calmait pas malgrĂ© mes paroles. Je l’ai prise dans mes bras, je lui ai dit que ça faisait effectivement beaucoup de bruit, je l’ai rassurĂ©e
 ensuite, je lui ai montrĂ©, toujours en la gardant dans mes bras, ce que je faisais avec ce mixeur. Je l’ai vraiment sentie se cramponner Ă  moi, pas du tout rassurĂ©e. Au fil du temps, on a dĂ©veloppĂ© notre petit rituel pour combattre la peur du mixeur : je la prĂ©viens que je vais mouliner, et dĂšs que le bruit dĂ©marre, elle arrive en courant vers moi pour me donner la main, tandis que je mouline de l’autre. Elle reste Ă  cĂŽtĂ© de moi Ă  me tenir la main tout le temps qu’il y a du bruit, me lĂąche quand j’arrĂȘte
 et reviens dĂšs que ça recommence. Sauf que, dans sa main, je ne la sens plus se cramponner et dans son regard elle n’est plus paniquĂ©e. C’est son petit rituel rassurant face Ă  ce bruit (qui est franchement dĂ©sagrĂ©able, mĂȘme pour nous !).

 

  • L’aspirateur : pendant un temps, et alors que bĂ©bĂ© cela ne lui faisait pas du tout peur, BĂ©bĂ© Carrousel s’est mise Ă  craindre l’aspirateur, toujours Ă  cause du bruit mais pas que
 C’est Ă  dire que si l’aspirateur trainait au milieu du couloir, elle le contournait, passant le plus loin possible de lui. Si, pendant que je le passais, je me dirigeais vers elle, elle reculait en disant « non non non non ». J’ai procĂ©dĂ© de la mĂȘme façon, principalement par le contact rassurant ; je la prends dans mes bras, je la rassure, puis je passe l’aspirateur en la gardant dans mes bras et en la berçant d’un flot de paroles continu lui expliquant ce que je fais, Ă  quoi ça sert
. A plusieurs reprises, je lui propose qu’on passe ensemble et au dĂ©part elle le touche Ă  peine. A chaque fois, je prends soin moi de bien l’envelopper d’un contact rassurant en mĂȘme temps qu’on passe l’aspirateur ensemble.

 

  • La marionnette escargot: la semaine derniĂšre, la puĂ©ricultrice de la crĂšche me prĂ©cise que BĂ©bĂ© Carrousel a eu trĂšs peur d’une grosse marionnette escargot qu’ils avaient sorti pour la premiĂšre fois. Quand je lui en parle, BĂ©bĂ© Carrousel prend son air apeurĂ©, secoue la tĂȘte et pousse des « grrrrrrrrrrrr » de tigre. Ce soir lĂ , je dĂ©cide de dĂ©dramatiser cette effrayante marionnette ; je me mets Ă  me baver dessus, pour lui montrer comment fait l’escargot. Puis, avec Papa Ours, on rampe par terre Ă  la force de nos bras dans tout l’appart
 Le tout, en chantant « petit escargot, porte sur son dos, sa maisonnette
 ». Au fur et Ă  mesure, BĂ©bĂ© Carrousel rigole, grimpe sur notre dos et remplace son « grrrrr » effrayĂ© par une belle bavouille quand on lui demande comment fait l’escargot. Le lendemain, l’équipe de la crĂšche Ă©tait ravie d’avoir une petite fille qui a passĂ© sa journĂ©e Ă  baver en se trainant par terre
 😉

 

En parallĂšle de ces petites peurs « localisĂ©es », chez nous on traite au quotidien une « peur » latente : les nouveaux visages, les nouveaux lieux, les nouvelles situations… : chaque fois que l’on va quelque part, bĂ©bĂ© Carrousel a besoin d’un trĂšs long temps pour apprivoiser son environnement (lieux et personnes). ConcrĂštement, elle ne va pas aller vers les gens, va se cacher contre moi si on s’approche d’elle pour la solliciter et elle ne me dĂ©cramponne pas d’une semelle. Elle n’accepte pas d’aller dans les bras spontanĂ©ment et ne sera jamais rassurĂ©e par le contact d’une personne qui n’est pas de son cercle familier. C’est valable pour toutes les tĂȘtes nouvelles et lieux nouveaux, mais mĂȘme pour les gens qu’elle a vu plusieurs fois, on passe par cette phase de transition qui va durer plus ou moins longtemps. Elle a mis environ 10 mois Ă  ne plus du tout passer par cette phase d’adaptation avec ses grands parents qu’elle voyait environ 1 fois ou 2 par mois. Avec son cĂŽtĂ© hypersensible, il y a aussi des gens qu’elle « sent » et d’autres qu’elle ne sent pas avant mĂȘme le 1er Ă©change
 et ceux-lĂ  peuvent s’accrocher pour l’approcher.

Que fais-je Ă  ce sujet ? Strictement rien mes amis ! A part respecter son besoin en expliquant aux gens qu’elle a besoin d’un temps d’adaptation, qu’il faut la laisser observer et qu’elle viendra spontanĂ©ment vers eux s’ils lui en laisse le temps. Plus les gens tentent de la « forcer », de la solliciter et de dĂ©ployer des stratĂ©gies pour l’attirer, pire c’est. Avant qu’on aille chez des gens, qu’on reçoive des invitĂ©s ou qu’on aille dans de nouveaux lieux, je la prĂ©viens, je dĂ©cris ce qu’on va faire et essaye de mobiliser ses souvenirs (« Tu te souviens de Maxime, la derniĂšre fois tu as jouĂ© avec lui Ă  faire sauter les grenouilles dans le seau ?). En situation, je la laisse observer (car c’est vraiment le trait qui prĂ©domine chez elle, le sens et le besoin d’observation) en restant prĂšs de moi. Si elle n’est pas trop effrayĂ©e, j’essaye qu’elle soit debout au sol en me tenant la main, plutĂŽt que sur mes genoux pour observer
 si jamais elle a un Ă©lan pour aller jouer ou vers quelqu’un, il ne sera ainsi pas freinĂ©. Quand les gens se font trop insistants, je leur dis texto de lui lĂącher la grappe, qu’elle viendra quand elle sera prĂȘte.

Moi aussi les gars, parfois j’aimerais une petite fille ultra avenante qui va avec tout le monde, vu que c’est visiblement le modĂšle de gosse qui plait le plus Ă  l’entourage. J’imagine que ça Ă©viterait qu’on dise que c’est parce qu’elle est maternĂ©e qu’elle me colle et mon dieu que j’aimerais pouvoir clouer le bec Ă  tout le monde aussi facilement.

Mais, d’une part on ne choisi pas son modĂšle (sinon je peux vous assurer que j’aurais pris l’option nuit paisible quelle que soit son prix) et d’autre part, j’aime ma fille comme elle est, avec ce petit cĂŽtĂ© sauvage et observateur qui la caractĂ©rise. Ceci dit, j’espĂšre qu’elle conservera ce caractĂšre Ă  l’adolescence, ça lui Ă©vitera peut-ĂȘtre de fuir avec le premier mec en scooter qui passera en bas de l’immeuble 😉

Sur ces belles paroles, happy halloween… Le premier qui fait peur Ă  ma fille avec un masque Ă  la con gĂšre ses nuits pour les 12 prochains jours.

 

8 rĂ©flexions au sujet de « Pourquoi les enfants ont-il peur « pour rien »? »

  1. Superbe observation comme d’hab ! J’ai eu en son temps le modĂšle (22 ans, Ă  prĂ©sent… ces bĂ©bĂ©s nous en font, n’est-ce pas ?) un peu « sauvage » qui n’aimait pas le contact avec les autres enfants, bien qu’accueillie Ă  la crĂšche depuis ses deux mois et demi… J’en ai entendu, des vertes et des pas mĂ»res, sur l’enfant unique, le stress de la mĂšre (j’avais Ă©crit strass, hi hi), l’asociabilitĂ©… Mon dieu, mon dieu, si j’avais Ă©coutĂ© tout le monde il aurait fallu que je la mette en colo pour lui apprendre la vie Ă  3 ans. Number 2 est arrivĂ©e 10 ans aprĂšs (faut ce qui faut), et lĂ , pas du tout le mĂȘme genre de fillette. Avait-on vieilli (mais non mais non), l’enfant aurait-il (incroyable) son propre caractĂšre dĂšs le dĂ©but ? Bref, je ne thĂ©orise plus depuis bien longtemps sur tout cela. Et je me garde de tout jugement sur les parents, les familles. Professionnelle de la petite enfance dĂ©sormais (vous avez sous les yeux la prose d’un EJE territoriale, c’est pas pour me vanter), je suis - j’essaie - au quotidien de ne pas « pĂ©remptoiriser » quand un enfant m’interroge par ses rĂ©actions. J’ai Ă©tĂ© trop blessĂ©e par les discours entendus pour mon premier bĂ©bĂ© (qui est en fac mais ça reste mon petit !! ouh la vilaine !!).
    Bonne journée à tous !

    PS: et la recette du potage, alors ? On ne partage pas ses bons plans, à présent ?

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  2. Le modĂšle nuit paisible, hahaha!

    Je ne sais pas quand les enfants commencent Ă  avoir peur, ou en tout cas Ă  le montrer. Mon fils a 3 mois et pour l’instant je n’ai rien remarquĂ© (c’est plutĂŽt le chat, chez nous, qui a peur de l’aspirateur et du sĂšche-cheveux Ă©teint et posĂ© au sol).

    Moi-mĂȘme petite, j’avais trĂšs peur des araignĂ©es, Ă  quoi l’entourage me disait « les petites bĂȘtes ne mangent pas les grosses »… Mes parents ont sur ce coup Ă©tĂ© capables de voir que ça n’aidait pas, se taisaient, et venaient simplement enlever la chose de ma vue. J’avais aussi trĂšs peur des chiens (je ne suis toujours pas rassurĂ©e Ă  30 ans de voir un chien que je ne connais pas venir vers moi en courant et en aboyant, mais j’ai appris des techniques pour ignorer l’animal, et ça marche!) et trĂšs peur quand ma mĂšre m’envoyait Ă  la cave chercher des pommes de terre parce que je ne voulais surtout pas devoir toucher celles qui avaient germĂ©!

    Ma meilleure amie s’est vue dire maintes fois par les grand-parents qu’elle faisait de son fils « une mauviette », puisqu’il refusait jusqu’Ă  il y a peu (il a deux ans) de rester un aprĂšs-midi sans elle chez son papy et sa mamie… Elle a tenu bon et quand il a Ă©tĂ© prĂȘt, ça s’est fait tout seul.

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  3. Une petite fille sensible… Je connais ça, on a ça ici aussi, une petite fille observatrice de 2 ans 1/2 Ă  qui rien n’Ă©chappe, qui a effectivement besoin d’un peu de temps pour se lancer vers les gens ou les situations nouvelles. En mĂȘme temps, je ne comprends pas pourquoi cela est parfois difficilement acceptĂ©, socialement parlant : perso, je suis moi-mĂȘme un peu comme ça, et j’ai plus de 30 ans !! Qui s’Ă©lance sans une apprĂ©hension raisonnable dans une salle pleine d’inconnus ??!!
    Bref, en lui laissant un peu de temps, ça va tout seul, et ceux qui sont patients finissent par nous dire en gĂ©nĂ©ral : « elle n’est pas timide, dis donc! » parce qu’elle apprĂ©cie les interactions, si on lui laisse suivre son rythme, et les entraine dans ses jeux…
    Et, cerise sur le gĂąteau, je trouve ça incroyable et impressionnant qu’elle repĂšre un oiseau sur une branche, une araignĂ©e sur le mur ou n’importe quel objet nouveau Ă  la maison, ce don d’observation lui sera sĂ»rement trĂšs utile dans la vie !!

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