Maternage & Parentalité positive·VDM (Vie de Mum)

Alors on ne va pas lui apprendre à marcher ?! (Motricité libre #1)

Peu de temps après la naissance de Bébé Carrousel, j’ai découvert les principes de la motricité libre et je me suis aperçue qu’ils théorisaient quelque chose que je ressentais naturellement et viscéralement.

Je m’explique : depuis que Bébé Carrousel est née, lorsque quelqu’un la prend dans ses bras sans la soutenir correctement par sa base (=ses fesses/cuisses/arrière des genoux) ou la soulève sous les bras, je frémis. Quand elle était âgée de quelques semaines et que celui qui la portait la tenait assise sur ses genoux, sa petite tête tombant en avant, mon cœur se serrait. Aujourd’hui, quand on la tient sous ses bras en essayant de la faire « marcher » par terre, j’ai l’estomac noué. De la même façon, je n’avais pas envie de la mettre dans son transat dans les premiers temps car j’avais l’impression de la forcer dans une position assise trop rigide pour son petit corps. Et aujourd’hui je n’ai plus envie de l’y mettre non plus car j’ai l’impression de la maintenir de force dans une position, elle qui a tant envie d’explorer… A une autre échelle, je me sens mal lorsque je vois des nouveaux-nés habillés en jean ou en robe tutu, des bébés endimanchés dans des vêtements pas confortables et qui les limitent dans leurs mouvements.

Quand j’ai découvert les principes de motricité libre, j’ai compris d’où me venait ces sentiments et que j’avais « raison » de les ressentir.

« La liberté motrice consiste à laisser libre cours à tous les mouvements spontanés de l’enfant, sans lui enseigner quelque mouvement que ce soit. » Emmi Pikler

Le concept de motricité libre a été développé par Emmi Pikler, pédiatre hongroise dans les années 60. Forte de sa formation en clinique et de sa propre expérience de mère, elle acquiert la conviction que le bébé n’a pas besoin de l’intervention d’un adulte dans son développement moteur.

En 1947, alors qu’elle dirige la pouponnière de Loczy, créée pour les orphelins de guerre à Budapest, elle étudie le déroulement des étapes du développement moteur. De ces observations, il ressort que le développement moteur de l’enfant s’acquiert naturellement, et que les différentes positions inhérentes à ce développement apparaissent dans un ordre chronologique précis, lorsqu’on le laisse se mouvoir librement.

Ainsi, les interventions des adultes pour placer l’enfant dans ces positions sont inutiles, puisque le bébé porte en lui un « programme » moteur qui va lui permettre de passer d’une étape à une autre sans heurts et sans difficultés majeures, de sa propre initiative, sans « entrainement » ni stimulation.

 

motricite_libre_sol2motricite_libre_assisLa motricité libre cest quoi par Bougribouillons

 

 

 

 

 

 

 

Les bienfaits de la motricité libre :

  • Bébé développe une grande confiance en lui, il se sent capable de faire par lui-même et d’essayer de nouvelles façons de faire

Développer la confiance en soi chez Bébé Carrousel, c’est mon objectif premier, c’est ce qui motive beaucoup de mes choix. Je sais que j’ai été beaucoup protégée, ma maman est une maman poule elle-aussi, qui avait vite peur pour moi et l’envie de m’épargner des difficultés ou des déceptions. Je le comprends aisément car j’ai ces mêmes reflexes avec Bébé Carrousel, je sais que j’aurais toujours naturellement tendance à la surprotéger, mais je souhaite lui donner l’opportunité de faire ses propres expériences, d’apprendre par elle-même et d’avoir confiance en elle. Je vais devoir serrer les fesses !

  • Bébé acquiert une grande aisance corporelle et ses gestes sont fluides

C’est le genre de qualité qui me parle, car les remarques du type « Maman poule avec un ballon, c’est comme un kangourou avec une tondeuse à gazon » pendant les cours de sport, ça marque…

  • L’enfant devient plus prudent, il sait évaluer avec justesse une situation car il a conscience de ses capacités ET de ses incapacités et il développe sa persévérance

 

En pratique : 

  • On ne « force » pas bébé dans une position qu’il ne sait pas prendre naturellement :  le tenir assis dans les bras tant qu’il ne tient pas sa tête, le mettre sur le ventre tant qu’il ne sait pas se retourner (ou alors très peu), le caler assis avec des coussins tant qu’il ne sait pas s’asseoir lui-même, tirer sur ses bras pour le faire marcher, etc.
  • On limite l’utilisation du transat, du parc et de la chaise haute, car ils empêchent bébé de se mouvoir librement et de développer ses capacités. Bien-sûr, on ne peut parfois pas faire autrement, on a besoin de mettre bébé en sécurité, l’important étant que ce temps reste court. En revanche, faites une croix sur le trotteur/youpala, qui est totalement contreproductif en matière d’apprentissage de la marche et méga dangereux !! Ils sont d’ailleurs interdits dans d’autres pays, comme les Etats-Unis.

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  • On installe un espace au sol adapté à bébé :  une simple couverture ou dans l’idéal un tapis qui ne glisse pas ; le support ne doit être ni trop dur ni trop mou. Tant qu’il ne sait pas s’asseoir ou se tourner sur le ventre, on pose toujours bébé sur le dos. Par l’absence de tension pour soutenir sa tête, c’est la position qui lui permettra de se détendre et d’effectuer des activités adaptées à son développement : tourner la tête, agiter les jambes et les bras, bouger son tronc, etc. On peut disposer autour de lui quelques petits jouets colorés, afin de lui donner envie de tourner sa tête, puis de les attraper et par la suite de se déplacer vers ces jouets. C’est ainsi qu’il va s’entrainer à basculer sur le côté, puis sur le ventre et se rendre compte que cela lui permet de changer de point de vue, ou encore qu’il a accès à des jouets différents.Ici, j’ai acheté un tapis de Pilate que j’ai coupé en 2 pour créer une surface suffisante pour que Bébé Carrousel puisse gigoter, se retourner et plus tard ramper. J’ai pas mal de petits jouets et j’en dispose quelques uns autour d’elle, en changeant régulièrement. Nous avons aussi une arche, que j’ai beaucoup utilisé au tout début car cela à permis à Bébé Carrousel d’apprendre à attraper, car au départ elle était un peu frustrée et ne savait que faire sur son tapis. J’essaye de l’utiliser le moins possible à présent, afin qu’elle s’entraine davantage à bouger pour attraper ses jouets.

 

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A 5 mois, elle arrive bien à attraper les jouets tout autour d’elle, elle pivote sur le tapis en poussant sur ses pieds (on la retrouve rarement dans la position dans laquelle on l’a posée) et elle sait se mettre sur le côté. On attend maintenant qu’elle réussisse à basculer sur le ventre, la prochaine étape !

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Nous avons aussi adapté notre façon de donner le bain depuis 2 semaines. Bébé Carrousel n’avait plus envie d’être tenue allongée, elle tirait sur sa nuque pour se redresser et se mettre assise, c’était donc très fatiguant pour nous de la tenir et très désagréable pour elle. Maintenant, nous l’allongeons dans le fond de la grande baignoire, avec un fond d’eau (de sorte qu’elle soit mouillée et barbote mais qu’elle n’en ai pas dans les yeux), elle est donc totalement libre de ses mouvements, elle peut attraper les jouets qui flottent, battre des pieds et des mains… Ça se passe beaucoup mieux !

 

  • Et nous, on fait quoi ? Il ne s’agit pas de laisser l’enfant explorer le monde tout seul. Il faut bien sûr veiller à sa sécurité mais aussi l’accompagner par le regard, la voix ou parfois des gestes (par exemple, la première fois que bébé réussit à se mettre sur le ventre, il est souvent coincé et peut avoir besoin de notre aide pour repasser sur le dos, car cette position le fatigue). Cette présence attentive et attentionnée, sans pour autant intervenir (ce qui est très difficile !) va permettre à votre enfant de se sentir en confiance.

 

  • Encore une fois, on cherche ici à respecter le rythme de l’enfant. Il n’y a donc pas d’âge précis pour chaque acquisition, et en laissant faire son bébé on découvre quel est son rythme à lui, s’il est plutôt du genre à prendre son temps mais à réussir de suite, à foncer quitte à rater, etc. Cela peut être difficile pour nous, parents, qui avons tendance à comparer nos bébés les uns aux autres, à être pressés qu’ils acquièrent telle ou telle compétence, a s’inquiéter que notre enfant soit « en retard ». Je vous rassure, à priori ce n’est pas parce qu’il se tournera sur le ventre à 7 mois au lieu de 6 qu’il va rater sa vie et dormir sous les ponts. Pour ma part, quand je me trouve trop pressée que Bébé Carrousel fasse quelque chose de nouveau, je me rappelle que ça ne changera absolument rien à ma vie qu’elle sache se retourner ou ramper aujourd’hui plutôt que dans quelques semaines. En revanche, la laisser réussir cet exploit par elle-même et avoir confiance en elle, cela peut changer sa vie à elle.

 

Je vous tiendrais au courant des progrès de Bébé Carrousel et de comment nous avons adapté nos façons de faire au fil du temps. Le plus difficile reste de gérer l’entourage, qui tient absolument à la mettre assise 😉

 

PS : Papa Ours adhère à 100%… Mais il est tout déçu, il voulait « apprendre à marcher » à sa fille ! T’inquiète pas Papa Ours, tu lui apprendras pleins d’autres choses!

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