Happynaiss

Naissance d’une maman

Aujourd’hui j’ai envie de revenir sur le jour extraordinaire où je suis devenue maman. Autrement dit, on va parler accouchement, le moment fatidique où, à la fois tout se termine et tout commence! Ce moment un peu angoissant qu’on occulte avant d’être enceinte (d’ici là, ils auront inventé un autre truc…), auquel on évite de penser pendant une bonne partie de la grossesse (Accoucher? Ah oui on verra, j’ai le temps….) et qui nous réveille en panique au dernier trimestre, car soudain on prend conscience que bientôt il va falloir expulser bébé de la salle des fêtes et que la porte n’est pas bien large ! C’est ici que le célèbre proverbe ivoirien prend tout son sens : « Qui mange une noix de coco fait confiance à son anus »… Voilà voilà.

Pendant ma grossesse, et même avant d’être enceinte, lorsque j’entendais des mamans dire « une fois que ton bébé est là, qu’il est posé sur toi, tu oublies tout, tu ne gardes que ce moment », je pensais sincèrement que c’était du gros foutage de gueule. Un peu comme Florence Foresti, je me disais que ça devait être un tel carnage que toutes les mamans du monde entier se retranchaient derrière ce genre de phrase afin de préserver la survie de l’espèce. Une sorte de code entre initiées, quoi. Lors de ma babyshower en famille, toutes les mamans présentes ont raconté leur accouchement, avec plus ou moins de détails sanglants, mais toutes concluaient par un « ça reste un superbe souvenir » ou autre foutaise du genre. J’ai tenté de guetter les signes du mensonges, les regards de connivence, les coups de coudes sous la table… Mais rien.

Image piquée sur le blog  de Jeveux1bebe
Image piquée sur le blog de Jeveux1bebe

 

En fait, c’est tout simplement la vérité. Pour ma part en tous cas, c’est totalement le cas, je ne garde qu’un magnifique souvenir de mon accouchement et je suis prête à le refaire demain (ou après-demain quoi, demain j’ai piscine). Et toutes les mamans autour de moi qui m’ont raconté leur accouchement me disent la même chose, et pour certaines j’ai pourtant trouvé que c’était un vrai calvaire !!

Flashback

 

Tout a commencé presque un mois avant mon terme, un vendredi 13, c’est vous dire si ça partait mal. Je vaquais péniblement à mes obligations toute la journée : RDV avec l’anesthésiste (un peu plus et la péridurale me passait sous le nez), cuisine et ménage en prévision de l’arrivée d’invités ce week-end (ils n’allaient pas être déçus de leur venue, un peu de placenta en apéro?), le tout en bombardant Papa Ours de texto du type « j’en ai maaaaaare je n’ai rien envie de faire, ça m’eneèèèrve d’être comme ça alors que je suis qu’à 8 mois de grossesse! ». En fin d’après-midi, je m’accordais une pause bain bien méritée, et me prélassait pendant une heure dans l’eau… L’instinct, un pressentiment ? Grand bain bien m’a pris puisque je n’allais pas revoir une baignoire avant un long moment…

19h : Papa Ours rentre du travail, on se met à table, oh j’ai pas trop faim moi je me sens un peu vaseuse (tu m’étonnes!).

20h. Je débarque dans la cuisine l’air hagard, Papa Ours est en train de débarrasse la table, je crois que j’ai perdu les eaux !!! Tu crois ou t’es sur ?!!!! Attends je vais vérifier…  Je m’allonge sur le lit, je me lève, je m’accroupis (Mais qu’est ce que tu fous?! Mais t’occupes c’est comme ça qu’on vérifie!!). Le doute n’est plus permis : je vais accoucher AUJOURD’HUI (ou demain vu que c’est sensé prendre des heures et des heures à se faire chier, j’ai prévu l’ipod et un bouquin en prévision). Je boucle mes valises en suivant scrupuleuse ma fiche « Quoi rajouter dans le sac le jour J par ordre de priorité » (no comment).  Papa Ours file sous la douche en se collant des baffes. Nous claquons la porte (quand on reviendra, on sera 3….) et embarquons dans la voiture, non sans avoir préalablement protégé mon siège par une jolie petite serviette (qui pourrira là pendant les 3 semaines suivantes). Mais je n’ai pas l’ombre d’une contraction pour l’instant, oh pourvu que j’aie des contractions sinon ils vont devoir me déclencher au bout de 3 jours…

21h. Mouahahaha tu voulais des contractions jeune fille, en voilà !!!!! Et des bonnes ! Arrivés à la maternité, les gens que nous croisons nous saluent à base de « Bon courage!!!! ». Il faut dire que j’ai le cul trempé, je marche en canard et je souffle comme un bœuf. Verdict de la sage-femme : « vous avez bien perdu les eaux (sans dec?) et vous êtes dilatée à 2, c’est le tout début du travail, vous allez marcher, faire du ballon, etc..« .  30 minutes de monitoring plus tard, je suis au fond du gouffre. Je me tortille comme une possédée, je m’accroche au lit, j’oublie comment je suis sensée respirer (me font chier avec leur respiration à la con qui sert à rien), j’ai envie de me tirer une balle à l’idée que je souffre ainsi en étant dilatée à 2 seulement et qu’au rythme de 1 centimètre par heure je suis loin d’être rendue. Papa Ours n’a pas l’air de bien mesurer la gravité de la situation ; il prend en photo mon monitoring (Et dis donc t’as du avoir mal là, c’est monté méga haut ?), me questionne allègrement sur le programme du week-end (Qu’est ce que je dis à nos invités alors? Dis leur ce que tu veux mais débrouille toi, tu vois pas que j’accouche bordel ?!). Voyant ma détresse, la sage-femme m’examine à nouveau : « Ah oui, vous êtes à 5 ! 3 centimètre en 30 minutes, je crois qu’elle est pressée votre petite!« . Il s’avère que Mademoiselle Carrousel a sa petite tête bien plaquée sur le col, donc tout ceci travaille fort bien, fort vite mais, forcément, fort douloureusement. Allez hop, en salle de naissance !

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22h30 : La péridurale a été posée mais les bip bip alarmistes de la machine et les aller-retours incessants de l’anesthésiste laissent penser que, peut-être, il y a un petit problème avec mes tuyaux. Le fait que je continue de me tordre à chaque contraction semble confirmer cette hypothèse. Toutefois, personne ne semble en mesure de m’expliquer pourquoi la délivrance promise tarde à venir. Vu que je suis déjà dilatée à 8 cm, que l’anesthésiste ne m’inspire pas grande confiance et qu’au cours de ma grossesse j’avais fait ma maligne en avançant que peut-être j’accoucherai sans péridurale, je renonce à me la faire poser à nouveau. Je terminera mon accouchement avec ma demi-péri !

23h : 10 centimètres, banco ! Maintenant on attend que Mademoiselle descende dans le bassin. Et que ça saute ! Entre deux contractions, j’engueule mentalement ma sage-femme qui m’avait dit et répété « N’allez pas trop vite à la maternité, c’est très long pour un premier, il faut minimum 10 et 12h de travail pour atteindre la dilatation complète, et encore, si c’est un travail efficace qui agit sur le col. » Avec des conseils pareils, Bébé Caroussel aurait pu naître à l’arrière de la Mégane ! Bon et ce brumisateur papa Ours ça vient, on se désèche ici !

1h15 : Branle-bas de combat, on s’installe, c’est l’heure H, ma fille va naître un 14 février, je vais devenir maman ! En vérité, je n’ai le temps de penser à rien, j’ai l’impression d’être aspirée dans le tourbillon des événements et je me concentre sur les étapes les unes après les autres. Prête Madame ? Oh oui sortez là, j’ai l’impression d’avoir une noix de coco bloquée entre les jambes!!  Inspirez, soufflez, inspirez, bloquez et POUSSEZ ! C’est très bien, encore encore encore encore encore encore encore encore encore encoooooore ! Joues écarlates, yeux fermés, main de papa Ours broyée.

1h37 : Notre fille est là. Je la vois passer au dessus de moi, je me dis qu’elle est toute petite, toute fine et magnifique. Son corps est chaud et doux contre moi, exactement comme ma propre maman me l’avait dit. C’est une sensation incroyable et indescriptible. La douleur a totalement disparue. J’ai l’impression d’avoir couru un marathon en plein cagnard puis d’avoir bu une grande bouteille d’eau, pris une douche et d’être allongée sur un lit frais. Sauf qu’en prime, une vague d’amour me submerge pour ce petit être qui me regarde, les yeux grands ouverts, puis repose sa tête sur ma poitrine. Très vite, sa petite bouche s’active dans le vide, alors je lui propose le sein, exactement comme je le souhaitais afin de bien démarrer mon allaitement. Papa Ours est à mes côtés, ému, fier de moi et fier de sa fille. Pendant deux heures, c’est un moment magique à trois, une parenthèse hors du temps qui restera gravée en nous en à tout jamais.

Et le début d’une grande aventure…

 

 

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11 réflexions au sujet de « Naissance d’une maman »

  1. Tu auras reussi à me faire pleurer (au boulot !) Bon d’accord je suis enceinte et j’ai les hormones en folies mais tout de même … Moi aussi je veux cette accouchement ! En tout cas, tout ce que j’ai envie maintenant c’est de voir ma petite pépette et d’être submergée par un tourbillon d’amour 🙂

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  2. Et bien j’ai eu un accouchement qui ressemble au tien: très vite (à peine 6h pour un 1er accouchement), très fort, TRES TRES mal presque dès le début du travail. A ceci près que j’ai accouché en Maison de Naissance (donc uniquement avec 2 sage-femmes, pas de médecin) et donc pas de péridurale 😉 Et à ceci près que ça fait 8 mois que j’ai accouché, que je suis maman d’un merveilleux bonhomme, et que non, je n’ai PAS DU TOUT envie de recommencer. Cette douleur, et cette détresse, je l’ai ressentie encore après de nombreuses semaines 🙂 Par contre cette sensation de chaleur lorsque que tu l’as contre toi la 1ère fois… ❤
    ps: Tous mes vœux de bonheur avec papa Ours !

    Aimé par 2 people

    1. Merci pour ton témoignage !
      C’est unique cette sensation… Et cette douleur aussi !!! Patience patience, j’espère que cette sensation s’estompera le temps d’avoir envie de recommencer 😉

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  3. Comme toi je ne voulais pas de péridurale et j’étais fière de moi car je gérais bien les contractions jusqu’à ce que j’entends le coeur de mon bébé ralentir, ralentir, pendant les contractions et là je me suis tordue de douleur sur la table d’accouchement. Finalement j’ai du avoir une césarienne en urgence et je n’ai pas pu vivre ce moment magique où on le met contre nous quand il vient de sortir de notre ventre. On me l’a présenté quelques secondes qui sont à jamais gravées dans me mémoire: son souffle chaud pendant qu’il pleurait, sa visage, son petit corps, ce que j’ai pensé et dit à ce moment là. Mais je n’ai pas pu, j’étais sous perfusion d’un côté, sous tensiomètre de l’autre, les bras en croix et encore on ne m’a pas attachée ( mais menacé de le faire si j’essayais de passer les mains sous le champ opératoire). Il a fallu 2h pour qu’on me le ramène, où j’étais toute seule loin de lui sans même l’avoir tenu. Puis on me l’a amené, j’ai enfin pu le tenir ( avec toujours une perfusion d’un côté et le brassard du tensiomètre de l’autre donc il a fallu que l’infirmière me le mette au sein). Une petite demi heure puis on me l’enlève de nouveau pour nous emmener dans notre chambre.
    Finalement j’en garde un souvenir mitigé, j’ai le sentiment d’avoir loupé quelque chose, plus que l’accouchement naturel c’est surtout les 2 premières heures de vie de mon enfant qui me manquent, celles que toutes les mamans qui accouchent naturellement peuvent vivre avec le mari et leur bébé.

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