VDM (Vie de Mum)

Fucking mind

Je regarde une photo : comme ils ont l’air heureux.

Comme ils semblent amoureux.

Comme cette famille est joyeuse.

Comme j’aimerais être à leur place.

 

Sauf que cette photo est placardée sur mon mur

et que c’est moi sur la photo.

Je suis jalouse du moi que j’aurai pu être.

 

J’entends un air qui me ramène en arrière et mon cœur se serre.

Je croise un sourire sur papier glacé et j’ai envie de pleurer.

La petite fille que j’étais.

La jeune fille libre de tout.

Toi et moi, seuls au monde au bord de la mer à la nuit tombée.

Mes premiers tout de mère.

Mes premiers tout de mère encore une fois.

Les rires et les larmes le jour de notre mariage.

La vie qui m’offre ce que j’ai toujours désiré.

Ce que j’ai toujours dit que je voulais.

 

J’aimerais tellement revivre certains moments passés.

Et ce moment présent qui vient de s’envoler.

Mais les revivre pour de vrai.

La dernière fois, je n’étais pas tout à fait là.

Ou pas assez en tous cas.

Je voudrais tout revivre et tout dévorer.

Tout ce à quoi j’ai seulement goûté.

Assez pour me souvenir comme ça aurait pu être délicieux.

Trop peu pour être rassasiée.

Même libre de tout, j’étais enfermée.

Dans une boite trop petite pour contenir toutes mes pensées.

 

Je me sens nostalgique de ces moments où j’aurais pu sentir et ressentir la plénitude.

Ridicule.

Je veux ce que j’ai eu.

Je suis nostalgique de sentiments que je n’ai pas ressenti.

Absurde.

 

J’envie ceux qui sont là complètement, totalement.

Ceux qui n’ont pas en tête hier et demain, constamment.

Ceux qui ne cherchent pas ce qui manque sans le vouloir.

Ceux qui ne cherchent pas ce qu’il y a avant, après, derrière, en dessous.

Ceux qui n’ont pas le sentiment perpétuel de ne pas être à la bonne place.

Ceux qui ne sont qu’un.

Je voudrais trouver le bouton.

 

Je me sens prisonnière de ma tête.

Ils sont trop nombreux la dedans pour laisser place à qui que ce soit.

Trop nombreux dans ma tête pour que je ne me sente pas affreusement seule.

Seule avec l’envie furieuse d’être quelqu’un d’autre.

Je voudrais trouver le bouton.

 

Par deux fois j’ai connu le bonheur d’arrêter de penser :

La nuit où je suis née mère.

La nuit où je suis re-née mère.

Pour ça que je rêve de recommencer.

 

Je voudrais trouver le bouton.

Arrêter de vivre ma vie comme un brouillon.

Comment on appelle les gens qui ont tout pour être heureux et qui n’y arrivent pas ?

Des putains de gros cons.

 

Plus j’essaye d’avancer, plus j’ai l’impression de reculer.

En chemin, quand même, j’apprends à me connaitre.

C’est ce nuage gris au dessus de ma tête.

Quoi que j’aie, quoi que je fasse, où que j’aille, même sous le soleil.

Il me guette, il m’attend, il projette son coin d’ombre et vire à la tempête sans avis.

Espoir, désespoir.

En un instant.

C’est pas moi, c’est mon nuage.

Que je traine comme un boulet.

 

On me dit souvent que mes filles ressemblent à leur papa.

Pardon hein, j’espère que ça ne te vexe pas.

Si vous saviez.

C’est mon plus grand souhait.

Que mes filles soient différentes de moi.

 

 

Tout ça n’a rien à voir avec ce que j’ai ou n’ai pas.

Ça n’a rien à voir avec vous mes filles, ce que vous faites ou pas, peu importe ce que j’en écris ici.

Ça n’a rien à voir avec toi Papa Ours, ce que tu fais ou pas, malgré ce que je te crie.

Ça n’a rien à voir avec ce que je donne aux autres, à moi, ou pas.

Ça n’a que peu à voir avec vous, papa et maman, ce que vous avez fait ou dit ou pas.

Tout ça n’a rien à voir avec ce que j’ai ou n’ai pas.

 

 

C’est l’Être.

Ce qu’on est, moi et mon essence.

Depuis la naissance.

Et bien avant.

C’est à l’intérieur.

C’est plus grand que moi.

C’est plus ancien que moi.

C’est plus puissant que moi.

 

Mais je n’abandonne pas.

depression

 

 

 

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27 réflexions au sujet de « Fucking mind »

  1. C’est fou ce que tu arrives à décrire ce qui se passe dans ma tête! Je ne sais pas comment c’est possible mais je me reconnais régulièrement dans tes textes. Et ce qui est chouette c’est que tu mets des mots là où je n’y arrive pas. Merci merci mille fois.
    Je suis sûre qu’un jour on arrivera à profiter de l’instant présent sans penser à demain ni hier, à ce que on a été et ce qu’on voudrait être. Un jour on n’aura plus le cul entre deux chaises! Courage

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  2. Bonjour votre texte est impressionnant
    Je suis née comme vous et malheureusement mes enfants me ressemblent
    J ai appris à profiter du beau et du bon lorsqu il est là mais seulement après 50 ans et suite à une tragédie familiale
    Maintenant j en ai 68 et je parviens à supporter la vie que j ai tout en me rendant compte en permanence que j avais tout ou presque , jadis lorsque j étais si mal dans ma tête et que maintenant que mon cerveau est « calmé «  il me reste ce que la vie veut bien m offrir .. mais oui vous y arriverez 💕🧚‍♂️🍀

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  3. Encore une fois ta superbe plume m’a touchée en plein cœur… j’ai ressenti tout ça : j’ai regretté, j’ai espéré, j’ai souhaité ignorer, recommencer…
    Et ton texte d’aujourdhui me fait réaliser que mon coeur et mon corps commencent à devenir plus forts que ma tête. J’ai ce récepteur radio allumé en permanence qui m’inonde d’infos sur ce qu’il y a autour de moi, ce que les autres ressentent, etc. Mais finalement il m’a fallu apprendre à l’orienter vers moi même : être attentive à ce que JE ressens, à ce que MON corps me dit, à ce que mon instinct me souffle à propos de MOI…
    première étape pr y parvenir : un bon burn out et une thérapie.
    Deuxième étape : être mère, d’un bébé merveilleux plein d’allergies qui me fait rencontrer une super kinesiologue pour guérir ses allergies et au fil du temps me guerir moi aussi…

    Quand je regarde des photos de moi avant, je n’en me reconnais pas non plus. Normal : ce n’était pas moi! C’était celle que je pensais qu’il fallait que je sois (et que je n’arrivais pas à être bien entendu!!) …

    Aujourd’hui j’apprend à être moi, la vraie, pas forcément celle dont je rêvais mais celle qui, au final, j’ai le plus aimé… avec mon hypersensibilité, mon perfectionnisme, mon cerveau qui réfléchis parfois trop, mes défauts et finalement plein de qualités…

    Et je répète à ma fille de 20 mois que la personne qu’elle doit le plus aimer au monde, c’est elle…

    Aime toi TOI… c’est celle que tes deux filles ont choisi pour mère… lâche prise 😉
    C’est si bon tu verras…

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    1. C tellement Ça, vous lire me touche énormément, happynaiss quand je vous tout ce qu’elle fait, tout l’amour qu’elle donne à ses enfants et ce qu’elle ressent me fait mal car c une mère formidable Comme des milliers d’enfants devraient avoir❤️ Et lorsque je vous lis, c tellement vrai tout ça, on vit en cherchant l’amour, à plaire aux autres, à être la personne la « mieux » pour tte apprécier et aimer Mais on se trompe tellement. Je vous lis, et j’écris je suis consciente du mon erreur, et pourtant dès le téléphone posé je retourne à essayer d’être cette personne qu’il faut apprécier plutôt que de m’aimer ❤️
      C un peu confus mon texte, c un peu Comme Dans ma tête 😅
      Mais MercI de prendre le temps d’écrire pour Que nous lecteurs se rappelons de l’essentiel, s’aimer soi ❤️
      Merci

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  4. Oh, mais c’est bien normal. Pour avancer, nous faisons des pas en avant et puis quelques uns en arrière. Et puis apprendre à vivre l’instant présent s’apprend. Doucement mais sûrement. Je suis certaine que tu y arrivera. La méditation pourrais t’aider. Bon courage en tout cas 😊

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  5. Et la bienveillance dont tu fais preuve toutes les heures, tous les jours, toute l’année… pourrais-tu tenter de la témoigner envers toi-même?
    Oooh je sais… plus facile à dire qu’à faire me diras-tu. Oui c’est vrai. Mais avec un peu d’entraînement on y arrive. Même si au départ, on se dit qu’on ne la mérite pas, qu’on n’a pas été élevée comme ça, que blablabla. Devenir son amie, devenir soi, c’est du travail. Moi je l’ai fait accompagnée. Peut être le fais/feras-tu aussi ? Ça vaut le coup en tout cas, crois moi. Mille pensées.

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  6. Il me parle tellement ton texte… tu n’as pas idée à quel point. J’espère que ça t’aura fait autant de bien de l’écrire que ça m’en a fait de le lire (elle est bien moche cette phrase 🙄 mais tu saisis l’idée quoi 😬).
    Je t’embrasse 😘

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  7. Whaouh ! Juste whaouh ! Une fois de plus tes mots raisonnent en moi avec une puissance inouïe. Cette sensation d’entre spectatrice de sa propre vie, d’être incapable de profiter du bonheur présent, d’être constamment envahi par ses pensée à propos de ce qu’hier était, de ce qu’aujourd’hui aurait pu être, de ce que demain sera. Envier la vie des autres tout en sachant que certains envie la nôtre mais ne pas être capable d’en profiter tout simplement. Ton article tombe, comme toujours, à un moment clé de ma vie. En plein tournant, il agit comme un électrochoc et m’encourage à enfin me tourner vers la méditation en pleine conscience pour essayer de dissiper, ne serait-ce qu’un peu, mon propre nuage sombre qui m’empêche d’être heureuse depuis bien trop longtemps. J’y songeait depuis longtemps mais, emportée par le flux de ma vie, je ne prends pas la peine. Alors merci, mille fois merci d’incarner le petit rayon de soleil qui perce à travers l’épais manteau nuageux. Je te souhaite également qu’un jour brille le plus radieux des soleils au dessus de ta tête 😘

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  8. Je ne te connais pas mais ton texte me fait penser à une personne avec un haut potentiel intellectuel, dont le cerveau ne se débranche jamais.
    Tu ne t’accordes pas de pause, tu mets la barre très haute, autant d’indices qui me confortent dans cette idée à chacune de mes lectures.

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  9. Bonjour j’ai longtemps eu du Mal à vivre ma vie sans regret sans me projeter ds lavenir, sans passer à côté. Une psychothérapie ET des séances d’hypnose m’ont permis d’avancer. Aujourd’hui je n’ai plus envie de vivre ds lavenir je profite du moment présent. J’ai encore quelques regrets mais bcp moins. Si un jour vous avez le temps…

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  10. Hello,

    Texte touchant, comme toujours…
    Si je peux me permettre quelques conseils / remarques :
    * quand on a été un enfant très conforme (excellent élève, toujours prompt à répondre aux attentes des autres et du « système »), c’est très difficile d’atterrir dans un monde dur et froid, où les attentes, pour le coup, ne sont plus exprimées clairement… et sont parfois contradictoires
    * qui plus est, quand on a été ce type d’enfant, on a passé des années à réfléchir sur beaucoup de choses, à parfois « se prendre la tête » ou s’inquiéter sur des choses qui ne sont parfois pas de son âge
    * cette « machine à penser » qui nous a parfois très bien servi, notamment dans le système scolaire, devient très envahissante dans la vie quotidienne, une fois qu’on est rentré dans le grand monde.
    * en outre, pas facile de savoir comment discipliner cette machine à penser quand on ne nous a pas expliqué comment faire. J’ai cru comprendre dans un ancien article que tu avais fait de la danse : tu as certainement dû passé des heures à t’exercer, voire à « souffrir » pour arriver à un niveau de maitrise fort du sujet. Mais personne ne nous a enseigné à nous exercer sur notre mental. Personne ne nous a aidé à « travailler » notre psyché pour le maîtriser comme notre corps… Alors que la logique est la même selon moi
    * enfin, pas facile de penser son chemin de vie quand on a été « bon en tout », et « intéressé par tout ». Tu sembles maintenant toucher du bout des doigts une vocation, liée à ton projet de doula. C’est super. Mais c’est vrai que ce n’est pas facile de ne pas forcément avoir une vocation au coeur, depuis l’enfance parfois, car c’est un cap que l’on peut suivre tout au long de sa vie..

    Peut être que j’extrapole, mais s’il y a un peu de vrai dans ce que j’ai pu dire juste avant, alors je comprends parfaitement ce que tu peux ressentir. Pour ma part, j’ai a peu près coché toutes les cases au dessus. Et comme je le racontais dans mon dernier article, il m’a fallu une énorme déception à 20 ans pour avoir le courage de tout reconstruire. Ca a pris du temps, mais je suis passé de la colère et l’abattement à une meilleure acceptation de la vie. En somme (et comme l’a évoqué quelqu’un avec moi cette semaine), j’ai mis quelques années à « pardonner », moi même, les autres, le monde, la vie.
    Peut être que tu peux le faire seule. Ou peut être pas. Peu importe au fond, il n’y a aucun problème à être accompagné (et ma future femme à l’époque avait joué un rôle essentiel pour m’aider)
    Peut être que tu réussiras à couper le « robinet à pensées » à la demande. Ou peut être pas totalement. Peu importe, au fond, le tout étant de réaliser que c’est possible.
    Peut être que chaque mois qui va passer à partir d’aujourd’hui, maintenant que votre changement de vie est bien enclenché, sera un pas de plus vers ce pardon, cette acceptation de la vie telle qu’elle est

    Je suis convaincu que si trop réfléchir est parfois si fatigant, c’est aussi une porte ouverte vers un changement profond de soi… car cela rend capable d’une réelle introspection !

    Portez vous bien tous les 4. Et surtout, n’oublie jamais que rien n’est jamais figé : il n’y a aucune fatalité, même dans les moments difficiles. Tu as bien plus de ressort, je pense, que tu ne le crois parfois !

    Amitiés
    Arnaud

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  11. Tu es une jeune femme avec une belle maturité. Tu as une conscience aiguisée de la Vie. Les personnes qui te côtoient ont de la chance.
    Cette Vie se déguste, mais on ne le comprend souvent que bien trop tard ! 😉
    Courage belle âme, toutes les ressources sont en toi !
    Fais toi aider par un professionnel si tu le peux. (C’est le plus beau cadeau que tu puisses te faire et faire à tes enfants…)
    Et garde 5-10mn par jour pour toi, pour méditer (c’est la clé qui calme la tyrannie du mental !).
    RESPIRE – Tu es là – Tu es fantastique !!
    Tout est parfait…

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  12. « Vivre ma vie comme un brouillon »: c’est tellement ça que je ressens. Et, je suis le genre de névrosée qui prenait une nouvelle copie et recommençait à chaque petite rature, ça devait être parfait. En ce moment, la copie de ma vie est un brouillon illisible avec des to do lists dans les marges (tout ces petits travaux d’aménagement à faire et qui n’avancent pas), les listes de mes rêves réalistes (aller au yoga une fois par semaine, acheter un maillot de bain), de mes rêves plus lointain (quitter la finance londonienne pour me lancer dans la permaculture en Normandie), des notes sur mes lectures de développement personnel et éducation. Bref, il ne reste plus de place pour le texte central de la vie au jour le jour. Parfois je me dis que je vais juste trouver une espèce de retraite de hippie et en pleine trance j’aurais peut être le déclic magique qui fait que je saurais lâcher prise!? J’ai l’impression que mes boulets sont ma rigueur et mon perfectionnisme, moi qui les ai considéré comme mes forces si longtemps, je veux m’en libérer aujourd’hui. Simple is beautiful they say! Bref, je vois ce que tu veux dire!

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    1. Bonjour, l’apprentissage de l’imperfection par Tal Ben Shahar m’a beaucoup aidé à prendre du recul sur mon besoin de perfection. Un livre court, simple, épatant de logique, et plein de petits chapitres.

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  13. Je suis très triste pour toi de lire cette souffrance. Je veux simplement t’apporter du soutien, du courage, toute l’énergie positive que je puisse t’envoyer.
    Est-ce que tu envisages de te faire aider, par un psychologue ou consort ? Tu n’abandonnes pas, heureusement, mais c’est tellement dur de vivre ça. Tu as le droit que quelqu’un t’aide à trouver ce bouton, à moduler le volume à défaut de pouvoir l’éteindre complètement. Crois en toi, aime toi, comme tu sais si bien le faire et l’écrire pour tes enfants. Tu y arriveras, tu es incroyable.

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  14. Je suis à la plage et je regarde ces gens, qui fixent la mer pendant de longues Minutes sans rien faire. J’en suis incapable. Je les envie. Je me demande s’ils continuent de penser ou pas?! Je suis incapable de rester immobile. Je dois lire, dessiner, jouer, nager, chercher des coquillages, peu importe je ne peux pas rester immobiles, j’aimerais pourtant et je rêve que les milliers de voix dans ma tête se taisent à cet instant.
    Alors j’y met du miens pour profiter. Je fais un mandala avec les petits en captant l’essence de ce joli moment de création partagé. Je nage et essayant de ressentir la sensation de l’eau sur chaque partie de mon corps, mes muscles en action, le bruit des vagues. Je joue en imprimant leurs rires au plus profond de ma mémoire. J’observe ma fille et sa façon de jouer, de crée un petit monde merveilleux avec 2 coquillages et un bout de bois. Je cherche les plus beaux coquillages comme une chasse au trésors et cours avec mon chien dans l’eau, tatouant cette joie dans mon cœur.
    Je ne suis pas immobile. Ma méditation à moi est sans cesse en mouvement, mais trouver le moyen de m’ancrer dans l’instant présent apaise mon esprit sans cesse bouillonnant.
    Je ne suis pas seule à ressentir ça, et le savoir me rassure, et m’aide à accepter cette facette de ma personnalité.

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  15. Bonjour,

    Je crois que c’est le troisième commentaire que je poste mais votre texte a fait écho en moi et étant donné votre clairvoyance, je pense que vous êtes au début du Chemin. Le Chemin qui va vous faire comprendre qu’on aura beau faire tous les efforts du monde et avoir tous les moyens matériels de la Terre, la joie et le bonheur s’évanouissent comme des rêves confus. Que le temps vous échappe, que vous ne contrôlez pas les sentiments qui vous accablent, bons ou mauvais, que vous ne contrôlez ni la vie ni la mort – à l’instant où j’écris, mon cœur pourrait s’arrêter de battre sans cause apparente et alors je mourrai. Et en même temps, je pourrai désirer ardemment un deuxième enfant, et même si tous mes examens disent que c’est ok, ça ne pourrait ne jamais arriver.
    Et toutes les choses que vous accumulez, vos biens, votre maison, vos enfants, votre époux, vos parents, vos amis, vos souvenirs, tout ça s’évanouira aussi et dans votre tombe, il n’y aura que vous. Donc, se sacrifier pour ses enfants, son travail, pour rembourser son crédit, et autre, sans rien en retour, ; cela a t-il encore un sens pour vous ? Ne souhaiteriez-vous pas être récompensée pour les bonnes choses que vous faites ou pour les sacrifices, les larmes, et les pertes ? Pour l’amour inconditionnel que vous avez pour vos enfants ? (c’est juste un exemple).

    Comme vous dites à la fin du texte, c’est plus grand, plus ancien et plus puissant que vous. Jésus a dit : « Ne prenez pas la vie pour Seigneur, elle vous prendra pour ses esclaves. Conservez vos trésors auprès de Celui qui ne les égare pas. L’homme attaché au trésor de ce monde craint le malheur, alors que l’homme attaché au Trésor de Dieu ne le craint pas ».

    Si je parle ainsi c’est que je suis convaincue que vous vous posez forcément la question du but de la vie. Votre but dans la vie ne doit être suivi par aucun autre, c’est par essence la vraie définition d’un objectif (c’est la chose finale à atteindre) ; donc ça ne peut pas être votre projet d’être doula, ni d’élever vos filles, ni d’acheter une maison ou que sais-je encore. Demandez-vous une bonne fois pour toutes, quel est votre BUT ?

    Vraiment, excusez-moi d’avance si ça vous paraît osé de parler ainsi, mais je respecte beaucoup ce que je vous dîtes dans la majorité de vos articles, et ce que vous décrivez là, c’est un problème d’identité (ça reste mon avis). De la même manière que l’orphelin qui n’arrive pas à se construire parce qu’il lui manque ses origines et toutes les connaissances qui s’y rattachent.

    Bon, je pourrais m’étaler longuement mais j’espère que ce petit propos apportera une petite goutte à votre Moulin.

    Sincèrement et chaleureusement,

    Happymum.

    (P.S. : je ne suis pas chrétienne, ni témoin de Géhova, ni sectaire lol)

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  16. Je t’envoie pleins de 💕💕💕💕💕💕💕💕 et de courage.
    Des larmes coulent en lisant ton profond et puissant témoignage.
    Je crois pouvoir me reconnaître en toi, tu n’es pas seule. Pas encore trouvé de solution, mais le chemin est là, il existe. Si on avance, c’est l’essentiel.
    Essaie d’apprendre à revenir à toi, à ton corps et tes ressentis. Parfois, si ça te dis, les cercles de femmes peuvent aider…
    Et pour faire écho au commentaire précédent: oui, ça ressemble bien à un problème d’identité..dans la mesure où après avoir tant appris à se conformer et à se sur-adapté, on a érigé tant de masques, de faux self qu’on ne sait plus vraiment qui on est. Besoin alors de tout déconstruite pour (re)construire et être vrai.
    Courage
    💕💕💕💕💕💕💕💕💕💕💕💕

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  17. Je crois que je te comprends… Je me reconnais dans beaucoup de choses que tu évoques dans cette réflexion.
    Mais à te lire, je me rends compte aussi que je pourrais faire une partie de ces réflexions au passé. Non que ce soit maintenant simple de vivre pleinement le présent, d’arrêter de penser, mais je crois vraiment que j’ai fait du chemin, un chemin libérateur.
    Il a fallu que j’attends d’avoir 36 ans et 4 enfants (dont un arrivé par surprise et attendu avec pas mal d’angoisse (mais, étonnamment, dont la naissance a été magnifique, un vrai cadeau)) pour savoir un peu plus lâcher prise, vivre maintenant, me réjouir de ce que j’ai et de ce qui est. Je ne sais pas comment c’est venu. Ma raison me dit : le temps qui fait son œuvre certainement, l’exercice de la gratitude, la maturité grâce à laquelle je fais un peu plus attention à moi… Ma foi me dit : le travail de la grâce… Toujours est-il que je mesure le chemin parcouru tout autant que celui qui reste à parcourir, et que je me dis qu’il y a 5 ans, ou même 3, ou 2, je n’aurais jamais imaginé dire ça.
    Alors je ne sais pas si mon modeste témoignage t’aidera, mais il veut au moins te dire que rien n’est figé, que l’on évolue, même si ça prend du temps. Que dans quelques années, tu regarderas peut-être dans le rétroviseur en te disant que tu respires mieux, et que tu as sacrément cheminé. D’ici là, si je peux me permettre une petite injonction, sois bienveillante avec toi-même, sois comme ta meilleure amie, qui t’aime même avec trop de monde dans ta tête et tes pensées qui ne s’arrêtent jamais.

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  18. Pffffiouuu bah tu me sors encore quelques larmes. Tu écris vraiment joliment, tes textes me font beaucoup réfléchir, merci beaucoup et plein d’amour pour toi et ton essence.

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  19. Et ce qui est incroyable, c est que même dans ces moments où on se sent au creux de la vague, malgré ces défauts et dérapages, nos luttes contre qui nous sommes, on reste la seule et unique et irremplaçable maman de nos enfants, celle dont ils ont besoin comme elle est , à faire de son mieux…

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