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Écoute ton bébé…

Pendant ma grossesse, j’ai potassé bon nombre de bouquins (ceux qui passent chez moi restent scotchés devant ma bibliothèque, ah ouais quand même…), épluché les forums, les magazines, les témoignages… Bref, j’ai suivi une « formation » intensive dans l’espoir de devenir la mère parfaite, avec le bébé parfait, qui dort bien, mange bien et ne pleure jamais. Surtout, avec l’espoir de devenir la maman d’un futur adulte épanoui, équilibré, confiant… Tout un programme !

Ma petite bibliothèque ..et il en manque ! (Mes 2 livres sur l'allaitement, celui sur l'accouchement, les 300 questions/réponses sur la grossesse et "Bébé dit moi qui tu es".. Je prête, je diffuse :)
Ma petite bibliothèque …et il en manque !
(Mes 2 livres sur l’allaitement, celui sur l’accouchement, les 300 questions/réponses sur la grossesse et « Bébé dit moi qui tu es »… Je prête, je diffuse 🙂

 

Avec le recul, ce sont finalement les interactions humaines au cours de ma grossesse qui m’ont le mieux préparée à la maternité : les cours de préparation à la naissance donnés par une super sage-femme avec qui nous partagions la même vision des choses (attention, la qualité de ces cours dépend vraiment de l’intervenante!), les ateliers qui m’ont fait découvrir le portage, le papotage avec les copines et les copinautes, la lecture des blogs de mamans (je l’inclue volontairement dans la catégorie interactions humaines même s’il s’agit de lecture, car à l’inverse des livres, c’est du vécu, du partage).

Que ce soit au cours de mes (bonnes) lectures ou en discutant avec d’autres mamans, un conseil revenait souvent : écoute ton bébé, il n’y a que toi qui sait ce qui est le mieux pour lui.

Ce conseil, je le zappais totalement pendant la grossesse. Pour moi, c’était un conseil un peu « bateau », un peu comme le « c’est que du bonheur », quelque chose qui se transmet pour rassurer mais qui ne recouvre pas vraiment de réalité. Je préférais me concentrer sur les principes de l’alimentation, comment habiller bébé selon le temps, quels produits de toilette et de puériculture choisir, comment donner un bain ou changer une couche, à quel âge bébé doit-il faire ses nuits, etc. Bref, du CONCRET. Et je pense que c’est humain après tout, car avant d’avoir son bébé dans les bras, avant de traverser la tempête émotionnelle qu’il nous fait vivre, avant d’être confrontée aux doutes et aux questionnements profonds qu’il amène et qu’on ne peut pas imaginer, on se prépare à l’arrivée d’un bébé sur les aspects matériels et concrets (sauf pour les mam’s qui y vont au feeling, malheureusement ce n’est pas trop mon tempérament). Aujourd’hui, je me rends compte que c’est loin d’être le principal et qu’on ne peut pas vraiment se préparer à l’arrivée de son premier bébé, je crois qu’on sera forcément surprise, déroutée, prise au dépourvu, en proie au doute..

Aujourd’hui, si je ne devais donner qu’un conseils aux nombreuses futures mamans qui m’entourent (félicitations les filles !), ce serait celui-ci est aucun autre : ÉCOUTE TON BÉBÉ !

Je leur dirais qu’effectivement, il n’y a qu’elles qui savent ce qui est le mieux pour leur bébé. SAUF QUE, elles ne le sauront pas tout de suite, immédiatement, facilement, sans effort. C’est ça l’arnaque les filles ! Il ne faut pas vous attendre (comme je le croyais plus ou moins) à une illumination qui va vous toucher dans votre lit de jeune accouchée à la maternité, entre l’inspection de votre cicatrice d’épisio et la visite de la puéricultrice qui vous demandera à quel heure bibounet a fait caca. Malheureusement non, ça demande un peu de temps et d’investissement…

Bien-sur il y a des choses qui peuvent venir instinctivement, plus ou moins selon les mamans. Mais, normalement, dans les premiers temps vous vous direz que vous ne comprenez pas votre bébé, que vous vous sentez incapable, impuissante, incompétente. Vous vous demanderez pourquoi on vous répète que vous êtes la seule à savoir ce qui est le mieux pour votre bébé, alors que vous ne savez rien et vous sentez dépassées. Vous implorerez pour un mode d’emploi (« Mais chéri, quand j’ai expulsé le placenta, y’avait rien d’autres avec ?« ), vous compulserez les forums, vous pleurerez sur l’épaule du papa en lui disant que vous êtes la pire de toutes les mamans.

Mais au fil du temps et parfois très vite, vous allez repérer des signes, décoder, apprendre, comprendre… Et bientôt, effectivement, vous saurez mieux que n’importe qui ce que veut dire votre bébé. Il pleurera et vous saurez si c’est de faim, de fatigue ou de douleur. Vous saurez s’il a besoin d’être pris dans les bras, ou bercé, ou changé, ou mis au calme, qu’un rot est coincé, qu’il a trop chaud, qu’il a besoin de calme.

Mais pour ça, il faut se faire confiance, et ça ce n’est pas toujours facile.

Ce n’est pas de la magie, ce n’est pas (que) l’instinct maternel ; c’est tout simplement qu’il n’y a que vous qui passez autant de temps avec votre bébé, que vous qui l’observez avec autant d’attention, que vous qui avez autant à cœur de le décrypter et de voir si vos réponses sont adéquates. Car franchement, toutes les autres personnes de ce monde s’en foutent royalement de l’aspect des selles de votre bébé et de la tonalité de son cri quand il a faim. A part le papa, s’il se sent un minimum concerné par sa progéniture, et éventuellement votre mère, parce qu’à force de vous écouter pleurer au téléphone, elle aimerait bien elle aussi que vous trouviez le mode d’emploi.

Souvent, Bébé Carrousel grogne et devient un peu rouge, on me dit « Ah, elle pousse!« , je réponds « Non, elle veut qu’on la change de position« . Elle serre ses deux mains ensemble et ses yeux louchent, on me dit « Oula, la grimace!« , je réponds « Ah, là elle pousse. ». Bébé Carrousel éclate en sanglots alors que deux minutes avant elle jouait, on me dit « Oula je lui ai fait peur » – « Non, elle est fatiguée« . Elle gémit= elle en a marre, elle pousse des petits cris répétitifs « hu-hu hu-hu hu-hu » en pinçant sa bouche = elle a faim. Sans parler de toutes les fois où, après l’avoir mise au lit, je dis « c’est bon elle va s’endormir » ou « là, je sens que ça va être dur », guidée par un voile que je vois passer dans ses yeux, une mimique de la bouche, la détente de ses muscles, ou au contraire un regard vif, un bras qui tressaute… « Quand tu la poses dans son lit, si elle tourne sa tête sur le côté, c’est qu’elle veut sa tétine!« . Bref, avec le temps, la maman (et le papa s’il s’occupe souvent de bébé) développe une vraie connaissance du bébé et finit par percevoir des minuscules indices que les autres ne peuvent pas voir – d’où cet adage « il n’y a que toi qui sait pour ton bébé« . Et là, quelle fierté !

Mais si on arrive pas à se mettre à l’écoute de son bébé, si on est dépassée par la fatigue, le stress ou le sentiment d’incompétence, si on se débat avec une dépression post-partum, si on se focalise sur les conseils externes (des médecins, des amies, des livres…) en cherchant à les appliquer à la lettre, si on se compare aux copines et à leurs bébés, si on ne voit plus que ce qui se passe mal pour nous, alors je pense que cela devient plus compliqué, que cela peut prendre plus de temps. Et qu’on risque de s’enfoncer dans un cercle vicieux où, parce qu’on ne comprend bébé, on est encore plus fatiguée/déprimée/on se tourne encore plus vers les autres pour nous dire quoi faire, résultat on comprend encore moins bébé, etc.

Alors je n’aurais qu’une chose à vous conseiller ; mettez-vous à la hauteur de votre bébé, écoutez-le, observez-le, touchez-le, parlez-lui… Oubliez pendant quelques instants le ménage, l’appartement en bazar, le frigo vide, le chien à sortir, la lessive qui attend d’être étendue, les heures de sommeil en retard, le sport que vous n’avez pas repris, vos cheveux qui ne sont pas lavés, bref oubliez tout ce que vous n’avez pas le temps de faire « à cause de bébé » et qui contribue à vous sentir dépassée, incompétente, fatiguée… Voire qui vous détournent de votre bébé, car c’est de « sa faute » si vous ne pouvez plus mener votre vie comme vous le souhaitez. Même si, bien-sûr, à un moment donné on est bien obligés de faire ce que l’on a à faire, votre nouveau-né se mettra toujours/souvent/parfois (selon les bébés) entre vous et vos obligations, car il a besoin de vous, sans cesse. Mieux vaut cesser de lutter, l’accepter, se laisser porter. Allongez-vous contre votre bébé, prenez le dans vos bras, respirez-le, câlinez-le, bercez-le, soyez dans le moment présent avec lui à 100%, dans votre bulle…  C’est la meilleure chose à faire dans les premiers temps, pour vous comme pour lui. Et tout doucement, l’amour aidant, il n’aura plus de secret pour vous ! (Enfin, presque… )

A ce moment là, faites vous confiance et ne laissez personne d’autre vous dire quoi faire avec votre enfant.

PS : d’ici là, patience 😉

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2 réflexions au sujet de « Écoute ton bébé… »

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