VDM (Vie de Mum)

Petit(e)s à grands besoins

Tu ne manges pas ça ? C’est vrai que tu as toujours été difficile…

Je me souviens quand tu étais gamine, tu étais infernale. A part tes pâtes et ta vache-qui-rit, tu ne mangeais rien. RIEN.

Ton père en était malade, de voir ta tête dégoutée et ta moue boueuse à tous les repas.  Ça lui en coupait l’appétit !

Ta mère a consulté plusieurs fois, on lui a dit que tu ne te laisserai pas mourrir de faim, qu’il fallait se détendre. Ils devaient être trop stressés et vous transmettre ça.. parce que ton frère a fait un peu pareil ! Vous êtes difficiles les gosses Poule !

Cette histoire c’est la mienne, c’est du moins celle qu’on m’a dite et répétée pendant 27 ans.

Et cette histoire ne sera pas celle de Bébé Fusée, qui m’a permis de mettre un diagnostique a la place d’un comportement qualifié de caprice : syndrome de dysoralité sensorielle (SDS).

En synthèse, une hypersensibilité génétique des sens, généralement du goût ou de l’odorat, qui rend, entre autres, l’alimentation solide compliquée pour les enfants concernés : je vous laisse lire ici pour les détails.

Chez bébé Fusée, nous avons pu poser ce diagnostic il y a quelques jours grâce à une consultante en lactation formée auprès d’orthophonistes compétents pour traiter les troubles de l’oralité. Pour la plupart des familles, c’est au terme d’un parcours alimentaire chaotique que la prise en charge se fait, bien plus tard. Et au terme de plusieurs années à penser qu’ils ne savent pas s’y prendre…

Chez ma petite Fusée, le SDS se manifeste par un très fort réflexe nauséeux (elle a des hauts le coeur très fréquent, quand elle met trop vite le sein en bouche, met ses doigts dans sa bouche, si on lui propose une tétine…) et une agitation au sein / refus du sein même quand elle a manifestement faim, que j’avais jusqu’ici incombée uniquement au Réflexe d’Ejection Fort du lait que j’ai aussi. Pourquoi faire facile quand on peut faire galère, n’est ce pas ?

Grâce à la prise en charge précoce (je dois pratiquer des massages buccaux de désensibilisation, 7 fois par jour, chaque jour… ça tombe bien comme je mennuyais…), j’ai bon espoir que cela facilite la diversification et qu’elle ne passe pas par le même dégoût de la nourriture que moi. 

 Je me souviens encore, en atelier d’écriture à l’école primaire, avoir complété la phrase « Je déteste…. » par « manger ». Je me souviens encore du soir où, âgée de 2 ans, ma tante m’a gardée et m’a donné sans le vouloir de la soupe moisie : je me souviens du gout, de la texture dans ma bouche. Je n’ai pas pu manger de soupe en brique pendant des années, jusqu’à peu en fait. Je me souviens des odeurs quand ma mère cuisinait le dîner et que javais des haut le coeur ; je me souviens que ça ne lui faisait pas super plaisir, la pauvre. Avec le temps, mes « caprices » sont passés, j’ai accepté de goûter davantage, même s’il y a encore des aliments que je me refuse à goûter. Tout le monde a pensé, moi y compris, qu’en grandissant, j’étais devenue raisonnable.

Tout ça pour dire quoi ?

1/ D’abord, qu’il y en a ras le bol de tout foutre sur le dos des mères : il pleure beaucoup parce que tu es stressée, elle ne mange pas parce qu’elle a un problème affectif avec toi, blablabla.

Oui, ok, les enfants sont des éponges. Oui, ok, un environnement ultra zen avec une maman hyper cool va probablement aider bébé à être tranquille. Oui, ok, il hérite aussi d’une part de notre caractère. 

Mais pas que. Il y a aussi des vrais soucis, petits et grands, qui peuvent toucher nos bébés, plus fréquemment qu’on le croit et qui mettent parfois longtemps (genre…27ans!) à être diagnostiqués / compris.

Et pourquoi ? Parce que c’est tellement plus rapide de dire « Madame les bébés ça pleure c’est normal. Il grossit bien, tout va bien. Faites le garder, vous êtes trop stressée, c’est pour ça qu’il pleure« . 

Comme entendu cette semaine à LLL : si tu sors de chez le pédiatre en pleurant… change de pédiatre ! 

La maman sait et sent ce que d’autres ne voient pas. Elle sent que quelque chose ne va pas, mais elle n’est pas qualifiée pour poser un diagnostic. Et pourtant, combien de mères, faute d’être entendues, cherchent par elles mêmes et déploient l’énergie qu’elles n’ont pas à trouver enfin des professionnels qui les prennent au serieux, en perdant au passage le peu de confiance en elles qu’il leur restait ? Et ça c’est pour celles qui lâchent pas le steak après avoir entendue que le problème, c’est elles. 

C’était mon premier coup de gueule.

2/ Mon deuxième coup de gueule, c’est que j’emmerde les statistiques. Oui, Madame, c’est pas constructif, mais ça fait du bien. 

15% de femmes avec un réflexe d’ejection fort et c’est pour ma pomme.

20% des enfants avec un syndrome de dysoralité sensorielle et c’est pour ma pomme.

0,5% a 1% des bébés allergiques aux protéines de lait de vache dans le cadre d’un allaitement maternel exclusif et c’est pour ma pomme.

Un bébé de 4 mois dort 16 à 17h par jour, et la mienne fait 3 siestes de 15 minutes en journée.

90% des bébés s’endorment en voiture et la mienne hurle systématiquement.

Passé 3 mois les pleurs diminuent et chez moi ils ne font que s’intensifier.

J’emmerde grave les statistiques.

Et je suis convaincue que ma pomme a encore deux ou trois pépins en réserve.

Je n’en dis pas plus pour le moment.

Mais je le sens, je le sais.

J’attends juste que le mec qui a fait les études pour ça me confirme mon intuition.

J’ai dit à Papa Ours qu’il fallait qu’on arrête de se reproduire ensemble : nos bébés sont bien trop intenses

Nos petites à grands besoins.

Elles sont incroyables, merveilleuses, fantastiques, drôles, intelligentes, éveillées, empathiques, sensibles, perspicaces, attentives, fortes et je ne les echangerai pour rien au monde maintenant que je les connais et que je n’ai pas d’autre choix que de les aimer éperdument.
Mais bordel, j’aimerais bien qu’on me laisse tester un modèle du bouquin, celui qui fait des vraies siestes, qui s’endort en regardant un mobile, qui tète calmement, qui mâchouille son truc sur son tapis pendant 30 minutes, qui s’endort tranquillou quand on le berce et pas en pleurant. Un modele qui n’est pas angoissé, pas hypersensible, pas précoce, un modèle qui n’a ni RGO, ni allergie, ni asthme, ni syndrome bizzare, ni KISS, ni RIEN. Des coliques pendant 3 mois si il veut, mais après basta! 

Juste pour que je sache ce fait de se sentir un peu Ninja-Warrior de la maternité quand d’autres mères me parlent de leurs difficultés que je n’ai pas. Que je puisse me dire « elle fait un plat de pas grand chose, elle doit etre stressée! » et être ultra fière de ma zenitude, même si en vrai ça n’a rien à voir et que mon gosse a juste défié les lois de la génétique en neutralisant tous les gênes nazes qu’on combine son père et moi, pour ne garder ENFIN que les meilleurs (je veux parler de ma plastique de rêve et l’intelligence suprême de Papa Ours, bien-sur). Ah merde, on me dit dans l’oreillette que de toutes façons, quand les gosses sont tranquilles, on dit rarement que c’est grâce à la mère, on dit qu’elle a du bol. 

3/ Mon dernier coup de gueule, c’est que les bébés et les enfants ont des besoins, point.  On ne sait pas toujours les comprendre, on ne peut pas toujours y répondre, mais leurs pleurs comme leurs crises sont motivées par des besoins, qui sont parfois des souffrances, petites ou grandes. Pas par des caprices, des lubies, des tests, des envies de nous rendre chèvre, même si parfois ça y ressemble fortement. 

C’est la petite fille qualifiée d’infernale aux repas qui vous le crie.

Pour reprendre le cas du SDS en exemple, au dela des difficultés alimentaires, cela peut se traduire par un refus de porter des vêtements « qui grattent », de toucher des textures qui collent, de marcher dans le sable, une hypersensibilité au chaud ou au froid… autant de choses qu’on peut aisément qualifier de caprices quand on ignore ce qu’est le SDS. 

Et puis, certains enfants ont des besoins plus intenses que d’autres, c’est comme ça, ce n’est ni mieux ni moins bien et ce n’est la faute de personne, si ce n’est celle de la vie qui complique notre faculté à supporter ces besoins. C’est juste plus difficile pour les parents, qui en plus de la fatigue induite par ces besoins, doivent supporter le regard condescendant voire moralisateur de leurs juges et paires. 

Ce qui m’aiderait à supporter les besoins intenses de mes filles, ce ne sont ni les conseils ni même des heures loin d’elles (quoi que je commence à y venir ^^), ce serait de ne plus jamais lire dans le regard de quiconque que c’est moi le problème.

Être écoutée et entendue, accueillie dans mon émotions comme si ce que je disais ne pouvait qu’être vrai. 

Bon, et quelques heures de ménage, mon linge plié et un dîner tout prêt, ça aussi hein ça aide 😉 
PS : merci à la lectrice qui m’a inspiré le titre de cet article… ❤

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22 réflexions au sujet de « Petit(e)s à grands besoins »

  1. Tes enfants sont comme toi, hypersensibles… Ça se traduit physiquement, mais aussi émotionnellement etc. Alors certes y’a des côtés galère, mais les hypersensibles, c’est souvent aussi les gens doués, avec une vraie intelligence intellectuelle et émotionnelle, des talents et des caractères à part, une grande capacité à l’empathie et à l’amour…

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  2. ❤ un grand merci ! Notre poulette est une puce sensible, qui a 2 ans et demi se réveillent encore en hurlant, qui peut se murer dans le silence, qui met du temps à nouer des liens, qui ne dort pas en voiture… et comme ça me fait du bien de lire cet article. Et comme je partage ton point de vue !

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  3. Mince, c’est vrai que tu cumules ! Au moins, si c’est un KISS, avec le bon accompagnement ça devrait vite aller mieux. Je te le souhaite le plus sincèrement du fond de mon coeur.
    Je te souhaite de bonnes fêtes de fin d’année 🙂

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  4. Le sds ressemble aussi à certains aspects de la précocité, pour ce que j’en connais du moins vu qu’il y a autant d’enfants que de « symptômes ». Ce qui est difficile c’est de se faire confiance, de savoir envers et contre tout et tous que qqch cloche et d’un autre côté ne pas trouver les clefs pour gérer cette situation. Mais bien qu’il y ait des coups de mou il faut tenir bon. Tu vas arriver à dépasser cette situation, et même les suivantes parce que tu as cet instinct et que tu sais l’écouter! Bises

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    1. La précocité c’est une de mes pistes, c’est difficile à ce stade de dire bien sûr, mais elle en présente bcp de caractéristique : regard intense des la naissance, tenue de la tete également, se retourne à 4 mois, calme que quand on lui parle ou qu’elle est stimulée, peu de sommeil… par contre je ne savais pas que les symptômes du sds étaient associés à la précocité… ça semble confirmer mon ressenti alors…

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      1. Mon fils est hypersensible, les réflexes nauséeux et de moro très prononcés et qui ne sont pas passés tout seuls en grandissant, il a fallu passer par des exercices de stimulation. Pas de dégoût de la nourriture mais très peu d’appétit et très sensible aux textures (alimentaires, textiles) etc. Enfin pas mal de similitudes quand même !

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  5. Pas facile comme situation… Je fais pour l’instant partie du bon côté des statistiques et quand je te lis, ou quand je vois comment sont certains bébés autour de moi, je me sens chanceuse.
    Je vous admire les mamans de bébés hypersensibles ! Maman poule, tes filles ont une super maman. C’est bien ce que tu fais…

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  6. Bonsoir, merci pour cet article. Je serai très intéressée d en savoir plus sur les massages que vous produisez. Nous avons découvert il y a un mois que notre fils souffrait du syndrome de Kiss pouvant être responsable de la dyspraxie verbale. Le diagnostique n est pas encore poser à 100% car il est encore trop tôt.
    Il souffre de tensions dans bouche. Nous passons chaque jour son corps mais je n arrive pas à avoir de retour concernant le bouche.
    Merci à vous. Belle continuation.

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  7. Courage surtout, et CONFIANCE. En toi, en vous. J’en avais déjà parlé, mais effectivement, il faut aussi écouter notre coeur de parents face au corps médical.
    Tu parles d’asthme : pour info, on galère depuis plus de 2 ans avec notre première. On vient de tenter une autre approche que la triptyque « ventoline / flixotide / solupred » à base de manipulations spécifiques par un ostéo. A dispo pour en parler si besoin.

    Passez de belles fêtes de Noël

    Amitiés

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  8. Si tu savais comme j’ai envie de transférer ton article à plein de gens autour de moi, en particulier ceux et celles qui ont démolis ma confiance en moi de mère à coup de « faute des mères ». Moi qui pense vraiment maintenant, que tout est ma faute, que je suis trop stressée, et puis que je devrais lâcher prise. Qui envie tellement les familles ou les enfants dorment, mangent, ne sont pas « difficiles » (leurs mots a eux, certainement pas les miens. Ce qui est difficile c le doute permanent). Mais qui a aussi envie de leur hurler « ne viens pas me donner des leçons tu n’as aucune idée de ce que ça veut dire de pas dormir pendant 3 ans ». Moi si oscille entre ce que je pense être bons pr eux (écoute calme bienveillance disponibilité) et qui parfois en vient à me dire qu’ils seraient mieux sans moi. Moi dont le couple prend cher car les incompréhensions se creusent.
    Poulette, je connais pas en vrai mais tes mots sont si importants pour moi … prend très fort soin de toi …. ❤

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  9. Encore un super article que tu as écrit. Pour avoir un petit garçon de 2 ans et demi qui dort très peu et mal, cette question d’hypersensibilité me parle et beaucoup pense que j’en suis responsable. Et pour être orthophoniste et venant de me former aux troubles de l’oralité, ton expérience du SDS me parle également.

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  10. Bonjour,
    Êtes vous sure que votre deuxième ne souffre pas de reflux ?
    Le tableau me fait penser à ma première qui n’avait pourtant aucun signe extérieur mais qui à partir de 3 mois a commencé à pleurer de plus en plus, ne supportait pas d’être posée, dormait par phase de 2h la nuit puis se réveillait en hurlant, uniquement calmée par la tétée…
    courage à vous !

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  11. Pareil, réflexe d’ejection fort, siestes uniquement en écharpe ou dans les bras, sinon se réveille direct. Ou quand c’est gagné c’est l’énorme réflexe de moro qui fiche tout en l’air. Pareil pour le coucher. Donc 16-17h de sommeil à 4 mois, oui, sur moi. Sinon c’était 8-10h! Et ça pendant de looongs mois. Ne fait toujours pas mes nuits à 2 ans. Et hurlements en voiture jusqu’à ses 12 mois environ… A croire que les bébés allaités et/ou portés sont plus sensibles ou tolèrent beaucoup moins de ne pas être contre leurs parents. Heureusement pour nous, pas de problèmes de santé comme ceux que tu rencontres mais des gaz (coliques?) qui eux aussi ont largement dépassé les statistiques des 3 mois. Et quand on veut juste avoir une écoute empathique de la part de proches on se prend des phrases du genre « oh, ce n’est pas grave, elle ne va pas être traumatisée parce qu’elle a pleuré 40 minutes en voiture! ça lui fait les poumons! Ce n’est pas bon d’être trop fusionnelle. » Et là on découvre ton blog et le moral remonte 🙂
    Je t’envoie plein de courage.

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  12. Allez courage, vous avez une qualité énorme c’est l’écoute! Vous connaissez vos filles et c’est ce qui vous a permis très tôt de poser le diagnostic de dysoralite. Je suis orthophoniste et j’étais comme vous face à la nourriture : une enfant difficile et très sélective dans les textures et dans les couleurs d’aliments. On s’en est sorti! Alors que ce trouble n’était pas connu dans notre enfance et qu’ aucune prise en charge n’a pu être proposée. Bébé fusée a beaucoup de chance de vous avoir comme maman: elle ne connaîtra pas le forçage alimentaire ni les commentaires négatifs à son égard. Je suis sûre qu’elle prendra du plaisir à manger. Les massages sont certes très contraignants (7 fois par jour minimum et ce pendant 7 mois) mais tellement bénéfiques pour la suite! Il existe des groupes Facebook sur le sujet si vous avez besoin. Bon courage, ne lâchez rien, vous êtes super et les galères que vous vivez dont celles d’autres mamans… vous n’êtes pas seule!!! Ma puce faisait 2 siestes de 20 minutes par jour (une le matin et une le soir) jusqu’à 15 mois….!

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  13. Votre bébé fusée ressemble à ce que j’ai vécu avec ma fille…allergie au lait alors qu’elle était allaitée exclusivement, hypersensibilité, microsiestes, et précocité…! Elle a aujourd’hui presque 3 ans, comme votre grande carrousel 😊 Un amour, une petite fille unique avec qui on ne s’ennuie jamais, mais qui bien sur ne nous laisse aucun répit ! Toujours allergique au lait mais on a adapté l’alimentation de toute la famille, si ça semblait un casse tête au début maintenant on a le sentiment de manger plus sain car très peu d’industriel. Bon faut que je prépare les repas pour la crèche, ça demande de l’organisation quand les 2 parents travaillent…hypersensible, par chance pas sur la nourriture, mais impossible de mettre les pieds dans l’herbe ou le sable pendant longtemps, les changements de luminosité la font hurler encore aujourd’hui (mais c’est pas fini ces caprices dixit l’entourage !), depuis toujours le soleil dans les yeux lui est insupportable, comme certaines matières de vêtements, le chaud etc…Des siestes de 20 minutes toutes les 4h, j’étais seule avec elle la journée, je choisissai entre manger ou me laver, car je ne pouvais jamais la poser ou sortir de son champ de vision…elle a commencé à faire de plus longues siestes quand elle a fait du 4 pattes et voulait se mettre debout. Impossible de dormir en voiture, ni le jour ni la nuit ! Ça existe pas un bébé qui dort pas en voiture on m’a dit 🤣 on a fait un trajet de 10h encore ce weekend, elle a somnolé 30 minutes ! Par contre elle pleure peu et ne s’ennuie jamais si on lui parle. Et pour la précocité je l’ai su des que je l’ai vu, jamais un bébé n’avait de si grands yeux qui scrute tout le monde…ma mère m’a dit qu’elle n’avait jamais vu un bébé comme ça non plus, c’est drôle comme elle nous regarde comme ça ! Puis partout où je l’ai emmené on m’a dit qu’elle était tonique, éveillée, en avance, vive etc… Pédiatre, kiné, ostéo, crèche, famille, amis se sont tous donné le mot. C’est finalement la psy qui la suivait pour des problèmes de sommeil ( peur de mourir en dormant a 2 ans ) qui m’a dit que même si elle était trop jeune pour passer des tests ça semblait évident qu’elle était précoce. Bref pour l’instant elle est vive et bien dans ses baskets c’est l’essentiel, elle me fait fondre chaque jour et m’étonne chaque fois par ses réflexions, bon courage super maman, vous enrichissez mon quotidien avec vos articles 😊 vos filles ont la chance extraordinaire d’être nées dans votre famille ! Bises

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  14. Il est 2h16, Bambinet en écharpe, il vient tout juste de s’endormir. Dehors il fait nuit, tout est calme et c’est la tempête dans mon cœur.
    Pourquoi ? Qu’est-ce que j’ai fait, pas fait ?… Je me pose 1001 questions puis après encore des recherches sur internet me voici en train de lire tes mots… Apaisement enfin.
    Merci d’écrire tout cela. Oh loin de moi l’idée d’être heureuse de lire les difficultés que tu rencontres mais soulagement de lire que oui tout n’est pas de la faute des mères.
    Bambinette a 3 ans 1/2. Hypersensible. S’endort seule depuis 2 mois, n’hurle plus en voiture depuis ses 2 ans, toujours besoin d’être énormément contenue, des émotions ressenties x1000, ne mange pas, capte tout trop/très vite, ne se relache jamais, toujours stimulée, pas de pause, toujours tendue,…
    Déjà à la naissance elle impressionnait par son tonus, son éveil, elle nous déstabilisait avec son regard si puissant. Elle est merveilleuse mais tout est plus intense, plus difficile.
    Bambinet 6 mois. Ce regard perçant déjà à la naissance puis 3 mois cool où dormir n’importe où et téter étaient ses priorités. Une fois que tu t’es bien habituée à ce luxe, bam dans ta face, remake de sa sœur ! Dormir c’est tricher ou alors juste en porte-bébé, régurgiter c’est la vie, capter tout tout le temps, aimer être stimulé toujours, ne jamais se relâcher,…
    Je pense à un reflux, à une intolérance aux protéines de lait de vache,… tout le monde envoie balader mes suppositions d’un revers de la main. Je suis une mère trop poule, il faut que j’arrete de cogiter qu’on me dit et puis tout ça ce sont des effets de mode me rétorque t’on.
    J’ai juste envie de hurler. En 3 ans 1/2, je me suis pris les pires claques de ma vie, j’ai pris aussi accessoirement 10 ans dans la gueule et puis cette sensation que je ne sais pas faire qui me colle aux basques alors que p##### j’ai juste besoin d’être entendue, respectée et soutenue.
    Alors voilà toi Maman Poule, tu m’apportes tout ça, merci, merci, merci.
    Donnons-nous du courage, c’est tellement difficile mais je suis intimement convaincue que nous faisons ce qui est bon pour nos bébés et qu’importe si en ce moment on passe à côté de notre vie, notre essentiel n’est-il pas là finalement ?

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  15. Qu’il est dur de ne pas tenir compte des jugements! Mon fils né prématuré suite à un retard de croissance in utero est un bébé très sensible. Il a été beaucoup manipulé pendant son séjour en néonatalogie, puis en décembre lors d’une nouvelle hospitalisation. J’ai tiré mon lait pour pouvoir l’allaiter quand il serait en mesure de s’alimenter. J’y suis parvenue mais en décembre, hospitalisation et à nouveau une sonde de gavage… Depuis quelques jours je peux à nouveau le mettre au sein…et on me demande sans cesse quand je vais le mettre au biberon car sinon il sera trop fusionnel…et puis il n’a pas grossi assez, c’est de ma faute évidemment (rien à voir avec la maladie bien sûr…)
    Stop au jugement, un enfant à besoin d’être soutenu, câliné, accompagné surtout quand ils ont un parcours un peu compliqué, des pathologies mal connues. Bon courage à toi, merci de partager avec nous ton expérience. Bébé fusée va grandir entourée d’amour comme sa sœur et c’est bien ça l’essentiel.

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  16. Si seulement les professionnels de santé écoutaient un peu plus les mamans !!!

    Pour ma deuxième, je me suis rendue compte que quelque chose n’allait pas à ses deux mois. Je mettais deux-trois heures à l’endormir tous les soirs. Elle me faisait de l’eczéma. Elle avait parfois du sang dans ses selles. Elle ne prenait pas beaucoup de poids. Elle régurgitait beaucoup.

    J’ai vu beaucoup de médecins, de pédiatres, etc… Et à chaque fois, la même réponse : la faute à l’allaitement. Pour certains elle mangeait trop. Pour d’autres pas assez. Pour d’autres encore mon lait ne lui convenait pas…

    A ses cinq mois, j’ai fini par poster un message sur un groupe facebook dédié aux mamans, et à l’allaitement, et plusieurs d’entre elles m’ont parlé de l’intolérance aux protéines de lait. J’en parle à la PMI, et on me rit au nez en disant qu’il ne faut pas croire ce qu’on lit sur internet, et que de tout façon c’est rare donc ça ne peut pas être ça.

    J’appelle ma sage-femme, qui est spécialisée dans l’allaitement, et lui parle de ce qui arrive à ma fille. Elle me dit pareil, qu’il faudrait tester la piste de l’intolérance aux protéines de lait de vache. Elle me conseille de faire une éviction, de prendre des compléments de calcium à côté, et me donner le numéro et le nom d’une pédiatre que je n’avais pas encore vu.

    Je commence tout de suite l’éviction, et une semaine après miracle ! Ma fille s’endort facilement au sein, plus de sang dans les selles, et elle prend du poids. Je vois la pédiatre deux semaines après, elle m’écoute vraiment et examine avec soin ma fille. Une première ! Elle lui détecte un RGO avec œsophagite, et pense aussi à une intolérance aux protéines de lait de vache. Elle me demande de faire une prise de sang à ma fille.

    Ma fille a six mois, et les résultats viennent de tomber. Elle est bien intolérante aux protéines de lait de vache. Je suis vraiment mais alors vraiment remontée contre tous ses soi-disant médecins et pédiatres, qui n’ont jamais pris la peine d’examiner ma fille ou de m’écouter, et qui se contentaient de dire que c’était la faute à l’allaitement.

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  17. Merci pour cet article.
    Lorsque j’ai rencontré pour la première fois la famille de mon mari, une des premières histoires qu’on m’a raconté sur lui, c’est à quel point il avait été « difficile » quand il était petit, jusqu’à ne manger qu’un yaourt par jour, et plein de petites anecdotes qu’on raconte avec affection mais qui témoignent de la profonde inquiétude qu’on pu avoir ses parents à l’époque.
    Je lui ai transféré ton article, et il a enfin pu mettre un nom sur ce qui est sûrement une part de lui. L’impact est aujourd’hui devenu bien plus faible dans sa vie, mais c’est tout de même important de pouvoir se dire qu’on n’était pas « difficile », mais fait comme ça, sans pouvoir rien y faire, et c’est tout.
    Lorsque je suis tombée enceinte, nous en rigolions tout en espérant fort que notre enfant n’aie pas ce même comportement. Maintenant nous comprenons grâce à toi que ce n’est pas un comportement, c’est effectivement une sensibilité génétique. Notre aîné n’en a heureusement pas hérité, et nous serons très attentifs, si d’aventure un futur Bébé 2 arrivait dans la famille, à tous les signes qui pourraient nous alerter.

    Bon courage pour tout. Et bravo pour tout ce que tu fais pour tes filles.

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