Etre mère... et tout le reste !

Grandir

Dans « Accepter« , je vous ai fait part à mots pudiques de ma séparation avec Papa Ours. Dans « Echec« , j’ai séché mes larmes sur mon clavier, parce qu’il fallait que je fasse quelques choses de ces pensées obsédantes et de ces émotions redoutables qui mordent parfois aux tripes. Écrire c’est ma façon de les vivre, partager c’est ma façon de les accepter.  Aujourd’hui j’aimerais, avec un regard plus mesuré, vous dire en quoi ce qui est difficile me fait aussi apprendre beaucoup.

Je n’entrerai pas dans les détails de cette décision ; je n’ai jamais trop parlé de l’aspect « amoureux » de mon couple, de notre fonctionnement, de nos différends, à part semés ça et là dans les descriptions de scènes du quotidien avec les enfants. Je vais poursuivre sur cette voie, car cette histoire là n’appartient pas qu’à moi mais à lui aussi et je n’en dispose pas seule. Aussi, j’ai plusieurs choses que j’aimerais encore vous partager au sujet de ce séisme dans ma vie et j’essayerai de le faire en parlant seulement de moi et de mes ressentis.

Cela fait six mois que nous avons officialisé cette décision. Comme la plupart des séparations, je suppose, elle bouscule profondément ma vie avec sa charge mentale qui pèse lourd, ses inquiétudes qui naissent, se confirment ou s’apaisent, un tas de décisions à prendre dans le brouillard, des changements de vie qui s’imposent avec plus ou moins de marge de manœuvre et un avenir qui se dessine tantôt effrayant comme une nuit d’hiver froide et brumeuse, tantôt léger comme le papillon qui sort de sa chrysalide au printemps. Elle arrive avec son lot de tristesse qui se teinte de mélancolie ou de déception, sa charge de colère, de rancœur voire de rage, son lot d’incompréhensions, de réactions qui abîment, de mots qui écorchent, d’émotions qui chamboulent tout le monde : lui, nos filles, nos familles, et moi.

Cette séparation est venue aussi avec le soulagement qui accompagne toute prise de décision de cette ampleur, car j’ai mis environ un an à parvenir à affirmer ce choix difficile. Je ne sais pas si tous les esprits foisonnent comme l’arbre qui prend racine dans ma tête, mais les décisions peuvent être difficile à prendre pour moi malgré un côté impulsif et impatient. Chaque pensées en entraine six autres, chacune est reliée à ses conséquences sur une ou trois générations, toutes sont liées entre elles et impactées par des facteurs externes que je me demande comment maitriser.. C’est épuisant de devoir décider quelque chose d’important. Dans un coin de ma tête pousse l’idée de m’intéresser peut-être un peu plus à mon esprit : j’aimerais mieux comprendre les rouages de ma machine mentale pour pouvoir petit à petit m’en libérer. Je crois que, la plupart du temps, les réponses que je cherche ne sont pas là.

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C’est une décision difficile car vivre une vie de famille unie était le but vers lequel j’étais tendue depuis que j’ai rencontré Papa Ours à 15 ans, un âge où je venais moi-même de vivre le divorce de mes parents et où je me promettais férocement que ça ne m’arriverait jamais. Ne jamais dire jamais. On construit rarement sainement par opposition à quelque chose. Encore moins quand on est abîmée par ce « quelque chose » et qu’on a pas encore les outils pour l’analyser avec recul, pour en comprendre la complexité, pour ne pas tout mélanger. J’étais encore une enfant mêlée à des histoires d’adultes sans avoir l’espace d’en parler et les clés pour les comprendre, encore aux prises avec l’auto-centrisme enfantin qui pousse à se sentir à la fois responsable de tout ce qui tourne mal autour de nous et capable de réparer tout ce qui ne nous appartient pourtant pas.

Il y a quelques mois, j’étais chez mon père, dans sa cuisine, à lui partager mes craintes concernant le ressenti de mes filles vis à vis de la séparation. Avec tellement de spontanéité et de conviction, il m’a dit « Mais enfin, comment tu peux penser que les filles vont croire que tu ne les aimes pas assez parce que tu te sépare de leur père ? Ça n’a rien à voir ! C’est tellement évident que tu les aimes, elles le savent ! ».  Alors je lui ai dit, en même temps que je prenais la mesure de mes projections, que pendant très longtemps j’avais cru fort dans mon cœur qu’il ne devait pas nous aimer assez pour que les choses se soient passées telles qu’elles se sont passées entre ma mère et lui. Il m’a serré dans ses bras en me disant « évidemment que non! », mais si il s’était contenté de me le dire sans que je le vive moi-même, je n’aurai pas su à l’endroit où j’avais besoin de le savoir.  J’ai vu aussi à ses yeux brillants et à sa réaction à quel point il était sidéré que j’ai pu penser cela. J’ai fait la paix avec ma propre histoire : j’ai redistribué les cartes des faits avec mon regard d’adulte, j’ai lâché les tasses qui ne m’appartenaient pas et qui pesaient depuis trop longtemps au bout de mon bras pour les rendre à qui de droit, j’ai pardonné aux mots qui ont fait mal de ne PAS être dits parce que pour avoir les mots, il faut avoir conscience. La vie nous met face aux expériences qui nous permettent de résoudre nos énigmes…

C’est difficile pour moi de me dire parfois « et si… ». Et si j’avais attendu avant de devenir mère, et si j’avais fait telle ou telle démarche avant, et si j’avais réalisé certaines choses avant. Mais les « et si… » ne mènent nulle part. Surtout ils n’ont aucun sens quand ils m’emmènent sur un chemin où mes filles ne sont pas là, ne sont pas elles et où je n’apprends pas avec elles. Retour à la case « Accepter » qui fait avancer.

Difficile car tout ce qui peut impacter mes filles est pesé, analysé, débattu à l’intérieur de mon crâne entre moi et moi-même, en pleine conscience mais aussi, il faut le dire, avec une légère tendance à dramatiser quand je me sens coupable. Choisir de me séparer m’a donné l’impression (et me le donne encore, comme cela transparait dans Echec) de gâcher tout ce que j’ai pu faire de bien, tous les efforts que j’ai déployé pour cultiver leur securité intérieure, leur confiance en elles, leur joie… et de tracer des marques indélébiles sur leurs visages innocents. J’ai beaucoup de place dans mon cœur pour pardonner, pour aimer les autres dans leur entièreté bien plus que dans leur perfection, mais j’ai beaucoup de mal à m’accorder cela à moi-même… Mes imperfections prennent l’allure de drames dans ma tête et je ne me pardonne évidemment pas facilement de causer des drames. J’y travaille car je sais que si je suis capable de le ressentir pour les autres, je suis capable de le ressentir pour moi. J’ai naturellement tendance à voir ma responsabilité avant celle des autres et dans cette situation c’est d’autant plus fort que se séparer est mon choix. Avoir fait ce choix m’amène souvent à endosser seule la responsabilité de la séparation alors qu’elle résulte de 14 ans d’histoire partagée.  Prendre la responsabilité de mes choix, c’est aussi redonner aux autres la leur. Ce n’est pas si simple, d’autant plus que je suis une femme. D’autant plus que je suis mère.

Difficile car Papa Ours est le seul homme que j’ai eu dans ma vie et que notre relation a été la lunette à travers laquelle j’ai appris à regarder la vie, le couple et les relations humaines en général. Aujourd’hui ma vision s’accommode à un nouveau paysage mental des relations humaines, à la fois plus complexe et plus simple, mais je me regarde encore bien souvent avec ses yeux alors que je ne me reconnais plus dans son regard.

A l’inverse, j’ai appris que le regard positif qu’on pouvait porter sur moi ne me fait du bien que quelques instants. Cette séparation m’a montré que je suis entourée de beaucoup de personnes formidables, prêtes à écouter vraiment, de belles âmes avec qui il est facile de se comprendre et de trouver de l’accueil, de la compréhension et du réconfort, de personnes intelligentes qui tentent de mettre de côté leurs propres émotions et leurs croyances pour comprendre. J’ai reçu beaucoup de mots forts et des partages qui me sont adressés de façon souvent inattendue et qui m’aident à me connaitre encore plus. Je dis un milliers de fois mercis a chacune des personnes qui s’est montré la pour moi, en particulier mes amies et ma famille pour leur écoute patiente.

Certaines personnes s’éloignent mais d’autres se rapprochent ; je suppose que c’est inévitable lors de changements de cap comme celui-ci, qui mettent en lumière des évolutions intérieures fortes et des chemins de pensées qu’on ne peut pas tous partager. J’en profite pour vous dire à vous lecteurs, encore et encore, merci pour vos mots (en commentaires, MP, mails, sur Instagram, tout ça…), vos partages d’expériences, vos encouragements qui me sont précieux. Il est rare, je pense, de recevoir autant de personnes « inconnues » et j’ai toujours des élans dans mon cœur quand je prends conscience que je ne suis pas une inconnue pour vous. Sincèrement MERCI. J’ai l’impression de recevoir bien plus que je n’ai donné ❤️ Mais j’ai appris au passage qu’aucun mot n’a le pouvoir de changer mon regard sur moi. Qu’ils viennent de mon entourage proche ou plus lointain, dans la vraie vie ou à distance, les mots peuvent m’inspirer, me câliner, m’encourager, m’aider, de façon très précieuse (et j’abuse du soutien de mes copines qui encaissent les notes vocales de chialade sans râler <3) , mais je suis la seule dont le jugement sur moi compte. Malheureusement ?

Tout ceci a le mérite de me remettre à l’esprit qu’il y a mille façons de faire fleurir la confiance et l’amour de soi chez mes filles mais que la plus importante reste de leur proposer un environnement dans lequel elles peuvent se mesurer à elles-mêmes, poursuivre et tester librement leurs idées, apprendre à se connaitre et à se faire confiance et forger leur propre estime d’elles-mêmes. Je sais que mon regard positif sur elles est indispensable mais qu’il ne suffira pas. 

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Marie Hélène Fabra , jeter un regard sur soi http://marie-helene-fabra.fr/jeter-un-regard-sur-soi/

Difficile car je répugne évidemment « faire souffrir », à voir mon entourage éprouver des émotions difficiles de par mes décisions. Et pour autant, il ne m’est plus possible de prendre des décisions qui visent uniquement à empêcher l’autre d’avoir mal. Cette séparation a achevé de modifier ma relation aux émotions, qui avait commencé à évoluer depuis la découverte de la notion d’indépendance émotionnelle. Ici j’ai pu écrire des articles sur des façons d’apprendre aux enfants à « gérer » leurs émotions, à les contrôler : j’aimerais les réécrire autrement. Je le ferai sûrement, en laissant l’ancien article comme trace de mon propre chemin. Les émotions ont vocation à être vécues, elles sont la vie, l’essence de l’expérience humaine. Celles qui transportent et celles qui clouent au sol aussi. En tant que parents, ce qu’il nous faut apprendre c’est comment traverser NOS émotions face à celles de nos enfants, comment s’en occuper d’une façon qui nous permettent de leur offrir un espace sécurisé d’expression et d’accueil plein des leurs.  J’y reviendrai sur un article dédié, mais je me sens tellement progresser sur ce chemin avec mes filles depuis que j’ai accepté que d’autres traversent des émotions difficiles qui sont provoquées par mes choix mais qu’il leur appartient de décider ce qu’ils en font.

J’ai souvent fait en sorte de faire passer les autres en premier quitte à me nier (et je ne parle pas forcément du maternage) et il m’a fallu prendre conscience des dégâts de cette attitude, sur moi comme sur ceux que je pensais protéger. La prise de conscience est d’autant plus longuequ’avec les murs que j’avais bâti dans mon coeur, je ne sentais plus grand chose, le bon comme le mauvais, et qu’il était facile de continuer à m’ignorer.  C’est une évidence, c’est quelque chose que l’on lit sur les blogs bienveillants (« tu ne peux pas prendre soin de tes enfants sans prendre soin de toi »), mais ça reste une théorie qui ne prend pas toujours corps avant de se pousser trop loin. C’est aussi une porte qui peut sembler inaccessible si on n’a pas les clés. Prendre soin de soi, c’est vaste, c’est infini et à la fois ça peut sembler être une issue totalement bloquée. Aujourd’hui, j’expérimente à quel point je suis une meilleure maman depuis que je me sens mieux ; pas tant parce que j’ai du temps seule (même si ça y contribue et que je fais mon maximum pour rentabiliser mon temps solo et offrir de vrais temps de qualité à mes filles) mais avant tout parce que je peux davantage vivre en harmonie avec moi-même au quotidien, que je m’offre à moi un peu de ce que j’essaye de donner aux autres et que cette épreuve m’a beaucoup fait avancer.

 

Ça n’empêche pas les nuits de grande tristesse, de manque d’elles, de doutes dévorants, de peur de l’avenir, peur de se tromper et surtout, la fucking culpabilité si prompt à entrer de force dès qu’on entrebâille la porte des remises en question…

Comme me l’a partagé justement mon amie Sam, mère dépassée, quand on a porté des enfants en son sein, une partie de nous est à jamais à eux et nous ne sommes plus jamais complètes.

Mais comme elle le dit également, nous y avons mis tant de nous qu’au final, ils sont toujours avec nous, peu importe la distance et les circonstances.

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~ Si le futur est flou c’est parce qu’on est au pied du mur ~

 

 

 

 

11 réflexions au sujet de « Grandir »

  1. Comme souvent, nos chemins de réflexions se ressemblent. Reconnaître ses pensées dans les mots de quelqu’un d’autre est toujours apaisant. Peut-être qu’un jour je serai assez forte pour accepter de ressentir des choses que personne ne valide. En attendant, Merci, et bonne route !

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  2. Très beau et émouvant, comme toujours.
    Une image qui m’est venue à la lecture de ton texte, c’est cette scène de Will Hunting, entre Williams et Damon : « C’est pas ta faute »
    Poignante, émouvante, si vraie.
    Toutes les relations se construisent d’émotions, parfois incontrôlables, ce qui est dur à gérer pour les profils de type cérébral.
    Et pourtant la vie nous amène toujours face à ce défi non pas de la gestion mais de l’acceptation des émotions.
    Prenez soin de vous surtout !
    Amitiés
    Arnaud

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  3. Je me reconnais dans ton cheminement. J’ai quitté le papa de mes filles il y a 5 ans. J’avais comme toi très peur pour elles et cette culpabilité et ce sentiment d’échec. Mais non. Non en prenant le courage de ta vie alors c’est aussi l’exemple que tu leur montres… Et toutes les bases et la sécurité etc que tu leurs as donnée et donne encore leur donne les clefs pour traverser cette expérience.

    Après ma séparation. J’ai bcp culpabilisé surtout de la relation entre leur papa et elles. J’essayais sans cesse de rattraper ses erreurs. Et un jour mon médecin m’a dit « mais c’est SA responsabilité. Pas la tienne. C’est SA réaction avec ses filles. Toi tu cultives ta relation avec elles. Et lui la sienne. » J’ai compris ce jour là bcp de chose. J’ai compris que je ne ‘pouvais pas tout maîtriser. Que je ne pouvais pas mettre mes enfants sous cloche non plus. Mais que l’amour etc que je les accompagne et leur donne les clefs. Alors je fais ma part et juste ma part.

    Aussi… Apprend à te donner ce que tu donnes à tes filles. Cet amour inconditionnel. Cette empathie. Cette bienveillance. ❤️

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  4. Désolée d’apprendre cette difficile nouvelle. Je dis « désolée » par habitude de langage car une séparation est majoritairement vécue comme une nouvelle triste, mais comme tu le laisses entrevoir, cela peut aussi être une porte ouverte sur de belles choses. Je suis séparée du père de mes enfants depuis 2 ans et demi et oui c’était une décision difficile mais nécessaire à mes yeux (et vitale au sens propre!), et avec le recul j’en suis de + en + persuadée ! Je t’envoie tout mon soutien et ma compassion.

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  5. Ton analyse est profonde et la partager ainsi aidera probablement d’autres personnes à trouver les clés pour vivre une situation similaire.
    Prends soin de toi, personne ne le fera jamais aussi bien que tu peux le faire.

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  6. Je viens de lire tes deux derniers articles et cela me parle tellement …Mon couple n’existe plus ( (17ans déjà 🙈) . Nous sommes malheureux tous les deux. J’ai envie de partir. Je suis au bord du précipice et je n’ose pas sauter. J’en ressens le besoin vitale mais j’ai encore trop peur de la chute… Je me torture l’esprit tout comme tu le décris. Ce sentiment d’échec, les « et si »! Cela me paraît tellement insurmontable de vivre partiellement sans mes enfants de 3 ans et à peine 11mois. Comment vont ils vivre sans la sécurité émotionnelle et affective qu’ils recherchent tant chez moi. Ma fille est une hypersensible et je suis son phare dans les tempêtes. Mon fils est si petit et materné, allaité… Mais je veux aussi penser à moi. Je m’intéresse de plus en plus au développement personnel et cette idée de l’indépendance émotionnelle. Je commence à comprendre qu’on reste seule responsable de la réponse à nos besoins. Bref …. Bravo à toi d’avoir sauté !!! Je te souhaite de trouver la paix avec cette nouvelle vie. J’imagine qu’il faut du temps pour que ça cicatrise. En tout cas tes mots m’aident bcp dans mes réflexions. Alors merci.

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    1. Chaudoudoux à toi.. Avec le temps, les choses qui doivent arriver arrivent d’une façon ou d’une autre, laisse toi guider petit à petit..; même si c’est plus facile à dire qu’à faire !

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  7. Plein de courage, ce n’est jamais facile de s’adapter à une nouvelle vie, même quand elle est choisie… surtout quand le doute s’en mêle. Je te souhaite de trouver un nouvel équilibre 🙂

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  8. Quel article passionnant !!! J’ai hâte d’en lire sur cette fameuse indépendance émotionnelle dont je n’ai pas trop entendu parler, alors que rien que ta courte description me donne envie d’en savoir plus.

    Prendre soin de soi, ce concept étrange… qui donne souvent l’impression de le faire au détriment de son enfant… parce que si je voulais prendre soin de moi il faudrait que je dorme la nuit, oui mais il tète et je tiens à répondre à ce besoin ; il faudrait que je le mette chez la nounou même quand je ne bosse pas, oui mais il est mieux avec moi (et moi mieux avec lui !).

    Allez, courage, et merci pour ce superbe partage (comme toujours)

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